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Kamel Chikhi au cœur d’un nouveau scandale

El Watan

L’information s’est répandue comme une traînée de poudre dans le milieu judiciaire et a fait l’effet d’une bombe. Le fils de l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, le chauffeur personnel de Abdelghani Hamel, patron de la police, mais surtout le procureur de Boudouaou et son adjoint ont été inculpés mardi dernier et placés, tard dans la soirée, sous mandat de dépôt par le juge de la 9e chambre du pôle pénal spécialisé d’Alger. Ils sont tous poursuivis pour leurs liens présumés avec Kamel Chikhi, propriétaire de la viande congelée, importée du Brésil et dans laquelle étaient dissimulés les 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, le 29 mai dernier. Entassées dans la salle d’attente du deuxième étage où se trouve le bureau de la 9e chambre, de nombreuses personnes, notamment des magistrats, ont passé la nuit et certaines n’ont été entendues que durant la journée d’hier. En tout 22 personnes ont été convoquées par le juge et auditionnées, alors que la liste reste encore ouverte. C’est la première fois que l’appareil judiciaire se retrouve ainsi éclaboussé par une affaire aussi grave pour laquelle 11 magistrats ont été suspendus, sur les 18 entendus par l’inspection générale du ministère de la Justice. Tout ce branle-bas de combat a été déclenché dans le sillage de l’affaire des 701 kg de cocaïne au centre de laquelle se trouve Kamel Chikhi, dit «le boucher», âgé d’une quarantaine d’années, converti, en un court laps de temps, en un magnat de l’immobilier qui dépense sans compter pour se payer des villas situées dans des quartiers résidentiels, les raser et en faire des tours. A chaque fois que ses bulldozers entament les travaux de démolition, Chikhi fait face à la colère des riverains qui, dans la majorité des cas, se retrouvent déboutés par les tribunaux auxquels ils s’adressent. Que ce soit à Hydra, où ses engins ont provoqué un éboulement, ayant causé la mort d’un enfant, ou à Bir Mourad Raïs, où il a rasé un immense bois pour ériger une tour, ou encore à Ben Aknoun où il a obtenu un permis de construire d’un ensemble immobilier de plus de 10 étages, malgré les réserves de l’urbanisme, ou encore à Kouba, non loin du cercle de football où ses bulldozers ont failli faire effondrer des habitations, Kamel Chikhi arrive toujours à ses fins. Ceux qui le connaissent savent qu’il ne recule devant rien, puisqu’il a les moyens de corrompre les plus irréductibles. Ses connaissances sont très nombreuses et aussi importantes les unes que les autres. Dans la magistrature, la liste est longue. Mais c’est surtout à Alger et à Boumerdès, où ses amis se comptent le plus. Certains ont été mutés ailleurs. C’est le cas le procureur général de Sétif, d’ailleurs entendu par les inspecteurs du ministère de la Justice. Beaucoup de ses «amis» fréquentent son bureau où les caméras de surveillance ont enregistré leurs va-et-vient mais aussi ceux de nombreuses personnalités ou de leurs enfants. Il faut dire que Kamel Chikhi est connu pour «sa générosité» envers ses «amis», qu’il gratifie souvent de biens immobiliers, mais parfois d’aide financière, ou alors de voyages tous frais payés. Pour le juge de la 9e chambre, les présumées preuves sont suffisantes pour qualifier les faits reprochés aux magistrats inculpés d’«indus avantages» octroyés par Kamel Chikhi, «en contrepartie de services rendus». Ils ne sont pas les seuls, puisque d’autres seraient sur la liste des convocations. Visiblement, le juge semble avoir entre les mains une feuille de route bien définie. Celle d’identifier les complicités qui ont permis à Kamel Chikhi d’être au-dessus de la loi et d’ouvrir les portes les plus blindées. Ainsi si le chauffeur personnel du DGSN a été inculpé pour les services qu’il lui rendait afin de lui faciliter ses passages aux frontières, le fils de l’ancien Premier ministre s’est retrouvé inculpé et mis en détention pour le rôle qu’il aurait joué pour lui décrocher, nous dit-on, la licence d’importation de la viande. Mais, la liste des personnalités que Kamel Chikhi fréquentait ne s’arrête pas à ces deux personnages. Ses connaissances au sien de la police, de l’armée, de certains ministères sont aussi nombreuses que puissantes. Aujourd’hui, ce sont principalement les magistrats qui se trouvent au-devant de la scène, parce que le ministre de la Justice a ouvert une enquête sur toutes les affaires de Chikhi traitées par les tribunaux. Peut-on voir la même enquête sur les réseaux de ce magnat de l’immobilier dans d’autres administrations (fiscale, militaire, de la sûreté nationale et des collectivités locales) ? Autre question pesante. Aussi importante soit-elle, ces investigations ne doivent en aucun cas nous éloigner de l’affaire de la cocaïne, qui à ce jour n’a pas livré les secrets sur sa destination finale, ses propriétaires et les membres de l’organisation chargés de l’importer, la faire transiter par l’Algérie et l’acheminer vers acquéreurs. Hier, le collectif d’avocats des six prévenus placés sous mandat de dépôt, dans le cadre de ce dossier, dont Kamel Chikhi, ses deux frères, un de ses associés, son directeur financier et un de ses agents, a plaidé devant la chambre d’accusation pour une mise en liberté des mis en cause, mais il a été débouté en fin de journée. A ce jour, aucune commission rogatoire n’a été délivrée aux autorités espagnoles et brésiliennes pour connaître les circonstances de cette expédition de plus de 700 kg de cocaïne dans des cartons censés contenir de la viande.

June 21st 2018, 6:12 am

beIN «réagit» aux chaînes allemandes

El Watan

Le groupe qatari beIN Sport a retransmis, avant-hier et en direct, la rencontre Tunisie – Angleterre (Groupe G) en clair. Ce bouquet satellitaire, détenant l’exclusivité de la retransmission des grands événements footballistiques pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) depuis plusieurs années déjà, a décidé de retransmettre en clair 22 matchs de ce Mondial russe. Il s’agit des matchs des quatre pays arabes participant à cette Coupe du monde, en l’occurrence l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Maroc et la Tunisie, ainsi que des matchs des huitièmes, quarts, demi-finales et finale. L’initiative de beIN Sport survient dans un contexte marqué par un large sentiment d’injustice que partagent les amoureux de la balle ronde dans cette région, dans plusieurs cas privés des images des matchs de leurs sélections. Les autorités égyptiennes ont carrément engagé un bras de fer avec le groupe qatari. C’est le cas aussi de l’Arabie Saoudite, notamment depuis la «crise du Golfe», déclenchée l’année passée, qui l’oppose au Qatar. Quelques jours seulement avant le début du Mondial, beIN Sport a porté plainte auprès de la Fifa au sujet de l’Arabie Saoudite qui, d’après le groupe qatari, permet la diffusion sur Arabsat, un satellite qu’elle détient à hauteur de 80%, d’un bouquet satellitaire pirate «beOut Q», qui détourne le logo et les images de beIN Sport et les diffuse gratuitement. D’ailleurs, pour beaucoup, il y a fort à parier que la décision de l’ancienne Al Jazeera Sport de diffuser en clair 22 matchs est mue par une volonté de réagir à ce piratage. Dès lors que les images seront de toute façon disponibles, autant que ce soit lui le diffuseur. De plus, beaucoup d’amoureux de la balle ronde, notamment en Afrique du Nord – c’est le cas en tout cas de l’Algérie – se sont orientés vers les chaînes allemandes ZDF, Das Erste et ARD One qui diffusent gratuitement, sur le satellite Astra, l’intégralité des matchs du Mondial. Il y en a d’autres qui ont opté pour la chaîne suisse TSR sur le satellite Hotbird. Tout cela pour dire que les «footeux» ont trouvé des solutions de rechange face au «monopole» de beIN Sport. Il faut dire que les droits de retransmission sont devenus extrêmement chers depuis que le groupe qatari a réussi à asseoir sa mainmise dessus. Celui-ci préfère surtout vendre ses décodeurs au lieu de céder les images aux chaînes de télévision de la région (une offre spéciale Coupe du monde est proposée aux Algériens contre 18 000 dinars). Face à l’intransigeance de beIN Sport, l’EPTV a même dû pirater un match des Verts en 2013 (Burkina Faso – Algérie). La télévision algérienne avait évoqué «le droit des téléspectateurs algériens de voir évoluer son équipe nationale en dehors de son territoire». Il faut noter, en dernier lieu, que le groupe qatari a signé un contrat avec la Fifa pour les droits de retransmission des coupes du monde depuis 2009. En 2011, le bail avait été prolongé pour toucher les Mondiaux 2018 et 2022. «Le contrat conclu avec cette chaîne de télévision basée au Qatar concerne la retransmission des compétitions par câble, satellite, télévision hertzienne, téléphonie mobile et Internet haut débit dans vingt-trois territoires et pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord», avait indiqué la Fifa. Une «exclusivité» qui ne laissait place à aucun autre moyen «légal» pour les gens de la région Mena de regarder un match de la Coupe du monde sans passer par beIN Sport. «Par ailleurs, Al Jazeera Sport (actuellement beIN Sport) s’est engagée auprès de la FIFA pour que les matches de la Coupe du Monde de la FIFA 2022 soient accessibles au plus grand nombre à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord», avait ajouté l’instance footballistique internationale. En d’autres termes, il faut attendre jusqu’à ce qu’une coupe du monde soit organisée dans un pays de la région pour que soit assurée une «large» diffusion. Sinon, les «footeux» devront toujours compter sur la «générosité» des Allemands et des Suisses.

June 20th 2018, 6:10 am

Manœuvres politiques en toile de fond

El Watan

Arrivés hier à Vienne pour préparer la réunion de l’Opep qui s’ouvrira vendredi prochain, les ministres des pays membres de l’Organisation sont face à un véritable dilemme qui conditionnera l’avenir du marché pétrolier. La prise de décision en faveur d’une augmentation de la production ou un choix orienté vers le statu quo sont, en effet, les deux options qui s’affrontent au sein de l’Opep, avec en toile de fond de nombreuses interférences politiques représentées notamment par les déclarations belliqueuses du président américain, les relations conflictuelles irano-saoudiennes et la position russe. Les Etats-Unis et la Russie sont de la partie forcément. Les premiers voulant casser ce qu’ils qualifient de «chantage» de la part de l’Opep et prêchant pour le camp des pays consommateurs — quoique les prix attractifs font le bonheur des producteurs de schiste américains — le second est écartelé entre son soutien à l’Opep et les pressions de ses compagnies pétrolières qui aspirent à augmenter leur production dans un marché plutôt revigoré. L’Arabie Saoudite, pour sa part, a opéré un net revirement dans ses positions, passant d’un soutien à l’option de prix plus élevés du baril de pétrole — pour soutenir notamment l’entrée en Bourse de son fleuron Aramco — prévue en 2019, à une récente position — empreinte d’arrière-pensées politiques — orientée vers la révision à la hausse des quantités de brut mises sur le marché par l’Opep. Une position devenue subitement ambiguë mais largement calée sur les positions des Etats-Unis qui viennent de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, ajoutant ainsi aux incertitudes quant à la tendance du marché dans les mois à venir. La menace de nouvelles sanctions américaines sur les ventes de pétrole iranien, ajoutée à la chute de la production pétrolière du Venezuela pourraient faire chuter la production combinée d’environ 1,5 million de barils par jour, soit près de 30%, d’ici la fin de l’année prochaine, selon un scénario envisagé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui conseille les pays consommateurs. De ce fait, la Russie a suggéré une augmentation jusqu’à 1,5 million de barils par jour, ce qui compenserait à peu près le montant qui, selon l’AIE, pourrait être perdu par le Venezuela et l’Iran. Pourtant, il est possible, selon ce que signale l’agence Bloomberg, que les pertes au sein de l’OPEP soient plus faibles que prévu, d’où un risque que l’Organisation, qui aura mal jugé l’augmentation de la production, se retrouve face à un scénario de forte chute des prix. Une erreur que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a faite auparavant et qui lui a valu de payer un coût très élevé.

June 20th 2018, 6:10 am

Des proches de VIP devant le parquet

El Watan

Le chauffeur personnel du Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) le général-major Abdelghani Hamel, deux procureurs de la République (l’un en exercice au tribunal de Boumerdès et l’autre dans celui de Boudouaou), le fils de l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, le fils d’un ancien wali de Relizane et l’ex-président de l’APC de Ben Aknoun ont été présentés, hier, par les éléments de la section de recherche et d’investigation du groupement de la Gendarmerie nationale d’Alger, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger). Selon des sources judiciaires, la présentation des accusés intervient après quatre jours de garde à vue dans les geôles du groupement de la gendarmerie d’Alger. Les mis en cause sont présumés impliqués directement ou indirectement, chacun en ce qui le concerne, dans l’affaire des 701 kg de cocaïne, saisis au port d’Oran, par les gardes-côtes du commandement des forces navales, relevant de la façade maritime ouest à Oran (2e Région militaire). La drogue était soigneusement enfouie dans des cartons de viande congelée. De part la qualité des statuts de ces nouveaux présumés inculpés, cette affaire risque de secouer les arcanes de la nomenklatura algérienne puisque des proches de personnalités semblent mouillés dans ce trafic qui s’étend également, selon des sources au blanchiment d’argent. «Si l’implication des mis en cause dans cette affaire de trafic de cocaïne est confirmée, l’enquête prendra une autre tournure et confirmera, vraisemblablement, qu’il s’agit d’une grande association organisée de narcotrafiquants dont les ramifications ne se limiteront pas aux personnes convoquées jusqu’ici», estime un magistrat près le pôle judiciaire d’Alger. Selon les mêmes sources, des commissions rogatoires se préparent actuellement pour étendre la compétence des enquêteurs de la Gendarmerie nationale vers l’Espagne, le Brésil, Panama et le Canada. En attendant, d’autres mis en cause, les uns aussi VIP que les autres, sont en cours d’audition par les investigateurs et leur présentation interviendra prochainement. Ainsi, deux semaines après le début de l’instruction judiciaire, des proches de personnalités sont interpellés et arrêtés. Mis en examen, ils iront rejoindre les cellules de la prison d’El Harrach aux côtés de Kamel Chikhi dit «El Bouchi» (le boucher), ses deux frères et un de ses associés. Ces derniers ont été placés, rappelons-le, sous mandat de dépôt le 9 juin pour «association de malfaiteurs», «trafic et stockage de drogues dures» (cocaïne). L’équipage du navire commercial battant pavillon du Libéria, à bord duquel la drogue avait été transportée du Brésil jusqu’au port d’Oran via le port de Valence en Espagne, a, quant à lui, était libéré. A l’heure où nous mettons sous presse, les mis en cause sont auditionnés par le procureur près le tribunal de Sidi M’hamed. A suivre…

June 20th 2018, 6:10 am

32 000 demandes de visa d’études en 2017

El Watan

Chaque année, ils sont des milliers à solliciter les services du Centre culturel français (CCF) pour les inscriptions au test de connaissance du français permettant l’entame des démarches pour un visa d’étude. Selon des statistiques rapportées par la presse, pas moins de 8 600 étudiants algériens ont accédé aux universités françaises en septembre 2017, alors que le nombre de demandes déposées en vue d’étudier en France avoisinait les 32 000, durant la même année, contre 28 000 dossiers en 2016. «La France est de loin le premier pays d’accueil des étudiants algériens poursuivant leur cursus à l’étranger. La France consacre à l’Algérie son premier budget de coopération universitaire et de recherche : plus de deux millions d’euros», avait révélé l’ambassade de France. L’Algérie a la 3e communauté estudiantine en France, après la Chine et le Maroc. Selon des observateurs, ce rush devrait se poursuivre dans les années à venir à cause du chômage galopant qui affecte cette frange de la société qui arrive annuellement sur le marché du travail, mais aussi en raison de la situation socioéconomique et politique délétère que traverse le pays. Pour la majorité des étudiants, un visa d’études est la seule panacée pour s’installer dans ce pays connu et reconnu pour la qualité de son système d’enseignement, tandis que d’autres expliquent leur choix par leur désir d’améliorer leurs compétences. «Personne ne quitte volontairement un endroit où il fait bon vivre. De surcroît lorsqu’on laisse derrière soi des souvenirs qui nous ont marqués, façonnés, des amis d’enfance, de jeunesse et même des collègues de travail avec lesquels nous avons créé des relations d’amitié, et puis il y a la famille irremplaçable avec laquelle nous avons partagé les bons et les mauvais moments», nous dit l’universitaire et écrivain Ahcène Hédir, installé en France. Il témoigne: «Dans mon cas, ma première préoccupation était de découvrir un laboratoire qui pouvait adhérer et réaliser mon rêve. J’avais finalisé un projet de fin d’études à l’Ecole polytechnique d’Alger, après un stage dans une entreprise française située à Jijel. J’avais eu l’occasion d’élaborer un logiciel informatique qui pouvait prévoir et apporter des solutions aux glissements de terrain. Un problème récurrent dans plusieurs régions et de nombreux projets routiers et autres. J’avais donc demandé une bourse d’études qui m’a été refusée. Puis, je me suis résolu à aller en France où j’ai été hébergé par un ami pendant plus d’un mois, ce qui a rendu simples les démarches administratives et autres.» Mohammed Ouamrane, enseignant au département d’informatique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, qui a fait ses études aux Etats-Unis avant de rentrer au bercail, où il a ouvert une école de formation privée dans les années 1990, nous confie : «Les étudiants veulent partir comme tout le monde car il y a un manque de perspectives, aucun avenir. Pas de travail, pas de logement. Puis, demander un visa d’études vous donne plus de chances d’être accepté. D’autre part, les étudiants pensent, souvent à raison, qu’une fois le diplôme français acquis, il sera alors possible de se faire une situation : trouver un travail, un logement. Les meilleurs étudiants sont plus ambitieux, ils veulent faire médecine, faire de la recherche. En effet, plusieurs de nos ex- étudiants occupent des postes assez importants. En particulier ceux qui suivent des études d’informatique et des technologies nouvelles. On a des anciens étudiants qui sont directeurs de labo de recherche, membre du CNRS, etc.» Il faut dire que malgré les difficultés rencontrées en France, nos diplômés n’ont pas hâte de rentrer au pays. Leur situation est particulière par rapport aux autres étudiants étrangers, a relevé le rapport 2017 de l’Organisation de la coopération et du développement économique (OCDE) sur le recrutement des travailleurs immigrés en France, qui souligne que «régis par l’accord franco-algérien de 1968, les étudiants de ce pays ne bénéficient pas des nouvelles dispositions facilitant le séjour des étudiants et leur maintien sur le territoire». Cet accord pénalise les étudiants algériens, les privant de plusieurs privilèges accordés à d’autres étudiants, notamment l’octroi de l’autorisation provisoire de travail qui semble limitée pour l’étudiant algérien.

June 20th 2018, 6:10 am

Le montant plafonné largement dépassé : La planche à billets en roue libre

El Watan

La planche à billets carbure à plein régime ! Le montant des tirages effectués par la Banque d’Algérie au 31 mars dernier s’élève à 3585 milliards de dinars. Les projections de départ sont ainsi nettement dépassées, raison pour laquelle les économistes et les institutions de Bretton Woods sont opposés au dispositif dit de financement non conventionnel, proposé en septembre 2017 au vote des deux Chambres du Parlement. L’Exécutif jurait alors ses grands dieux qu’il ne s’agissait que d’une option provisoire et que les besoins de financement étaient clairement définis. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, avait évalué alors les besoins de financement à 570 milliards de dinars pour 2017, à 1815 milliards de dinars pour 2018 et à 580 milliards de dinars pour 2019. Cependant, les situations mensuelles communiquées par la Banque d’Algérie, publiées au Journal officiel (JO), font état d’un usage pour le moins excessif de la planche à billets. Alors que les besoins pour 2017 étaient estimés à 570 milliards de dinars, les tirages de monnaie se sont chiffrés à 2185 milliards de dinars au 31 décembre 2017 avant que la valeur de la masse créée ne grimpe à 3585 milliards de dinars au 31 mars 2018. Pour l’ensemble de l’exercice en cours, les besoins de financement par le moyen de la planche à billets étaient estimés à 1815 milliards de dinars. En un seul trimestre, la Banque d’Algérie a tiré 1400 milliards de dinars. La lecture des situations mensuelles de la Banque centrale, publiées dans le JO, montre des contrastes saisissants entre les prévisions de départ et les montants réels des tirages. Une situation préoccupante, alors que nombre d’économistes, voire d’institutions financières multilatérales, appellent à la retenue et à la relance des réformes structurelles. Les 3585 milliards de dinars ont été tirés, rappelons-le, dans le cadre de l’article 45 bis de la loi relative à la monnaie et au crédit de 2003 modifiée et complétée en octobre 2017. L’article en question stipule que «la Banque Algérie procède, à titre exceptionnel et durant une période de cinq années, à l’achat directement auprès du Trésor, de titres émis par celui-ci, à l’effet de participer, notamment à la couverture des besoins de financement du Trésor, au financement de la dette publique interne et au financement du Fonds national d’investissement (FNI).» En outre, l’article 45 bis note que «ce dispositif est mis en œuvre pour accompagner la réalisation d’un programme de réformes structurelles économiques et budgétaires devant aboutir, au plus tard, à l’issue de la période susvisée, notamment, au rétablissement des équilibres de la trésorerie de l’Etat et de l’équilibre de la balance des paiements». Les institutions de Bretton Woods ont alerté maintes fois sur le risque d’un retour de manivelle si le gouvernement venait à recourir exagérément à la planche à billets. Dans son plus récent rapport d’appréciation sur l’évolution de l’économie algérienne, diffusé la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) suggère «l’arrêt du financement monétaire dès cette année», même s’il «note que le gouvernement reste engagé dans son plan de consolidation budgétaire qu’il compte reprendre dès 2019 pour rétablir l’équilibre extérieur et budgétaire dans les délais». «Le gouvernement est convaincu que cette stratégie de financement», allusion faite à la planche à billets, «est moins risquée que le recours aux emprunts extérieurs», rapporte le FMI dans son dernier rapport sanctionnant la visite de ses experts en Algérie au titre de l’article 4 de ses statuts. Cependant, au vu des quantités d’argent créées par la Banque d’Algérie, l’effort de stérilisation des liquidités injectées risque de montrer rapidement ses limites. Le montant des tirages risque de grimper davantage compte tenu du poids de la dette interne et des besoins de financement. Selon des indiscrétions, le gouvernement se prépare à se retirer progressivement de cette option de financement au profit d’emprunts extérieurs qu’il compte négocier dès le second semestre de 2019.

June 20th 2018, 6:10 am

Matoub Lounès, le «philosophe existentialiste»

El Watan

Il y a 20 ans était assassiné, par des rafales de kalachnikov, le chanteur engagé Matoub Lounès, sur la route de Tala Bunan. Le département de culture et de langue amazighe de l’université Abderahmane Mira de Béjaïa commémore le souvenir de sa tragique disparition de manière à valoriser le génie poétique du Rebelle, en mettant la lumière sur son œuvre. La parole est donnée à des scientifiques qui se penchent sur le legs poétique matoubien, profond et distingué. Pendant trois jours, du 19 au 21 juin, au campus de Aboudaou, une soixantaine de communicants décortiquent, dans une approche scientifique, l’œuvre du Rebelle. «L’impact social de l’œuvre chantée de Matoub est aujourd’hui retentissant, en particulier auprès des jeunes Kabyles et Maghrébins, ceux du pays et ceux de la diaspora, qui ne l’ont pourtant jamais connu ni vu chanter sur scène», précisent, dans l’argumentaire du colloque, les organisateurs de cette manifestation qui prend une dimension internationale par l’implication de chercheurs venus d’Agadir (Maroc), d’Ottawa (Canada) et de France. Outre les départements de culture et de langue amazighe de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Batna, la liste des intervenants comprend des enseignants des universités de Blida, Tindouf et Mila. Déclinées dans les trois langues (tamazigh, arabe et français), les communications portent sur la biographie et l’œuvre de Matoub Lounès en tant que poète-interprète, dont le militantisme a déteint incontestablement sur son œuvre, ce qui lui a coûté sa vie. C’est cette œuvre engagée sur laquelle s’est penché le professeur Ahmed Boualili dans une étude stylistique et une critique idéologique qui l’ont amené à faire ressortir les «principales philosophies» qui se dégagent des textes de l’auteur d’Aghuru. Le professeur Boualili s’est intéressé à la «philosophie politique» du chanteur ainsi qu’à sa «philosophie esthétique». «On a tendance à penser que ce qui oppose Lounis Aït Menguellet et Matoub Lounès tient au fait que le premier privilégie la sagesse, alors que le second est plutôt un homme d’action, meneur de troupes et démagogue dans son sens premier. D’ailleurs, on est enclin à qualifier le premier de philosophe et le second de casse-cou. Pourtant, l’oreille initiée peut déceler dans l’œuvre poétique de Matoub Lounès beaucoup de sagesse philosophique, qu’on m’excuse la tautologie», remarque le Pr Boualili, qui distingue trois fonctions dans la poésie de Matoub : religieuse, politique et technique. La dénonciation des dérives du pouvoir dans notamment les chansons Tabrats i lhukam (Lettre aux gouvernants), Monsieur le président et bien d’autres, remplit pleinement la fonction politique en empruntant à Bakounine le principe que l’«Etat est incompatible avec la liberté humaine» et que le même Etat «est un danger liberticide». Matoub s’oppose ainsi à la conception de Hobbes pour qui «la liberté doit être aliénée à l’Etat», il est donc «partisan d’une société sans Etat» et de la «promotion des particularités régionales et la reconstitution des communautés». «Pour Matoub, la Kabylie est l’exemple même d’une communauté forte capable de faire avancer l’Algérie», observe Ahmed Boualili. L’universitaire déduit aussi que, pour le Rebelle, «la religion est dangereuse, notamment dans son versant dogmatique» et qu’à ce propos, «dans la chanson Hymne à Boudiaf, il dénonce le courant obscurantiste qui va mener l’Algérie au chaos». La liberté aussi est un thème majeur dans la poésie du chanteur, en tant que «droit inaliénable», un droit qui s’arrache. Le professeur Boualili considère que Matoub rejoint en cela «la conception des philosophes du contrat social» à l’exemple de Rousseau. «Matoub est un homme d’action, pragmatique, humaniste, accepte l’autre, est de toute les luttes, s’oppose à la religion, à l’hégémonie de l’Etat, aux calculs politiques manipulateurs, à l’oppression au nom d’un dogme ou d’une langue, à l’essentialisme à la prédestinée humaine…» En un mot, Matoub Lounès est un «philosophe existentialiste», conclut le Pr Boualili. L’œuvre et le combat de Matoub Lounès dépassent les frontières nationales et forcent le respect de nos voisins rifains du Maroc. Abdelmoutaleb Zizaoui, d’Agadir, a pris connaissance des chansons de Matoub deux ans après sa mort. Hier, il a communiqué sur les thématiques de l’ironie du sort et de l’éveil identitaire dans l’œuvre du Rebelle et leur trouve des échos dans la chanson engagée rifaine. Pour Djamel Chikh, de l’université d’Ottawa, «dans l’imaginaire militant amazigh, Matoub joue le rôle de leader d’opinion dont le verbe est écouté et le message suivi». Matoub Lounès est vu comme «un personnage-repère dans l’imaginaire social militant dont le rôle sociopolitique est cardinal», ce qui le distingue des autres interprètes engagés de son temps et des temps anciens.

June 20th 2018, 6:10 am

Les zones d’ombre persistent

El Watan

Deux semaines sont passées depuis que le juge de la 9e chambre du pôle pénal spécialisé d’Alger a entamé l’instruction judiciaire autour de l’affaire des 701 kg de cocaïne dissimulés dans une marchandise de viande congelée importée du Brésil, par un magnat de la promotion immobilière à Alger. Aussi bien l’enquête préliminaire des gendarmes que la première étape des investigations du juge d’instruction n’ont, pour l’instant, pas élucidé le mystère de cette importante opération d’importation de cocaïne pure qui ne peut se limiter uniquement à Kamel Chikhi, le boucher converti en promoteur immobilier, ses trois associés, dont ses deux frères, et deux de ses employés. Une telle quantité de drogue cache une puissante organisation aux ramifications internationales. Pour l’instant, les premières informations ne nous renseignent pas beaucoup sur les tenants et les aboutissants de l’opération. Ce que l’on sait c’est que Kamel Chikhi importe depuis prés de 7 ans de la viande congelée et fraîche du même fournisseur brésilien, Minerva Food, spécialisé dans la viande halal, sauf que c’est la première fois qu’il débarque sa marchandise à Oran. Le transport de celle-ci avait été confié à MSC, une compagnie maritime de droit suisse, appartenant à des Italiens. C’est au port de Santos, qu’elle a été embarquée à bord du navire Alamfy, le 27 avril 2018 (affrété par MSC), en présence des autorités portuaires et douanières, mais aussi des représentants du fournisseur et de la compagnie MSC. En tout, une quinzaine de conteneurs frigorifiques scellés, dont celui où la drogue a été dissimulée, sont installés (depuis le port de Santos) au fond du navire Almafi de MSC. Ce qui laisse croire que dès le départ, la drogue était destinée à l’Algérie, à partir du moment qu’elle a été dissimulée dans les cartons de viande importée par les sociétés Amazone Meat et Dounya Meat d’importation de viande appartenant à Kamel Chikhi. Le 8 mai 2018, le navire quitte le port en direction de Rio, où il fait sa première escale, puis traverse l’océan pour rejoindre, 9 jours après, Las Palmas. Le 19 au soir, il largue les amarres pour se diriger vers l’Espagne. Le 23 mai, il accoste au port de Valence pour décharger à quai les conteneurs. Ces derniers sont tout de suite pris d’assaut par les autorités portuaires, entre les services de police, de la douane, mais aussi du représentant de la compagnie de transport MSC-Valence. Une fois les scellés brisés, la marchandise est passée au peigne fin. C’est quand même étonnant que les autorités espagnoles, informées de la présence suspecte de cette drogue et après avoir procédé au contrôle (notamment du conteneur objet de soupçons), ordonnent la remise des scellés sur les conteneurs, leur embarquement à bord du navire Mega Mercury, affrété par MSC, pour être acheminés vers l’Algérie. Est-ce pour être certaines que la marchandise arrivera à destination ou s’agit-il tout simplement du fruit d’un probable compromis (avec l’organisation qui se cache derrière cette drogue) qui a mal tourné, sachant que le port de Valence est connu comme étant la plaque tournante du trafic de drogue ? Les questions restent posées d’autant que l’alerte sur le navire n’a été donnée aux autorités algériennes que le 28 mai, alors que le navire était en rade depuis le 25 mai au soir. Il faut savoir que lors de la fouille du navire à Oran, une quarantaine de sacs à bulles d’air hermétiques, autant de lampes-torches flottantes dotées de systèmes de géolocalisation, ainsi que des chaînes certainement servant à relier tous les sacs ont été saisis. Ces équipements devaient être utilisés pour jeter en mer les 34 cartons de viande où était dissimulée la cocaïne. Mais, qui était chargé de cette mission en mer si ce n’est l’équipage à bord du navire ? En tout cas, le navire a franchi les eaux territoriales algériennes, le soir même de la journée du 25 mai, et faute de place à quai, il est resté en rade jusqu’au 29 du même mois, date à laquelle l’alerte a été donnée, par les autorités espagnoles. Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour signaler sa présence, sachant que la cargaison de cocaïne était suivie de très près depuis son chargement au Brésil ? Autre question qui revient sans cesse est celle liée à l’implication ou non de la compagnie de transport qui s’est chargée de ramener la marchandise du Brésil jusqu’à Oran et dont le représentant était présent à Valence lorsque les autorités avaient ouvert le fameux conteneur où était dissimulée la drogue. Peut-on croire que ce dernier n’était pas informé de cette marchandise ? La réponse ne sera certainement pas donnée, puisque MSC, entendue comme témoin, tout comme les membres de l’équipage d’ailleurs, considère qu’elle n’est pas responsable de la marchandise qu’elle transporte. En tout cas, le collectif des six avocats constitué dans cette affaire  compte s’appuyer sur toutes ces interrogations et zones d’ombre pour défendre les six prévenus détenus à El Harrach. Ils soupçonnent «un complot» contre Kamel Chikhi, «fomenté par des concurrents qui importent de la viande brésilienne auprès du même fournisseur», présentés comme «un puissant lobby de promoteurs immobiliers oranais, qui ont de fortes ramifications en Espagne, notamment à Valence». Me Bouhamana va plus loin. Il déclare : «Cette quantité de drogue est une agression contre l’Algérie. Elle est destinée aux narcoterroristes qui veulent déstabiliser le pays. Nous devons faire tout pour que la vérité éclate au grand jour. L’enquête doit aller au fond des choses. Comprendre comment cette drogue a pu être mise dans les cartons de viande et pourquoi les autorités espagnoles, qui avaient ouvert le conteneur dans lequel était dissimulée la cocaïne, l’ont laissé partir en direction de l’Algérie ? Il y a trop de points d’interrogation auxquels il faut apporter des réponses. L’instruction ne doit pas limiter cette grosse affaire uniquement aux frères Chikhi.» L’avocat semble convaincu de l’«innocence des mis en cause, notamment Kamel Chikhi» qui, d’après lui, «a été choisi pour son profil». L’instruction n’est cependant pas passée à la vitesse de croisière. Elle reste plutôt axée sur les frères Chikhi, alors que les commissions rogatoires vers l’Espagne et le Brésil n’ont toujours pas été délivrées. Le juge a décidé de bloquer de nombreux comptes des sociétés de Kamel Chikhi, alors que les enregistrements vidéo des caméras de surveillance de son bureau ont été confisqués et certaines personnalités, qui lui rendaient visite régulièrement, ont été convoquées pour être entendues.

June 19th 2018, 10:10 am

Un des auteurs arrêté et placé sous mandat de dépôt à Oran

El Watan

Des sources policières confirment l’arrestation d’un des deux lanceurs d’appel au lynchage des femmes qui ne portent pas le voile. Identifié, il a été présenté au parquet d’Oran, vendredi dernier, puis placé sous mandat de dépôt, pour «incitation à la violence», alors que l’enquête se poursuit. Après avoir reçu de nombreuses plaintes de citoyens, les services de police ont ouvert une enquête pour identifier les auteurs de l’appel à asperger d’acide le visage de toute femme ne portant pas le voile, diffusé sur les réseaux sociaux sous le slogan : «Frappe, prend la fuite et laisse la défigurée comme ça elle ne sortira plus de la maison». Quelques jours seulement ont permis aux enquêteurs d’identifier la personne qui se cache derrière le nom d’Amir Boukli Hassen, auteur de l’appel illustré par le logo de Sonatrach, qui a fait le buzz sur la Toile et suscité la colère des internautes. Les propos contenus dans certaines réactions étaient plus virulents, voire plus graves que l’appel en question. Parmi eux, cette phrase : «C’est une bonne idée. Si on l’applique, on va éduquer ces chiennes qui n’ont pas quelqu’un qui les contrôle», lancée par un certain Omar Abdellah, un jeune d’une trentaine d’années, qui a été le premier à être arrêté par les services de police et présenté au parquet d’Oran, vendredi dernier, soit le premier jour de l’Aïd. Selon nos sources, l’enquête de police se poursuit pour identifier les autres lanceurs d’appel au lynchage des femmes, dont la liste a été arrêtée. «Tout ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux a une traçabilité. De ce fait, l’identification des auteurs de tout propos contenant des appels à la violence, des menaces ou toute autre déclaration qui tombe sous le coup de la loi, n’est qu’une question de temps pour les unités spécialisées en cybercriminalité, qu’elles soient de la police ou de la Gendarmerie nationale», révèlent nos interlocuteurs. Selon ces derniers, l’appel en question est un «fait grave qui tombe sous le coup du code pénal». A signaler que cet appel a suscité la réprobation de la société civile, qui n’a pas manqué d’interpeller les pouvoirs publics, d’autant qu’il a été lancé juste après l’agression d’une jeune femme juste parce qu’elle faisait du jogging juste avant la rupture du jeûne, moment où, pour ses agresseurs, «les femmes doivent être à la cuisine». L’apparition en pleure de cette victime sur les réseaux sociaux se plaignant de ceux qui l’ont violentée mais aussi des gendarmes qui ont refusé de prendre sa plainte, a suscité un large mouvement de solidarité. Des milliers de femmes et d’hommes ont décidé de courir au même endroit où la jeune femme a été agressée et à quelques heures de la rupture du jeûne en réponse aux inquisiteurs. Sous le slogan : «C’est moi qui décide où je dois être», les marcheurs ont exprimé leur colère mais aussi leur soutien aux femmes victimes de violence, un peu partout dans le pays. Les auteurs d’agression et d’appel à la haine et la misogynie tombent tous sous le coup de la loi, et doivent répondre de leurs actes condamnables devant la justice. Ils doivent être un exemple pour tous ceux qui osent violer les libertés et les droits des citoyens…

June 19th 2018, 10:10 am

Cerfs-volants palestiniens : Une nouvelle source d'inquiétude pour Israël

El Watan

Ghaza De notre correspondant Des avions de chasse israéliens et des drones ont bombardé, hier à l'aube, plusieurs positions des brigades Ezzedine Al Qassam, la branche armée du mouvement Hamas, à l'ouest de la ville de Ghaza et dans le nord de l'étroite bande côtière palestinienne. Ces bombardements ont fait d'importants dégâts matériels, effrayé les femmes et les enfants, mais n'ont pas fait de victimes. L'armée israélienne a prétendu  que ces attaques sont intervenues en riposte à l'envoi par des jeunes Palestiniens de la bande de Ghaza, durant les dernières 24 heures, de cerfs-volants et de ballons incendiaires sur le territoire israélien, qui ont provoqué plusieurs incendies dans les champs et les broussailles proches des localités israéliennes. Depuis le 30 mars, avec le lancement de la Grande marche du retour, des manifestations populaires pacifiques, dans les zones frontalières de la bande de Ghaza avec Israël, réclamant le droit de retour des réfugiés palestiniens et la levée de l'embargo imposé par Israël, aux côtés des jets de pierre, sont apparus les ballons et les cerfs-volants incendiaires, devenus une source d'inquiétude pour la plus puissante armée de la région du Moyen-Orient. Des jeunes Palestiniens profitent de la direction du vent pour envoyer ces ballons gonflés à l'hélium et ces cerfs-volants, auxquels ils attachent un torchon enflammé, sur le territoire israélien proche de l'enclave palestinienne. Depuis le 30 mars, plus de 300 incendies ayant dévasté des milliers d'hectares de champs, de forêts et de broussailles ont été signalés par la protection civile israélienne. Les pertes israéliennes sont estimées à plusieurs millions de dollars, ce qui a entraîné une grande colère dans les milieux coloniaux et au niveau de la scène politique israélienne. Le gouvernement israélien a menacé de déduire les montants des pertes de ceux qu'il prélève pour le compte de l'Autorité palestinienne sur les marchandises importées à travers les ports et les aéroports israéliens, destinées au marché palestinien. Plusieurs responsables politiques, dont des membres de la Knesset, le Parlement israélien, et des ministres, tels ceux de la Guerre, Avigdor Lieberman, et de l'Enseignement, Naftali Benett, exigent l'élimination physique des jeunes qui envoient les cerfs-volants et les ballons incendiaires sur Israël. Des drones israéliens ont lancé, la semaine dernière, une roquette tout près de jeunes citoyens qui préparaient des cerfs-volants incendiaires en guise d'avertissement. Dimanche, un véhicule appartenant à un jeune soupçonné de fabriquer ces moyens de lutte rudimentaires a été bombardé par un drone israélien qui l'a complètement détruit. Heureusement qu'il était vide lorsqu'il a été ciblé. Selon des sources médiatiques israéliennes, les responsables politiques sont en plein désaccord avec les chefs militaires sur la façon de traiter le casse-tête que représente pour les Israéliens les cerfs-volants et les ballons incendiaires. Tandis que les premiers exigent l'assassinat pur et simple des jeunes qui les envoient sur le territoire israélien, l'armée pense que cela accélérera le déclenchement d'une nouvelle guerre, ce qu'elle désire éviter, pour l'instant au moins. Au cours de la réunion hebdomadaire du gouvernement israélien, dimanche, Naftali Benett a demandé d'éliminer physiquement les expéditeurs de cerfs-volants incendiaires, comme c'est le cas avec ceux qui tirent des roquettes sur Israël. Le chef de l'état-major de l'armée israélienne, Gadi Ezincot, a dit de son côté qu'il préfère les incendies à une nouvelle guerre où les colons seront forcés de demeurer dans les abris. Israël veut, à travers les bombardements des positions du Hamas, forcer le mouvement qui contrôle la bande de Ghaza depuis l'été 2007 à empêcher l'utilisation par les jeunes Palestiniens de cerfs-volants et de ballons incendiaires. En dernier recours, une nouvelle guerre sera lancée contre la bande de Ghaza, preuve que ces moyens de lutte rudimentaires font beaucoup de mal à Israël.

June 19th 2018, 10:10 am

Réponse à l’article d’Arezki Aït-Larbi intitulé : «Menaces sur la Kabylie, ne pas céder à la peur…»

El Watan

Nécessaire débat L’appel de Ferhat Mhenni à «mettre sur pied un corps de contrainte» et «une organisation de sécurité» a provoqué un choc au sein de l’opinion. Il est perçu comme une grave dérive, une dangereuse aventure qui risque de propulser la région dans l’irréparable. En Kabylie, cet appel a essuyé un rejet massif. Toute la région s’inquiète. Dans sa tribune publiée dans El Watan, Arezki Aït-Larbi — figure militante de premier plan — a profondément analysé les risques du «projet» défendu par «l’exilé» parisien. Prônant une option sécessionniste, Ferhat Mhenni répond à son ancien compagnon de lutte. Pas sur le fond. Mais il explicite bien le fond de sa pensée, en réaffirmant son appel à mettre en place «un corps de contrainte» qui serait secret. Une sorte de milice clandestine dont la principale mission est de «faire respecter l’autorité et les décisions du GPK (gouvernement provisoire de Kabylie)». Ce faisant, Ferhat Mhenni quitte désormais le terrain politique. Il veut mettre en veilleuse les questions des libertés, de démocratie et de la pluralité des opinions. Pire encore, il s’apprête à rompre avec la lutte pacifique pour préparer le terrain de la violence. Le danger est réel et la situation interpelle tout le monde. Elle appelle les élites politiques, intellectuelles, les acteurs de la société civile à s’emparer du débat, à reprendre l’initiative politique et citoyenne pour solidifier les libertés dans la région. C’est le meilleur moyen de la préserver de la dérive annoncée. Le débat doit se poursuivre dans la sérénité, la diversité et le respect de toutes les opinions. Et c’est dans cet esprit qu'El Watan a décidé de publier la réponse de Ferhat Mhenni…   Cher ami Quelles que soient les vicissitudes du temps, les malentendus ou les divergences d’opinion, les coups de griffes ou les coups de poignard dans le dos, les procès d’intention ou autres indélicatesses dont souvent me gratifient d’anciens compagnons de lutte, j’ai pour constance de garder mon amitié à toute personne, comme toi, ayant partagé une plage de ma relative longue vie de militant. Dans le dernier papier que tu me dédies, à la fois comme dénonciation et comme supplique, tu t’adonnes à ton sport favori, la désinformation et la manipulation de l’opinion. En convoquant pêle-mêle BHL, le Makhzen, les USA, le CRIF, la France et Israël, par allusion, tu uses de poncifs du pouvoir algérien dont je te croyais sincèrement loin. A jeter un regard distrait sur le titre de ton article : «Menaces sur la Kabylie, ne pas céder à la peur…», n’importe quel lecteur comprendrait que le danger que tu pointes du doigt ne viendrait ni des terroristes islamistes, ni du pouvoir algérien mais de moi. As-tu mesuré la gravité de ta cécité ? Rends-en toi compte par toi-même ! Qui a tué 130 Kabyles au Printemps noir (2001-2003) ? Qui occupe militairement la Kabylie ? Qui permet aux terroristes islamistes, venus d’ailleurs, de se déplacer en toute sécurité malgré les barrages militaires et paramilitaires qui jalonnent nos routes et qui sont si efficaces lorsqu’il s’agit d’empêcher des manifestants kabyles du 20 Avril ou de Yennayer d’arriver sur les lieux du départ des marches ? Qui rackette nos commerçants au grand jour par le fisc et la corruption ? Qui brûle nos forêts chaque été et qui interdit aux citoyens d’éteindre les feux quand ils s’approchent de leurs maisons, si ce n’est des militaires algériens ? Qui empêche le développement économique de la Kabylie destinée désormais à n’accueillir que des prisons ? Qui opère des kidnappings de nos entrepreneurs et qui ordonne à la police coloniale de ne pas en rechercher les coupables ? Qui tente de dépersonnaliser nos enfants à travers des écoles, des mosquées et des médias salafisés ? Qui bastonne nos enfants dans la rue ? Qui surveille les Kabyles tels des sauvages ? Ce n’est pas que dans le titre de ton texte que tu me fais endosser cette menace. Tu emboîtes le pas à Saïd Sadi qui, pour dissuader les Kabyles d’adhérer au MAK et au projet d’indépendance de la Kabylie, leur prédit des lendemains apocalyptiques. «Attention, ça va être un charnier ! ça va être une guerre civile, ça va être un bain de sang !» Tu écris la même chose en avançant que l’Anavad «s’essouffle» à provoquer cette guerre civile qui va lui «donner quelque légitimité internationale, à défaut d’avoir le consentement du peuple kabyle» qu’il prétendrait représenter. Cette accusation est infondée, mensongère, grossière et paradoxale. Tout le monde sait qu’une organisation «essoufflée» ne présente aucun danger pour ses adversaires. Or, le MAK est la sève de la Kabylie profonde, il est la Kabylie même, aussi bien expressive que silencieuse. Et s’il travaillait réellement à provoquer une guerre civile, il l’aurait déjà déclenchée. S’il ne l’a pas fait, ce n’est pas faute de moyens, de savoir-faire ou par essoufflement mais par choix stratégique d’une voie pacifique pour l’indépendance du peuple kabyle. Le MAK est le dernier espoir de voir le jour de liberté se lever sur la Kabylie. En le traitant de menace sur le peuple kabyle, ton écrit participe, peut-être inconsciemment, de la même politique de diabolisation que le pouvoir algérien tente de mener contre la seule force kabyle capable de fortifier la résistance que, pourtant, tu appelles de tous tes vœux contre ses assauts assassins. Là où tu as tout faux, c’est quand tu m’invites «à mesurer l’ampleur du chaos qui menace la Kabylie», et dont je risquerais d’être «le vecteur consentant». Tu ajoutes : «Accepteras-tu de voir chaque village, chaque quartier, chaque rue, devenir le terrain d’affrontements fratricides ?» Quels affrontements fratricides ? Nous ne sommes pas le FLN contre le MNA. Je tiens à t’en rassurer. Le MAK est une organisation pétrie des valeurs les plus nobles. Lui prêter des desseins qu’il n’a pas est simplement insensé, pour rester correct. Le MAK est à la fois la paix, la liberté, le droit et la justice auxquels la Kabylie aspire et je ne permettrai à personne de donner de lui l’image d’une menace sur ce qu’il entend défendre. Je t’interdis aussi de t’en prendre aux membres de l’Anavad et de notre corps diplomatique. Quelles que soient les tares que tu essaies injustement de leur accoler, ils sont mille fois plus sains que ceux du pouvoir algérien qui, eux, étrangement sont hors de ton champ de vision. Je n’adhère pas à cette référence récurrente à la génération de 1980 qui semble vouloir instituer une nouvelle classe d’anciens moudjahidine et qui, au nom du combat d’hier, s’autoriserait aujourd’hui la collaboration avec l’ennemi. La génération du Printemps noir et celle des indépendantistes du MAK ont autrement plus de mérite que leur devancière du MCB. Elles sont plus lucides, plus modernes et ne s’égarent pas comme la nôtre dans les méandres de l’aliénation algérienne. Mais revenons à ce qui semble te révolter le plus, mon «appel de Londres» par lequel «je demande à la Kabylie d’accepter de bonne grâce et en toute conscience la mise sur pied d’un corps de contrainte et de sécurité». Tu redouterais que le MAK parvienne à établir «… une autorité de fait accompli» en Kabylie, une organisation qui soit dédiée à la protection de nos enfants. Voilà donc le fond du problème. Cher ami, J’ose un avis pour lequel, au cas où il s’avérerait faux, je te prie de m’excuser. J’ai bien peur que l’ancien combattant qui a pris possession de toi soit devenu un simple spectateur des événements, envieux de cette nouvelle génération qui a repris le flambeau sans toi, de manière plus lucide, plus massive et plus combative. Pourtant, tu peux toujours y avoir toute ta place et ce ne sont pas des sollicitations de notre part qui manquent à ce que tu te remettes dans le bain et être dans cette «autorité», non pas de fait accompli, mais de construction de notre indépendance. Par ailleurs, rien ne t’interdit de me faire des rapports plus réalistes que ceux que tu considères, sans preuves, comme «frelatés», envoyés par les cadres du MAK. En 2018, avec tous ces smartphones, tablettes, réseaux sociaux, blogs et autres modes de communication sophistiqués, ta sentence selon laquelle je serais coupé des réalités ne tient pas la route. L’exil n’en est plus un. Je suis tous les jours en Kabylie où je parle aux militantes et militants, aux citoyennes et aux citoyens, aux amis et aux parents. Je ne me contente pas non plus des diverses revues de presse de mes collaborateurs en temps réel. Je vais moi-même piocher l’information à la source. Il serait salutaire pour tous que tu cesses d’essayer de remonter les Kabyles contre celui qui les défend et les protège en leur affirmant que cette «autorité de fait accompli» va avoir pour «cible… le citoyen kabyle, sommé de renoncer à ses libertés, mettre ses neurones au garde à vous, répudier son devoir de lucidité et accepter les exactions, qui s’annoncent déjà «inévitables», des néo-Pasdarans, véritable «Armée kabyle du salut». En fait, pour toi, il vaudrait mieux l’ANP, la DGSN et la gendarmerie qu’une armée kabyle. Je ne suis pas un chef militaire et je n’entends pas lever une armée. Mais de moi à toi, j’accepterais volontiers une armée kabyle sous tes propres ordres à celle étrangère à la Kabylie. Je ne suis pas un dictateur et tu le sais mieux que quiconque. Le MAK sollicite les neurones de chaque Kabyle pour rester en éveil et ne pas s’empâter dans le confort matériel où l’égoïsme et la corruption priment sur le combat. Cette autorité sera l’œuvre de la Kabylie qui en a besoin. Il n’y aura pas d’indépendance sans autorité. Chacun devrait participer à sa mise sur pied, volontairement, lucidement par adhésion. Relis les manuels classiques de philosophie, de Hobbes à Rousseau et tu trouveras que tu as tort de t’ériger contre la condition sine qua non de construire une Kabylie souveraine. Ce qui a empêché les Kabyles de mettre sur pied cette autorité moderne est cette manie qui consiste à rejeter le pouvoir de son frère kabyle tout en acceptant d’endurer celui d’un étranger. Désormais, cela va changer. A chaque entreprise ses exigences. Celle de l’indépendance de la Kabylie commence par l’instauration d’une autorité. Je suis déterminé à y parvenir. «Alors que l’arbitraire policier tend à se généraliser, alors que les procès pour délit d’opinion se multiplient, alors que les agressions liberticides ont atteint un niveau d’alerte qui soulève l’indignation unanime, alors qu’un embryon de résistance pacifique commence à prendre forme», ne penses-tu pas justement qu’il faille proposer en ce moment-même à la Kabylie de faire preuve non pas de docilité mais de lucidité, de réalisme sans se départir de sa vigilance, et accepter de bonne grâce une force de «contrainte» ? Relis ta sublime phrase et questionne-toi en toute conscience si ce que tu dénonces contre Abane Krim et Amirouche tu ne serais pas en train de le pratiquer contre moi ? «Si nul révolutionnaire n’est exempt d’erreurs, parfois tragiques, il faut relever que dans ce procès en indignité instruit par des procureurs à gages, aucun baron du pouvoir, aucun corrompu du sérail, aucun tortionnaire n’a été convoqué dans le box des accusés». Loin de moi l’idée de te considérer comme un «procureur à gages», mais dans le procès que tu m’as fait, je ne trouve nul criminel du régime dans le box des accusés. Crois-moi, le «troubadour» flamboyant qui a servi, plus que tout autre, la cause de la liberté, est aujourd’hui le président de l’Anavad, le gouvernement provisoire kabyle qui promet à la Kabylie non pas des souffrances, du sang et des larmes pour une cause occulte, mais de retrouver sa dignité dans la liberté, la démocratie et la fin de l’arbitraire. Tout est clair ! En te relisant je remarque avec beaucoup de douleur que tu m’as fait une réponse non pas d’un Kabyle, mais d’un Algérien. Un Algérien suicide le Kabyle qu’il porte en lui. Moi, en tant que Kabyle, j’en ai fini avec mon Algérien. Je suis Kabyle et rien ni personne d’autre. Sans rancune. Ferhat Mehenni, ton ami pour l’éternité

June 19th 2018, 10:10 am

Payement électronique : Les commerçants doivent se doter de TPE avant fin 2019

El Watan

S'exprimant au sujet de l'obligation faite aux commerçants de se doter de Terminaux de payement électronique (TPE), la ministre a indiqué qu'elle demandera la prorogation du délai jusqu’à fin 2019 de manière à permettre aux commerçants d'acquérir les TPE fabriqués en Algérie par l'ENIE de Sid  Bel Abbes, au lieu de les importer de l'étranger.   Les premiers tests pour la mise en service des deux câbles sous-marins en fibre optique pour l'optimisation de la connexion internet en Algérie commenceront durant le dernier trimestre 2018, a annoncé lundi la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Feraoun. "Nous allons commencer les tests pour la mise en service des deux câbles sous-marins en fibre optique pour l'optimisation de la connexion internet au dernier trimestre 2018, alors que la mise en service d'un des deux câbles interviendra en décembre 2018 ou janvier 2019", a indiqué Mme Feraoun à la Radio nationale, précisant qu'en parallèle, le réseau inter-wilaya devrait être achevé d’ici la fin de l’année en cours.   Elle a précisé qu'Algérie Telecom a investi dans deux câbles sous-marins pour l'amélioration de la connexion internet, le premier reliera Oran à Valence (Espagne) alors que le deuxième reliera la station de Annaba à l'infrastructure internationale Medex (Etats-Unis), "ce qui permettra aux  Algériens de disposer d'un meilleur débit internet mieux sécurisé".   Sur un autre sujet, elle a indiqué que l'opérateur de téléphonie mobile Mobilis va se déployer à l’international, notamment au Mali où il a soumissionné pour l'obtention de l'exploitation de la licence de 4ème génération dans ce pays, aux côtés du Maroc et de la France. "Après avoir obtenu l’autorisation du Conseil des participations de l’Etat, nous avons ficelé le dossier dans le but de remporter le marché de cette licence 4ème génération au Mali", a expliqué Mme Feraoun, précisant que "Mobilis a prévu de se déployer plus massivement au Mali pour des raisons de proximité".   A une question sur la coupure de la connexion internet pendant les épreuves de l'examen du baccalauréat, la ministre a expliqué que "le service internet sera interrompu pendant une heure au début de chaque épreuve", présentant à cette occasion ses "excuses d’avance aux usagers de l'internet".   S'exprimant au sujet de l'obligation faite aux commerçants de se doter de Terminaux de payement électronique (TPE), la ministre a indiqué qu'elle demandera la prorogation du délai jusqu’à fin 2019 de manière à permettre aux commerçants d'acquérir les TPE fabriqués en Algérie par l'ENIE de Sid  Bel Abbes, au lieu de les importer de l'étranger.

June 18th 2018, 4:06 pm

BEM: un taux de réussite de 56,88 % au niveau national

El Watan

Le taux de réussite aux épreuves du brevet d'enseignement moyen (BEM) a atteint 56,88 % au niveau national, a annoncé dimanche la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit,  qualifiant ce taux d'acceptable par rapport à l'année précédente. Invitée à l'émission "Hiwar Essaa" de l'ENTV, Mme Benghabrit a précisé que le taux de réussite aux épreuves de BEM est de 56,88%, qualifiant ce chiffre d'"acceptable". La ministre de l'Education a indiqué que le taux de réussite chez les filles a atteint 58,20%, saluant dans ce sens leur assiduité. Le nombre des candidats aux épreuves du BEM a atteint 595.865, soit une hausse de 5,9 % par rapport à l'année dernière qui a enregistré le nombre de 566.221 candidats, selon les chiffres présentés par le ministère de l'Education nationale. Les élèves qui obtiennent une moyenne égale ou supérieure à 10/20 accèderont automatiquement en classe de première année secondaire sur la base de la moyenne décrochée à l'examen national et celle de l'évaluation continue de l'année.

June 18th 2018, 8:21 am

AG élective de la LFP : Baghdadi crie au complot

El Watan

Le candidat au bureau exécutif de la Ligue de football professionnel (LFP), Nacereddine Baghdadi, crie au complot de la part du président de la FAF, Kheireddine Zetchi, qu’il accuse ouvertement d’être derrière le rejet de son dossier de candidature par le président de la Commission de candidature Lafri. «Vous avez peur de Baghdadi car je suis un véritable acteur au service du football. Ma présence au sein du Bureau exécutif de la LFP dérange». Comment cela s’est-il passé ? Baghdadi relate les faits : «J’ai déposé ma candidature le dernier jour dans le but d’apporter mon expérience au football national. Au départ, j’ai eu deux mandatements : un pour le poste de président et l’autre pour le bureau exécutif. Le président de la Commission de candidature, Lafri, m’a conseillé de me présenter au Bureau exécutif. C’est ce que j’ai fait. Il m’appelle par la suite pour me dire que mon dossier est accepté et que je dois juste le compléter par une attestation de travail que j’avais pourtant fournie au préalable. Il est venu tout de même chez moi pour récupérer l’attestation de travail. Il me contacte plus tard pour m’informer que ma candidature est inéligible car je ne remplis pas les critères énoncés dans l’article 21 qui stipule que je dois avoir exercé au préalable au moins 3 ans à l’USMH. Je lui ai fait savoir que j’ai exercé de 2011 à 2017 comme commissaire au match et qu’il peut vérifier tout cela auprès du département finances de la LFP». Après tout ce parcours infernal, ma candidature est enfin validée et c’est M. Lafri lui-même qui m’en a informé. «Mais à la surprise générale, j’apprends par la suite que ma candidature est rejetée et que le PV a été changé par une fonctionnaire de la LFP sur instruction du président de la FAF, Kheireddine Zetchi, via le président de la commission, Lafri», a-t-il poursuivi. Avez-vous des preuves que c’est le président de la FAF qui est derrière le rejet de votre candidature ? Nacereddine Baghdadi n’y va pas par trente-six chemins : «Cela ne peut être que Zetchi et je défie M. Lafri d’apporter des preuves qu’il n’a pas reçu des ordres. Zetchi a peur de moi car ma présence au sein du Bureau exécutif le dérange. Moi je suis un véritable militant du football et je veux changer les choses. Au sein du bureau de la FAF, il y a des membres qui n’ont même pas un an d’exercice et je défie Zetchi de prouver le contraire.» Baghdadi estime que cet acte est immoral et contraire aux lois et règlements régissant le renouvellement des institutions sportives.

June 18th 2018, 6:50 am

Rapport sceptique des experts

El Watan

Lancés au début de l’année, les avis d’appels d’offres pour la cession de 65% du portefeuille d’une centaine de fermes pilotes détenues par quatre importants groupes et Offices publics (Givapro, Giplait, Agrolog et l’OAIC), ont retenu l’intérêt de nombreux privés, dont les soumissions ont été analysées par un groupe d’experts à la demande des plus hautes autorités du pays. Contenues dans un rapport détaillé, les conclusions laissent perplexe. «Ce qui se dégage des offres, c’est plus la volonté d’une bonne partie des soumissionnaires de s’accaparer des terres». Pour les auteurs du document, «dans l’ensemble, les offres ne sont pas tout à fait en adéquation avec ce qui a été demandé dans les cahiers des charges, à savoir la production de semences, plants et géniteurs et rares sont les soumissionnaires ayant proposé des business plans objectifs, en adéquation avec la vocation principale des fermes, ou encore logiques sur le plan agronomique et managérial». A ce titre, ils relèvent que pour une bonne partie des soumissionnaires «la question du partenariat est incomprise, en ce sens que les 66% devant être injectés dans le capital social sont confondus dans le montant global des investissements proposés». Ils expliquent que la majorité des offres financières se distinguent par une démesure hallucinante. A titre d’exemple, pour une ferme de dimension modeste, il est proposé un investissement de plus 80 milliards de dinars ! «Une grande partie des soumissionnaires a misé sur des montants ahurissants, et ce, au détriment d’une approche technique agronomique innovante favorisant ainsi la surenchère». Mieux encore, les experts évoquent «des propositions illogiques» sur le plan agronomique et hydro-agricole, comme par exemple, notent-ils, «la réalisation de plusieurs forages pour une ferme de dimension modeste, de surcroît située dans un périmètre d’irrigation, ou encore la mise en place de pivots pour irriguer des terres situées dans des reliefs assez accidentés, etc.». Devant de telles propositions, les auteurs se demandent si les soumissionnaires ou les bureaux d’études ayant réalisé le business plan ont pris connaissance des normes et des procédures légales en matière d’hydraulique agricole ou si ils les ignorent. Sur le plan technique et de l’innovation, les experts n’ont relevé «aucune offre d’adaptation par rapport aux changements climatiques, surtout pour les fermes pilotes situées, pour la plus grande partie, dans les zones à déficit hydrique (menant une agriculture pluviale) et de surcroît ne disposant pas de cette ressource pour pouvoir mener l’irrigation des cultures. Beaucoup de propositions versent dans le développement des cultures arboricoles et maraîchères (surtout la pomme de terre de consommation) sur la plus grande partie du sol réservé à la production de semences et plants. Ce qui dénote la méconnaissance par plusieurs soumissionnaires du caractère stratégique de la vocation principale des fermes». Pour les rédacteurs du document, «les offres dégagent plus la volonté d’une bonne partie des soumissionnaires de posséder la terre puisqu’une partie d’entre eux ont utilisé l’expression ''Nedi el bled'' (Je prends la terre)». En conclusion, les auteurs du rapport estiment que ce qui se dégage de l’analyse des offres est «cet appétit pantagruélique», alors que, soulignent-ils, «le principe du partenariat tel qu’il a été décidé par les pouvoirs publics est de mettre en solidarité le public et le privé afin d’améliorer et de sécuriser davantage les productions des semences, plants et géniteurs contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire du pays, tel que retenu lors des assises de l’agriculture du 23 avril dernier, notamment dans le discours du président de la République qui insiste sur le caractère stratégique de l’amélioration des productions et de la productivité agricoles». Au-delà de la gravité des remarques relevées par les experts en évaluant les offres proposées pour l’accès au capital des fermes pilotes publiques, les conclusions devraient donner à réfléchir aux pouvoirs publics avant de s’engager dans cette opération qui s’apparente beaucoup plus à une action de bradage pendant qu’il est encore temps. Les mauvaises expériences de la cession d’entreprises publiques à des privés malintentionnés n’ayant souvent ni capital ni connaissances sur l’activité qu’ils investissent sont nombreuses et doivent servir d’exemple à ne jamais rééditer.

June 18th 2018, 6:50 am

«Seule une transition républicaine confortée par l’ANP peut sauver le pays de l’éclatement»

El Watan

Entretien réalisé par Mokrane Aït Ouarabi   Que pensez-vous de la situation politique nationale, à moins d’une année de la présidentielle ? Voyez-vous, le temps file inexorablement mais au lieu d’avancer, le pays est toujours enlisé dans la nasse de la crise. Sans capitaine, le vaisseau Algérie gît au sol et tenir un Conseil des ministres, banalité routinière et mécanique rodée ailleurs, est ici une… gageure ! A la veille de la présidentielle, un phénomène saillant se détache sur une toile de fond chaotique : l’extrême fébrilité du pouvoir. En effet, une déclaration sur la Toile d’une journaliste autour du cinquième mandat et un tweet de l’ambassadeur de l’Union européenne et c’est la panique dans le sérail du pouvoir et le clairon de «la main étrangère». A l’affût du moindre remous dans la société, le pouvoir n’hésite pas à menacer ou carrément à jeter en prison journalistes, défenseurs des droits de l’homme dont le blogueur Merzoug Touati, arrêté pour «espionnage», mais la censure a bon dos en Algérie ! Non seulement le pouvoir a choisi de faire la guérilla à la liberté d’expression, mais il se tait par rapport aux atteintes à la liberté de conscience. Il est d’un mutisme sidéral face aux agressions perpétrées contre les femmes par des milices fanatisées. Voudrait-on revenir au temps où le FIS mobilisait des organisations paramilitaires pour contrôler la vie privée et les mœurs à l’aune du wahhabisme dans les quartiers et les cités universitaires ? La récente saisie de cocaïne au port d’Oran, historique par l’ampleur de sa prise, est symptomatique d’une corruption tentaculaire qui questionne de façon sérieuse les liens qu’entretient le narcotrafic avec les bandes maffieuses et les réseaux de financement du terrorisme islamiste. D’aucuns s’interrogent sur les visées réelles d’une telle opération. Au plan socio-économique, aucun changement digne de ce nom n’a l’air de vouloir s’amorcer dans le pays. Les jacqueries sont loin d’y être un phénomène marginal. Les grèves sont nombreuses mais pour les briser, la carotte est souvent à la manœuvre pour appâter les travailleurs. Le bâton peut aussi s’abattre sur les grévistes mais si ces derniers résistent, l’arme du pourrissement est aussitôt brandie pour tuer à petit feu le mouvement. C’est le cas des médecins résidents, lesquels ont été sauvagement réprimés et dont la grève dure déjà depuis plus de six mois ! Ce contexte chaotique que vous décrivez n’empêche pas le FLN d’appeler le président Bouteflika à continuer à la tête de l’Etat. Un appel qui n’est cependant pas appuyé par les autres partis de la majorité présidentielle (RND, MPA et TAJ). Un 5e mandat est-il une option sérieuse pour le pouvoir dans le contexte de crise actuel ? La question n’est pas de savoir si le 5e mandat est une option sérieuse ou pas. Dans tous les cas, une chose est sûre : la façon dont ce système a fait sauter le verrou numérique des mandats présidentiels donne une idée précise de la nature des méthodes qu’il peut préconiser pour arriver à ses fins. Mais des questions brûlantes demeurent : qui paiera les conséquences de cette politique suicidaire ? Comment va réagir le peuple ? Dans un contexte international toxique, pourra-t-il préserver sa cohésion ? Que va-t-il advenir de l’unité du pays ? Le 5e mandat est un expédient qui ne fait que retarder la chute du système et vu l’état de santé du Président, le jour J+1 du 5e mandat n’échappera pas à l’éventualité d’une élection anticipée ! A force de tirer sur la corde, elle casse ! Vous avez déclaré récemment que l’objectif de votre parti n’était pas de faire partir Bouteflika, mais de dégager à jamais le système, l’islamisme et la classe politique toutes tendances confondues. Comment ? Aussi calamiteuse que soit la gouvernance du Président, l’impasse dans laquelle se trouve l’Algérie n’est pas due à la figure politique d’un homme. Bouteflika en porte une lourde responsabilité, mais à lui seul il n’épuise pas la crise dans laquelle s’est embourbé le pays. Imaginons un seul instant que l’Algérie se dote par miracle d’un nouveau Président dont les qualités seraient indiscutables ! Croyez-vous qu’à la faveur de ce seul changement cette permutation de rôles suffise à garantir le décollage du pays ? Les racines de la maladie du pays sont bien plus profondes. Dès sa naissance, ce système a confisqué la parole au peuple et usurpé la devise qu’il porte cyniquement sur son fronton : «Par le peuple et pour le peuple». Comme le disait le regretté Hachemi Cherif : «Ce n’est pas la question du pouvoir qui est fondamentalement, ni principalement en jeu, mais la question de l’Etat, de son contenu et sa forme». Par ailleurs, la situation sécuritaire s’est considérablement dégradée au Sahel et l’Algérie est plus que jamais sous la menace d’AQMI et de l’Etat islamique. La stabilité du pays est aussi contrariée par des forces centrifuges dangereuses, notamment celles du MAK dont le seul but est de saborder l’unité du pays. La dernière saillie de Ferhat M’henni appelant à la formation de milices armées est très préoccupante. Le tournant gravissime de son parti rappelle étrangement les prêches belliqueux du FIS des années 90' qui, en fin de compte, avaient débouché sur un mouvement insurrectionnel puis déclenché la guerre que ses escadrons de la mort ont livrée au peuple pendant des décennies. Dans un tel contexte, seule une transition républicaine décrétée par le président Bouteflika et confortée par l’ANP, et ce, pour couper l’herbe sous les pieds de tous ceux qui crieront au coup d’Etat, est à même de mener le pays à la paix et de le sauver de l’éclatement. Cette transition donnera toutes ses chances aux patriotes de ce pays pour se constituer en force nouvelle, conduire l’Algérie vers la sortie de crise et ouvrir la voie à l’édification de l’Etat de droit dans le respect des libertés, de l’égalité, du pluralisme culturel et du patrimoine millénaire du pays. Vous présidez un parti, mais vous appelez à la dissolution de toutes les formations politiques. Pourquoi ? En effet, il pourrait apparaître illogique d’appeler à la liquidation des partis alors que nous nous sommes constitués en structure partisane. Mais ce paradoxe n’est qu’apparent. L’obsolescence effectivement touche tous les partis, y compris le PLD, mais la nature de cette obsolescence n’est pas la même, qu’il s’agisse du PLD ou des autres partis. Ces derniers sont désuets de par leurs programmes, leurs stratégies et leurs tactiques et ne peuvent donc pas répondre aux exigences de l’étape. Ils sont par opportunisme dans l’allégeance au système et la trahison suprême, ils ont tous fait de l’islamisme un partenaire politique fréquentable. Tandis que le PLD, tout en n’ayant pas à refonder sa ligne politique, aura à se reconfigurer lui aussi avec l’ambition de s’unir à toutes les forces progressistes et modernistes. Le chemin de cette construction politique sera difficile et semé d’embûches parce que nombre de démocrates sont encore dans une doxa que nous ne partageons pas. Ils mangent de la main et dans la main du pouvoir. Ils sont aujourd’hui la caution d’un système moribond qu’ils tentent de ressusciter par le harcèlement thérapeutique. Vaine tentative ! L’Algérie a besoin de changer de paradigme et de cesser de vivre dans le tropisme du passé. Nous sommes dans la nécessité de ruptures pour placer le pays dans l’orbite de la modernité en vue de permettre au peuple de vivre en harmonie avec son siècle et de faire de la pluralité culturelle et du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes l’emblème du projet de société. Du côté de l’opposition démocratique, on assiste à une multiplication d’initiatives. Votre parti, à juste titre, est dans l’initiative du Collectif de coordination et de liaison des démocrates. Que signifient toutes ces initiatives ? En effet, plusieurs initiatives politiques sont à l’œuvre. Ce bouillonnement politique apporte d’abord la preuve concrète qu’il y a une crise réelle dans le pays, mais l’initiative la plus pertinente sera celle qui aura eu le mérite de parachever le processus entamé au lendemain de l’arrêt des «élections» de janvier 1992. Ne restons pas au milieu du gué, car l’heure est à l’audace politique : voulons-nous clouer le pays au XVie siècle ou bien lui ouvrir l’horizon du XXie ? Notre parti souscrit totalement à l’initiative du Collectif de coordination et de liaison des démocrates (CCLD). Nous y travaillons depuis longtemps. Notre ambition est de contribuer au renforcement du CCLD pour en faire un espace de débats, briser les murs de la méfiance et jeter les ponts de l’échange. L’expérience que nous avons cumulée au sein du PLD valide les thèses de feu Hachemi Cherif. La stratégie de la double rupture focalise les luttes contre l’islamisme politique, d’une part, et le système rentier et maffieux, d’autre part. Sans la volonté inflexible de conduire en synergie ces deux combats, soustraire le pays à la menace théocratique et l’arracher à la chape de plomb de la rente et de l’informel ne seront que chimères et vaines illusions. Aujourd’hui, nous pouvons aller plus loin en mettant en avant la notion de triple rupture pour consacrer par ailleurs la faillite et l’obsolescence de la classe politique. Evidemment, la laïcité, principe fondamental et pré-requis de toutes les libertés est au cœur des luttes que nous avons à mener aux cotés de nombreux intellectuels. En effet, la séparation du politique et du religieux ouvre le champ pour construire une société citoyenne, pleinement consciente de ses droits et de ses devoirs. C’est précisément cet objectif qu’il s’agit d’atteindre pour édifier les institutions modernes de la République. C’est le pari à tenir pour asseoir et élargir l’adhésion au CCLD. Comment situez-vous les forces progressistes en Algérie et ce qui les différencie des autres courants politiques ? Bien évidemment, nous ne partageons rien de commun avec les islamistes : nous ne sommes pas de la même extraction. Rien ne nous lie à ce courant mortifère car un torrent de sang nous en sépare ! Ce qui me préoccupe beaucoup aujourd’hui, c’est l’émiettement des forces démocratiques. A cause de notre atomisation, nous renvoyons à la société l’image d’un archipel éclaté. L’urgence donc est de susciter à l’intérieur de notre famille un mouvement de convergence pour retrouver la terre ferme de l’union. C’est précisément cette dynamique unitaire qu’appelle de ses vœux le Collectif de coordination et de liaison des démocrates. Retrouvons-nous d’abord loin de nos ennemis, pour nous donner toutes les chances de gagner les batailles politiques à venir. Etes-vous pour une Assemblée constituante, comme le réclame actuellement le PT, ou la construction d'un consensus national comme le demande le FFS et certains partis ? Pour nous, l’opportunité d’une Assemblée constituante ne pourrait s’envisager qu’au lendemain d’une transition nationale qui a déjà balisé le chemin vers un consensus dont le socle est l’Etat de droit. Nous, au PLD, nos principales propositions de sortie de crise sont une transition nationale décrétée par le président de la République avec toutes les forces vives du pays le plus tôt possible. L’ANP doit être garante du caractère pacifique et démocratique de cette transition. Il y a aussi la nomination d’un gouvernement de combat républicain pour gérer la transition, l’arrêt du processus actuel avec la dissolution de toutes les institutions «élues» ou désignées, ainsi que tous les syndicats et associations «maison», l’adoption d’un projet de loi pour une nouvelle Constitution afin d’aboutir à un projet de société pour que l’Algérie devienne une République démocratique, moderne, sociale et laïque et l’adoption d'un projet de loi sur les partis politiques et leur financement pour le renouvellement de la classe politique.

June 18th 2018, 6:50 am

Annulation des cessions et des concessions sur le foncier industriel

El Watan

Le 27 juin courant, une réunion à la wilaya mettra à exécution la menace d’annulation des cessions et concessions de terrains au détriment des investisseurs n’ayant pas lancé leur projet au sein de la zone industrielle de Témouchent. Pour ceux ayant bénéficié d’une cession et disposant d’un acte de propriété publié, ils vont en être déchus par voie de justice. Dans cette perspective, le chef de l’exécutif a entrepris une visite à la zone pour constater de visu les suites des mises en demeure qui leur ont été adressées. Créée le 4 octobre 1979, il n’a été établi pour la zone un permis de lotir que le 27 août 1998, soit 20 ans après! Sur les 129 ha, seulement 101 ha se sont avérés exploitables. 120 projets d’investissement y ont été injectés, mais il n’y a eu que 49 projets qui ont vu le jour, alors que 31 sont en cours de réalisation, soit le tiers des projets n’ayant pas été lancés. Dans le détail, il ressort sur les 69 projets agréés et qui devaient démarrer avant 2008 au titre de la cession de terrain, 43 seulement sont en activité et un en cours de réalisation, soit 25 non concrétisés. Quant aux 51 projets au titre de la concession, et qui sont les plus récents, 6 sont entrés en activité, alors que 30 sont en cours de réalisation, soit donc 15 qui n’ont pas connu un début d’exécution. Longtemps livrée à elle-même en raison de l’absence d’une volonté politique de fonder une économie nationale autrement que sur la rente pétrolière, la zone industrielle du chef-lieu de wilaya connaît actuellement un prometteur début de relance. Néanmoins, les restes à réaliser sont jugés importants. Il a été constaté des détournements dans l’utilisation des superficies pour des visées autres qu’industrielles (habitat) sur fond d’absence de suivi par l’administration et par le SGI, l’organisme gestionnaire de la ZI. Un cas de décalage dans la délimitation des lots a provoqué des empiètements sur des lots attribués depuis 2016, ce qui a empêché leurs bénéficiaires de les bâtir en raison du litige né entre voisins. Instruction a été donnée pour une révision urgente du permis de lotir afin de régulariser sur le plan juridique la situation. Par ailleurs, il a été arrêté qu’aucun acte de cession ou de concession ne devra être établi tant que le projet d’investissement n’a pas vu le jour. Des investisseurs dont les projets sont largement entamés ont demandé une extension de leur terrain d’assiette pour une exploitation plus efficiente de leur entreprise. Promesse leur a été donnée de les satisfaire une fois que les lots non exploités seront récupérés. Côté gestion de la Z.I., des remontrances ont été faites au responsable de la SGI, qui a reconnu que la zone a été à l’abandon durant 14 années : dépôt de gravats, trottoirs défoncés, mauvaises herbes, etc. Depuis sa nomination il y a deux mois, assure-t-il, une reprise en main est en cours et elle ira en s’améliorant.

June 18th 2018, 6:50 am

Métiers de la table : un marché en pleine expansion

El Watan

L’ouverture du champ audiovisuel au privé, les chaînes étrangères par satellites, la démocratisation de l’accès à l’internet et bien d’autres facteurs socio-économiques ont fortement contribué au changement des habitudes de consommation des Algériens, particulièrement depuis la fin des années 90’. Ce qui a entraîné dans ce sillage le développement de certains segments de marchés où la demande liée à ce changement n’a fait qu’augmenter. C’est le cas, justement, pour tout ce qui a trait à l’art culinaire et la décoration de table. Si avant les Algériens se contentaient de peu pour équiper leur cuisine ou pour préparer leurs repas et gâteaux, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec tout ce qui est proposé comme nouvelles recettes et équipements modernes. Les offres pullulent, en effet, sur le marché. Les innovations dans ce domaine se poursuivent, profitant de l’engouement des consommateurs pour tout ce qui est nouveau en ce qui concerne les ustensiles de cuisine notamment. Une filière qui recouvre l’ensemble des accessoires et outils de préparation utilisés dans une batterie de cuisine et connaît un grand essor ces dernières années. En dépit de l’absence de statistiques fiables à ce sujet faute d’études, il faut dire qu’ils sont de plus en plus nombreux les commerçants à se lancer dans ce créneau. Engouement et effet de mode On le remarque d’ailleurs à travers les espaces commerciaux et les différents points de vente. La concurrence a fini par s’installer chez les distributeurs qui aménagent des rayons spécialisés. Ces derniers ont pris conscience du potentiel du marché et commercialisent de plus en plus les ustensiles, de l’épicerie fine et même des livres spécialisés qui se vendent comme des petits pains. Même les maisons d’édition ont investi dans cette activité. La part prépondérante du livre culinaire lors des différentes éditions du Salon international du livre d’Alger le montre clairement d’ailleurs. Rien qu’à Alger, les points de vente dédiés aux ustensiles de cuisine sont de plus en plus nombreux à ouvrir, engendrant une offre abondante, notamment par le biais de l’informel. Les sites de vente en ligne n’ont pas échappé à cette mode proposant une multitude de produits importés essentiellement. Sur les réseaux sociaux dans les groupes de cuisine, une part belle est consacrée à ce chapitre. Innovation Les fabricants cherchent également à tirer profit de cette activité, adaptant de plus en plus d’appareils professionnels à une utilisation grand public, misant justement sur les innovations sur tous les plans, suivant ainsi la tendance mondiale mais aussi celle du succès des émissions culinaires de plus en plus présentes sur les écrans. Des émissions qui profitent aux grands annonceurs de ces chaînes et aux marques nouvellement arrivées en Algérie. Dans ce cadre, il faut rappeler la conclusion, en 2017, d’un partenariat entre le tunisien Delta Cuisine et Condor pour le lancement de cuisines équipées sous la dénomination de «Convia». L’engagement a été pris d’offrir aux familles une haute qualité de vie à travers des produits électroménagers avec des technologies de pointe dans le domaine des ustensiles de cuisine. D’autres opérateurs privés algériens se sont également lancés dans ce créneau juteux en jouant sur le design, le marketing et les nouvelles technologies dans un marché de plus en plus concurrentiel. Il faut dire que l’auto-construction et la réception de nouveaux projets dans l’habitat ont favorisé aussi cet essor. «La première chose à laquelle pensent les ménages une fois les clés de leur maison entre les mains c’est d’équiper leur cuisine, alors autant saisir l’opportunité et proposer des produits de qualité», nous dira un commerçant spécialisé dans ce domaine. Mais à quel prix ? «Tout dépend des dimensions, des matériaux utilisés et de ce que veulent nos clients», nous expliquera-t-on à ce sujet. Mais, généralement, cela oscille entre 150 000 et 800 000 DA, voire plus dans certains cas. «J’ai équipé ma cuisine à raison de 300 000 DA», témoignera à ce sujet une mère de famille. Dans le cas de Condor par exemple, ce service est proposé à partir de 150 000 DA. Il est même prévu que les logements réalisés dans le cadre de la formule LPP (Logement promotionnel public) soient équipés par Condor. La vaisselle en provenance essentiellement d’Asie, de Turquie et d’Europe pour tout ce qui luxueux et de qualité n’échappe pas à cet engouement. Les rayons des magasins ne désemplissent pas. Robots ménagers, mixeurs, cuiseurs à vapeur, casseroles, marmites, services à café, faitouts et bien d’autres articles aux différentes formes et couleurs sont proposés à des clients toujours à la recherche de nouveaux modèles pour «actualiser» leur cuisine et salle à manger. «C’est un phénomène de mode», nous dira une maman qui avoue faire régulièrement les magasins dédiés aux métiers de la table pour découvrir les nouveautés. Si certains le font juste pour le plaisir des yeux, d’autres n’hésitent pas à mettre le paquet pour renouveler leur vaisselle. «Avec tout ce qui proposé sur le marché, on ne peut pas résister. Je consacre périodiquement un budget pour renouveler ma vaisselle et être à la page», reconnaîtra-t-elle. C’est le cas, par exemple, à l’occasion des fêtes familiales ou religieuses comme pendant le Ramadhan, période caractérisée par la frénésie de la consommation. Les acteurs de l’informel en profitent fortement. Informel Certains ont changé de créneau en l’espace d’un quelques semaines. Si au début du mois sacré ils proposaient sur les trottoirs tout ce qui a trait à l’alimentaire, il a suffi que l’Aïd approche pour qu’ils se convertissent en vente d’articles dédiés à la décoration des tables, Aïd oblige, alors que d’autres ont choisi de commercialiser les ingrédients pour gâteaux. C’est un segment qui a également pris de l’ampleur à la faveur du boom des émissions culinaires et des écoles de formation dédiées à la cuisine. «Il y a 15 ans, nous étions pratiquement les seuls dans ce quartier (Alger-centre) à vendre les produits de pâtisserie entre intrants et accessoires (moules et autres), mais aujourd’hui beaucoup d’autres commerçants sont arrivés. Mais ils ne sont pas tous professionnels», témoigne Omar gérant d’un magasin en plein cœur d’Alger. Comment a-t-il atterri dans ce domaine ? «A l’époque, nous suivions ce qui se faisait à l’étranger avec toutes les créations dans l’art culinaire. C’est ainsi que nous avions décidé d’investir avec l’aide d’un grossiste qui nous approvisionnait via un importateur. Certains producteurs locaux sont par la suite arrivés dans cette activité», poursuivra Omar pour qui beaucoup reste à faire afin d’organiser ce marché mais aussi pour résister face aux verrous à l’importation, comme le relèvera un autre commerçant à Bab Ezzouar : «La restriction des importations nous a perturbés et nous nous sommes retrouvés dans l’obligation d’augmenter les prix pour les articles qui ne sont pas produits localement. Ça ne marche plus comme avant puisque la demande a baissé. Elle émane surtout des pâtissiers et des femmes confectionnant les gâteaux à la demande pour les grandes occasions.» C’est surtout en été pour la célébration des fêtes de mariage et des réussites scolaires que cette demande reprend et que les marchés de gros connus à Alger comme ceux de Garidi, Essemar et Bab Ezzouar sont pris d’assaut. Ce sont en somme autant d’indicateurs qui illustrent la propulsion d’un marché qui profite surtout à l’importation, la contrefaçon et l’informel loin de toute organisation.

June 18th 2018, 6:50 am

Tout pour éviter la fuite des sujets

El Watan

Les épreuves du baccalauréat débuteront ce mercredi 20 juin pour 709 448 candidats. Un dispositif de «sécurisation» important est déployé. Le spectre de la fuite des sujets ou leur diffusion juste après le début des épreuves plane sur l’examen. Le ministère a mis les bouchées doubles pour que les fuites et le «partage» des sujets ne se reproduisent plus. La fuite des sujets lors de la session de 2016 ayant nécessité l’organisation d’une autre session a incité les autorités à prendre des mesures parfois extrêmes. Le ministère de l’Education nationale a demandé aux autres départements concernés la coupure pure et simple d’internet durant la première heure de chaque épreuve. «Cet élément nous est imposé, c’est un cas de force majeure, on n’est pas à l’aise pour le recours à la coupure, mais on ne doit pas baisser les bras devant de tels phénomènes», a souligné Nouria Benghabrit à ce propos lors d’une récente rencontre avec la presse.  Le ministère ne veut pas prendre de risque avec des mesures déployées pour les épreuves précédentes consistant en le brouillage du réseau au niveau des établissements et le blocage des réseaux sociaux. Cette technique a montré ses limites puisque les sujets ont pu être diffusés quelques minutes seulement après le début des épreuves du baccalauréat pour la session de l’année dernière. Pour les examens de la 5eAP et le BEM, les sujets étaient sur internet quelques minutes seulement après le début des épreuves. La coupure d’internet s’ajoute à l’interdiction du téléphone portable pour les candidats ainsi que pour les personnels surveillant ou encadrant les épreuves. Seul le chef du centre disposera d’un téléphone portable, souligne-t-on au ministère de l’Education. Le même département a ainsi reconduit les mesures en vigueur depuis plusieurs années, à savoir l’interdiction au niveau des centres d’examen des smartphones et tablettes, des appareils numériques et tout appareil de communication. Le ministère a en outre décidé d’interdire les visites officielles aux centres d’examens pour l’ouverture des enveloppes contenant les sujets des épreuves, pour ne pas déstabiliser les candidats et sécuriser davantage les examens. Interpellée par les représentants des enseignants pour sévir contre les auteurs d’actes de tricherie «qui portent atteinte à la crédibilité des épreuves», la ministre a annoncé, lors de sa dernière réunion avec les représentants des enseignants et des parents d’élèves, que «les procureurs de la République seront saisis en référé dès le signalement d’un cas de diffusion de sujets. Les auteurs de diffusions ainsi que les personnes qui leur donneront des réponses sur internet seront poursuivis par le représentant du ministère de l’Education devant la justice. «Nous avons pris nos dispositions pour garantir la sécurité et, donc, la crédibilité de nos examens nationaux, et j’en appelle à la réaction, à la dénonciation, à une prise de position contre les actes isolés qui tendent à porter préjudice à la sérénité des examens nationaux», a souligné la ministre dans son entretien accordé la semaine dernière à El Watan.

June 18th 2018, 6:07 am

La Libye retombe dans ses travers

El Watan

Tunis De notre correspondant Les groupes armés Saraya Benghazi, conduits par Mustapha Charkassi, et les Gardiens des établissements pétroliers, de Brahim Jadhran, ont attaqué, jeudi dernier, les terminaux pétroliers de Sedra et Ras Lanouf, obligeant Mustapha Sanaallah, le dirigeant de l’ENLP, à annoncer la fermeture des deux ports. Sanaallah a indiqué que la Libye pourrait perdre 800 millions de dollars par mois si la situation venait à perdurer. Les observateurs parlent de tentatives de déstabilisation des forces de l’Armée nationale libyenne, chargée de libérer la ville de Derna de la mainmise du Majliss Choura de Derna, qui est un allié de Saraya Benghazi, proches d’Al Qaîda. L’attaque du croissant pétrolier servirait donc à desserrer l’étau de l’armée de Haftar autour de Derna. La force armée libyenne, basée autour de Syrte, a attiré l’attention mardi dernier sur la présence des forces de Saraya Benghazi près de Hraoua et Nouflia. Les citoyens de Syrte avaient peur d’une attaque sur cette ville. Mais, c’est finalement le croissant pétrolier qui constituait la cible de cette mobilisation. «L’aile radicale du Conseil de l’Etat veut condamner l’attaque de Derna et la déstabilisation dans le croissant pétrolier pourrait constituer un moyen de pression», relève le politologue Ezzeddine Aguil. Les radicaux ont également fait appel aux «gardiens des établissements pétroliers» de Brahim Jadhran, constitués essentiellement par des éléments de l’opposition tchadienne. Ces derniers avaient fait, en mars 2017, une tentative pour reprendre ces deux mêmes terminaux pétroliers. Les forces de Haftar les ont rapidement délogés. Chaos programmé Dans un appel lancé à l’ONU, au gouvernement d’Al Sarraj et à la direction de l’ENLP, Brahim Jadhran annonce son allégeance à l’accord de Skhirat et affirme que «ses troupes sont des Libyens de souche, issus de la région, notamment de la tribu Magharba». Il appelle à une protection internationale des ports pétroliers. Son vœu n’a pas été exaucé. La représentation de l’ONU en Libye, la France, les Etats-Unis, le gouvernement d’Al Sarraj, le Parlement de Tobrouk et l’ENTV ont condamné cette attaque, qui «met en danger les revenus vitaux du peuple libyen». Sur le terrain, la situation est confuse. L’hôpital d’Ajdabya, chef-lieu du croissant pétrolier, a annoncé la réception de 28 corps de victimes des affrontements, dont 12 Tchadiens appartenant au groupe armé de Jadhrane. Les informations en provenance de la zone de combats parlent d’affrontements par intermittence entre l’armée et les troupes assaillantes. Le terminal de Sedra serait repris par les forces spéciales, alors que celui de Ras Lanouf serait encore entre les mains du groupe armé de Jadhrane et de ses alliés. Sombres perspectives Le communiqué adressé par Jadhrane à la mission spéciale de l’ONU en Libye, au gouvernement d’Al Sarraj et à l’ENTV, montre que ce dernier ne se fait pas d’illusion sur sa capacité à résister aux forces de Haftar. Son appel est un cri de secours en faveur des assiégés de Derna, selon le juge Jamel Bennour, ancien président du Conseil révolutionnaire de Benghazi. Les radicaux sont en train de perdre la dernière des villes qui étaient sous leur contrôle, après les chutes respectives de Benghazi, Syrte et Sabratha. Le président du Conseil de l’Etat, Khaled Mechri, veut améliorer les conditions de son acceptation de la révision de l’accord de Skhirat, en montrant que les radicaux peuvent toujours nuire, toujours selon le juge. Du côté de Haftar, les incidents du croissant pétrolier montrent que, même s’il dispose de la force armée la mieux structurée en Libye, son armée ne peut s’attaquer à plusieurs objectifs à la fois. Haftar a été certes intronisé à Paris comme chef de l’état-major de l’armée libyenne, mais le chemin reste long pour parler de l’unification des forces armées et de la stabilisation des zones sous son contrôle. L’Armée nationale libyenne doit terminer l’épuration de Derna, stabiliser le croissant pétrolier et se diriger vers le Sud pour protéger les frontières et sécuriser l’axe Joufrah-Sebha. L’Académie militaire de Toukra et l’armement émirati renforcent certes le potentiel de l’homme fort de l’Est libyen, mais beaucoup de choses restent à faire pour stabiliser ce pays. Il faut espérer aussi que ces événements ne remettront pas en cause la feuille de route de l’ONU qui prévoit des élections générales à la fin de l’année.

June 17th 2018, 7:20 am

L’Algérie renouvelle les accords jusqu’en 2030

El Watan

L’Algérie renouvelle ses contrats gaziers avec l’Espagne jusqu’en 2030, via un accord signé entre Sonatrach et Gas Natural Fenosa, pour la livraison d’un volume équivalent à 40% des besoins de la compagnie espagnole, pour un montant global estimé à 30 milliards d’euros. Les négociations avec la partie italienne sont aussi achevées pour le renouvellement des contrats qui arrivent à expiration en 2019, selon des sources à Sonatrach qui devrait annoncer prochainement la teneur des nouveaux contrats et leur durée. Les nouveaux accords signés ne reproduisent pas, comme il fallait s’y attendre, le schéma des contrats à long terme, de 20-25 ans, en raison de la nouvelle conjoncture du marché gazier, l’évolution des prix et l’émergence de nouveaux producteurs — russes, américains, qataris, australiens —, qui ciblent de plus en plus le marché européen. Les négociateurs algériens et européens avaient tout de même des raisons de trouver un terrain d’entente, au vu des infrastructures de transport existantes ayant nécessité de gros investissements, et la proximité géographique qui reste un atout pour l’Algérie, en comparaison avec des fournisseurs plus lointains. Dans ce contexte, les nouveaux contrats signés, ou en voie de l’être, avec l’Espagne, l’Italie, la France et le Portugal notamment, oscillent ainsi entre 5 et 10 ans, selon Sonatrach, et permettent «une plus grande flexibilité», via «des clauses de révision des termes, tous les deux à trois ans environ», en fonction «des fondamentaux du marché», soit l’évolution des prix notamment. Au fil des négociations menées depuis des mois, les deux parties ont exposé chacune ses doléances et ses arguments, mais en partant du principe que la durée de 20 ans pour les contrats n’était plus à l’ordre du jour. Dans ce cadre, Sonatrach a plaidé pour «sa fiabilité» en tant que fournisseur de l’Europe et la nécessaire «sauvegarde de ses chaînes de valeur», alors que les clients européens ont avancé des arguments liés aux «indicateurs de marché» et le prix fluctuant du gaz. Des arguments ayant permis de raccourcir la durée des contrats et d’introduire de nouvelles bases de négociation. Vendeurs et acheteurs ont échangé, pour l’essentiel, sur le principe de «la sécurité de l’approvisionnement» pour les premiers et «la fiabilité» pour les seconds. Il est à noter que Sonatrach a annoncé, le 14 juin 2018, les premiers accords pour le renouvellement de son contrat d’achat et de vente de gaz avec l’espagnol Gas Natural Fenosa. Des accords qui permettent, selon un communiqué de Sonatrach, «de consolider sa position de principal fournisseur de gaz sur le marché espagnol et de renforcer la relation de coopération avec son partenaire historique Gas Natural Fenosa». L’accord confirme, selon le PDG de Sonatrach, «la qualité du partenariat de long terme entre les deux sociétés». Pour sa part, la compagnie espagnole souligne dans un communiqué que «cette signature est une étape importante pour continuer à renforcer l’alliance stratégique historique avec Sonatrach». Francisco Reynes, président de Gas Natural Fenosa, a souligné en outre «la stabilité de renouvellement de la fourniture de gaz à l’Espagne». Il estime qu’en plus «de contribuer à la sécurité de l’approvisionnement du marché espagnol, le volume d’approvisionnement est garanti par gazoduc à environ 30% de la consommation du pays».Il y a lieu de rappeler que les relations commerciales entre Sontrach et Gas Natural Fenosa ont débuté à travers des approvisionnements GNL au début des années 1970, puis se sont consolidées avec la réalisation des gazoducs Pedro Duran Farell (GPDF) et Medgaz. Sonatrach est également actionnaire dans la société Gas Natural Fenosa, depuis 2011, à hauteur de 4%. La même année, les deux compagnies avaient mis fin à leurs différends relatifs aux contrats de vente de gaz. En août 2010, la Cour d´arbitrage de Paris avait penché en faveur de Sonatrach dans le conflit qui l´opposait depuis 2007 à Gas Natural Fenosa sur le prix du gaz livré à l´Espagne, suite à la décision de Sonatrach de réévaluer les prix du gaz de 20%. La compagnie espagnole avait été condamnée à payer près de 1,5 milliard  d´euros, avec effet rétroactif, à Sonatrach.

June 17th 2018, 7:20 am

Mondial 2018 : Mauvaise entrée en lice des Africains

El Watan

Les deux sélections africaines ayant fait déjà leur entrée dans ce Mondial russe, en l’occurrence l’Egypte et le Maroc, ont raté leurs débuts. Les deux équipes, qui ont disputé leur premier match vendredi, se sont inclinées respectivement face à l’Uruguay (groupe A) et l’Iran (groupe B) sur le même score (1-0). L’Arabie Saoudite a, quant à elle, été «corrigée» par le pays organisateur, la Russie, au premier jour de la compétition (5-0). Il faut dire que les «Pharaons», qui se sont retrouvés dans le groupe du pays organisateur, ont montré un bon visage face aux Uruguayens. L’absence de l’attaquant de Liverpool, Mohamed Salah, s’est fait néanmoins sentir. Ayant résisté pendant presque tout le match aux assauts de Cavani et Suarez, il aura fallu attendre la dernière minute pour que Gimenez, avec la tête, mette le ballon dans les filets du gardien El Shenawy, qui avait sauvé quelques minutes auparavant son équipe de véritables buts (84’ et 88’). L’Egypte a fini par céder face à l’Uruguay sur le score d’un but à zéro. Son deuxième match, face à la Russie est prévu ce mardi à 19 h (heure algérienne). Dans le groupe B, le Maroc s’est, quant à lui, fait surprendre par l’Iran (1-0). Une surprise pour les uns et les autres au vu des résultats des Lions de l’Atlas lors de ses plus récents matchs, où la sélection menée par le Français Hervé Renard avait montré un beau visage. Vendredi, le Maroc avait pourtant dominé la partie. Lors des 20 premières minutes de la partie, l’équipe nord-africaine a eu un taux de 83% de possession de balle. Mais comme dit l’adage, «dominer n’est pas gagner». Se contentant de défendre tout au long de la partie, les Iraniens ont remporté la partie sur une erreur de l’attaquant Bouhaddouz qui a marqué contre son camp durant le temps additionnel (90+4’). Maintenant, Belhanda et ses coéquipiers se trouvent coincés. Il leur reste le Portugal, qu’ils affronteront ce mercredi, et l’Espagne, lundi 25 juin. La mission s’annonce extrêmement difficile pour les Lions de l’Atlas, qui doivent s’imposer au moins dans l’un des deux matchs, avec un nul dans l’autre, s’ils veulent se qualifier au prochain tour. Il faut rappeler en dernier lieu que le Nigeria devait entamer la compétition hier soir (20h) face à la Croatie (groupe D). La Tunisie, quant à elle, entrera en lice demain face à l’Angleterre (groupe G). Le Sénégal, lui, débutera mardi face à la Pologne.

June 17th 2018, 7:20 am

Bac, métiers et microcrédits pour la réinsertion sociale des détenus

El Watan

A travers une cérémonie organisée le 27e jour du Ramadhan à la prison d’El Harrach, des détenus ont fait brillamment étalage de leurs talents et leurs aptitudes intellectuelles et manuelles acquises grâce à des programmes qu’ils ont suivis en milieu carcéral. L’occasion pour le ministère de la Justice, et plus spécialement la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP), de communiquer sur sa nouvelle politique à l’intention des pensionnaires de ses établissements de rééducation en espérant que les virtuoses (hommes et femmes) que nous avons eu le plaisir de découvrir fassent des émules. Il s’agit, pour résumer, d’un ambitieux programme destiné à prodiguer une formation aux détenus dans le but de les préparer à la vie post-carcérale et leur assurer une réinsertion sociale heureuse qui les prémunisse contre toute tentation de récidive. Ce plan offre la possibilité à ceux qui souhaitent reprendre leurs études de renouer avec la vie scolaire et aux plus persévérants de décrocher leur baccalauréat et de préparer un diplôme universitaire. Cette année, plus de 4300 détenus sont candidats au bac. Aux autres, il propose des ateliers d’initiation à divers métiers dans le cadre de la Formation professionnelle et de l’artisanat. Des possibilités de microcrédit sont également promises à ceux qui souhaitent monter un projet par le biais de conventions avec l’Ansej, l’Angem et la CNAC. Grosse opération de com’ que celle organisée mardi dernier par le ministère de la Justice à travers la Direction générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAP), en invitant la presse à assister à une cérémonie qui s’est tenue après le f’tour, à la prison d’El Harrach. Au-delà du prétexte (célébration de Leïlate El Qadr), l’objectif était surtout de promouvoir la politique adoptée depuis quelques années par l’administration pénitentiaire en matière de réinsertion sociale des «nouzala», les «pensionnaires» des établissements carcéraux, par le biais notamment de la formation, étant convaincue que «c’est la meilleure manière de les immuniser contre la récidive». La cérémonie qui s’est étalée de 22h30 à 00h45 proposait un menu extrêmement dense, où se mêlent concours de récitation du Coran, poésie, histoires courtes aux visées didactiques, ainsi que des résumés d’ouvrages pleins d’érudition dont  Zad El Miaâd (Viatique pour l’Au-delà) d’Ibn Qayyim Al Jawziya. A noter que des femmes détenues étaient également de la partie et se sont formidablement exprimées durant cette cérémonie aux accents épiques qui prenait par moments des airs de joutes savantes tant le niveau affiché par les détenus forçait l’admiration. A cela s’ajoutent des témoignages édifiants de prisonniers qui ont bénéficié d’une formation, et qui préparent soigneusement leur carrière post-pénitentiaire. «Ces activités s’inscrivent dans le cadre des différents programmes organisés au niveau des établissements pénitentiaires au profit des détenus, entre enseignement général, formation professionnelle et artisanat, activités sportives, culturelles et éducatives ainsi que des concours de récitation du Coran. L’objectif de ces activités est de permettre aux détenus d’acquérir des diplômes et des compétences qui les aideront dans leur insertion dans la société après leur libération», peut-on lire dans le communiqué de presse du ministère de la Justice. «Laissez vos portables dans le casier» Il était environ 22h20 lorsque nous nous sommes pointés devant les imposantes portes de fer du plus important établissement pénitentiaire en activité à Alger (Serkadji étant fermé pour être transformé en musée). Après avoir franchi un premier portail donnant sur le poste de police et la vérification de nos papiers, nous sommes priés d’abandonner nos téléphones portables dans un casier dont nous devions garder la clé. Nous franchissons ensuite un deuxième portail et nous troquons notre carte de presse contre un badge. Nous sommes orientés à présent vers une grille métallique tenue par des gardiens. Sitôt ayant traversé la dernière grille, nous nous retrouvons dans une cour parée avec faste, un décor qui tranche avec l’austérité habituelle des lieux : des rangées de chaises confortables sont disposées pour recevoir les invités, tandis qu’une scène a été aménagée où sont alignés les membres d’un ensemble musical en costumes traditionnels très cossus (l’ensemble El Aqsa). Un tapis rouge sépare la scène ainsi improvisée du public. Dans l’arrière-scène sont installées des chaises où ont pris place une trentaine de détenus, les uns vêtus d’une abaya et chechia blanches, les autres d’une blouse blanche aussi, sur un pantalon noir. Dans un coin, à gauche, trône le jury derrière une table. Il est composé de deux imams et un spécialiste de langue et littérature arabes. A la manière des émissions de télévision type «Forsane El Qor’an», ils sont conviés pour départager des récitants du Livre saint issus de sept établissements carcéraux (El Harrach, Blida, Berrouaghia, Chlef, Tizi Ouzou, Tidjelabine et Koléa). Un peu plus bas, au fond, à droite, un autre groupe de détenus a été invité à assister à la cérémonie. Ils sont discrètement encadrés par des gardiens. La formation, gage d’une deuxième chance 10h30. Plusieurs cadres supérieurs et directeurs centraux de différents ministères débarquent au milieu d’une grande agitation. Ils prennent place aux premières rangées. Le plus en vue est Mokhtar Felioune, directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion. Plusieurs départements ministériels sont représentés : MDN, Formation professionnelle, Agriculture, Affaires religieuses, Solidarité nationale…Dans le lot également des juges d’application des peines. A cela s’ajoutent des membres d’organisations partenaires, dont les Scouts musulmans, l’association Ouled El Houma et l’association La Main Tendue qui fait un précieux travail de «réinsertion post-carcérale». Des serveurs passent entre les rangs chargés de plateaux et proposant aux détenus ainsi qu’aux invités, gobelets de thé et qalb Ellouz. Des bouteilles d’eau minérale fraîche de marque «Texenna» sont également distribuées. L’ambiance est bon enfant. On en oublierait presque les hautes murailles hérissées de barbelés qui nous séparent du monde extérieur, les sirènes agglutinées autour d’une tour de contrôle et la foule d’hommes en uniforme qui veillent au grain… Dans un mot de bienvenue, le directeur de la prison d’El Harrach a tenu à souligner d’emblée que cette soirée conviviale est la parfaite illustration de la nouvelle politique mise en place ces dernières années «pour aider les pensionnaires de nos établissements à se remettre sur pied et aller de l’avant d’un pas ferme» en leur offrant un nouveau départ à travers l’accès à l’instruction et à la formation professionnelle. Au niveau d’El Harrach (qui comptait quelque 2500 détenus en 2016), il a enregistré 941 inscrits en 2017-2018, dans les différents paliers de l’enseignement général, indique le directeur, dont 134 inscrits à l’examen du BEF et 125 postulants aux épreuves du bac. En outre, 708 autres pensionnaires du même établissement suivent des ateliers de formation professionnelle et d’artisanat. «Je soutiens mon mémoire après l’Aïd» Nous assisterons ainsi à un véritable changement de paradigme et un changement de doctrine : ce n’est plus le «surveiller et punir» dénoncé par Foucault, mais «éduquer et guérir». Et cela se voit, ou plutôt… «s’entend», même au niveau du vocabulaire : nos hôtes disent plutôt «nouzala» (pensionnaires) que «soudjanaa» (prisonniers), et les établissements pénitentiaires sont désormais désignés officiellement sous l’appellation : «Etablissement de rééducation et de réadaptation». Un jeune détenu, la trentaine, a été invité à livrer son témoignage. Micro à la main, il confie : «Je suis arrivé ici en 2013 avec un niveau de 2e année secondaire. J’ai décidé aussitôt de reprendre mes études. J’ai passé mon bac et l’ai obtenu avec une moyenne générale de 14,65. Ça m’a ouvert des portes insoupçonnées. Je me suis inscrit à l’Université de la formation continue (UFC) de Caroubier. J’ai fait droit des affaires. Des profs venaient donner des cours ici et tout s’est très bien passé.» A chaque semestre, ses moyennes oscillaient entre 16 et 18, assure-t-il. Maintenant, il s’apprête à soutenir son mémoire sur le thème : «La mission des douanes entre la collecte des taxes et le développement du commerce extérieur». «Je vous invite à ma soutenance qui aura lieu juste après l’Aïd», sourit-il. Autre témoignage emblématique : celui d’un monsieur, dans la cinquantaine, qui a suivi, lui, une formation en céramique et a présenté quelques spécimens d’excellente facture, réalisés en prison : des vases, des assiettes, un service à thé… Il espère monter une micro-entrepise après sa libération moyennant un crédit Angem (Agence nationale de gestion du micro-crédit). «Ils sont venus, ils ont vu mon travail et ils ont promis de m’aider à créer une micro-entreprise», affirme le talentueux céramiste. Et de lâcher : «Il ne faut pas se dire que dès lors qu’on a fait de la prison, c’est fini. Il y a une vie après, il ne faut pas perdre espoir.» 4391 détenus candidats au bac Dans une déclaration en marge de cette cérémonie, Mokhtar Felioune, le patron de la DGAP, a mis l’accent sur l’importance de ce genre d’initiatives : «Comme vous l’avez entendu, la meilleure façon pour éloigner ces jeunes de la dérive c’est ce genre d’activités, qu’il s’agisse de l’activité religieuse ou culturelle à travers les concours de poésie, de littérature ainsi que la lecture. Les recettes que nous appliquons à l’intérieur de ces établissements ont trouvé un écho favorable auprès des détenus qui sont de plus en plus nombreux à adhérer à ces activités», s’est-il félicité. Selon les chiffres officiels communiqués par le ministère de la Justice, le nombre de détenus inscrits en enseignement général en 2017-2018 s’élève à 42 937. Parmi eux, on dénombre 4391 candidats au bac et 4698 aux épreuves du BEF. En outre, il y a eu 39 992 inscrits en formation professionnelle et artisanat. M. Felioune ajoute que «le nombre de personnes qui suivent l’enseignement coranique s’est élevé à 8314 inscrits alors qu’il ne dépassait pas le millier d’apprenants. Le nombre de candidats au bac et à l’examen du BEF est en constante augmentation d’année en année». «Ce sont autant d’indices positifs qui montrent que ce programme de réforme est sur le bon chemin et est favorablement accueilli par les détenus», a-t-il estimé en précisant que «ce plan (…) est dicté par le souci de faire en sorte que ces détenus, une fois sortis de prison, n’y reviennent pas. C’est pour protéger la société de la récidive criminelle.» Des conventions avec l’ANSEJ, l’ANGEM et la CNAC Et de faire remarquer : «Vous savez, les sujets que vous allez diffuser seront regardés par les détenus.» «Dans toutes les salles, dans chaque cellule, il y a un poste de télévision. Nous achetons également tous les journaux qui paraissent en Algérie», indique-t-il avant d’ajouter : «Nous tenons à faire parvenir l’ambiance de cette cérémonie à tous les détenus à l’intérieur des établissements (…) et cela dans le but de les convaincre que celui qui persévère dans la poursuite de sa formation, ses efforts seront couronnés de succès.» «Ces jeunes, on les encourage et on les soutient. Il y a aujourd’hui des professeurs, des avocats, des pharmaciens… qui étaient des détenus. Ils sont entrés en prison avec des niveaux d’instruction modestes et ils ont remarquablement réussi. Et cela nous ravit profondément parce que celui qui décroche son bac ne reviendra pas en prison, vous pouvez en être certain !» Interrogé sur l’accompagnement des dispositifs de microcrédit, M. Felioune nous a affirmé : «Nous avons des conventions avec plusieurs agences de l’Angem, de l’Ansej, de l’ADS (l’Agence de développement social) et de la CNAC (Caisse nationale d’assurance chômage). Ils visitent nos ateliers et rencontrent les détenus qui leur montrent leurs réalisations. C’est ainsi que plusieurs d’entre eux ont réussi [à leur sortie] à monter de petites entreprises avec l’aide de ces agences. Le détenu bénéfice ainsi des mêmes prestations accordées au reste de la population.»

June 17th 2018, 7:20 am

Exclusion de 800 médecins résidents

El Watan

Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) a annoncé, ce jeudi, le gel de la décision de reprise de l’activité de garde «jusqu’à nouvel ordre, tout en demeurant disposé à toute négociation permettant un dénouement de la situation». Le bureau national du Camra est revenu sur sa décision de reprendre l’activité des gardes d’urgence de 16h à 8h, dans toutes les structures hospitalières, annoncée mardi dernier. Le démenti du ministère de la Santé, le jour même, d’une reprise des négociations avec les grévistes, a justifié la volte-face des médecins sonnés par la fin de non-recevoir de leur tutelle. A cette décision inattendue du département du Pr Hasbellaoui, qui a exigé la fin de la grève et non pas seulement le retour aux activités de garde, s’ajoute la fronde d’une partie des bureaux locaux du Camra (13) qui ont dénoncé, dans leurs communiqués, une «décision précipitée» et «individuelle» du bureau d’Alger, composé de trois délégués — le bureau national du Camra compte 13 délégués, dont trois à Alger. «Malheureusement, nous avons été surpris par une décision négative et méprisante déclinant et rejetant le dialogue et appelant à la reprise de toutes les activités hospitalières sans conditions», précise le collectif dans son communiqué de jeudi. Selon les délégués nationaux, qui ont publié le communiqué, l’attitude de la tutelle «nous attriste profondément et appelle à plusieurs interrogations sur une réelle volonté des deux tutelles à trouver une solution pérenne à cette situation qui continue à défrayer la chronique au niveau national et international». Ils font montre de leur «stupeur» en constatant que leurs camarades, qui se sont rendus à leurs services pour la reprise de l’activité de garde, «se sont purement et simplement vu refuser l’accès à leurs services respectifs sous prétexte d’une note ministérielle précisant que le retour devrait se faire pour toutes les activités hospitalières». Selon les médecins «ces manœuvres et intimidations ne feront que renforcer le courage et l’abnégation de ces milliers de médecins résidents ayant résisté à toutes les sanctions et à toutes les mesures abusives». Le collectif a annoncé l’exclusion de plus de 800 médecins résidents de leurs services, indique un post publié sur son compte officiel (Camra2017). Raison de la décision de leur tutelle : le maintien de la grève qui dure depuis 8 mois et le refus de l’arrêt complet de l’activité. Interrogé en marge des questions orales à l’APN, le ministre de la Santé, le Pr Mokhtar Hasbellaoui, ne s’est pas exprimé sur le débrayage des résidents. Devant la crainte de la division du Camra, usé par une longue grève et des pressions de toutes sortes, le Collectif, qui dit ignorer les clivages et les différences, appelle à la solidarité et à l’union fraternelle. «Nous venons d’assister à une période difficile pour notre mouvement, néanmoins, le bureau national a su dépasser ces circonstances et réaffirme son union indivisible pour la protection de ce mouvement», affirme le Collectif.

June 17th 2018, 6:07 am

Quiproquo autour de la reprise des gardes

El Watan

Le bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algérien (Camra) a annoncé, dans un communiqué rendu public mardi, la reprise de l’activité des gardes d’urgence de 16h à 8h, dans toutes les structures hospitalières, à compter d’hier. «Cette décision intervient en signe de bonne volonté en réponse à la promesse de dialogue affirmée par le ministre de la Santé lors de ses interventions médiatiques, mais aussi afin de trouver une issue favorable et rapide à cette crise qui n’a que trop duré», précise le communiqué. Sauf que le ministère de la Santé a démenti la reprise d’une quelconque négociation et conditionne cette éventualité par l’arrêt de la grève. Des délégués du Camra, particulièrement ceux d’Alger, qui ont plaidé pour cette option auprès de leurs camarades en précipitant la publication de l’appel à la reprise de l’activité, ont été pris au dépourvu par la réaction du département du Pr Hasbellaoui. «Notre décision de reprendre les gardes devait être un signe de bonne foi de notre part pour permettre la reprise des négociations. Mais la déclaration du ministère, rendue publique après notre communiqué, remet en cause notre effort et ne favorise pas la reprise de l’activité. C’est aberrant après deux mois sans négociation», s’offusque la déléguée nationale, résidente à l’hôpital de Kouba, le Dr Zehira Afiri. Après le camouflet du ministère, les délégués les bureaux du Camra des autres régions ont décidé de se «désolidariser» de l’appel à la reprise des gardes. A Constantine, Blida, Tlemcen, les communiqués rendus publics mardi soir annoncent le maintien de l’arrêt de l’activité de garde jusqu’à nouvel ordre. «Aujourd’hui plus que jamais, notre solidarité est mise à l’épreuve par des manipulation sournoises ayant pour but de diviser le socle autour duquel nous avons construit notre mouvement (…). Notre engagement envers des médecins résidents, ayant bravé toutes les difficultés, ne nous permettra jamais de marchander la dignité de celles et ceux qui continuent à défendre la dignité du médecin algérien», signale le communiqué du bureau régional de Constantine publié sur le site officiel du Camra, plusieurs fois retiré et republié sur la page des Camristes. «Intermédiaires intéressés» «Ici, la décision du gel des gardes est maintenu. Il y a zéro reprise», tranche le délégué de Constantine, le Dr Abdelmoumen Hadiby. Les délégués du bureau national ont convenu d’une reprise mais sans en préciser la date, qui a été finalement portée sur le communiqué final sur «décision individuelle d’un délégué d’Alger». «Il y a eu un accord sur une reprise des gardes mais sans fixer de date exacte. La communiqué a été publié prématurément», précise le Dr Sofiane Benseba, délégué du Camra à Tizi Ouzou, qui signale que la reprise n’est pas effective au CHU Nedir Mohamed, rappelant que le suivi de la décision du gel des gardes est important : 65% au niveau national. Attaqués sur les réseaux sociaux par leurs camarades, les membres du collectif des médecins du CHU Mustapha expliquent que 8 délégués (Alger, Sidi Bel Abbès, Oran, Blida, Sétif) sur 13 ont voté pour la reprise. «On ne sait pas pour les autres facultés, mais à Alger la tendance était réellement pour la reprise après le vote électronique puis la consultation des représentants des hôpitaux d’Alger», signale un post du Camra, appelant ses résidents à «réfléchir à comment surmonter tout ça et à ne pas donner une image de division». Des sources expliquent que des «intermédiaires» ont contacté des représentants des CHU d’Alger pour les convaincre d’accepter une reprise de l’activité, favorisée par l’assurance du ministre de lancer tout de suite après les négociations. «Le ministre a avorté la reprise par sa décision. Logiquement, la tutelle aurait pu annoncer sa décision en laissant les résidents rejoindre leurs services», s’étonne le Dr Hadiby. S’agissant de la «session de rattrapage» du DEMS, fixée du 1er au 19 juillet, des délégations de médecins ont été reçues par le ministère de l’Enseignement supérieur. Les délégués devaient évoquer, lors de leur prise de contact, les modalités d’inscription (17 au 24 juin), mais aussi les échéances pour l’organisation d’une session normale. Une réunion des délégués du Camra devrait se tenir dans les prochaines heures pour discuter de la situation actuelle et annoncer des mesures.

June 14th 2018, 10:16 am

E-tourisme : l’Algérie va-t-elle rater le virage ?

El Watan

A l’ère d’Air Bnb et des comparateurs d’hôtels sur internet, l’e-tourisme peine à trouver ses marques en Algérie. Le  touriste algérien est souvent contraint de recourir au système D pour planifier son voyage. Il existe pourtant  des compétences confirmées dans le domaine et une envie d’aller de l’avant des acteurs du secteur. Quels en sont alors les éléments de blocage ? Tentative de réponse.   Préparer son voyage en un seul clic. C'est maintenant la règle dans presque tous les pays du monde. La révolution numérique a profondément transformé le tourisme dans tous les domaines: production, marketing, vente, consommation, relation-client… Chez nous, les choses sont un peu plus compliquées. Certes, ils sont "près 50 % à avoir planifié leur voyage et séjour sur internet", selon le ministère de la Poste et des TIC (Sitev 2014), mais en l’absence du e-payement freine les ardeurs des «startupeurs» et des opérateurs. Les touristes qui souhaitent planifier leurs vacances sur internet ont recours à quelques ruses pour y parvenir. "C'est bien plus simple de tout préparer sur le net. Cela revient beaucoup moins cher que de passer par une agence, mais le problème réside dans l'absence du e-payement", explique Merouane, jeune cadre d'entreprise qui prépare en ce moment ses vacances pour Barcelone. "Pour cela, j'utilise la carte bancaire de mon frère vivant à l'étranger pour effectuer les opérations de payement, je le rembourse cash juste après", confie-t-il. De leur côté, beaucoup d'agences de voyages suivent de près l'évolution numérique du secteur, renforçant notamment leur présence sur les réseaux sociaux et rivalisant d’offres et de promotions alléchantes. Saïd Benkhelifa, expert international du tourisme, explique que le marketing touristique digital permet de faire de la bonne communication et de la promotion, dans des délais courts et peu coûteux. «Chez certaines agences de voyages privées dynamiques et réactives, le tourisme numérique ou e-tourisme est déjà bien maîtrisé et bien exploité, nous affirme-t-il. Au niveau du ministère du Tourisme, de l'ONT (Office national du tourisme) et des 48 directions du tourisme de wilaya, il n’y a parfois même pas de portail ou de site internet !». Et de poursuivre : «Le tourisme numérique est digital, la digitalisation touristique n'est pas à l'ordre du jour. Mermouri, le précédent ministre, en a parlé, mais c'est encore au point mort. Par manque de budget idoine, de compétences pour l'application et par manque de conviction !» Manque de conviction ? En effet, sous la houlette de l’ancien ministre du tourisme, Hassan Mermouri, quelques efforts en été consentis afin de développer le e-tourisme, promettant de doter d’ici la fin de l’année en cours 66 structures hôtelières de bases de données dans une première phase avant de généraliser cette action pour l’ensemble des établissements en 2018. Toutes nos tentatives pour savoir où en est le projet auprès des responsables du secteur sont restées vaines. Une initiative nommée "Cluster Tourisme", regroupant un bon nombre de start-up algériennes, devait donner un coup d’accélérateur au programme de développement du tourisme numérique. Parmi elles, figure notamment l'entreprise algérienne spécialisée dans l'engineering, Ayrade, qui a mis en place une plateforme de réservation d'hôtels et de billets d'avion en ligne. Son directeur, Lamine Belbachir, nous en explique les contours : "La plate- forme Cyber Leo (www.cyberleo.services ) est une application web qui permet d'effectuer des recherches d'hôtels ainsi que les vols à travers le monde, principalement en Algérie, afin de faciliter la sélection pour l'internaute, elle permet aussi de valider et de réserver l'hôtel, ainsi que le vol adéquat. Elle est opérationnelle, sauf que le paiement électronique ne l'est pas encore malheureusement, on attend la libération du e-paiement pour les autres secteurs et sociétés, afin de le mettre sur notre plate- forme et faire bénéficier aux Algériens ainsi qu'aux étrangers d'effectuer une recherche et réservation via notre plate- forme ainsi que son paiement". Parmi les pierres d’achoppement au développement de ce secteur, le directeur d’Ayrade cite notamment le "manque d'infrastructures en Algérie (notamment d’hôtels) pour séduire plus les touristes étrangers et algériens". «Déjà, dit-il, la culture du tourisme local n'est pas incluse ni généralisée, manque d'infrastructures, difficulté d'avoir le visa algérien pour les touristes étrangers ainsi que les flottes aériennes ( algérienne ) pas très riches, ni concurrentielles". Difficultés structurelles Car les difficultés sont d'abord structurelles: le manque d’attention portée par les pouvoirs publics à ce secteur et le faible souci de l’image de l'Algérie font que le tourisme a toujours été le parent pauvre de l'économie algérienne. Dans les faits, le secteur qui a toujours eu du mal à se doter même d’un site web digne de ce nom et la présence de la destination Algérie sur internet est souvent réduit à des pages statiques avec quelques images de paysages et, surtout, très peu d’informations pratiques pour les touristes. Sur le site de l'ONAT, le clic sur le bouton "réserver" conduit à recevoir un devis de son séjour. Un petit effort a été consenti, mais il faudra tout de même se déplacer pour payer.

June 14th 2018, 10:16 am

L’Algérie a voté «Maroc 2026»

El Watan

Une fois de plus, le Maroc a échoué dans sa 5e tentative d’organiser une Coupe du monde. Une majorité de voix (134) s’est prononcée en faveur de la candidature United 2026 (Etats-Unis, Canada, Mexique). Le 68e congrès de la FIFA, tenu hier à Moscou, a consacré le choix de United 2026. Ainsi, pour le 5e fois, la candidature marocaine est recalée. Les jeux étaient fait d’avance. Le président américain, Donald Trump, a, comme attendu, pesé de tout son poids dans la bataille. Les menaces à peine voilées qu’il a proférées contre ceux qui ne voteraient pas pour United 2026 ont porté leurs fruits. C’est le moment pour le Maroc de faire le bilan de sa campagne, qui aurait péché dans la stratégie de conquête des voix. Le comité d’organisation de Maroc 2026 est pointé du doigt et ses principaux animateurs — Moulay Hafid Elalamy, Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et Hicham Al Amrani, qui a piloté l’opération — ne seraient pas exempts de tout reproche. La candidature marocaine n’est pas passée parce que celle d’United 2026 était plus consistante, mieux étoffée. Ou est-ce que tout simplement elle ne pouvait pas rivaliser avec la candidature nord-américaine qui répondait le mieux aux enjeux économiques d’une Coupe du monde à 8 équipes ? Les infrastructures du Maroc souffrent de la comparaison avec celles des trois pays regroupés au sein d’United 2026. Où et dans quel domaine le Maroc a perdu la bataille ? Sans nul doute dans la stratégie mise en place par les trois hommes cités plus haut qui, au lieu d’aller à la pêche aux voix, ont laissé leur énergie dans les attaques contre la FIFA et son président, Gianni Infantino. Des observateurs s’interrogent sur l’utilité des ambassadeurs et des anciens joueurs africains et européens choisis par le comité d’organisation pour faire du lobbying en faveur du Maroc. Les voix à récolter étaient celles des votants, c’est-à-dire des représentants d’associations. Les hommes choisis par le Maroc comme ambassadeurs de sa candidature n’ont rien pu faire face à la déferlante américaine conduite par Donald Trump en personne. La défaite du Maroc, c’est aussi l’échec du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, qui n’a pas pu imposer une discipline de vote aux membres de la Confédération. Plusieurs Fédérations africaines (8) ont voté United 2026. 36 fédérations sur 54, moins le Ghana suspendu, ont voté pour le Maroc. La Fédération algérienne a donné sa voix au Maroc, comme l’indique le tableau des votants. Face aux exigences de plus en plus élevées imposées par la FIFA, le continent africain ne pourra plus jamais prétendre à l’organisation d’une Coupe du monde. Cette manifestation est réservée aux nantis.

June 14th 2018, 10:16 am

Haftar jette ses forces dans la bataille de Derna

El Watan

Tunis De notre correspondant La rencontre de Paris entre les belligérants libyens, le 29 mai dernier, a intronisé, de fait, Khalifa Haftar comme chef d’état-major de l’armée libyenne, malgré les contestations de Khaled Mechri, président du Conseil de l’Etat. L’homme fort de l’Est libyen s’est imposé à la tête de l’armée. Il est également le porte-drapeau de la lutte contre les terroristes, avec l’accord tacite de Fayez Al Sarraj, président du Conseil présidentiel du GNA. Et c’est sous cette casquette que Haftar a attaqué Derna pour déloger les troupes de Majliss Choura. Malgré les contestations du Conseil d’Etat et du mufti destitué, Sadok Ghariani, Al Sarraj n’a manifesté opposition à l’offensive. Ce sont également les avions de Haftar qui ont attaqué les convois de Saraya Benghazi, observées à l’ouest et au sud de Syrte (Hrawa et Nouflia) et auxquelles les observateurs attribuent l’intention de s’emparer de Syrte, 250 kilomètres à l’est de Misrata. Saraya Benghazi ne se sentent plus à l’aise à Misrata, qui s’approche progressivement de la réconciliation avec Haftar. De son côté, Al Sarraj ne saurait s’opposer à Haftar qui œuvre à la stabilité en Libye, travail que le GNA est incapable de mener. L’alliance entre Haftar et Al Sarraj s’est objectivement installée durant les derniers mois en Libye. Al Sarraj a surgi de l’accord de Sekhirat (décembre 2015) comme l’homme providence qui va réconcilier les Libyens entre eux. Il est entré, fin mars 2016 à Tripoli, suite à des accords obtenus par la mission de l’ONU en Libye, avec les seigneurs de guerre de la capitale libyenne (Becheur, Tajouri, Kara, Badi, Belhaj, etc.). Depuis, Al Sarraj n’est même pas parvenu à construire sa prétendue Garde nationale, ni démilitarisé les dizaines de milices qui détiennent le pouvoir réel à Tripoli. Il est donc un pouvoir sans forces de dissuasion. Convergence Par contre, Khalifa Haftar est parvenu, depuis le lancement de l’opération Al Karama (15 mai 2014), à unifier autour de lui les forces armées de l’Est libyen. «Malgré tout ce qu’on peut dire de lui en matière de libertés ou de démocratie, Haftar a rétabli l’ordre dans les zones sous son contrôle, et ce, de concert avec les principaux chefs de tribu», relève le politologue Ezzeddine Aguil. A son actif, aussi, la reprise des exportations de pétrole libyen, après trois années de vaches maigres. Les puissances internationales considèrent que les troupes de Haftar constituent le noyau de l’armée libyenne. A l’actif de Haftar, aussi, sa victoire contre Daech et ses alliés à Benghazi, malgré le soutien actif qu’ils ont reçu de manière continue de Misrata et, derrière, du Qatar et de la Turquie. Après Benghazi, les troupes de Haftar ont décidé, il y a un mois, d’en finir avec groupes armés, proches d’Al Qaîda, à Derna, les tractations, via les chefs de tribu, n’ayant pas abouti. Ainsi, Al Sarraj, le chef du gouvernement sans pouvoir réel, sauf le soutien de la communauté internationale, s’est retrouvé sur le même chemin que l’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar. Derna Le colonel Ahmed Mismari, porte-parole de l’armée, assure que les combats continuent contre les milices armées proches d’Al Qaîda et que les trois quarts de la ville de Derna sont déjà sous le contrôle de l’armée. «La progression n’est pas très rapide parce qu’il s’agit de combats de rue et nous voulons éviter les dégâts aux infrastructures de la ville», a-t-il précisé, en appelant les citoyens à s’éloigner des zones de combat. Sur un autre plan, le gros des forces spéciales, commandées par le général Ounaies Boukhemada, sont rentrées à Benghazi, après avoir accompli leur mission de mainmise sur les vallées et les hauteurs entourant la ville de Derna, pour préparer le terrain à l’entrée de l’armée. Ces diverses données en provenance de Derna font dire au politologue Ezzeddine Aguil que «la bataille risque d’être longue car l’armée a toujours procédé à l’usure, comme ce fut le cas à Benghazi. La libération des quartiers de Sabri et Souk Al Hout à Benghazi a pris presque deux ans». «L’épuration de Derna va prendre le temps qu’il faut», assure-t-il.

June 14th 2018, 10:16 am

La succession à l’Allemagne est ouverte

El Watan

La 21e édition de la Coupe du monde de football débutera aujourd’hui avec le match d’ouverture Russie-Arabie Saoudite au stade Loujniki (Moscou) et s’étalera jusqu’au 15 juin pour la finale. Le match sera précédé par une modeste cérémonie d’ouverture, annoncent les organisateurs, animée par la pop star anglaise Robbie Williams, laquelle sera suivie par plusieurs chefs d’Etat et personnalités sportives et politiques. La Russie, qui n’a plus gagné depuis sept matches, tentera d’assurer une bonne entame face à l’Arabie Saoudite pour éviter une élimination précoce. De son côté, l’Arabie Saoudite, secouée par l’expérience infructueuse des joueurs expatriés en Espagne sans bénéficier d’un temps de jeu suffisant, abordera ce match des mal classés (classement FIFA) avec l’intention de bien négocier son entrée en lice. Pour les superstitieux, le chat devin du Mondial 2018, appelé Achille, qui a été choisi pour les pronostics des rencontres, a déjà donné la Russie vainqueur de ce premier match face à l’Arabie Saoudite. Après la recontre d’ouverture, les choses sérieuses vont commencer avec les matches chocs Portugal-Espagne (vendredi) jusqu’au match Angleterre-Belgique au dernier jour du premier tour. A suivre de près aussi l’entrée en lice du champion du monde en titre, l’Allemagne, dimanche face au Mexique. La Mannschaft défendra son titre acquis haut la main en 2014 au pays du football, le Brésil. La Seleçao de Neymar sera l’un des candidats à la succession de l’Allemagne dans l’espoir de s’adjuger un sixième trophée et effacer par la même l’humiliante défaite concédé à domicile en demi-finale face au futur vainqueur (7-1). En plus du Brésil, l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Argentine de Messi se lanceront tous à l’assaut de l’Allemagne dans cette édition qui sera marquée par l’utilisation pour la première fois de l’arbitrage par vidéo assistance (VAR) qui sera peut-être une solution pour les situations litigieuses, mais qui pourrait aussi diminuer le charme et le suspense de la compétition, fait d’erreurs humaines. Les pays nord-africains qualifiés au Mondial 2018, à savoir le Maroc, la Tunisie et l’Egypte, seront bien évidemment les favoris des Algériens en l’absence des Verts après deux participations consécutives. Les Lions de L’Atlas et les Pharaons ouvriront le bal, vendredi,  espectivement face à l’Iran et l’Uruguay. Les Aigles de Carthage suivront, lundi, face à l’Angleterre pour le début d’une fête footballistique qui durera un mois.

June 14th 2018, 6:13 am

«Il faut parvenir à transformer l’audience en mémorisation publicitaire»

El Watan

Entretien réalisé par Kamel Benelkadi On remarque que la majorité des annonceurs choisit le Ramadhan pour innonder le marché de messages publictaires. Est-ce une bonne stratégie de com ? En principe, chaque marque définit une stratégie de communication et sa planification en fonction d’un contexte de marché concurrentiel particulier à un moment donné. Il ne saurait donc y avoir de stratégie unique. Cela dit, en Algérie, le mois de Ramadhan est une période où les comportements des consommateurs et  téléspectateurs algériens sont profondément transformés ; c'est une période sans pareille en termes d’audience. Depuis des décennies, les foyers algériens, toutes catégories sociales confondues, se retrouvent devant les chaînes locales à l’heure du f'tour. Cela represente une belle opportunité pour les marques de se faire connaître ou de renforcer leur image. Ceci dit, une fois encore, chaque responsable marketing doit s’interroger sur la pertinence et l'efficacité de sa prise de parole, d'autant qu'avec l’émergence de nouvelles chaînes algériennes, il n’est plus aussi simple de profiter de toute cette couverture additionelle et de garantir une répétition suffisante et homogène de son message sur ses différentes cibles de communication. Ensuite, il faut encore parvenir à transformer cette audience en mémorisation publicitaire, vu le nombre de marques qui communiquent pendant le prime time. Le défi est bien de se démarquer. C’est là que le rôle de la créativité reste primordial, c’est le seul moyen d’être vu, de sortir du lot. Quand on parle de créativité, ce n’est pas juste dans la création mais également dans le dispositif choisi. On peut faire différent en jouant sur les formats, le sponsoring, le placement de produit, la complementarité et avec des dispositifs sur d’autres médias. Lorsqu'on analyse cela, on constate que certaines marques, à budget égal, sont moins mémorisées que d’autres. Cette année, la crise a énormément pesé sur les budgets. Est-ce une tendance qui va durer ? Effectivement, l’année 2018 est critique. Nous avons estimé une baisse remarquable en volume, mais aussi en valeur. Mais nous restons optimistes pour cette activité car certains signaux sont plutôt rassurants, comme par exemple la relance du secteur automobile. Avec les dernières mesures pour limiter l’importation, nous assistons également à l’émergence de plus en plus de marques locales fortes dans l’agroalimentaire, par exemple. Cela participe à créer une certaine émulation et dynamise le secteur publicitaire. Il faut aussi noter la tendance à la hausse des cours des hydrocarbures qui, si elle n’a pas d’effet direct sur le marché de la publicité, a un effet rassurant sur les entreprises et les pousse  à continuer à investir. La confiance en l’avenir est un élément-clef car, après tout, il s’agit d’investissements… Quels sont les secteurs qui communiquent le plus depuis le début de l'année ? Toujours les mêmes. Les secteurs des télécoms et de l’alimentaire représentent à eux deux plus de la moitié du marché publicitaire, il y a ensuite les biens d’équipement des foyers et la téléphonie. Le secteur des services (banque, assurance...) reprend légèrement après une absence remarquée. On assiste cependant à un réel changement dans la structure du secteur des produits de grande consommation (alimentaire, produits d’entretien). Pendant très longtemps les grands groupes multinationaux concentraient les investissements publicitaires du secteur, aujourd’hui c’est très différent : ce sont principalement quelques marques «régionales», chinoises et turques en particulier, et surtout les marques locales qui communiquent le plus. Notamment sur les chaînes algériennes privées qui offrent des tarifs plus accessibles aux marques plus «petites». Lorsque ces marques «goûtent» à la publicité, en général elles ne s’arrêtent pas, car cela reste un moteur de croissance. On parle de plus en plus du support digital. Y a-t-il réellement une mutation vers ce support ? Les annonceurs optent-ils pour le bi-média (presse écrite et web) ? Cela ne fait aucun doute, c’est le principal changement dans le secteur des médias ces dernières années ! On l’a déjà dit plusieurs fois, l’Algérie est en train de vivre son explosion digitale grâce notamment à la 4G et à l’internet mobile. Nous avons aujourd’hui rattrapé le retard par rapport aux pays voisins en matière d’utilisation d’internet et les catégories les plus jeunes sont totalement imprégnées du digital dans leur vie quotidienne, dans leurs loisirs et leurs relations sociales. C’est un changement de fond auquel nous assistons. Aujourd’hui, le digital est le premier média en Algérie chez les 18-25 ans en temps passé. Ceci étant, le changement en matière publicitaire est moins évident. Comme disait un célèbre publicitaire, «nous sommes retournés dans une période où tout se cherche avant de se poser». Il y deux dangers à éviter : la généralisation et, à l’autre bout, l’hyperspécialisation. Déjà, le terme digital est devenu trop vague. Concrètement, le digital est une technique d'encodage, au mieux un support. Ce qu’on englobe dans le mot digital ce sont plusieurs métiers, plusieurs supports, plusieurs types de communication, avec des indicateurs de performances plus complexes qui se cherchent encore. On parle désormais de CPM (coût pour mille) ; de coût par vue (CPV) et maintenant de coût par heure mémorisée (CPH) ! Il faut un chef d’orchestre car il faut savoir mettre les instruments de musique en rythme...

June 13th 2018, 2:59 pm

Procès des Ahmadis (Akbou) : Peines de prison avec suris

El Watan

Comme annoncé et attendu depuis le procès du 30 mai dernier, le tribunal de première instance d’Akbou, à 60 kilomètres à l’ouest du chef lieu de wilaya de Béjaïa, a rendu, ce mardi 12 juin, son verdict dans l’affaire dite des 26 Ahmadis qui étaient poursuivis pour les trois chefs d’inculpation d’«offense à l’islam», de «création d’association sans agrément» et de «collecte de fonds sans autorisation». Ainsi donc, l’ensemble des femmes poursuivies ont été acquittées ; les deux responsables de la communauté, MM. Amessis et Idjaad, écopent de six mois de prison avec sursis alors que les autres prévenus sont condamnés à trois mois de prison avec sursis tandis que les deux prévenus absents au procès ont été, eux, condamnés à six mois de prison ferme. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), l’instance qui s’était activement impliquée dans la défense des prévenus a tenu à dénoncer ce verdict. Tout en saluant l’engagement du collectif des avocats et la mobilisation des défenseurs des droits humains et des médias, la LADDH a indiqué que les peines prononcées, bien que minimales (le sursis pour la majorité des prévenus), «rappellent le principe de la condamnation sur la base des poursuites à l’encontre des citoyens algériens sur le seul fait de leur culte ou de leurs opinions est en contradiction avec les garanties pourtant consacrées par la Constitution et le pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Algérie».

June 13th 2018, 8:43 am

Pourquoi Pyongyang s’est empressé de négocier avec Washington

El Watan

La promesse faite par le leader nord-coréen Kim Jong-un en avril dernier d’œuvrer à «la construction économique socialiste». Cette annonce est perçue par des analystes comme le prélude à des réformes ou à une libéralisation à petites doses. M. Kim a-t-il l’intention de suivre l’exemple chinois ? C’est ce qui semble se profiler à l’horizon. Tout comme le Vietnam, la Chine a embrassé le capitalisme sans hypothéquer le parti unique. Et même en le consolidant puisque la plus grande prospérité a conforté le pouvoir. Du sur-mesure pour Kim Jong-un ! En réalité, la Corée du Nord a commencé à changer depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Kim Jong-un a très vite compris que son pays ne pouvait pas aller loin s’il ne revoyait pas son modèle économique. Plombée par des décennies de mauvaise gestion et la chute de l’Union soviétique, l’économie étatique nord-coréenne s’est complètement effondrée. Le pays ne produit pratiquement rien. Même dans les années sans sécheresse, plus de 40% de sa population souffre de sous-alimentation, selon l’ONU. En 2016, le salaire moyen était 20 fois supérieur au Sud, selon les statistiques sud-coréennes. Les 25 millions de Nord-Coréens n’ont aucun accès aux télévisions étrangères, à internet ou à de simples communications téléphoniques avec l’étranger. Même avec leurs portables. Pour changer la donne, le jeune leader nord-coréen a commencé par fermer les yeux vis-à-vis du commerce informel. Le régime tolère désormais de plus en plus les initiatives privées et la prolifération de petits entrepreneurs faisant commerce de produits alimentaires ou de biens arrivant de Chine. Il a réussi à créer une petite classe moyenne. L’usage des devises étrangères est devenu croissant en Corée du Nord. En 2016, l’économie nord-coréenne a connu sa plus forte expansion, selon la Banque centrale sud-coréenne. Mais cette tendance pourrait pâtir de l’intensification des sanctions internationales. Pour Pyongyang, le dossier de la levée des sanctions est une question de survie. C’est cette donne qui a d’ailleurs poussé Kim Jong-un à accepter de s’asseoir à la table des négociations et de rechercher un compromis avec les Etats-Unis sur la question de son arsenal nucléaire. Le dirigeant nord-coréen sait qu’il a un bon coup à jouer, surtout que la Corée du Nord est très riche en ressources naturelles et notamment en minéraux. Fer, or, magnésite, zinc, cuivre, molybdène, craie… ne sont que quelques-uns de ces minéraux dont le pays regorge. En tout, il y en aurait près de 200 sortes, dont des métaux rares, qui entrent comme composants dans les appareils électroniques de haute technologie. Selon deux évaluations de deux organisations sud-coréennes, la valeur totale de ces réserves serait comprise entre 6000 et 10 000 milliards de dollars. De quoi permettre à la Corée du Nord de rattraper tous ses retards et de devenir même un nouveau dragon.

June 13th 2018, 8:43 am

La France et l’Italie en flagrant délit de non-assistance à personnes en danger

El Watan

Ni l’Italie ni Malte, encore moins la France n’ont fait preuve d’humanisme face à l’urgence. L’Aquarius, un navire humanitaire affrété par l’ONG SOS Méditerranée, transportant plus de 600 migrants, s’est vu refuser d’accoster dans les ports de ces pays, et ce, malgré les appels de détresse. Depuis le sauvetage de ces migrants, dans la nuit de samedi à dimanche, le navire cherche un port sûr pour les débarquer. Mais tant Malte que l'Italie ont refusé d'ouvrir leurs ports. La petite île méditerranéenne a confirmé dimanche soir son refus d'accueillir L'Aquarius ; l’Italie a ouvertement dit «non» alors que le France s’est murée dans un silence assourdissant. Finalement, c’est l’Espagne qui a accepté d’accueillir le navire et les 629 personnes abandonnées à leur sort. «Le président du gouvernement Pedro Sanchez a donné des instructions pour que l’Espagne honore les engagements internationaux en matière de crise humanitaire en accueillant dans un port espagnol le navire Aquarius. Il est de notre obligation d’aider à éviter une catastrophe humanitaire et d’offrir un ’port sûr’ à ces personnes», a indiqué un communiqué de la présidence du gouvernement espagnol. Samedi dernier, L'Aquarius a secouru, au large de la Libye, 629 migrants, dont 7 femmes enceintes, 11 enfants en bas âge et 123 mineurs ; il est resté depuis en stand-by au large d’Italie et de Malte, qui lui refusaient l’accès à un port. Les sollicitations des différentes parties pour amener les gouvernements de ces pays à autoriser le débarquement des personnes bloquées en Méditerranée ont essuyé un refus. Les appels de SOS Méditerranée n’ont pas trouvé écho chez les dirigeants de ces Etats. Pourtant, cette ONG a multiplié les alertes en décrivant une situation insoutenable et évoquant «un impératif humanitaire urgent». «Ces gens sont en détresse, ils sont à court de provisions et ont besoin d’aide rapidement. Nous demandons à toutes les parties concernées de contribuer à un règlement rapide afin que les personnes à bord du navire Aquarius puissent être débarquées en toute sécurité dès que possible», avait demandé la représentante de la Commission européenne. Mais Malte n’a pas bougé, la France a tourné le dos et l’Europe ne s’est pas sentie concernée par ce drame humanitaire. Où sont donc les voix qui s’élèvent pour critiquer l’Algérie sur sa politique de traitement de migrants ? Où sont les ONG françaises où est l’ONU pour dénoncer ces pays qui ont failli et n’ont bougé le petit doigt pour porter secours à des personnes en détresse absolue ? Dans son rapport annuel publié fin février 2018, Amnesty International a présenté l’Algérie comme un pays peu accueillant pour les réfugiés et les migrants et lui a conseillé de ne pas verrouiller ses frontières car cette option n’est pas une bonne solution. Pourtant hier, l’Italie, au-delà de l’ouverture des frontières, a refusé même d’apporter les premiers soins dont avaient besoin les passagers alors que la France est restée «muette et inhumaine» face a un drame humanitaire. D’ailleurs à ce sujet le président français a reçu une salve de critiques. Selon des internautes, «la France se serait honorée si elle avait fait une exception et accueilli les passagers de L'Aquarius».

June 13th 2018, 8:43 am

Acharnement contre les femmes

El Watan

Il a fait le buzz sur les réseaux sociaux pour avoir appelé  les jeunes à défigurer les femmes qui ne portent pas le voile. Il a pour nom Amir Boukli Hassen et comme photo de profil, le sigle de Sonatrach. Son message est très grave : il appelle les jeunes à lancer de l’acide sur le visage des femmes sous le slogan «frappe, prends la fuite et laisse-la défigurée, comme ça je jure que cette chienne ne sortira plus de la maison». Certains commentaires sont aussi violents que ce message, mais fort heureusement, une grande majorité d’internautes ont été outrés et l’ont bien exprimé chacun à sa manière. Cet appel comporte des propos qui incitent à la violence et, de ce fait, tombe automatiquement sous le coup de la loi, mais aussi sous le coup du règlement de Facebook, réseau sur lequel il a été diffusé. Ce n’est qu’hier et certainement après les nombreuses plaintes d’internautes que le compte de Amir Boukli Hassen a finalement été bloqué. Cependant, aucune information n’a pu être obtenue auprès des services de police sur l’ouverture d’une enquête ou pas. On nous précise toutefois que «des appels de ce genre sont automatiquement signalés et pris en charge par les services spécialisés qui ont les moyens d’identifier les auteurs». Il s’agit d’un fait grave qui appelle à une réaction rapide. Le silence et l’inaction des services de sécurité ne feront qu’encourager la violence à l’égard des femmes qui est, faut-il le rappeler, bannie aussi bien par le code pénal que par les conventions internationales que l’Algérie à ratifiées. Il y a quelques mois, un autre internaute avait lancé un appel «pour la chasse aux femmes non voilées», légendé par une caricature montrant une femme en pantalon prise par une main et jetée dans une corbeille et avec comme slogan «campagne de salubrité publique». Certains internautes ont applaudi ce message violent, mais beaucoup d’autres l’ont condamné, alors que du côté des autorités rien n’a été entrepris, puisque le compte en question a continué à diffuser l’appel. Fort heureusement, la société civile n’est pas restée silencieuse. Plus d’un millier de personnes, particulièrement des femmes, ont fait leur jogging juste avant la rupture du jeûne, en signe de solidarité avec la joggeuse victime d’agression. D’autres manifestations de soutien ont suivi à Annaba, puis à Béjaïa et un peu partout dans les grandes villes du pays. Sous le slogan «c’est moi qui décide où je dois être», de nombreuses femmes, mais aussi des hommes, sont sortis dans la rue pour exprimer leur indignation contre la violence. Ils ont également interpellé les pouvoirs publics sur le phénomène de la violence qui a tendance à cibler particulièrement la gent féminine, qui fait face à une société où les discours discriminatoires et haineux sont légion, notamment depuis l’avènement des chaînes de télévision privées, dont certaines sont devenues de véritables tribunes de l’obscurantisme. Les pouvoirs publics ont une très grande responsabilité. Garants des libertés individuelles et collectives, leur rôle est de protéger les citoyens de la violence et de faire en sorte que ceux qui l’exercent soient déférés devant les tribunaux.

June 13th 2018, 6:13 am

La police arrête une dizaine de manifestants lors d’un rassemblement de soutien à Merzoug Touati à T

El Watan

Les services de sécurité ont arrêté une dizaine de personnes, mardi dans la soirée à Tizi Ouzou, lors du rassemblement organisé en signe de soutien au blogueur Merzoug Touati.    « Entre 10 et 15 militants ont été embarqués par la police », a indiqué Yanis Adjilia, membre du Comité pour la libération du blogueur Merzoug Touati, dans une déclaration à Elwatan.com. « L’intervention de la police a eu lieu après l’arrivée des militants du MAK, venus prendre part au rassemblement de soutient à Merzoug Touati », a-t-il ajouté.     Le rassemblement empêché cette soirée à la placette Mbarek Ait Menguellet de Tizi Ouzou est organisé dans le cadre des actions menées par le comité pour la libération de Merzoug Touati qui prévoit la tenue d’un rassemblement devant la cour de justice de Béjaia le 21 juin prochain, date du procès en appel du blogueur. Deux actions similaires devraient avoir lieu ce mercredi à Sidi Aiche et Kendira.    Accusé d’intelligence avec Israël, Merzoug Touati a été condamné, le 24 mai dernier par le tribunal criminel de Béjaia, à dix ans de prison ferme.

June 12th 2018, 8:13 pm

Sonatrach renouvelle son partenariat avec Total et Repsol

El Watan

Sonatrach a renouvelé, pour une durée de 25 ans, le contrat de recherche et d’exploitation sur les champs gaziers Tin Foyé Tabankort (TFT), bassin d’Illizi, avec le français Total et l’espagnol Repsol. Les trois groupes, qui ont signé en parallèle un contrat de commercialisation du gaz produit, projettent de nouveaux investissements afin de maintenir la production actuelle du champ à plus de 80 000 barils équivalent pétrole par jour (bep/jour) pendant 6 ans, soit 3 milliards de mètres cubes/an de gaz, et de récupérer des réserves additionnelles d’hydrocarbures estimées à plus de 250 millions de bep, dont 29,2 milliards de mètres cubes standards (Sm3) de gaz sec. En vertu du contrat signé hier, au siège de Sonatrach, pour un montant de 324 millions de dollars, les trois partenaires s’engagent à réaliser les investissements — 51% pour Sonatrach, 26,4% pour Total et 22,6 % pour Repsol — nécessaires au forage, au développement et à la valorisation des réserves additionnelles. Le contrat table sur le forage de 11 nouveau puits l’installation d’une unité de compression de basse pression en amont de l’usine ; ainsi que l’optimisation du réseau de surface et de fonctionnement de l’usine.  Il faut savoir que le périmètre contractuel de TFT est situé dans le bassin d’Illizi, à environ 400 km au sud-est de Hassi Messaoud. Découvert par Sonatrach, le champs, qui produit du gaz sec, du condensat et du GPL, a été mis en exploitation en mars 1999, suite aux travaux de développement réalisés par l’association Sonatrach-Total-Repsol. Les investissements déjà consentis pour le développement de ce gisement sont de l’ordre de 1,2 milliard de dollars englobant deux phases du projet. Il s’agit de la mise en production du gisement en 1999 par la réalisation de deux trains de traitement de 10 millions de Sm3/j chacun, et de respectivement trois lignes d’expédition de gaz, de condensat et de GPL. La seconde phase a concerné la réalisation d’une station de boosting en mai 2010 en vue de maintenir le plateau de production à 20 millions Sm3/j pendant 5 années.

June 12th 2018, 6:09 am

Cevital présentera sa nouvelle technologie

El Watan

Le groupe privé algérien Cevital participera, du 11 au 15 juin à Francfort (Allemagne), à l'Achema Fair, la plus grande foire mondiale de l’innovation, a annoncé le groupe dans un communiqué publié sur son site web. Issad Rebrab, PDG du groupe agroalimentaire, «présentera à cette occasion la station UPW1.0, une technologie révolutionnaire de production d’eau ultrapure, conçue par EvCon, filiale de Cevital basée en Allemagne et spécialisée dans la production d’eau ultrapure, le traitement des eaux industrielles et le dessalement de l’eau de mer», a ajouté la même source. Lors de ce déplacement, le président du groupe sera accompagné par une délégation d’EvCon, dirigée par ses CEO, Kamal Benkoussa et Wolfgang Heinzl. Mise au point par ses quatre centres de recherche et de développement, la nouvelle technologie du groupe Cevital s’applique à de nombreux secteurs industriels, comme le dessalement d’eau de mer, le traitement des eaux de l’industrie chimique et du gaz et du pétrole de schiste, l’industrie agroalimentaire, l’industrie des semi-conducteurs et l’industrie pharmaceutique. «C’est un projet de grande envergure qui pourra répondre à la problématique de l’eau qui va se poser ces 20 prochaines années dans le monde. Actuellement, sur les grandes places financières, toutes les transactions tournent autour des hydrocarbures et des matières premières. Dans les 15 ou 20 prochaines années, ces échanges se concentreront autour de l’eau, ressource vitale qui deviendra rare (…). C’est un projet que nous comptons lancer cette année et qui pourra sauver toute l’humanité du déficit hydrique prévu prochainement», avait affirmé récemment le président du groupe, Issad Rebrab, dans un entretien accordé au Financial Afrik. La production de membranes, qui constituent le cœur des stations, se fera en Algérie alors que les stations de production d'eau ultrapure seront installées en France, en Allemagne et également en Algérie. Pour le premier groupe privé algérien, cette technologie de dessalement représente une énorme avancée à la fois technologique et industrielle, qui lui permettra d’élargir davantage ses activités. Son déploiement permettra aussi à l’Algérie de réduire l’importation des membranes et des stations de traitement et de bénéficier d’un transfert des technologies de pointe.

June 12th 2018, 6:09 am

Qui alimente Mondafrique et Nicolas Beau et pourquoi ?

El Watan

L’éventuel 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika ou sa probable succession fait couler beaucoup d’encre. Dans le flou total qui entoure la perspective de 2019, les fake news, les manipulations et l’intox sont devenues monnaie courante. On lit par là que l’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, a rencontré le frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, par ci que le général Toufik, l’ancien patron du DRS, est toujours actif et ses réseaux ne se sont pas dissous dans la nature. Une pluie d’«informations» sans fondement et qui envahissent la presse électronique, les blogs et les réseaux sociaux. A leur vitesse de diffusion, selon le modèle de consommation «fast-food», auquel elles sont destinées, les news qui écument la Toile peuvent faire mal dans un contexte politique très sensible où l’avenir de l’Algérie s’apprête à se jouer. Mondafrique, un journal électronique dirigé par Nicolas Beau, ancien du Monde, de Libération et du Canard enchaîné, rompu à l’investigation, en fait son sujet de prédilection. Le 9 juin, il écrivait que «le général-major Ali Ghediri, un des plus fidèles collaborateurs du général Mohamed Mediène, dit Toufik, patron tout-puissant des Services algériens (DRS) pendant un quart de siècle, rencontrait la semaine dernière les services sécuritaires de l’ambassade américaine à Paris». «La preuve, pour Nicolas Beau, auteur de l’article, que les réseaux de Toufik cherchent à peser sur le processus de succession du président Bouteflika.» Le 30 mai dernier, le patron de Mondafrique mettait en ligne un premier article sur le sujet en croyant connaître les clés de succession de Bouteflika. Il écrivait : «Dans la transition qui se joue à Alger, deux forces s’opposent : le clan présidentiel, animé par le frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, et l’état-major militaire, avec à sa tête le vice-ministre de la Défense depuis 2013, Ahmed Gaïd Salah.» Mondafrique présente en fait un spectacle inédit de guerre des clans où «Toufik semble avoir repris du poil de la bête malgré la dissolution pure et simple du département qu’il dirigeait, et où Saïd Bouteflika, frère et conseiller du Président, est en confrontation avec le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, Gaïd Salah, autour de la succession présidentielle». Il est vrai que dans cette taïga politique algérienne on ignore où est la part de vérité, celle du mensonge et celle de l’intox, on sait en revanche que certaines «informations» présentées sous le sceau de la confidentialité facile à la consommation sont tout simplement des fakes. Peut-il en être autrement dans l’opaque brouillard qui plane sur Alger et qui déroute l’opinion sur ce que sera l’avenir du pays, ne serait-ce qu’à court terme, dans quelques mois ? Le brouhaha d’Alger avait annoncé une prétendue et invraisemblable rencontre entre l’ancien président du RCD et Saïd Bouteflika que Mondafrique a vite fait de supprimer en présentant ses excuses, avouant son erreur et mettant fin à l’ahurissement de l’opinion qui lisait la veille que les deux hommes travaillaient la main dans la main dans la perspective de 2019. Mais la réponse et la réaction la plus vive aux scoops de Nicolas Beau est celle du général à la retraite Ghediri qui aurait, selon le journal électronique, rencontré les Services américains à Paris. L’officier de l’ANP lui a adressé une cinglante mise au point. «A lire Mondafrique, on est tenté de penser que vous avez hypothéqué les principes qu’on croyait être les vôtres et que vous n’avez eu de cesse de mettre au service des nobles causes, tant votre journal est devenu le déversoir d’insanités d’obscurs redresseurs de torts», écrit le général, qui soupçonne l’existence de gorges profondes malintentionnées et qui alimentent Nicolas Beau. «Sincèrement, lui dit-il, vous méritez mieux que de vous comporter en sous-traitant de l’ignominie au point de colporter ce qu’ils n’osent pas dire ouvertement, en signant leurs articles.» Le général considère que «ces gens-là sont tout simplement trop lâches pour affronter». «Il est tout aussi important, lui précise-t-il, que vous sachiez qu’en quittant l’armée, pour les raisons qui demeureront miennes, je n’ai nullement renoncé à mes convictions. Elles feront office de phare de ma vie. Et, au risque de vous surprendre, ainsi que ceux qui vous ‘‘intoxiquent’’, ajoute-t-il, je vous apprends que cette armée m’a façonné. En moi, elle a insufflé l’abnégation, le désinteressement, l’esprit de sacrifice et, surtout, l’amour de la patrie.» Qui alimente, en effet, Mondafrique et Nicolas Beau en fake news et dans quel intérêt ? La question mérite d’être posée.

June 12th 2018, 6:09 am

L’inquiétude monte sur l’usage des pesticides

El Watan

De plus en plus de produits algériens sont refoulés par la Russie, mais aussi par des pays aussi bien européens que moyen-orientaux. Les raisons sont à chaque fois liées à la présence d’un fort taux de pesticides, de raticides et fongicides et d’infestation de vers. L’amère réalité a été relevée par le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, lors d’une intervention sur les ondes la Chaîne 3, où il a eu à aborder la question. Contacté, Ali Bey Nasri réitère ses propos et met en garde contre «le recours abusif» à des produits chimiques très toxiques pour les consommateurs. «Des agriculteurs recourent de manière abusive aux pesticides, raticides, fongicides, insecticides pour traiter les produits agricoles. Certains pesticides, malgré leur interdiction ailleurs, continuent à être utilisés alors qu’ils comportent des risques avérés pour la santé. Des tonnes de pomme de terre avec un taux élevé de pesticides, des dattes infestées par des vers, de l’huile d’olive avec un fort taux d’acidité ont été refusées par certains pays. C’est vrai qu’il ne s’agit que de quelques opérations sur les 46 000 tonnes exportées l’année dernière, mais cela doit interpeller les autorités publiques parce qu’il y va de l’image de marque des produits algériens», explique notre interlocuteur. Pour Ali Bey Nasri, «l’Algérie a les moyens» d’avoir un label de qualité. «Mais nos agriculteurs n’arrivent pas à moderniser les techniques de protection de leur production. Au moment où ailleurs on traite, par exemple, les palmiers par épandage, en Algérie on continue d’agir de manière traditionnelle qui facilite l’infestation par les vers. Il faut mettre les moyens pour offrir des produits de bonne qualité. L’Algérie a la chance d’être le seul pays au monde qui voit sa surface agricole augmenter, ce qui n’est pas le cas ailleurs. Nous avons une richesse considérable qui nous permettrai d’avoir des produits concurrentiels en matière de qualité. Une qualité qui se contrôle et se protège. Or, nous n’avons pas de laboratoire de contrôle digne de ce nom. Pour améliorer la qualité de nos produits et les mettre aux standards internationaux, il faut un instrument de contrôle de qualité irréprochable», déclare Ali Bey Nasri, qui «regrette» que l’Algérie n’ait pu exporter, durant les quatre derniers mois de l’année en cours, «que l’équivalent de 20 millions de dollars en raison des quantités de plus en plus importantes de produits agricoles refoulés». Pour lui, il ne suffit pas de produire pour exporter, «il faut aussi respecter les standards internationaux en matière de qualité pour s’assurer une place sur le marché. L’Etat doit aider et encadrer les exportateurs agricoles afin qu’ils puissent s’imposer dans ce domaine assez rigoureux et régi par des normes internationales. Nous avons des atouts exceptionnels. Savez-vous que l’Egypte a exporté 653 000 tonnes de tomates alors que l’Algérie n’en a exporté que 817 tonnes ? Elle a arrêté un temps ses exportations en raison d’une maladie qui a infesté sa production, mais dès qu’elle a traité, elle a rebondi et exporté autant qu’avant. Nous sommes vraiment à la traîne. Nous avons une agriculture très traditionnelle qui appelle à une modernisation pour optimiser la production». Le ministère de l’Agriculture évoque le refoulement d’emballages en bois non traité Des propos qui ne concordent pas avec ceux du ministère de la l’Agriculture qui, dans un communiqué rendu public hier, a démenti toute opération de refoulement de marchandises, tout en précisant qu’il «veille» à ce que les opérations d’exportation des produits agricoles «répondent aux normes phytosanitaires» exigées par les pays d’importation. «Dans le cas où les produits sont jugés non conformes à l’arrivée, une notification parvient systématiquement à nos services dans laquelle le pays importateurs évoque le non-respect des normes en vigueur. Durant l’année 2018, les seules notifications parvenues ont concerné deux opérations d’exportation de pâtes et de boissons gazeuses expédiées vers le Canada qui a décidé leur refoulement pour cause de non-traitement des palettes de bois conformément à la norme internationale 15 relative au traitement du bois d’emballage et non pour des raisons phytosanitaires.» Le ministère de l’Agriculture est formel : «Les cas cités récemment par les médias concernent des dattes et des pommes de terre refoulées par le Canada et la Russie pour des causes qui ne relèvent pas du phytosanitaire», en reconnaissant toutefois qu’une quantité de 16 tonnes de pesticides a été refoulée en 2018 pour non-conformité contre 46 tonnes en 2017. Il est quand même intriguant que le ministère de l’Agriculture nie que des cargaisons de produits agricoles algériens aient fait l’objet de refoulement par certains pays importateurs. Des sources proches de ce département ne l’ont pas démenti. «Il y a eu des cargaisons refoulées de pommes de terre, de dattes et d’huile d’olive. Les services de contrôle phytosanitaires n’ont pas les moyens de vérifier le dosage de la limite maximale des résidus sur les produits agricoles. Raison pour laquelle certains ont été refusés. Ce ne sont pas des quantités énormes, mais elles sont là et doivent susciter des réactions», déclarent nos sources. En tout cas, cette affaire de pomme de terre refoulée de Russie n’est pas passée sans bruit. Hier, une réunion ayant regroupé de nombreux représentants d’autres départements, dont celui de l’Agriculture, et des professionnels de l’exportation, s’est tenue au bureau du ministre du Commerce. Prévue dans le cadre de la mise en application des recommandations des assises de l’agriculture, elle a eu pour ordre du jour, justement, l’exportation des produits agricoles. La réunion s’est terminée avec la nécessité «d’assainir le secteur de l’exportation pour ne laisser que les professionnels», révèlent des sources proches du ministère du Commerce, en précisant qu’«il a été beaucoup question du contrôle phytosanitaire durant les discussions entre les cadres de tous les départements, surtout ceux de l’Agriculture». En tout état de cause, le recours abusif aux pesticides et leurs conséquences sur la santé publique ont fait tache d’huile. L’affaire de la pomme de terre refoulée de Russie en 2017, et auparavant en 2014, semble avoir suscité une prise de conscience, puisque même au niveau du ministère de l’Agriculture, une réunion est prévue aujourd’hui, avec les cadres du secteur, et sera consacrée au contrôle phytosanitaire.

June 12th 2018, 6:09 am

Kim et Trump louent un sommet historique, mais pas de percée majeure

El Watan

Trump et Kim se sont entretenus pendant près de cinq heures, d'abord lors d'un tête-à-tête d'une quarantaine de minutes, suivi d'une réunion de travail, puis un déjeuner.  Donald Trump et Kim Jong Un ont affiché leur entente pour "tourner la page du passé" mardi lors d'un sommet historique qui a abouti à la signature d'un document commun, mais sans percée majeure sur l'arsenal nucléaire de la Corée du Nord. Interrogé sur cet enjeu crucial après des décennies de tensions autour des ambitions atomiques de la Corée du Nord, le président américain a assuré que le "processus" de dénucléarisation pourrait désormais commencer "très rapidement". Mais la formulation de la déclaration commune reste assez vague, y compris en termes de calendrier. Elle reprend de précédents engagements de Pyongyang, jamais mis en oeuvre, sans préciser que la dénucléarisation doit être "vérifiable et irréversible", comme le réclamaient les Etats-Unis avant le sommet de Singapour. "Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable en faveur d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", est-il écrit dans ce texte, que les deux hommes s'engagent à mettre en oeuvre "dans sa totalité" et "très rapidement". Selon Vipin Narang, professeur au Massachusetts Institute of Technology, "la Corée du Nord n'a rien promis de plus qu'au cours des 25 dernières années". "A ce stade, il n'y a aucune raison de penser que ce sommet débouche sur quelque chose de plus concret que cela sur le front du désarmement", a-t-il dit à l'AFP. Analystes et historiens rappellent à l'unisson que le régime de Pyongyang est passé maître dans l'art des promesses non tenues. En 1994 puis en 2005, des accords avaient été conclus mais aucun d'entre eux n'a jamais été réellement appliqué.   Poignée de main inédite   La rencontre, la première entre un président américain en exercice et un leader nord-coréen, a été marquée par les poignées de main appuyées entre les deux hommes, une image inimaginable il y a encore quelques mois lorsqu'ils échangeaient menaces et invectives. Kim Jong Un a estimé avoir "tourné la page du passé" après avoir surmonté de "nombreux obstacles" pour arriver à cette rencontre qui est "un bon prélude à la paix". Donald Trump a salué lui la "relation très spéciale" établie avec l'homme fort de Pyongyang, qui règne sur son pays d'une main de fer comme son père et son grand-père avant lui. Tout sourire, le président américain a aussi estimé que cette "rencontre fantastique" s'était déroulée "mieux que quiconque aurait pu imaginer", permettant de faire "beaucoup de progrès". Donald Trump a prodigué à Kim Jong Un des superlatifs et des marques d'attention appuyées, et s'est dit prêt à l'inviter à la Maison Blanche. "C'est une énorme victoire pour Kim Jong Un, qui a fait un véritable coup avec son face-à-face avec le président", relève Michael Kovrig, de l'International Crisis Group (ICG) à Washington, soulignant que son père comme son grand-père "en avaient rêvé". "Pour les Etats-Unis comme la communauté internationale, c'est un point de départ positif pour des négociations qui devraient être longues et difficiles", ajoute-t-il. Ces négociations, menées côté américain par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, acteur-clé de la relance du dialogue avec la Corée du Nord, vont démarrer "au plus tôt", selon le document commun. La Chine, principal partenaire de Pyongyang, a aussitôt salué le début d'une "nouvelle histoire", tout en appelant son voisin à une "dénucléarisation totale". Trump et Kim se sont entretenus pendant près de cinq heures, d'abord lors d'un tête-à-tête d'une quarantaine de minutes, suivi d'une réunion de travail, puis un déjeuner. Au menu, savant mélange de mets occidentaux et asiatiques: cocktail de crevettes, porc croustillant sauce aigre-douce et tarte tropézienne.

June 12th 2018, 5:58 am

Le recours à l’expertise étrangère décrié

El Watan

L’octroi de l’étude technique relative à la nouvelle loi sur les hydrocarbures à un bureau d’études américain tel qu’annoncé la semaine dernière par le PDG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour, remet sur le tapis la question de la place accordée à l’expertise algérienne dans le pilotage des projets et au recours, jugé excessif, à l’expertise étrangère considérée à tort ou à raison comme source de dilapidation des deniers publics. La question reste posée quant à la disponibilité ou non des compétences locales nécessaires à cet effet, notamment pour des dossiers aussi complexes que celui de la loi sur les hydrocarbures. Un dossier pour lequel il a été fait appel, selon les informations rendues publiques à ce sujet, à quatre bureaux de consulting spécialisés. L’agence britannique Reuters a cité, faut-il le rappeler, dans ce cadre, Curtis, Mallet-Prevost, Colt & Mosle LLP. La réforme du cadre réglementaire régissant l’investissement dans le secteur des hydrocarbures se fera donc avec l’appui des étrangers, précisément des Américains. «Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de compétences en Algérie», a précisé pour sa part le ministre de l’Energie et des Mines, Mustapha Guitouni, s’exprimant sur ce sujet devant le Conseil de la nation. Pour le ministre, «il est inconvenable que le pays se mette dans une situation d’isolement, car de telles lois requièrent une expérience nationale et étrangère». Sonatrach avait pourtant commencé depuis 2011 à réduire ses sollicitations auprès des bureaux internationaux, conformément à la décision de l’Etat de 2010, qui avait recommandé dans une instruction signée par Ahmed Ouyahia de promouvoir l’expertise nationale pour éviter des dépenses colossales, puisque ces prestations sont chèrement payées. Dans une circulaire signée le 21 décembre 2009, Ouyahia avait, pour rappel, instruit les présidents de directoires des SGP, les PDG des entreprises publiques économiques (EPE) ainsi que les directeurs généraux des instituts sous tutelle de «centraliser les études de faisabilité réalisées, réduire le recours aux bureaux d’études étrangers, exiger une déclaration de probité de tout contractant national ou étranger, ainsi que leurs sous-traitants et recourir aux entreprises nationales pour les biens et services produits localement». Ambiguïté Comment expliquer ce choix alors ? En réponse à cette question, l’expert en énergie, Kamel Aït Chérif posera une autre question : «Pourquoi avoir recours uniquement à des bureaux d’études américains pour l’élaboration de la nouvelle loi sur les hydrocarbures ?» Il relèvera dans le même sillage que l’expertise algérienne dans le domaine énergétique existe suffisamment. Cependant, précisera-t-il, «peut-être éventuellement qu’il n’y en a pas assez qui sont spécialisés dans ce domaine bien précis. La question reste posée, d’autant plus qu’à l’international, il existe une multitude de cabinets de consulting et d’experts internationaux spécialisés dans le domaine», résumera-t-il, soulignant qu’on aurait pu éviter cette ambiguïté en lançant un appel d’offres national et international pour l’élaboration de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, avec un cahier des charges pour la sélection d’un bureau d’études le mieux-disant. Ces interrogations ne se posent pas uniquement dans le secteur de l’énergie. C’est le cas dans d’autres secteurs où le recours aux consultants étrangers est toujours de mise. L’Algérie importe d’ailleurs, selon les chiffres rendus publics à ce sujet, près de 11 milliards de dollars en études de faisabilité, alors que les compétences existent dans le pays, selon bon nombre d’observateurs, que ce soit à travers des bureaux de droit algérien, détenus à 100% par des Algériens, ou des cabinets étrangers employant un savoir-faire national. Quand il s’agit d’études commandées à l’étranger, ces bureaux font appel à des Algériens pour la collecte des données qui vont leur permettre d’accomplir le travail commandé. «Dans beaucoup de domaines, les compétences existent en Algérie et on peut économiser de grandes sommes en évitant de recourir aux étrangers, sauf pour les segments que l’on ne maîtrise pas totalement», soutient un consultant travaillant dans un cabinet de droit algérien, rappelant tout de même que la règle de la préférence nationale (octroi 25% du marché) est appliquée. Préférence nationale En effet, il existe un dispositif réglementaire que les pouvoirs publics ont mis en place afin d’encourager le recours aux produits et services d’origine locale. Il s’agit de l’arrêté du 28 mars 2011, précisant les modalités d’application de la marge de préférence aux produits d’origine algérienne et/ou aux entreprises de droit algérien. Cette marge de préférence nationale s’applique-t-elle à tous les bureaux d’étude algériens ? «Les sociétés de droit algérien détenues exclusivement par des étrangers n’en bénéficient pas. Par contre, pour les sociétés de droit algérien dont le capital social est détenu en partie par des nationaux résidents, la marge de préférence nationale s’applique au prorata du pourcentage de détention du capital social par les nationaux résidents», nous expliquera Rafik Boussa, Associé Grant Thornton. Interrogé sur la disponibilité des compétences au niveau local, il nous dira : «Certes, l’expertise nationale ne cesse de se développer pour prendre en charge les besoins de l’économie nationale. Elle s’exporte même à l’étranger, certains cabinets arrivent à exporter leurs services sur les cinq continents. Néanmoins, nous ne pouvons prétendre couvrir tous les besoins nationaux en matière d’expertises. Il est nécessaire de recourir à l’expertise étrangère lorsque celle-ci n’est pas couverte localement.» Pour notre consultant, le plus important est d’assurer un transfert de savoir-faire à l’occasion de l’intervention de cette expertise étrangère en associant l’expertise locale dans la réalisation des prestations. «C’est à travers le transfert de compétences que nous pouvons envisager une montée de nos ressources locales», résumera-t-il, recommandant de puiser dans le vivier des expertises des Algériens à l’étranger pour accélérer le développement de l’expertise locale. Un développement déjà enclenché dans le domaine financier, où les besoins sont couverts totalement par des Algériens. Monopole Quand des bureaux nationaux sont sollicités pour les services d’expertise, dans la majorité des cas ce sont les mêmes qui raflent les marchés avec des rémunérations colossales arrêtées théoriquement en fonction du temps passé dans le travail et du niveau de l’expert sollicité. Un cabinet d’avocats facture par exemple ses prestations entre 20 000 et 30 000 DA l’heure, selon un expert. D’où l’attrait pour cette activité et l’accaparement de ce créneau par certains acteurs. Le secteur de l’habitat est l’exemple édifiant dans ce cadre. Les architectes s’en sont plaints à maintes reprises, et le ministre, Abdelwahid Temmar, l’a reconnu. En mars dernier, il a évoqué ce monopole exercé par des bureaux d’études sur la demande publique et s’est engagé à mettre fin à certains privilèges, promettant de faire prévaloir le principe d’égalité dans l’obtention des projets pour les différentes catégories d’architectes. M. Temmar a, en effet, constaté dans le cadre de l’élaboration d’un fichier national des bureaux d’études l’existence d’une domination de cabinets sur un grand nombre de projets urbanistiques, notamment ceux de l’habitat. Il a même cité l’exemple d’un des bureaux d’études ayant obtenu des projets pour la réalisation de 36 000 logements durant les neuf dernières années. Ce qui ne peut se faire sans la complicité de l’administration. Ce qui ouvre droit à de multiples dérapages et à des malversations. «Plusieurs projets dérapent tant sur les plans de la qualité que des délais et des budgets alloués, faute, entre autres, d’une bonne gouvernance et des risques», estime d’ailleurs Rafik Boussa, pour qui il est nécessaire de doter les projets complexes de structures dédiées au project management en mesure de piloter les projets afin d’assurer une bonne gouvernance du projet et du management des risques.

June 11th 2018, 9:12 am

«L’élaboration d’une stratégie nationale de numérisation devient urgente»

El Watan

Le numérique a-t-il induit une transformation de l’industrie à travers le monde ? Et peut-il constituer un levier potentiel pour les entreprises algériennes ? Le numérique est une révolution qui touche pratiquement tous les secteurs de l’industrie, notamment, dans la transformation des procédés de production et matériaux utilisés. La production d’un bien se réalise, désormais, à partir de machines à commandes numériques et de matériaux d’impression 3D différents, à bien des égards, des chaînes de production industrielles traditionnelles. Cet aspect est particulièrement perceptible dans l’industrie manufacturière, dont la transformation au numérique est accélérée par la croissance exponentielle des technologies numériques, telles que l’impression 3D, appelée également fabrication additive, internet des objets, la mobilité, le cloud computing, la réalité augmentée et la cobotique. La jonction de toutes ces nouvelles technologies sur un même lieu de travail a donné naissance à ce qu’on appelle l’industrie 4.0, qui peut être définie comme étant la transformation de l’industrie sur la base de la numérisation et de la mise en réseau. Même si  nos entreprises sont encore bien loin de ce niveau d’industrialisation, il y a un fait indéniable, le numérique est une réalité positive pour l’industrie. Il a généré 37% de la croissance américaine sur les quinze dernières années et environ 25% de la croissance en France avec, à peine, 12% des secteurs de l’économie française entièrement transformés par le numérique. D’une façon générale, la marge de progression induite par le numérique semble importante dans pratiquement tous les pays qui ont contribué à la numérisation de leurs entreprises, il est donc permis de penser que le numérique  soit une source de compétitivité à fort potentiel pour les entreprises algériennes.   D’ailleurs, cet aspect a été bien mis en exergue dans le cadre du nouveau modèle de croissance adopté par le gouvernement (26 juillet 2016 et décret du 5 mars 2018) qui retenait le principe d’«un soutien aux secteurs où l’Algérie dispose déjà d’avantages comparatifs construits (tel l’électronique), ou à bâtir du fait de leur effet d’entraînement et de leur externalités sur l’ensemble de l’économie (l’économie numérique notamment)» et identifié après analyse de l’économie nationale «les secteurs où notre pays dispose déjà d’une base industrielle (électronique, construction de satellites, production d’équipements de télécommunications), les secteurs à développer du fait de leur effet d’entraînement sur l’économie numérique et les services de connaissance et d’innovation dont le faible développement constitue un frein à l’up-grading technologique de l’économie nationale». Tout laisse croire qu’il ne manque que la mise en place du dispositif de soutien à la transformation des entreprises au numérique. Pouvez-vous nous donner un bref aperçu sur ces changements dans le monde de l’industrie ? Ces dix dernières années ont été le théâtre d’une multitude d’innovations technologiques, mais à la différence des précédentes, ces dernières technologies sont disruptives, c’est-à-dire, de rupture par rapport aux technologies précédentes. Portées par le Monde du libre et de l’innovation ouverte (open source, licence Creative Commun, etc.), ces technologies ont  engendré une transformation structurelle des marchés internationaux, entraînant ainsi, le monde industriel sur de nouvelles bases, ce qui a induit une remise en cause du modèle économique en cours. Cette transformation, qui a pris son essor au début de la décennie 2000 et renforcée avec la crise financière de 2007, est portée par le développement du Monde du libre. Formé par les réseaux sociaux de chercheurs, créateurs, innovateurs et hébergé dans les fabriques numériques (Fab Lab), ce mouvement qui promeut l’innovation ouverte et le travail collaboratif à l’échelle de la planète a  renouvelé le droit à la propriété intellectuelle.   Aujourd’hui, le monde industriel est bicéphale. D’une part, un marché structuré sur les principes de l’OMC, c’est-à-dire sur le respect du droit de la propriété intellectuelle qui touche au commerce (brevet, licence, etc.) et qui restreint les stratégies d’imitation des entreprises, limite les possibilités de transfert technologique. Bref, faisant de l’innovation, facteur de compétitivité et d’efficience de l’entreprise, une frontière presque insurmontable. Aux côtés de ce marché plutôt rigide et contraignant pour l’entreprise coexiste présentement un marché que l’on pourrait qualifier à contre-courant du premier. Qualifié de libre parce qu’hébergé dans les Fab Lab (espace de libre création et de coopération), structuré sur les principes de la Fabfoundation (réseau mondial des Fab Lab) et ayant comme objectif l’innovation ouverte et comme devise le partage et le travail collaboratif, ce mouvement planétaire offre alors de nouvelles voies de développement à l’industrie à travers, notamment, la possibilité de transferts et d’échanges de fichiers techniques entre les usagers, l’accès au pool technologique mondial, à la liberté de produire ce qui a été pensé ailleurs. Les premiers signes sont déjà perceptibles, non seulement, au niveau de grandes entreprises telles Renault, Safran et d’autres qui ont créé, en plus de leur service de R&D, des fabriques numériques  pour promouvoir et exploiter les capacités d’innovation et de création de leurs travailleurs mais également, au niveau de la majorité des Etats qui éprouvent le besoin de renouveler l’écosystème de leurs entreprises pour promouvoir leur compétitivité grâce au numérique. La priorité nationale dans pratiquement tous ces pays est, désormais, la promotion du numérique par l’implantation de Fab Labs à l’échelle de leurs territoires, condition première de la transformation, dans l’objectif  de faire émerger une intelligence collective locale capable d’aller à l’échange du savoir et savoir faire  avec le reste du monde. L’Algérie, à l’instar de tous ces pays, peut, elle aussi, tirer avantage de cette fenêtre qu’offre le Monde du Libre avant que certaines potentialités soient fermées et que les effets de verrouillage ne soient trop engagés. Ces «fenêtres», dites-vous. Quelles opportunités peuvent-elles concrètement offrir au juste ? Pour ne citer que celle qui a fait, longtemps, défaut à nos entreprises et qui n’est pas des moindres : l’échange et le transfert de fichiers techniques via les plateformes structurées par la Fabfoundation, c’est une fenêtre de transfert technologique qui s’ouvre faisant des outils numériques un moyen d’émancipation et de réappropriation technologique. Dans la pratique, les activités productives à partir de machines à commandes numériques réduisent l’ensemble du process de production d’un bien à la simple création d’un fichier numérique transféré directement de l’ordinateur à la machine de fabrication de l’objet. Ce fichier, pièce maîtresse des nouveaux procédés de production, peut être réalisé de trois manières : soit par l’acquisition du modèle 3D avec un scanner 3D, soit par la création du modèle 3D à l’aide d’un logiciel, ou tout simplement par téléchargement du fichier technique directement sur la plateforme de partage pour aller à la production du bien. Cette opportunité d’avoir accès à des capacités technologiques qui ne leur était pas possible auparavant permettra à nos entreprises, non seulement de se réapproprier les moyens de production, mais surtout de dépasser le système existant et entrer dans des réseaux d’échange de pair à pair. En plus de faire monter en gamme l’industrie nationale et d’intégrer les innovations locales dans les normes internationales, ces échanges de savoirs, de savoir-faire techniques et de travail collaboratif en réseau avec le reste du monde donneront à nos entreprises la possibilité de répondre à des problématiques et enjeux locaux, particulièrement là où les perspectives de profit à y répondre sont peu élevées, en s’appuyant sur les communautés locales pour développer des produits, des services ou de technologies en co-création avec les usagers locaux, mais aussi avec le réseau international. Ainsi, leur sera alors offerte l’opportunité de court-circuiter les étapes de prototypage, de fabrication et d’assemblage des pièces complexes. Bref, l’opportunité de s’approprier rapidement les technologies nouvelles et de rattraper le gap de compétitivité. Que recommanderiez-vous pour aller à pas sûrs à cette transformation numérique des entreprises et, plus globalement,  pour réussir le passage au numérique de l’industrie et des services connexes ?   La transformation numérique de l’industrie algérienne suppose de trouver la manière efficiente d’intégrer le Monde du Libre par la construction d’espaces réservés à l’apprentissage du faire (Fab Lab) pour faire émerger des communautés locales capables d’aller à l’échange des nouveaux savoirs et savoirs faire avec le reste du monde. C’est par ces réseaux que l’on peut transformer le savoir  et savoir faire dans nos entreprises et intégrer ainsi les effets sociaux et techniques de l’informatique dans ces dernières et dans leurs inter-relations. Dans cette optique, l’interrogation sur la transformation numérique de l’industrie n’est pas tant «comment le numérique peut-il être intégré dans l’entreprise» que «quelle est la place de l’industrie dans la transformation numérique de l’économie et la société» avec comme corollaire un questionnement sur le rôle clé de l’Etat. Il est clair que la transformation au numérique ne se limite ni à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui relèvent de la liberté de l’entrepreneur, ni à une informatisation des administrations des entreprises et des institutions de tutelle. Il est question d’une reconfiguration de l’ensemble de l’écosystème de l’entreprise. L’ampleur de la transformation à conduire exige comme préalable la construction de fabriques numériques sur les sites stratégiques du territoire (concentration d’entreprises, Universités, R&D, etc.) pour créer les communautés locales d’usagers du numérique et promouvoir, entre autres, l’adhésion des entreprises algériennes via les Fab Labs aux plateformes numériques mondiales tout en tirant parti de leur capacité interne et de leur autonomie pour mener leur propre transformation. Autrement dit,  la création de ces lieux de travail inédits, collaboratifs est donc favorable au développement de communautés locales d’innovateurs et de créateurs profitant d’un réseau et d’une expertise mondiale constitue un levier potentiel pouvant promouvoir une croissance transformatrice de  nos entreprises. Dans ce challenge de transformation, l’industrie algérienne devra assumer son rôle d’opérateur de la transformation de l’économie et réinvestir sa place centrale dans les rapports que l’entreprise entretient avec le savoir et savoir faire. C’est en cela que l’industrie acquerra son autonomie en dépassant la «désintermédiation» des activités de R&D dépendantes le plus souvent des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dont la valeur créée et les services offerts sont de moins en moins adaptés, au vu des évolutions techniques et organisationnelles rapides des entreprises. Tout l’enjeu est là et les défis sont immenses. C’est en faisant l’analyse de ces nouvelles voies et en s’y engageant que l’industrie algérienne peut trouver les clés de la réadaptation de son modèle. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de mettre en place une stratégie nationale de numérisation des entreprises ? Compte tenu de la nature disruptive des technologies numériques qui affecte l’économie mondiale, la numérisation des entreprises algériennes devrait s’imposer comme une priorité́ nationale pour faire prendre et accompagner  la croissance transformatrice de nos entreprises et démocratiser ces outils numériques auprès du grand public. L’élaboration d’une stratégie nationale de numérisation et la mise en place d’un cadre d’intervention transversal deviennent urgents pour mener la transformation surtout que cette dernière ne peut être uniquement portée par le marché. Il s’agit d’éviter le développement «à la pièce» et sans vision d’ensemble qui risquent d’enfermer l’économie algérienne dans une situation «d’entre deux chaises» pour longtemps encore. L’élaboration d’une stratégie de numérisation des entreprises est une condition sine qua none pour l’émergence d’une industrie algérienne des contenus et services numériques, du développement de nouveaux produits et usages, et d’acquérir de la recherche sur les sciences de l’apprentissage du faire, dans un écosystème acceptable. Il paraît important d’accompagner cette transformation, sans pour autant la précipiter, au risque de casser les processus industriels existants. Aussi, la stratégie devra exprimer les choix stratégiques en matière de développement industriel devant promouvoir le développement et la diffusion des technologiques numériques et les grandes priorités nationales de l’Etat en matière de  transformation des activités industrielles devant mener à l’économie numérique ;  et  constituer ainsi un cadre de référence pour les politiques publiques. Elle est, à ce titre, le point de rencontre entre les logiques traditionnelles du développement industriel et les options stratégiques de transformation au numérique. C’est sous cette double condition de mise en œuvre d’une stratégie et de construction d’un écosystème favorable au numérique que pourra s’établir la nécessaire convergence entre l’efficience économique que sous-tend la dynamique d’accroissement de la compétitivité générale de l’économie et la transformation que vont induire les technologies numériques disruptives consacrées à l’amélioration de la production, du savoir et savoir faire et de l’innovation. C’est par le croisement de ces deux dynamiques fondamentales que pourra prendre, au sein de nos entreprises, une croissance transformatrice au numérique. La cadence rapide des avancées et innovations technologiques rythme le temps de l’industrie et la question n’est plus de savoir s’il faut y aller ni quand mais comment et par où commencer  parce que les fenêtres d’opportunités commencent déjà à se refermer et les effets de verrouillage semblent engagés.

June 11th 2018, 9:12 am

Le mouvement «Citoyenneté» lancé

El Watan

Selon ce nouveau mouvement, «l’Algérie a besoin de réformes politiques et institutionnelles de grande ampleur». Le groupe de 14 personnalités ayant lancé, il y a quelques jours, un  appel au chef de l’Etat, lui demandant de renoncer au 5e mandat, veut donner un autre prolongement à son action. En effet, face au silence de la présidence de la République, les auteurs de cette initiative décident de passer à une étape supérieure et «d’organiser leurs efforts en mettant en place un espace de concertation et d’initiatives pratiques, dénommé ’Citoyenneté-Démocratie’ (Mouwatana), dont l’objectif final est de contribuer au véritable changement dont a besoin le pays». «L’objectif est de rassembler le maximum d’Algériens pour hâter le départ de ce régime et préparer les véritables conditions d’une transition pacifique. En effet, le départ réclamé du Président ne signifie pas à lui seul un changement de système de gouvernance», expliquent-ils dans un communiqué commun rendu public hier. Pour eux, «l’Algérie a besoin de réformes politiques et institutionnelles de grande ampleur». «Cette tâche ne peut être menée que par un mouvement transpartisan, soutenu par une grande partie de la population et ayant des objectifs clairs», estiment-ils, en affirmant que «l'élection présidentielle de 2019, bien que cruciale, ne peut être qu’une étape». «C’est à l’issue de cette épreuve, que s’établiront les nouveaux rapports de force qui pèseront sur l’avenir du pays», lit-on dans le même communiqué. Pour garantir la continuité de leur initiative, les initiateurs ont décidé de mettre en place une instance de coordination, dont la composition est susceptible d’être élargie. Cette dernière, lit-on dans le même document, aura pour but de «faire un diagnostic précis de la situation du pays, d’élaborer un programme commun pour les réformes politiques, y compris la préparation d’un projet de Constitution-modèle et d’établir un plan de sortie de crise avec un échéancier». Elle sera aussi chargée de prendre des initiatives en vue de maintenir la pression contre le 5e mandat et de mettre en place une charte d'éthique et des règles de fonctionnement pour ouvrir «Mouwatana» aux citoyens. Selon les initiateurs de cette démarche, en dépit du silence de la Présidence et de l’entourage du chef de l’Etat, l’appel contre le 5e mandat a eu des échos favorables au sein de l’opinion publique nationale et internationale. «L’impact de cette lettre a été, pourtant, extrêmement important auprès de l’opinion publique nationale et internationale. Toutes les grandes agences d’information et la plupart des titres de presse et des médias internationaux, dans toutes langues, ont en fait l’écho», soutient-ils, invitant les citoyens à prendre des initiatives, chacun à son niveau, pour exprimer leur opinion à travers tous les canaux légaux. Les initiateurs de ce mouvement, rappelons-le, sont le président de Jil Jadid Soufiane Djilali, la présidente de l’UCP Zoubida Assoul, l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour et l’ancien ministre Ali Benouari.

June 11th 2018, 9:12 am

«Il ne faut pas tomber dans la banalisation de la triche ou le fatalisme»

El Watan

Dans cet entretien, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, parle sans filtre des conditions dans lesquelles se dérouleront les épreuves du baccalauréat, prévues dans quelques jours. La ministre est revenue sur les perturbations ayant secoué les établissements, et nous livre sa vision concernant le projet de réorganisation des examens, situant les blocages. La responsable du secteur de l’Education fait aussi le point sur les préparatifs et les mesures prises pour sécuriser l’examen. - Quelle lecture faites-vous des résultats de l’examen de fin du cycle primaire ? Je dirais que les résultats sont satisfaisants. N’oublions pas que l’année scolaire a connu des perturbations qui ont eu un impact négatif sur le climat scolaire. Même si ces perturbations n’ont touché qu’un nombre réduit d’établissements et n’ont concerné le cycle primaire que dans une infime proportion, leur effet sur le plan psychologique est indéniable. Pour ces raisons, nous nous réjouissons des résultats obtenus. Ceci m’amène tout naturellement à remercier les équipes pédagogiques et notamment les inspecteurs qui se sont mobilisés pour garantir le droit à l’enseignement aux élèves et assurer le suivi du rattrapage des cours. - Ces résultats reflètent-ils des lacunes dans l’apprentissage des matières essentielles ? Nous n’avons pas attendu les résultats de cet examen pour faire une évaluation des acquis des élèves. Nous savons exactement où se situent les lacunes à la faveur des différentes évaluations menées tant au niveau national qu’international. Au niveau national, il y a eu premièrement les deux conférences nationales d’évaluation du système éducatif en 2014 et 2015 ; deuxièmement, le questionnaire que nous avons soumis pour avis aux enseignants, via notre plateforme numérique, sur le système d’évaluation pédagogique et auquel ont répondu plus de 95% de ces enseignants (350 000 enseignants) ; troisièmement, le travail de recherche qui a été effectué durant une année entière pour recenser les erreurs récurrentes que commettent les candidats aux examens nationaux. Ce sont plus de 65 000 copies qui ont été expertisées, ce qui a permis de relever et d’analyser plus de 460 000 erreurs. Au niveau international, il y a eu : la participation de nos apprenants aux olympiades internationales de mathématiques ; au championnat de mathématiques de la jeunesse méditerranéenne et surtout au Programme international du suivi des acquis des élèves (PISA) en 2015. Le diagnostic établi, des alternatives pédagogiques ont été arrêtées pour y remédier sur la base d’un référentiel national des apprentissages, des évaluations et de la formation Marwattt. Cette alternative est une capitalisation maximale des résultats des enquêtes lancées par le ministère de l'Education, des travaux de recherche des équipes et laboratoires de recherche universitaires mais surtout le fruit d’une dynamique pluridisciplinaire et institutionnelle entre les acteurs du système éducatif et scolaire (les inspecteurs, les concepteurs de programmes, les formateurs, les concepteurs des manuels) et les institutions nationales : les ministères de la Culture et des affaires religieuses, le Haut Conseil de la langue arabe, le Haut Conseil de la langue amazighe… - Il y a un consensus sur la nécessité de la suppression de cet examen et les recommandations de la conférence nationale sur l’évaluation de la réforme l’attestent. Qu’est-ce qui bloque cette mesure ? Le consensus exprimé est celui de la nécessaire révision de son mode d’organisation. Un premier pas a déjà été fait, celui du maintien des élèves dans leur propre établissement afin de pallier à la dimension de stress lié au déplacement de ces derniers dans de nouveaux sites. - Le baccalauréat se déroulera dans quelques jours. La grève du Cnapeste a-t-elle influé sur les conditions dans lesquelles se dérouleront les épreuves ? Il est tout à fait clair que la suspension de la scolarité des élèves, quelle que soit la légitimité ou non des raisons invoquées, ne peut qu’affecter les apprenants et perturbe le processus d’apprentissage. Ce genre de situation est générateur d’inégalités, que nous combattons. Elle porte préjudice au principe d’équité qui est l’un des fondements de notre système scolaire. Ceux qui ont les moyens ont recours aux cours payants, dont les tarifs en période de perturbation de la scolarité connaissent une hausse importante, et ceux qui n’en ont pas accumulent les retards. Il faudrait véritablement un sursaut de conscience et de mobilisation positive pour que – tous ensemble – nous puissions travailler d’abord à la régularité de la scolarité, sans laquelle nous ne pouvons exiger de bons résultats des élèves et un meilleur positionnement de l’école algérienne dans les classements internationaux. Ceci étant dit, toutes les mesures ont été prises par le ministère de l’Education nationale (MEN) afin d’assurer la continuité des cours. Il y a eu, d’abord, toutes les mesures organisationnelles : encadrement et accompagnement des établissements concernés par les perturbations, par le biais des collèges inspectoraux qui sont chargés de mobiliser les inspecteurs afin d’accompagner les enseignants ; laisser les portes des établissements ouvertes devant tout enseignant désireux de donner des cours de soutien et permettre aux élèves de réviser en groupes, les mardis après-midi et les samedis matin ; exploitation de la première semaine des vacances de printemps ; impulser le rôle des parents et les sensibiliser quant à la nécessité d’accompagner et de suivre l’assiduité de leurs enfants. Et puis, il y a eu toute une batterie de mesures d’ordre pédagogique : réaménagement des emplois du temps (temps scolaire) pour une utilisation optimale ; réajustement des plans et les progressions annuels (régulation) ; mise à la disposition des élèves des classes de terminale des comptes électroniques leur permettant d’accéder à la plateforme pédagogique de l’Office national d’enseignement et de formation à distance… Toutes ces mesures nous ont permis de rattraper le retard enregistré. Tout le programme a pu être achevé. De plus, la programmation de l’examen après le mois de Ramadhan conformément au souhait de la majorité des candidats, qui ont exprimé librement leur choix à la faveur de la consultation lancée par le MEN sur le sujet, donnera plus de temps aux candidats pour les révisions et leur permettra de passer leur examen dans de meilleures dispositions. Pour notre part, nous avons pris, avec les secteurs concernés, toutes les mesures leur permettant de concourir dans de bonnes conditions. - Pensez-vous que le plan de rattrapage a effacé toutes les conséquences de ce débrayage ? Les effets psychologiques, avant tout, sont indéniables. Mais, je pense sincèrement qu’aucun travers ne peut saper la détermination de réussir que peut avoir un candidat. Le travail paie toujours. En tout cas, nous sommes optimistes et nous souhaitons bonne chance à tous les candidats. - La fuite des sujets constitue la hantise de toute la communauté éducative. Le «partage» des sujets de la 5e et du BEM sur les réseaux sociaux quelques minutes après le début des épreuves montre-t-il une défaillance du dispositif de sécurisation des examens ? Risque-t-on de revoir le même scénario au bac ? Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de fuites puisqu'aucun sujet n’est sorti avant le début des épreuves. Il ne faudrait pas faire d’amalgame. Pour ce qui est du «partage», pour reprendre vos propos, c’est un phénomène que beaucoup de pays à travers le monde connaissent compte tenu des avancées spectaculaires des technologies de communication. Néanmoins, chaque année nous essayons de nous perfectionner au mieux en tirant les enseignements des événements passés. Les enjeux exigent que nous nous adaptions sans cesse pour garantir l’égalité des chances à tous. Cela n'empêche pas qu’il faille accomplir un travail important en matière de moralisation de la vie scolaire, notamment des examens scolaires nationaux. Toute la société doit se mobiliser pour bannir de tels comportements. Il ne faudrait surtout pas tomber dans la banalisation ou le fatalisme. Si nous avons pris nos dispositions pour garantir la sécurité et donc, la crédibilité de nos examens nationaux, j’en appelle à la réaction, à la dénonciation, à une prise de position contre les actes isolés qui tendent à porter préjudice à la sérénité des examens nationaux. - Des observateurs considèrent que l’objectif derrière la diffusion des sujets est de discréditer le baccalauréat et vous inciter à quitter votre poste. Qu’en pensez-vous ? Au-delà de toutes les lectures faites, une chose est sûre, de tels actes nuisent à l’image du pays et, même plus grave, ils peuvent attenter à sa stabilité au regard du contexte géopolitique prévalant dans la région et tant la place de cet examen est grande dans les représentations sociales. - Vous avez tenté à plusieurs reprises depuis votre prise de fonction la «refonte» du baccalauréat. qu’est-ce qui bloque ce projet ? D’emblée, permettez-moi de préciser qu’il ne s’agit pas d’une refonte, mais d’une réorganisation. Vous savez, l’examen du baccalauréat revêt un tel degré d’importance aux yeux de la société que toute proposition de réaménagement exige un niveau élevé de maturation et un consensus au sein de la communauté éducative. Le réaménagement proposé repose sur le principe d’intégration du contrôle continu à partir de la 2e AS qui valorise le travail durant toute l’année. En plus d’encourager la continuité dans l’effort, la prise en compte de cette option permettrait de lutter contre un phénomène qui s’est installé depuis quelques années maintenant et qui consiste à déserter les lycées dès la fin du 2e trimestre. Cette dérive est dangereuse car l’élève quitte le lycée appauvri de compétences essentielles. Son profil de sortie du cycle secondaire se trouve ainsi tronqué. La réorganisation du bac, telle qu’elle a été débattue avec les partenaires sociaux, permettait de passer à un bac de cinq jours à trois jours car le candidat ne passera en épreuves écrites, durant l’examen, que les matières qui font la spécificité de sa filière. Le reste des matières sera évalué en contrôle continu. Donc, toutes les matières seront prises en compte à la différence que certaines le seront dans le cadre du contrôle continu, d’autres, qui constituent «l’empreinte identitaire» de la filière en quelque sorte, le seront lors de l’examen du baccalauréat. La société est unanime à dire que le baccalauréat tel qu’il est actuellement est très lourd aussi bien pour les finances publiques que pour le candidat. La dernière mouture du projet sera représentée aux partenaires sociaux qui l’ont réclamée, à juste titre, puisqu’ils ont été associés au débat sur la question. Une fois le projet approuvé par l’ensemble des partenaires, il sera de nouveau présenté au gouvernement. - La révision des coefficients des matières scientifiques dans le moyen et le secondaire et l'allégement des programmes — des recommandations des experts du secteur — n’arrivent pas à voir le jour sur le terrain. Avez-vous les mains liées concernant la définition des matières secondaires ? Où se situe le blocage ? Le cycle sur lequel nous travaillons jusqu’à aujourd’hui c’est d’abord celui du cycle obligatoire à savoir, le primaire et le moyen. La priorité c’était l’actualisation des programmes du cycle obligatoire et les mettre en conformité avec la loi d’orientation de l’éducation nationale, le système d’évaluation et la formation. - Ne pensez-vous pas que le dialogue avec le partenaire social (parents d’élèves, syndicats) a échoué concernant les réformes avancées ? Pas du tout. Les partenaires sociaux sont associés à la réflexion sur plusieurs sujets d’importance dans le cadre de commissions mixtes : règlement intérieur des établissements scolaires, rythmes scolaires, problématique des ratios professeurs principaux, formateur/établissement, œuvres sociales… Plusieurs dossiers ont ainsi été enrichis et finalisés. Nous considérons le partenaire social véritablement comme une force de proposition. - Les parents d’élèves soulèvent des préoccupations concernant les écoles privées. Leur gestion vous échappe-t-elle ? Cette année, le nombre total des établissements privés d’éducation et d’enseignement est de 380, répartis sur 27 wilayas. Soit un taux d’un peu plus de 1%, par rapport au nombre d’établissements scolaires publics. Dès lors, on comprend très vite que le nombre d’élèves qui fréquentent les établissements privés est infime, comparé à celui des établissements publics. Ceci étant dit, nous encourageons l’investissement dans le secteur de l’éducation, car cela répond à une vraie demande sociale. Toutes les initiatives à même de multiplier les chances de scolarisation de nos enfants sont les bienvenues. La diversification de l’offre éducative peut être considérée comme une valeur ajoutée à charge pour nous, ministère de l’Education nationale, d’assurer le suivi et le contrôle nécessaires. Une commission travaille sur l’amélioration des cahiers des charges d’agrément et l’amélioration des modalités de suivi et de contrôle. - Quelles sont les mesures que votre département compte mettre en place pour améliorer les conditions de déroulement du baccalauréat dans quelques jours ? Tout ce que je peux vous dire, c’est que l’Etat a mobilisé toutes les ressources nécessaires pour assurer le bon déroulement des examens nationaux, dont le baccalauréat. Pour le MEN, la préparation des examens nationaux commence au lendemain de la rentrée scolaire. C’est, maintenant, un processus bien huilé que nous améliorons sans cesse pour être au diapason des nouveautés. Je peux rassurer d’ores et déjà les candidats que toutes les mesures ont été prises pour qu’ils puissent concourir dans de bonnes conditions. L’intérêt de nos élèves est une préoccupation majeure. - Qu’en sera-t-il des candidats du Sud ? Même si le contexte est différent, nous préférons parler de candidats tout court. L’examen du baccalauréat est un examen national, et assurer les meilleures conditions à nos candidats, tous nos candidats, est au cœur de nos préoccupations. Il s’agit d’une question d’équité, l’un des principes fondateurs du système éducatif national. A titre d’exemple, des mesures seront prises à l’échelle locale pour assurer la continuité de la climatisation en cas de forte hausse des températures.

June 11th 2018, 9:12 am

Trafic mondial de cocaïne : Quelles connexions avec l’Algérie ?

El Watan

Que ce soient Zendjabil (le Pablo Escobar de l’Oranie) ou Saïd l’«Emigré» (membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie), les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité. Limiter l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis à Oran à Kamel Chikhi et ses frères, c’est clore définitivement ce gros dossier pour protéger les vrais barons. Que ce soient Zendjabil, le Pablo Escobar de l’Oranie, ou Saïd l’«Emigré», membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie, les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité… Peut-on croire que l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran dans des containers  de viande congelée, importée du Brésil avant de transiter par le port de Valence en Espagne, se limite à  Kamel Chikhi, un puissant promoteur immobilier,  ses deux frères, un de ses associés et deux  de ses employés ? Il serait naïf de le croire, comme l’a si bien dit un des avocats constitués dans l’affaire. Bien qu’il bénéficie de la présomption d’innocence, Kamel El Bouchi (le boucher) comme aiment l’appeler les gens de Kouba (Alger) où il a une boucherie très fréquentée pour ses prix assez bas, a érigé un empire financier qui suscite de lourdes interrogations sur l’origine de sa fortune. En quelques années, il a réussi à faire flamber le prix de l’immobilier dans cette commune, où il a racheté de nombreuses villas coloniales dans des quartiers résidentiels, avant de les raser pour lancer la construction d’une dizaine d’ensembles immobiliers, suscitant la colère du voisinage. Il en est ainsi dans tous les quartiers huppés de la capitale comme Hydra, Les Sources, ou encore Dély Ibrahim et Ben Aknoun. Cet homme d’une quarantaine d’années ne lésine pas sur les moyens pour obtenir les autorisations et les permis de construire les plus difficiles à avoir avec une célérité déconcertante. Ses relais dans l’administration sont nombreux et ses connaissances se comptent parmi les plus hauts cadres dirigeants, les ministres et même dans les rangs de la police et de l’armée. Aidé par un ancien banquier, Chikhi crée plusieurs sociétés, tantôt des Eurl et tantôt des Sarl, pour se lancer dans plusieurs activités. En quelques années, il devient non seulement un magnat de l’immobilier, un des principaux importateurs de viande congelée, mais aussi un des fournisseurs en viandes de certaines casernes de police et militaires. A Alger, ses relais sont nombreux et ses concurrents ont vite baissé rideau vu sa colossale richesse. Certains se demandaient si cette fortune n’était pas liée au terrorisme. L’interrogation n’était pas fortuite. Des rapports sécuritaires ont fait état de supposés liens entre ses activités et le blanchiment de l’argent du terrorisme en raison de ses relations avec certains repentis. Le rapport n’a jamais eu de suite. Tout comme l’enquête judiciaire ouverte à Alger sur sa fortune en 2015. Très généreux envers ses «amis» bien placés, Chikhi ne compte jamais l’argent qu’il dépense pour eux. Il rappelle bizarrement Saïd l’«Emigré», de son vrai Ahmed Yousfi Saïd, ce trafiquant de drogue des quartiers lyonnais qui s’est évadé d’une prison française où il purgeait une peine de  20 ans, qui est rentré en Algérie et qui, en quelques années, est devenu l’homme le plus riche du quartier de Mohammadia, à l’est d’Alger, finançant à coups de milliards les clubs sportifs, la construction de mosquées et l’achat de nombreux biens immobiliers. Saïd l’«Emigré» connaissait et servait tout le monde, au point où il vivait en toute quiétude, fréquentait la mosquée, alors qu’il faisait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt internationaux. Une fois démasqué, il se réfugie au Maroc, où il entretient des liens avec de hautes personnalités. Quelques années plus tard,  Saïd revient à Alger, dans son quartier, où sa villa est pourtant sous scellés. Il commet l’erreur de kidnapper le jeune Yarichane, alors qu’il sortait de chez lui à Dély Ibrahim, pour obliger son père à lui restituer une partie de son argent. L’enfant reste séquestré au sous-sol de la villa pendant des jours, jusqu’à ce que les forces de sécurité le retrouvent et l’arrêtent. Saïd l’«Emigré» était un des barons du trafic de cannabis entre la France, l’Algérie et le Maroc, mais jamais il n’a été inquiété. Avec l’argent de la drogue, il arrivait à corrompre bon nombre de ceux qui pouvaient le gêner. Tout comme Ahmed Zendjabil, celui qu’on nommait «le Pablo Escobar de l’Oranie» dans les années 1990 et 2000, avant qu’il meure dans une clinique privée à Chlef, ville d’où il était natif. Au plus fort des attentats terroristes, Zendjabil avait réussi à constituer une organisation de convoyage et de commerce du cannabis importé du Maroc. Une véritable toile d’araignée dont les rets ont atteint des personnalités du royaume, mais aussi de nombreux gradés algériens, militaires et policiers, qui l’aidaient à sécuriser ses convois de cannabis. Les nombreux mandats d’arrêt internationaux dont il faisait l’objet ne l’ont à aucun moment empêché de renforcer son organisation à Oran, où il était reçu avec le tapis rouge par les autorités aussi bien militaires que policières. L’ancien directeur de l’action sociale d’Oran avait dénoncé les complicités de certains responsables, dont l’ancien chef de la Sûreté de wilaya, le wali et l’ancien chef de la 2e Région militaire qui, d’après lui, assuraient à Zendjabil la protection. De par sa proximité avec un pays premier producteur mondial de cannabis, Oran est devenue la capitale du trafic de drogue et du blanchiment. En quelques années, de nombreuses fortunes ont surgi du néant et des ensembles immobiliers, des tours et des hôtels ont poussé comme des champignons. Les réseaux de narcotrafiquants sont nombreux et très organisés. Le choix de cette ville pour faire transiter les 701 kg de cocaïne n’est pas innocent. Les experts s’accordent à dire que cette drogue n’était pas destinée à l’Algérie étant donné qu’il n’y a pas de marché de consommation ; elle devait transiter seulement avant de poursuivre sa route vers une autre destination, l’Europe ou le Moyen-Orient, grâce à un réseau chargé d’assurer le voyage en «achetant la sécurité de la route», c’est-à-dire s’arranger pour que la marchandise passe tous les points de contrôle grâce aux complicités des uns et des autres. Cela ne veut pas dire qu’Alger n’a jamais été une plaque tournante du trafic de drogue. Loin de là. En 2012, 200 kg de cocaïne ont été interceptés par les autorités espagnoles et l’enquête a révélé qu’ils avaient été acheminés d’Alger ; il y a moins d’une année, les services de sécurité ont récupéré 156 kg de cocaïne déclarés comme «poudre de lait» par l’importateur au port sec de Baraki, mais les deux enquêtes se sont terminées en queue de poisson. De telles quantités de drogue ne pouvaient être acheminées jusqu’à Oran ou Alger s’il n’y avait pas, en amont, des personnalités bien placées qui assurent justement «la sécurité» de la marchandise. Il est donc impensable que Kamel Chikhi et ses frères soient les seuls responsables de l’opération d’importation de cocaïne. Faire croire qu’ils le sont, c’est clore définitivement le dossier de cette grosse affaire pour protéger les vrais barons…

June 11th 2018, 6:13 am

« Mouwatana », une initiative pour « faire hâter le départ du régime » en Algérie

El Watan

Les signataires de la lettre ouverte adressée récemment à Abdelaziz Bouteflika, dans laquelle on lui a demandé de ne pas se représenter lors des élections présidentielles de 2019, viennent de lancer une nouvelle action politique dénommée « Mouwatana ». Zoubida Assoul est désignée porte parole.  La décision de lancer Mouwatana (citoyenneté) » a été prise à l’issue de la réunion des quatorze signataires de « Lettre ouverte au président de la République », rendue publique le 26 mai dernier. La rencontre a eu lieu mercredi passé au siège de Jil Djadid à Alger, en présence des cadres des partis Nida El Watan et le Mouvement pour le changement et le progrès (MCP).    « A la suite d’une sollicitation de très nombreux citoyens, les signataires ont décidé d’organiser leurs efforts en mettant en place un espace de concertation et d’initiatives pratiques, dénommé « CitoyennetéDémocratie » (Mouwatana) », lit-on dans un communiqué diffusé dimanche par Jil Djadid dont le président, Soufiane Jilali, est l’un des signataires de la lettre ouverte, aux côtés de Ahmed Benbitour, le romancier Yasmina Khadra et autres universitaires et militants de la société civile.    L’objectif de cette (nouvelle) action politique est « de rassembler le maximum d’Algériens pour faire hâter le départ de ce régime et de préparer les véritables conditions d’une transition pacifique ». Il a été précisé, en ce sens, que « le départ réclamé du Président ne signifie pas à lui seul un changement de système de gouvernance ».   La même source a noté que « le pouvoir a pratiqué la fuite en avant diplomatique face à une initiative connexe. L’impact de cette lettre à été, pourtant, extrêmement important auprès de l’opinion publique nationale et internationale ».   En substance, les initiateurs de « Mouwatana » ont invité les Algériens à « prendre des initiatives, chacun à son niveau, pour exprimer leur opinion à travers tous les canaux légaux ».    Zoubida Assoul, présidente du MCP, a été désignée porte parole de ce nouveau-né politique. Ancienne magistrate, Mme Assoul s’est distinguée en 2014 lorsqu’elle a porté plainte contre Abdelamlek Sellal, alors Premier ministre, qui avait tenu des propos offensants envers les Chaouis.   Lire aussi : Lettre ouverte à Boutefilka : « un autre mandat serait un calvaire pour vous et pour le pays »

June 10th 2018, 12:23 pm

Bilan énergétique 2017 : La consommation interne en hausse

El Watan

La consommation nationale d'énergie continue d’augmenter, selon le bilan énergétique de l'année 2017 publié par le ministère de l’Energie, qui indique que l’électricité a connu une hausse de consommation de 10%, alors que la consommation de gaz a augmenté de 3% en 2017. Une courbe toujours ascendante qui engloutit une part importante de la production destinée à l’export, et qui évolue beaucoup plus rapidement que les capacités de production d’hydrocarbures en déclin depuis 2014. L’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, a souligné à plusieurs reprises, en s’exprimant sur le sujet, que la majorité de ce qui sera découvert et produit dans les années à venir «servirait à peine à couvrir la consommation intérieure». Pour Sonatrach, les perspectives sont toutefois moins sombres au vu des projets gaziers d’envergure réceptionnés ou en cours de l’être. Il s’agit du projetsde Timimoun avec 5 millions de mètres cubes/an réceptionné en mars 2018, du champ de Reggane Nord qui totalise 8 millions de mètres cubes/an, et du champ de Touat d’une capacité de 12,8 millions de mètres cubes de gaz annuellement. Il faut savoir que l'Algérie a produit 100 milliards de mètres cubes par jour de gaz en 2017, dont 55 milliards de mètres cubes/jour ont été exportés, alors que le reste a servi à combler la demande interne. Si la voracité des consommateurs a été tempérée pour les produits pétroliers en 2017, grâce aux taxes introduites dans le cadre de la loi de finances, il en est autrement pour le gaz et l’électricité dont la hausse de consommation continue de peser sur les capacités d’exportation de l’Algérie. Ainsi, selon le bilan du secteur pour 2017, la consommation nationale d’énergie a connu une hausse modérée (+1,5%) pour atteindre 57 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), tirée essentiellement par la consommation de gaz naturel (+3%), alors que celle des produits pétroliers a baissé (-1,2%). Pour le gaz naturel, la consommation nationale a atteint 40,4 milliards de mètres cubes en 2017, soit une croissance de +2,8% par rapport à 2016. La demande est tirée surtout par les enlèvements de Sonelgaz (+7,8%) avec la hausse de la consommation des centrales (+8,4%) et de sa clientèle de gaz naturel (+7%). Pour l’électricité, la consommation a connu une hausse de 10% comparativement à l’année 2016 pour se situer à 60 GWh. Elle a été tirée surtout par la demande des clients de haute tension, avec une hausse de +20%. La demande continue d’enregistrer des pics en termes de puissance maximale appelée (PMA), durant la saison estivale. Elle a atteint en 2017 un pic de 14,2 GW, en forte hausse (+11%) par rapport à la pointe de l’été 2016 qui fut de 12,8 MW, selon ce qu’indique la revue Energie éditée par le ministère.

June 10th 2018, 9:24 am

Mobilisation contre la cherté de la vie au Maroc

El Watan

Cette campagne de boycott contre la vie chère suscite des remous jusque dans les hautes sphères décisionnelles marocaines. Le gouvernement se dit «inquiet» de la situation. Depuis le 20 avril dernier, les Marocains boycottent l’eau minérale Sidi Ali, le lait Centrale Danone et les stations d’essence Afriquia pour leurs «prix excessifs». Née dans les réseaux sociaux, cette campagne de boycott a pris depuis une ampleur inédite. Elle touche pratiquement toutes les villes marocaines. Jamais une mobilisation populaire autour d’une cause n’a en effet été aussi forte au Maroc. Plus généralement, la population mobilisée cherche à travers cette action à fustiger «les élites politiques et économiques du pays, bien souvent liées à ces grands groupes». Parmi elles, Aziz Akhannouch, propriétaire de la société de distribution de carburant Afriquia, également ministre de l’Agriculture et milliardaire. Pour de nombreux observateurs, «le boycott relance en effet un vieux débat au Maroc sur la collusion entre les affaires et la politique». Cette campagne n’est pas née du néant. Depuis deux ans en effet, les conflits sociaux se multiplient au Maroc, pays où la pauvreté a atteint des proportions choquantes. Un rapport des Nations unies rendu public en 2016 indique que le Maroc est l’un des pays de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui souffre le plus de pauvreté et de restriction. Il est précisé dans le rapport en question que 60% des Marocains vivent dans la pauvreté et dans le besoin. Cette partie de la population marocaine se divise en deux classes : les Marocains qui vivent dans la pauvreté extrême et les autres qui vivent dans un stade de pauvreté moyenne et qui sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Le gouvernement Inquiet Aussi, la presse marocaine est unanime pour dire que cet immense boycott s’inscrit dans la lignée des mouvements du Rif ou de Jerada. Cela à la différence qu’il s’agit là d’une «nouvelle forme de contestation». Une contestation qui a rapidement pris de l’ampleur. Mais les objectifs assignés à toutes ces actions sont les mêmes : dénoncer la dégradation du pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes. Avec le temps, cette campagne contre la vie chère est parvenue aussi à susciter des remous jusque dans les hautes sphères décisionnelles marocaines. Pris au dépourvu, le gouvernement se dit aujourd’hui «inquiet» de la situation. Les médias marocains indiquent que «plus aucun Conseil du gouvernement ni une plénière au Parlement ne se tient sans que l’on y évoque le boycott et ses “risques” pour la santé de l’économie nationale». Craignant de perdre leurs emplois, des centaines de salariés de la filiale marocaine de Danone ont, quant à eux, manifesté cette semaine devant le Parlement du Maroc. Affolés aussi, les commerçants demandent carrément une diminution des prix pour enrayer la campagne de boycott qui commence à causer du tort à leur business. Les trois marques dénoncées par les Marocains se murent pour leur part dans le mutisme. Elles n’ont pas communiqué sur les éventuelles pertes liées au boycott de leurs produits. Danone a néanmoins annoncé début juin une baisse de 20% de son chiffre d’affaires pour le premier trimestre 2018. Malgré toutes ces alertes, la presse marocaine déplore le fait que personne n’ait pris la peine au gouvernement ou au Parlement de débattre «des réponses les plus appropriées aux messages lancés par ces citoyens qui refusent désormais d’être considérés comme des consommateurs basiques et malléables à l’envi, au comportement grégaire et attendu». Les observateurs de la scène politique marocaine estiment pourtant qu’il y a lieu de prendre au sérieux la campagne de boycott car rien n’indique qu’elle est sur le point de toucher à sa fin. L’hypothèse se tient d’autant que les boycotteurs ont promis de ne s’arrêter que lorsqu’ils auront obtenu les réductions de prix qu’ils réclament. Entre-temps, les trois sociétés concernées subissent à longueur de journée reproches et dénigrements sur la Toile, ce qui a un effet dévastateur sur leur image de marque.

June 10th 2018, 9:24 am

L’Airbus A330 «Arezki» dans le ciel d’Alger

El Watan

Aigle Azur transporte 2 millions de passagers, dont in million vers la destination Algérie. Une destination qu’elle contribue d’ailleurs à faire connaître en organisant des éduc-tours. Un hommage des plus élogieux a été rendu à l’ancien PDG de la compagnie française Aigle Azur, Arezki Idjerouidène, par son successeur Frantz Yvelin. Le premier gros porteur de la compagnie, un Airbus A330, a été baptisé «Arezki» à la mémoire de celui qui avait fait renaître le sigle Aigle Azur et l’a hissé au rang de compagnie étrangère la plus connectée avec l’Algérie en desservant différentes villes. Ils étaient 280 passagers, hier, à prendre part au baptême du vol du gros porteur Arezki de Paris à Alger. Un signal fort à l’ouverture de la saison estivale qui s’attend, comme chaque année, à un rush de passagers pour le grand bonheur des transporteurs. «Sans Arezki, Aigle Azur ne serait plus là… Il a rêvé de compter dans la flotte un A330, mais il n’a jamais pu le faire et c’est un geste pour lui que de baptiser cet appareil de son nom. Je peux vous dire que ça a beaucoup ému sa famille», indique Frantz Yvelin, à la tête de la compagnie depuis le 10 août 2017. De l’ambition, le nouveau PDG en a beaucoup pour sa compagnie qu’il veut agrandir, et enrichir ses parts de marché dans le transport international, d’où l’acquisition de deux gros porteurs A330-200 d’une masse maximale au décollage supérieure à 230 tonnes chacun. Une nécessité pour s’ouvrir à de nouvelles destinations et profiter du marché du long courrier. Destinés à desservir des destinations lointaines comme Pékin et São Polo, les gros porteurs de la compagnie serviront dans un premier temps à combler les attentes actuelles dans les courts et moyens courriers, notamment à destination du Portugal, de l’Algérie et du Mali. Dans trois semaines, Pékin recevra Aigle Azur. Dotés de 18 sièges transformables en lits horizontaux en classe «affaires» et 262 sièges en classe économique, dont 44 disposant de plus d’espace, le gros porteur Arezki et son jumeau Sylvain (du nom de Sylvain Floirat, premier fondateur d’Aigle Azur) promettent des vols plus confortables aux passagers, qui bientôt pourront voyager à bord d’Aigle Azur en partant de l’Algérie (des villes desservies par la compagnie privée française) vers Pékin ou São Polo avec escale à Paris. La TVA pénalise les passagers Un changement notable s’opère ainsi dans l’aventure aérienne d’Aigle Azur, qui semble voir plus grand et plus loin. Mais pas que. Aigle Azur espère voir toutes les conditions réunies afin de desservir aussi le sud de l’Algérie. «On souhaite vraiment que les conditions sécuritaires et commerciales soient réunies ainsi que les infrastructures pour lancer des départs pour le Sud algérien. Nous avons été très sensibles à ce que nous avons vu dans cette région de l’Algérie et pensons qu’il y a du potentiel, mais si on doit aller dans le Sud, ça doit être rentable pour nous…», a précisé, depuis Paris, Frantz Yvelin, lors d’un point de presse annonçant le premier vol de l’A330 vers Alger. Il y a par contre un potentiel important de l’Algérie vers la Chine. Ce qui n’a pas échappé à la compagnie bleue qui entend prendre sa part de ce marché détenu par d’autres compagnies. «Il y a un énorme potentiel vers la Chine, si les voyageurs partent déjà sur d’autres compagnies, il n’y a pas de raison qu’ils ne partent pas avec Aigle Azur», estime Frantz Yvelin, en notant que quand on est transporteur, on ne peut pas se contenter d’un seul marché. Sur le marché algérien, Aigle Azur est deuxième après Air Algérie, et l’Algérie représente 50% de ses activités et près de la moitié de son chiffre d’affaires, soit 70 millions sur 140 millions d’euros. En évoquant son chiffre d’affaires, le PDG d’Aigle Azur n’a pas manqué de revenir sur le problème du rapatriement de ses bénéfices en France. «On est très riches de l’autre côté de la Méditerranée», ironise-t-il, non sans cacher son espoir de voir les dividendes de la compagnie passer la frontière et arriver à la maison mère, en France. «Il est vrai qu’il y a eu une amélioration, mais nous avons encore des difficultés à remonter nos liquidités», regrette-t-il, en notant sur un air satisfait avoir en face des officiels qui sont de plus en plus à l’écoute. «Il s’agit de plusieurs millions d’euros dont nous avons pu rapatrier une partie significative en janvier 2018, mais il reste encore une bonne partie à récupérer», souligne le PDG, en relevant que ce n’est pas facile. «Nos équipes en Algérie y travaillent en prenant en compte tous les éléments et en répondant aux exigences de la Banque d’Algérie… Ce qu’il faut tout de même souligner, c’est que nous sommes une entreprise de transport aérien, nous offrons des prestations, dont nous ne percevons le retour financier qu’après un certain temps avec les pertes occasionnées par la dépréciation de la valeur du dinar», indique le responsable de la compagnie en espérant un rapide règlement de ce dossier. «Depuis, d’autres dossiers ont été ouverts sur lesquels nous avons réalisé des audits avec des cabinets de premier plan, comme KPMG et d’autres. C’est aujourd’hui à l’étude au niveau de la Banque d’Algérie», dit-il. Autre problème exposé par le PDG d’Aigle Azur : l’indexation de la TVA à 19% sur d’autres taxes déjà existantes. «Si vous me demandez ce que je pense de la récente invention qui consiste à ajouter de la TVA sur la taxe, je dirais deux choses. D'une part, chaque Etat est libre d’instaurer la fiscalité qu’il souhaite, et moi, transporteur, je respecte la réglementation et je l’applique. D’autre part, et ça reste mon avis personnel, c’est en fait rajouter un poids pour les passagers algériens, car cela se répercute fatalement sur les prix. Ce n’est pas un cadeau pour le consommateur final.» Aigle Azur transporte 2 millions de passagers, dont un million vers la destination Algérie. Une destination qu’elle contribue d’ailleurs à faire connaître en organisant, depuis peu, des éduc-tours.

June 10th 2018, 9:24 am

Kamel Chikhi et ses deux frères placés sous mandat de dépôt

El Watan

Le tout-puissant promoteur immobilier de la capitale, Kamel Chikhi, ainsi que ses deux frères ont été placés sous mandat de dépôt par le juge du pôle pénal spécialisé d’Alger, dans le cadre de l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis à Oran. Après plus de 40 heures d’audition d’une trentaine de personnes, six mis en cause ont été écroués après avoir été inculpés de «constitution d’une organisation pour l’importation, le commerce et la distribution de drogue» et «blanchiment d’argent». C’est à l’aube de la journée d’hier que le juge de la 9e chambre du pôle pénal spécialisé d’Alger a achevé les auditions marathoniennes d’une trentaine de personnes, liées de près ou de loin à l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, dissimulés dans une cargaison de viande congelée importée du Brésil et ayant transité par l’Espagne. Les derniers à avoir été entendus durant plus de 12 heures sont Kamel Chikhi, le puissant promoteur immobilier, importateur de viande congelée, et ses deux frères. Les trois hommes ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt pour les mêmes chefs d’inculpation retenus la veille contre trois autres personnes — le directeur commercial d’une des sociétés de Kamel Chikhi, un de ses agents et un de ses associés —, à savoir : «constitution d’organisation pour l’importation, le commerce et la distribution de drogue» ainsi que pour «blanchiment d'argent». Le juge a remis en liberté les six Philippins membres d’équipage du navire Vega Mercury, affrété par la compagnie suisse MSC (dont les propriétaires sont italiens) pour le compte de l’importateur algérien, et maintenu les 25 autres personnes avec le statut de témoins en attendant la fin de l’instruction. Exténués par près de 48 heures d’audition sans interruption, le collectif d’avocats des mis en cause a décidé d’interjeter appel dès demain contre les six mandats de dépôt et de plaider, auprès de la chambre d’accusation, la liberté. C’est ce que nous a confié, hier, Me Saddek Chaib, membre du collectif de défense, dans une déclaration à chaud. L’avocat espère que «l’instruction soit poussée le plus loin possible», parce qu’il «est vraiment naïf de croire que cette importante quantité de cocaïne soit l’affaire des six prévenus. Nous allons demander des commissions rogatoires au Brésil, pour savoir ce qui s’est passé à l’embarquement de la marchandise, mais aussi à l’Espagne pour comprendre ce qui s’est passé au port de Valence et qu’est-ce qui a poussé les autorités espagnoles à laisser partir le navire sachant qu’il y avait de la drogue à l’intérieur. Ce sont des questions qui méritent réponse pour la manifestation de la vérité». Me Chaib précise, par ailleurs, qu’avec ses confrères du collectif, il doit se «concerter autour de la nécessité ou non d’informer l’opinion publique, par communiqué ou conférence de presse, des tenants et des aboutissants de ce dossier», en mettant l’accent sur le fait que «les prévenus bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’ils n’ont pas été jugés et condamnés définitivement». Pour l’instant, rien n’a filtré du contenu des auditions, mais il y a des interrogations assez pertinentes qui méritent réponse. D’abord l’absence, parmi les personnes convoquées, du représentant de la compagnie MSC, qui s’est chargée de ramener la marchandise du port de Valence en Espagne vers le port d’Oran, après son transbordement à bord du navire Vega Mercury qu’elle a affrété. Mais aussi celle du représentant du fournisseur brésilien, auprès duquel la viande congelée a été achetée et qui avait embarqué celle-ci, à partir du Brésil, à destination de l’Espagne, puis de l’Algérie. Les plus avertis s’intéressent particulièrement aux scellés des conteneurs et se demandent s’ils ont été changés au cours du transport et, dans ce cas-là, le transporteur a une grande responsabilité dans l’affaire et, dans le cas contraire, c’est au fournisseur de s’expliquer. Autant de détails que le juge de la 9e chambre du pôle pénal spécialisé va tenter d’élucider avec l’aide des commissions rogatoires. Pour l’instant, l’affaire n’est qu’à son début et rien n’indique que d’autres éléments plus importants apparaissent dans les jours à venir. En tout état de cause, personne ne croit, y compris les avocats des mis en cause, que cette opération d’importation de 701 kg de cocaïne s’arrête aux six prévenus en détention à la prison d’El Harrach. La justice se trouve ainsi devant un défi, celui de ne pas se limiter au menu fretin. Elle doit démontrer à l’opinion publique, qui suit de près ce dossier, qu’elle fera tout pour que les responsables, quel que soit leur statut ou leur rang, soient dévoilés et poursuivis.

June 10th 2018, 9:24 am

Les voitures encore plus chères

El Watan

La décision de réintroduire une TVA de 19% dans le projet de loi de finances complémentaire 2018 induira immanquablement une hausse des prix des véhicules neufs. L’Exécutif justifie sa démarche par le gel des importations étant donné qu’aucune licence n’a été distribuée. Serait-ce la fin des importations pour les concessionnaires, hormis celles qui entrent dans le cadre de l’industrie de montage ? Pourquoi et comment ? Après le gel des importations de véhicules, le gouvernement juge que certains avantages fiscaux dont bénéficient les industries de montage automobile n’ont plus de raison d’être. En effet, dans le projet de loi de finances complémentaire 2018 (PLFC-2018), soumis mardi dernier au débat en Conseil des ministres, l’Exécutif explique que l’exemption de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), appliquée jusqu’ici à l’importation des kits SKD/CKD destinés aux industries de montage automobile, visait à rendre la voiture «made in Algeria» plus compétitive en termes de prix par rapport au véhicule importé. Maintenant qu’aucun véhicule n’est importé, l’exonération portant sur l’importation des collections SKD/CKD ne doit plus exister, à en croire l’Exécutif. Dans la première version de l’avant-projet de LFC-2018, le gouvernement avait dit qu’une étape avait été franchie dans l’activité de montage automobile et qu’il était temps que les incitations fiscales soient orientées vers d’autres industries de montage. Quelques jours plus tard, à un intervalle de deux semaines marqué par l’ajournement à trois reprises de l’examen de l’avant-projet de LFC-2018, l’Exécutif lève le voile sur un article de loi qui rompt totalement avec l’exposé des motifs justifiant l’institution d’une TVA applicable aux kits CKD/SKD. Tout en relevant le taux à 19% — contre un taux réduit de 9% dans la première version de l’avant-projet de LFC et 0% aujourd’hui — le gouvernement explique que les exemptions de TVA cesseront d’être en vigueur à compter de la date de la promulgation de la LFC-2018. Cette exemption vise à rendre le véhicule produit en Algérie plus compétitif en termes de prix par rapport aux véhicules importés. Cependant, cette mesure, sans effet, ne doit plus exister puisque les importations de véhicules sont soumises au système de licences qui n’ont pas été accordées dernièrement, tandis que la production nationale couvre actuellement la quasi-totalité de la demande nationale, souligne le projet de loi de finances complémentaire 2018. Dans son exposé explicatif joint à la décision de soumettre à la TVA les collections CKD/SKD destinées aux industries de montage automobile, le gouvernement tente ainsi de justifier sa démarche, tout en rassurant les industriels quant à une concurrence qui serait probablement nulle pour de nombreuses années encore. Dit autrement, l’Exécutif explique à qui veut l’entendre que les mesures fiscales, qui permettaient à la «voiture algérienne» un avantage comparatif par rapport au véhicule importé, n’ont plus raison d’être puisqu’il n’y a plus de véhicule importé sur le marché. L’institution de la TVA portant sur les kits SKD/CKD laisse penser que l’Exécutif ne compte pas renoncer de sitôt à sa décision de geler les importations de véhicules. Il juge d’ailleurs que la production nationale de véhicules couvre actuellement la quasi-totalité de la demande nationale, un jugement symptomatique de ce que sera sa stratégie future sur le marché de l’automobile. Le PLFC-2018, dont les grands axes ont été dévoilés par l’APS, rappelle également que l’exemption a été accordée, au titre de la commercialisation du produit et ne représentant en aucun cas un avantage, à l’investisseur en question à la date fixée par cet article. La suppression de l’exemption n’annule pas les avantages accordés à l’investisseur, lit-on également. Cette mesure n’affectera pas les avantages accordés directement aux investisseurs car cette exonération concerne uniquement le produit. Selon l’article 6 du PLFC-2018, les autres avantages supplémentaires fixés dans l’article 18 demeurent en vigueur, y compris la taxe sur les transactions des nouveaux véhicules, précise-t-on. Ainsi, après avoir suscité un tollé tant chez les industriels que chez les consommateurs, le gouvernement s’est saisi des termes du débat pour tenter de restaurer la lisibilité de sa décision de remettre en cause certains avantages fiscaux dont bénéficient les industries de montage automobile. Dans son premier avant-projet de LFC-2018, qui était fortement critiqué pour son volet fiscal jugé trop pesant, mais aussi pour la proposition d’ouvrir l’agriculture à l’investissement étranger, le gouvernement avait justifié sa décision de soumettre à la TVA au taux réduit par le fait que l’activité de montage automobile «a connu depuis quelques années un essor et une évolution remarquables en termes de réalisation d’investissements publics et privés ainsi qu’en partenariat et a commencé à asseoir un tissu industriel automobile devant répondre, en termes de rapport qualité/prix, à la demande nationale et dans le futur à l’exportation». Le gouvernement dit également que «les objectifs tracés par les pouvoirs publics en faveur des industries de montage automobile ayant été atteints, particulièrement avec l’émergence de la sous-traitance dans ce domaine, leurs efforts en termes d’incitations fiscales seront orientés vers d’autres industries de montage qui ont encore besoin des aides publiques sous toutes leurs formes». Les justificatifs contrastent entre eux et cette tentative de rassurer les industriels ne change rien à la nature instable de la réglementation régissant l’investissement étranger.

June 10th 2018, 6:09 am

Crise malienne : Guterres veut revoir les priorités de la Minusma

El Watan

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a recommandé dans un rapport présenté au Conseil de sécurité de redéfinir les priorités de la Mission de paix des Nations unies au Mali (Minusma). Selon lui, la mission devrait «endosser un rôle politique accru». « La Minusma, avec les partenaires internationaux du Mali et l'équipe des Nations unies dans le pays, devrait redéfinir les priorités de ses actions afin de se focaliser sur les tâches politiques», a-t-il souligné dans ce texte diffusé cette semaine dans la perspective du renouvellement fin juin de la mission. «J'ai l'intention d'explorer les possibilités d'augmenter le rôle politique de la Minusma en soutien du processus de paix, en accord avec l'étude stratégique» indépendante réalisée en début d'année à la demande de l'ONU et qui se prononce pour «l'élaboration d'un ‘‘pacte pour la paix’’», a-t-il ajouté. L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger et signé en 2015, «reste la pierre angulaire du processus de paix» dans ce pays, a toutefois fait valoir Antonio Guterres, en espérant des progrès plus conséquents après l'élection présidentielle prévue cet été. Mais son souhait de «politiser» davantage la Minusma peut aussi vouloir dire qu’il n’est pas satisfait du rythme adopté jusque-là pour l’application de l’Accord d’Alger. L'étude stratégique, a précisé le secrétaire général de l'ONU, montre que la force des Casques bleus au Mali (12 500 militaires et policiers) «fait face à un dilemme entre la nécessité de réformer et de reconstituer les forces de défense et de sécurité maliennes tout en soutenant simultanément les forces existantes face à l'instabilité actuelle», a-t-il précisé. «La situation humanitaire continue aussi à empirer en raison de l'insécurité croissante dans le nord et le centre», estime le secrétaire général en évoquant par ailleurs sa préoccupation face à la crise alimentaire dans le pays. Antonio Guterres s’était, rappelle-t-on, rendu le 29 mai dernier à Bamako pour une visite de deux jours. Le secrétaire général des Nations unies avait mis à profit ce déplacement pour passer la Journée internationale des Casques bleus aux côtés des soldats de la Minusma. Objectif principal : remonter le moral des troupes qui était au plus bas. Avec plus de 70 soldats de la paix tués entre 2013 et 2018, la mission de l’ONU au Mali est la plus périlleuse des opérations actuelles des Nations unies. António Guterres avait tenu à se rendre dans la capitale malienne pour «démontrer toute [sa] solidarité» à ces forces «qui travaillent dans des circonstances très difficiles, en faisant beaucoup de sacrifices, qui ont subi des pertes». Le processus de paix au Mali entre groupes armés et le gouvernement avait fait aussi partie de ses préoccupations. Il a défini trois priorités à ce processus : «La concrétisation totale des accords de paix», dont l’ONU a «l’espoir qu’ils nous donnent toutes les avancées qui ont été faites récemment». Le deuxième chantier est celui des «élections». Pour lui, il est essentiel que le Mali parvienne à organiser «des élections transparentes» car, a-t-il dit, c’est un «facteur essentiel de légitimation d’un pouvoir démocratique». Enfin, il a évoqué la nécessité pour «le gouvernement d’avancer dans la concrétisation de son projet de sécurisation de la région centrale» car «c’est une tâche essentielle pour l’unité du Mali».

June 9th 2018, 9:54 am

Baisse de 26% des flux vers l’Algérie

El Watan

L’Algérie n’a pu glaner que 1,2 milliard de dollars des 42 milliards d’investissements directs étrangers (IDE) qu’a encaissés l’Afrique en 2017. Ainsi, le flux d’IDE à destination de l’Algérie a baissé de 26% par rapport à 2016, année durant laquelle la valeur des investissements directs étrangers culminait à 1,6 milliard de dollars, lit-on dans le nouveau rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Ce repli obéit à une tendance de baisse générale constatée en Afrique, même si des pays du continent arrivent à tirer leurs épingles du jeu. En effet, à un moment où les IDE en Afrique sont à leur plus bas niveau en 10 années (-21% en 2017 par rapport à 2016), des pays comme le Maroc, l’Ethiopie et le Kenya résistent et font les meilleurs scores sur le continent. L’Algérie, l’Egypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud sont particulièrement touchés par les tendances baissières de l’année dernière. Un repli qui suscite des inquiétudes. Le rapport de la Cnuced explique que la faiblesse des prix du pétrole et les effets persistants néfastes de la crise des matières premières y sont pour beaucoup. Particulièrement dans les grandes économies exportatrices de matières premières. Ce sont les économies diversifiées qui réussissent à se dégager adroitement de cette situation de dégringolade que connaît le flux de capitaux aux fins de l’investissement. L'Ethiopie et le Maroc sont relativement plus résilients que les autres Etats, lit-on dans le rapport de la Cnuced sur le mouvement des IDE dans le monde. Les flux d'IDE vers l'Afrique du Nord ont diminué de 4% pour atteindre 13 milliards de dollars en 2017. Même si l’investissement en Egypte a accusé un coup durant le dernier exercice, le pays continue d'être le plus grand bénéficiaire en Afrique. Au Maroc, la valeur des investissements étrangers a augmenté de 23% pour atteindre 2,7 milliards de dollars, conséquemment à la dynamique du secteur automobile. Dans son document, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement constate que les autres régions du continent noir ne sont guère épargnées par ce mouvement baissier des IDE. Les flux d'IDE vers les Etats de l’Afrique centrale ont diminué de 22% pour atteindre 5,7 milliards de dollars. Les IDE en Afrique de l'Ouest ont chuté de 11% à 11,3 milliards de dollars, en raison essentiellement d’un Nigeria en déprime. Il n’a pu drainer que 3,5 milliards de dollars d’investissements en 2017, en baisse de 21%. En Afrique de l'Est, où les IDE sont en recul de 3% par rapport à 2016, c’est l'Ethiopie qui a absorbé près de la moitié la valeur des IDE avec, dans les caisses, un montant de 3,6 milliards de dollars. C’est le second plus grand bénéficiaire du mouvement d’IDE en Afrique. Le Kenya n’est pas en reste puisque la valeur des investissements a atteint 672 millions de dollars en 2017, marquant ainsi une hausse de 71%, une croissance tirée essentiellement par le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC). L’Afrique australe est la région qui a connu un recul drastique des IDE avec, au tableau des contre-performances, une dégringolade estimée à 66%. Le flux a été évalué en valeur à 3,8 milliards de dollars. Les flux d’IDE ont diminué de 41% en Afrique du Sud. Le pays n’a pu grappiller que 1,3 milliard de dollars, une contre-performance à mettre au compte de l’incertitude politique qui mine l’économie et les secteurs de production. En revanche, les IDE en Zambie ont augmenté, soutenus surtout par la hausse des investissements dans les matières premières, le cuivre essentiellement. Les projections opérées par la Cnuced laissent entrevoir une éclaircie en 2018. Les débuts d'un redressement du prix des matières premières, ainsi que les prémices d’une coopération interrégionale, grâce à la signature de la Convention sur la zone de libre-échange, pourraient encourager des flux d'IDE plus importants en 2018, explique le rapport.

June 9th 2018, 9:54 am

Equipe nationale : La Fédération a tourné la page Madjer

El Watan

Les jours de Rabah Madjer à la tête de l’équipe nationale sont comptés. Il ne survivra pas à la défaite (0-3) contre le Portugal. Des sources proches de la Fédération algérienne de football (FAF) indiquent qu’«il a consommé son crédit après le match de Lisbonne, au cours duquel l’équipe nationale a montré un mauvais visage, une fois de plus». D’ailleurs, selon gorge profonde, la fédération est en réflexion (avancée) sur le profil du futur sélectionneur qui, a priori, sera un coach étranger. Nul doute qu’une short liste sera établie dès les prochains jours. Selon la même source, aucune décision ne devrait être prise au moins avant la fin du premier tour de la Coupe du monde Russie 2018. Des sélectionneurs en partance à la Coupe du monde qui s’ouvrira dans quelques jours ne seront plus en poste avant la fin de la compétition. Il n’est pas exclu que le président de la fédération, Kheireddine Zetchi, saisisse l’opportunité de sa présence au pays de Poutine pour nouer des contacts avec des agents qui s’occupent des entraîneurs. La fin de la collaboration FAF-Madjer peut être aussi signifiée par le sélectionneur lui-même, et ce, dans les tout prochains jours. Il a cette opportunité de sortir dignement sans encaisser le choc d’un renvoi prononcé par la fédération. Partir de son proche chef serait une belle porte de sortie pour Rabah Madjer soumis à une pression terrible depuis sa prise de fonction. Face à la tournure prise par les événements, le rejet dont il fait l’objet d’une partie de l’opinion a atteint un point de non-retour au point d’embarrasser la fédération et même des joueurs chahutés au stade du 5 Juillet. Pour Rabah Madjer, continuer à diriger les Verts est devenu une mission impossible comme il l’a du reste constaté au cours des 3 derniers matchs amicaux disputés et perdus contre 3 mondialistes (Iran, Arabie Saoudite, Portugal). La fédération dispose de quelque 6 semaines au maximum pour trouver un successeur à Rabah Madjer afin de préparer la sortie officielle contre la Gambie en septembre prochain, dans le cadre des éliminatoires de la CAN-2019 du Cameroun. Décision au plus tard le 24 juin Deux options se posent à elle en matière de calendrier. Réunir rapidement un bureau fédéral extraordinaire pour trancher l’avenir du sélectionneur et accélérer les contacts avec les coachs susceptibles de driver les Verts à partir de la fin de l’été 2018. Sinon attendre la prochaine réunion ordinaire du bureau fédéral prévue le 24 juin pour trancher cette question. Echaudé par l’épisode Lucas Alcaraz, le président de la fédération veut que l’ensemble des membres du bureau fédéral soient associés au choix du futur sélectionneur. Pour rappel, Kheireddine Zetchi avait sollicité l’accord des membres du bureau fédéral pour entamer les négociations avec l’Espagnol. Il a reçu le feu vert de leur part et quand l’affaire a pris une mauvaise tournure, il n’a pas senti une forte solidarité de leur part. Le président ne veut plus vivre ces mêmes affres. Donc au plus tard le 24 juin, la FAF annoncera l’ouverture de la procédure de contacts avec des entraîneurs étrangers. La piste d’un entraîneur algérien pour succéder à Rabah Madjer paraît exclue dès le départ, même si le nom de Rabah Saâdane est revenu avec insistance ces derniers jours. Gorge profonde penche pour «le choix très rapidement d’un successeur à Rabah Madjer. L’option d’un intérimaire n’est pas d’actualité car cela entraînerait une autre perte de temps. Autant aller vite pour mieux préparer les matchs officiels inscrits au calendrier de la Confédération africaine de football». Entre-temps, Rabah Madjer peut bien annoncer son retrait de la barre technique de l’équipe nationale sans attendre le communiqué de la FAF notifiant sa fin de mission. Dans ce cas, il percevra le montant des mois consignés sur son contrat, qui ne dépasserait pas 3 mois. A charge ensuite pour la fédération d’annoncer la fin de la collaboration dans un communiqué qui ferait la part belle au travail accompli par le sélectionneur et ses collaborateurs. Mais pour l’instant, l’urgence est de trouver un successeur. La Coupe du monde en Russie est un beau terrain de chasse.

June 9th 2018, 9:54 am

Taxe imposée aux transporteurs algériens

El Watan

La nouvelle taxe imposée par le gouvernement tunisien aux transporteurs algériens n’a pas provoqué seulement la colère des opérateurs économiques nationaux. Cette décision de faire payer aux transporteurs algériens 200 DT (environ 14 000 DA) à chaque entrée sur le territoire tunisien a été également dénoncée par les entreprises tunisiennes. En effet, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), qui regroupe le gotha de l’économie tunisienne, a protesté contre cette décision pénalisant les économies des deux pays. «La décision relative à l’imposition d’une nouvelle taxe aux transporteurs algériens à leur entrée sur le territoire tunisien, d’une valeur de 200 dinars, constitue une nouvelle entrave aux échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie», a dénoncé la Conect dans un communiqué diffusé par l’agence tunisienne d’informations TAP. La Conect fait état de sa «préoccupation» suite à cette décision des autorités tunisiennes, considérant que «ce genre de dispositions créent une instabilité réglementaire et constituent des obstacles pour les opérateurs économiques de nos deux pays frères et voisins». La Confédération des entreprises tunisiennes a poursuivi en soulignant l’importance des relations entre les deux pays et surtout l’impératif d’augmenter le volume des échanges commerciaux et économiques. «La conjoncture actuelle nécessite une batterie de mesures de facilitation et de soutien en faveur des opérateurs économiques afin d’augmenter le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie, qui est en deçà du potentiel existant», a affirmé la Conect, qui a lancé par là même un appel aux hautes autorités tunisiennes pour «lever ces entraves à l’export qui freinent le développement de la PME tunisienne à l’international». Comme rapporté par l’APS, la Direction générale des Douanes tunisiennes a tenté d’expliquer cette taxe en indiquant qu’elle était prévue dans la loi de finances 2018. Il s’agit d’une taxe de «scannage». Les bus et les véhicules touristiques ne sont pas concernés par cette taxe qui s’applique uniquement sur les transports de marchandises. Et pour le moment, elle est applicable uniquement au niveau des passages frontaliers équipés de scanners. La Direction générale des Douanes tunisiennes a précisé que «ce droit a été décidé pour couvrir les coûts d’acquisition et de maintenance des scanners et que cette mesure est appliquée dans tous les pays». La réaction de la Conect vient ainsi en appui à la colère des opérateurs algériens qui ont vu dans cette décision une volonté des autorités tunisiennes de réduire le flux de marchandises vers la Tunisie. Ce n’est pas la première fois que les autorités tunisiennes prennent des mesures pour freiner le flux commercial de l’Algérie vers la Tunisie. Depuis fin 2012, une taxe additionnelle a été imposée à tous les produits alimentaires importés d’Algérie. En 2017, le gouvernement tunisien allait instituer une taxe d’entrée sur le territoire tunisien aux Algériens avant de se rétracter par crainte de perdre les touristes qui ont pris l’habitude de partir en masse passer leurs vacances en Tunisie. Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Tunisie demeurent faibles. Ils sont même en net recul par rapport aux années précédentes. Si l’on se fie aux dernières données publiées par l’Institut national tunisien des statistiques, les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 355 millions de dollars en 2016 à 290 millions de dollars en 2017. Ce qui représente une baisse de 18,31%.

June 9th 2018, 9:54 am

Une trentaine de personnes auditionnées

El Watan

L’affaire des 701 kg de cocaïne importés du Brésil et dissimulés dans une cargaison de viande congelée est désormais entre les mains du pôle pénal spécialisé d’Alger. Jeudi dernier, une trentaine de personnes, dont les membres de l’équipage du navire Vega Mercury, qui a transporté la marchandise, ont été déférées devant cette juridiction où des auditions marathoniennes se sont poursuivies sans s’arrêter durant plus de 40 heures, pour se terminer avec l’inculpation de six personnes, Kamel Chikhi, le magnat de l’immobilier à Alger et propriétaire des containers où la drogue avait été trouvée, ses deux frères, un de ses associés, son directeur commercial et un de ses agents, tous défendus par un collectif de cinq avocats, Mes Sadek Chaïb, Amel Souibes, Bouchena, Younsi et Ghediri. Jusqu’en fin de journée d’hier, trois des prévenus, le directeur commercial, l’agent et un des associés étaient placés sous mandat de dépôt, alors que le sort des trois principaux prévenus, à savoir les frères Chikhi, n’était toujours pas connu. Ils étaient les derniers à avoir été interrogés par le juge, et ce, durant des heures. Les six mis en cause sont poursuivis pour «constitution d’une organisation pour l’importation, le commerce et la distribution de la drogue» et «blanchiment d’argent». En attendant la fin des auditions, le collectif d’avocats a décidé de faire appel des mandats de dépôt. En tout cas, jeudi était une journée particulière au tribunal d’Alger. Dès 10h, le calme qui régnait aux alentours de cette bâtisse imposante a été rompu par une foule de plus en plus nombreuse, amassée à quelques mètres seulement de l’accès prévu pour les détenus. Cette présence inhabituelle n’a pas pour autant inquiété les policiers. Subitement, une file interminable de fourgons cellulaires de la gendarmerie et de véhicules banalisés équipés de gyrophare pénètre cette ruelle étroite coupée à la circulation. «Ils sont là. Ils les ont ramenés», lance une jeune femme en pleurs, en regardant à travers les vitres fumées des fourgons. Eux, ce sont les trois frères Chikhi, arrêtés durant la nuit du 29 mai dernier. Menottés, ils sont escortés par des gendarmes qui les entraînent précipitamment vers le tribunal, alors que de nombreux proches étaient là et leur faisaient des signes. Juste après, les cinq membres de l’équipage du navire, de type asiatique, descendent d’un autre fourgon, suivi par une Hundyai grise qui transportait le commandant de bord du navire Vega Mercury, affrété par le compagnie suisse MSC (appartenant à des Italiens), qui avait assuré le transport de la marchandise du port de Valence à celui d’Oran, où elle a été saisie. Escortés par des gendarmes en civil, ils ont l’air un peu déstabilisés et perdus. Trois autres personnes menottées descendent d’un autre fourgon cellulaire. Têtes baissées, elles ne font même pas attention à ces jeunes qui leur font un signe de la main en leur lançant : «N’ayez pas peur, Dieu est avec vous.» Ce sont des cadres dirigeants des entreprises de Kamel Chikhi, ce magnat de l’immobilier, propriétaire des conteneurs de viande congelée. Dehors, la foule commence à être compacte. «Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi autant de gendarmes et de policiers ?» demande un homme d’une quarantaine d’années. Un des badauds lui répond : «Ce sont ceux qui ont ramené al ghobra (la poudre) blanche.» Et l’homme de s’exclamer : «Ya latif ! (Mon Dieu) !» Au milieu de ces dizaines de personnes, la discussion tourne principalement sur cette affaire et beaucoup disent avoir entendu que le principal mis en cause avait été libéré la veille. Les gendarmes s’énervent à la vue de cette foule qui devient de plus en plus importante. Ils évacuent la ruelle et repoussent les curieux à plus d’une dizaine de mètres du tribunal. Du haut des fenêtres et des balcons des bâtiments qui entourent ce dernier, nombre d’hommes mais aussi beaucoup de femmes suivent ce qui se passe. Les heures se succèdent et rien ne sort de l’intérieur. En milieu de l’après-midi, les curieux commençent à s’en aller, alors qu’à l’intérieur du tribunal les auditions ont commencé. Au moins une trentaine de personnes sont d’abord entendues par le procureur avant d’être déférées, tôt dans la matinée d’hier, devant le juge. Six sont poursuivies pour «constitution d’une organisation pour l’importation de la drogue, sa commercialisation et sa distribution» et «blanchiment d’argent», le reste garde le statut de témoin. Trois parmi les prévenus, un des associés de Kamel Chikhi, son directeur commercial et un de ses agents, sont les premiers à être placés sous mandat de dépôt, alors que les trois frères Chikhi ont été les derniers à être appelés dans le bureau du juge. Leur audition a commencé hier en fin de matinée, et jusqu’en fin de journée, les décisions les concernant n’étaient toujours pas tombées.

June 9th 2018, 6:08 am

Sétif : Rassemblement de soutien au blogueur Merzoug Touati à Bousselam

El Watan

Des dizaines de personnes ont pris part au rassemblement organisé, vendredi dans la soirée, au chef lieu de la commune de Bousselam ( nord de Sétif), pour exprimer leur solidarité avec le blogueur Merzoug Touati, condamné à 10 ans de prison ferme . Le rassemblement a débuté à 22h00. Les manifestant ont brandi des photos du blogueur et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Libérez Merzouk Touati», « Pas de démocratie sans la liberté d’expression » ou encore « Tilelli i Merzouk (liberté pour Merzouk) ».  Slimane Bouhafs, qui a purgé une peine de 20 mois de prison pour des publications diffusées sur Facebook, était le premier à prendre la parole. « Merzouk Touati, comme vous le savez tous, n’occupe aucun poste de responsabilité. Il travaille comme aide-maçon, il n’est pas en mesure de détenir des informations de nature à intéresser Israël ou un autre Etat  étranger », a-t-il dit. « si vous abandonner Merzouk aujourd’hui, votre tour viendra où vous allez subir l’injustice du pouvoir », prévient Slimane Bouhafs.  Mourad, une jeune de la région  a, quant à lui, critiqué dans son intervention, le « silence » de la population de Bousselam face « l’injustice que subit le jeune blogueur détenu dans la prison de Oued Ghir depuis janvier 2017.     D’autres jeunes se sont succédés pour rappeler que « Merzouk est notre fils, notre frère… il ne faut jamais l’abandonner à son sort…»  Une délégation du comité pour la libération de Merzouk Touati s’est déplacée de Bejaia pour assister  à ce rassemblement. Yanis Adjlia, militant de la société civile a appelé les présents à venir en force assister au rassemblement prévu devant la Cour de Béjaia le 21 juin 2018, date du procès en appel du blogueur. Celui-ci a été condamné par le tribunal criminel de Béjaia, en premier instance, le 24 mai dernier, à 10 ans de prison ferme et une amende de 50000 dinars.        Pour rappel, le blogueur Merzouk Touati est accusé d’intelligence avec Israël. Une accusation qui repose sur des échanges qu’il a eus avec des ressortissants de cet Etat du moyen Orient, dont un ancien diplomate. Lors de son procès, le blogueur a expliqué devant le juge que ces échanges interviennent dans le cadre de son enquête sur « la main de l’étranger ».    Il faut signaler que de militants de diverses tendance politiques (RCD, MAK..) ont pris part au rassemblement tenu à Ain Dockar, centre de Bousselam. Cette action, qui à pris fins vers 23h00, est survenue dans le sillage de rassemblements similaires organisés à Aokas, Béjaia et Tizi Ouzou. Un autre rassemblement de soutien à Merzouk Touati est prévu ce samedi 9 juin à Barbacha et dans d’autres localités, en prévision du rassemblement décisif du 21 juin.      Lire aussi : Un comité pour la libération de Merzoug Touati

June 8th 2018, 7:35 pm

Sétif : Rassemblement de soutien au blogueur MerzougTouati à Bousselam

El Watan

Des dizaines de personnes ont pris part au rassemblement organisé, vendredi dans la soirée, au chef lieu de la commune de Bousselam ( nord de Sétif), pour exprimer leur solidarité avec le blogueur Merzoug Touati, condamné à 10 ans de prison ferme . Le rassemblement a débuté à 22h00. Les manifestant ont brandi des photos du blogueur et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Libérez Merzouk Touati», « Pas de démocratie sans la liberté d’expression » ou encore « Tilelli i Merzouk (liberté pour Merzouk) ».  Slimane Bouhafs, qui a purgé une peine de 20 mois de prison pour des publications diffusées sur Facebook, était le premier à prendre la parole. « Merzouk Touati, comme vous le savez tous, n’occupe aucun poste de responsabilité. Il travaille comme aide-maçon, il n’est pas en mesure de détenir des informations de nature à intéresser Israël ou un autre Etat  étranger », a-t-il dit. « si vous abandonner Merzouk aujourd’hui, votre tour viendra où vous allez subir l’injustice du pouvoir », prévient Slimane Bouhafs.  Mourad, une jeune de la région  a, quant à lui, critiqué dans son intervention, le « silence » de la population de Bousselam face « l’injustice que subit le jeune blogueur détenu dans la prison de Oued Ghir depuis janvier 2017.     D’autres jeunes se sont succédés pour rappeler que « Merzouk est notre fils, notre frère… il ne faut jamais l’abandonner à son sort…»  Une délégation du comité pour la libération de Merzouk Touati s’est déplacée de Bejaia pour assister  à ce rassemblement. Yanis Adjlia, militant de la société civile a appelé les présents à venir en force assister au rassemblement prévu devant la Cour de Béjaia le 21 juin 2018, date du procès en appel du blogueur. Celui-ci a été condamné par le tribunal criminel de Béjaia, en premier instance, le 24 mai dernier, à 10 ans de prison ferme et une amende de 50000 dinars.        Pour rappel, le blogueur Merzouk Touati est accusé d’intelligence avec Israël. Une accusation qui repose sur des échanges qu’il a eus avec des ressortissants de cet Etat du moyen Orient, dont un ancien diplomate. Dans son procès, en premier instance, le blogueur a expliqué devant le juge que ces échanges interviennent dans le cadre de son enquête sur « la main de l’étranger ».    Il faut signaler que de militants de diverses tendance politiques (RCD, MAK..) ont pris part au rassemblement tenu à Ain Dockar, centre de Bousselam. Cette action, qui à pris fins vers 23h00, est survenue dans le sillage de rassemblements similaires organisés à Aokas, Béjaia et Tizi Ouzou. Un autre rassemblement de soutien à Merzouk Touati est prévu ce samedi 9 juin à Barbacha et dans d’autres localités, en prévision du rassemblement décisif du 21 juin.      Lire aussi : Un comité pour la libération de Merzoug Touati

June 8th 2018, 7:24 pm

Iftar géant : Combien ça coûte

El Watan

Des étudiants, de simples passagers ou des personnes nécessiteuses, l’iftar géant est disponible et ouvert pour toute personne, sans exception aucune. Tout est fait par Nass El Kheir. El Watan Week-end a pasé une journée avec les bénévoles. Coulisses. 10h. A Oued Romane, à Alger-ouest, la journée a déjà commencé pour le traiteur de Ness El Kheir. Il s’appelle Hmimed Raissi. La viande est déposée chez lui, dans un atelier. Mission : un méga-ftour. Une mission assurée depuis le premier jour du Ramadhan. Le ftour est ouvert à tout le monde, aux nécessiteux, aux passant aux sans domicile fixe, mais aussi à toute personne n’ayant pas pu s’attabler chez elle au moment de ftour. Et… c’est gratuit. Avec son expérience de plus de 30 ans, il a mis son local et surtout toute sa cuisine très moderne à la disposition de la fondation Ness El Kheir. Il le fait gratuitement. Nous sommes dans son local d’environ 150 m2. A cette heure-ci, 5 bénévoles sont déjà là. Ici, tout le monde, sans aucune exception, met la main à la pâte, y compris, nous qui étions en reportage. La viande hachée doit être préparée pour le m’touem. C’est-à-dire rouler 100 kg de viande en petite boule. Même le photographe a été «sommé» de posé son matériel pour donner un coup de main. Le chef ici c’est Hmimed. De la discipline, de la rigueur et aussi de l’amour à ce qu’il fait. D’ailleurs, pour les épices personne n’y touche. C’est lui qui choisit minutieusement ses épices. Il est simplement «méticuleux» et tout le monde doit suivre. Le menu du jour est chorba, m’touem, salade et des fruits pour le dessert. Un menu préparé avec 0 dinar. Tout est ramené gratuitement, ce sont des dons de bienfaiteurs. Et tout est offert gratuitement aux autres. Pour les bénévoles, aucun n’est payé pour ces actions. Pour les frais de déplacements, les épices que le chef veut acheter lui-même, tout provient de donateurs. A 12h, d’autres légumes sont déposés par les bénévoles qui étaient depuis 4h du matin dans les marchés de gros, pour d’abord sensibiliser les commerçants et collecter les dons. Dure mission et c’est pour cela que Hmimed les appelle «soldats». Un autre groupe de bénévoles font la récolte des produits de conserve depuis les paniers de la fondation Ness El Kheir, déjà installée dans les grandes surfaces. Enfin, tout est fin prêt, des tonnes de tomates, pommes de terre, carottes, oignons… passent à l’installation de la récolte dans le magasin du «chef». Les «soldats» sont là pour répondre aux ordres de leur chef… Epices 13h30 : le vrai travail commence. On se partage en groupe de dix personnes pour être plus pratiques. Le premier groupe doit soigneusement rouler les boules de viande hachées. Au moins 3000 boules ! Dur au début… puis ça devient de la rigolade et machinal. Le deuxième groupe est appelé à éplucher les oignons. Mission pas moins difficile que la première… mais personne ne se plaint. Un travail assuré avec amour et surtout par plaisir d’offrir des ftours gratuitement aux nécessiteux. Tout se fait calmement, sous les yeux du chef. Même si personne n’est sommé d’être sur les lieux, obligé de faire, les soldats, hommes ou femmes ont le chef sur le dos, s’ils ratent une boule ou un autre détail. Il devient aussi furieux, quand une des filles fait dans le gaspillage. Car pour Hmimed rien ne se jette. Il est aussi très rigoureux sur l’hygiène de toute l’opération. Les femmes sont appelées, sans faute, à mettre la toque. Pendant ce temps-là, deux hommes bénévoles, mieux expérimentés, sont là exclusivement pour surveiller les sauteuses et contrôler les fours. Ils suivent à la lettre les instructions de leur chef. Chorba un peu légère, pois chiches bien mou… Bientôt 16h, tout est bien avancé. L’odeur et la buée des sauteuses envahissent la cuisine, les plateaux sont entièrement remplis de boules de viande hachée, les fours ont commencé à être chauffés et le chef vérifie et met une sauce blanche à cette viande avant de la mettre dans les fours. La fatigue commence par contre à se faire sentir. Pour mieux assurer la relève, un autre groupe de bénévoles arrive. En forme, ils sont encore plus motivés, leur journée vient de commencer. Ils apportent les dernières retouches et finalisent le méga-ftrour. Ils ont aussi la mission de transporter le résultat final à Bab El Oued. A la kheima plantée à la place Kitani. Bientôt 18h, le ftour est presque prêt, les bénévoles ont préparé les conteneurs isothermes pour tout mettre dedans et surtout pour que ces délices restent chauds jusqu’au moment d’el adhan d’el iftar. Au même moment, c’est une autre groupe qui se charge du dessert. Couper la pasteque pour 1000 personne ! Une fois le ftour prêt, les boîtes isothermes sont remplies et les bénévoles entament la dernière phase et pas de moindre : le nettoyage. Balais, frottoirs, chiffons, gants… on se partage les tâches. Le parterre, les tables, les fours… tout doit passer à la brosse. Car tout doit être remis en place pour le lendemain,  pour refaire la même chose, au changement près du menu. A ce moment- là, le traiteur, perfectionniste, doit refaire l’installation de son placard à épices et surtout vérifier le gaz. Peu après 18h, l’ordre est donné par Hmimed de tout mettre dans son fourgon. Destination la kheima. Goût A19h, nous y sommes. Un chapiteau immense que les habitants du quartier ont l’habitude de voir chaque mois de Ramadhan depuis déjà trois ans. Il dépasse les 1400 m2 avec une capacité d’accueil de 1000 personnes. On a même pris la peine de le décorer. Du blanc avec des rubans de slogan de ce projet «Aji teftar». Tout cela rentre dans le cadre du projet humanitaire Rahma 2018, qui englobe quatre projets phares qui sont : «khir rabi, aji teftar, lila mabrouka, farhet el aid». Dans le chapiteau, on remarque des centaines de tables et les chaises. Une fois hmimed entré, une «armée» de jeunes bénévoles est là pour assurer la suite. Les table sont déjà dressées, les couverts, les verres, les boissons…Des familles entières sont mobilisées pour assurer la bonne marche du méga-ftour. En 15 minutes seulement, les bénévoles préparent des milliers d’assiettes de salade. Elle n’est en effet pas préparée dans l’atelier. Hmimed tient à ce qu’elle soit préparée quelques minutes avant el iftar. Bols, assiettes, cuillères, panier de pain…tout est mobilisé pour donner l’impression d’un ftour famial. Que 10 minutes… tout le monde, sans folie et calmement, assure les dernières retouches. Hmimed Raissi regroupe à ce moment-là son «armée» pour leur donner les dernières consignes et surtout pour présenter l’invité d’honneur. Car chaque jour, un invité vient partager la chorba avec cette foule. Cette- fois c’est le président de l’APC de Belouizdad. A 20h, les agents de sécurité ouvrent les barrières. Accès libre sans contrôle… Chacun s’installe. On trouve des centaines d’étudiants qui ne sont pas d’Alger, des passagers et surtout beaucoup de familles démunies. L’Adhan retentit, tout le monde  déguste les délices de Hmimed et partage ce moment de convivialité. Y a ceux qui sont rapides, ont même terminé de manger avant que d’autres bénévoles reviennent de la prière… Il y a d’autres qui y sont encore. Un mot pour remercier les bénévoles par les responsables de la fondation Ness El Kheir. «Ici on se sent comme chez nous», disent ceux qui se sont attablés. Hmimed et quelques bénévoles profitent de notre passage dans le but de lancer un appel à d’aide à leur fondation, ils espèrent que les deux dernières actions du projet Rana Hna 2018 se dérouleront dans les meilleures conditions, comme c’était le cas pour Aji Teftar. Fin du ftour... Les bénévoles, particulièrement filles et femmes, passent à la vaisselle. Une ambiance familiale règne. Personne ne doit manquer à l’appel. Tout le monde y est jusqu’à presque minuit pour tout nettoyer et remettre en place, même si certains doivent quitter les lieux plus tôt que les autres, car le lendemain, ils doivent être au bureau. Ici, pour eux, c’est juste une question de devoir mais aussi une partie de plaisir quotidien.

June 8th 2018, 6:36 am

Il est temps que la vérité soit dite à propos des crimes commis par l’armée française en Algérie

El Watan

- Quelle est l’histoire du journal L’Humanité avec l’affaire Maurice Audin ? Maurice Audin était militant communiste, lecteur fidèle de L’Humanité. Avec son arrestation, le journal se saisit de l’affaire dès le 15 juin 1957. Ce qui lui vaut d’être censuré à plusieurs reprises par les autorités françaises. Le 30 juin, L’Humanité publie la plainte pour torture adressée au procureur général d’Alger par Henri Alleg, directeur du quotidien Alger Républicain, interdit depuis septembre 1955. Alleg est alors interné au camp de Lodi. L’article est en fait une première version de ce que sera son livre La Question (1958). Il était précédé d’une présentation de Léon Feix sous forme de lettre ouverte au garde des Sceaux, Maurice Bourgès-Maunoury. «Qu’est devenu Maurice Audin», demande-t-il, en évoquant aussi les assassinats de maître Ali Boumendjel, de Raymonde Peschard et de Larbi Ben M’hidi, ainsi que le sort des condamnés à mort. «Il n’y a jamais eu en Algérie autant de tortures, de ‘disparitions’, d’exécutions sommaires», dénonce Léon Feix. Cette édition de L’Humanité a été saisie, mais les militants avaient eu le temps d’en sauver de nombreux exemplaires pour les diffuser clandestinement. Jusqu’en 1962, de nombreux articles, enquêtes, appels d’intellectuels évoquant l’affaire Audin sont frappés de censure. Après l’indépendance de l’Algérie, L’Humanité n’a jamais tourné la page, et a toujours donné écho à l’exigence de vérité et de justice de Josette Audin, la veuve de Maurice Audin. En particulier au début des années 2000, lorsque le témoignage de Louisette Ighilahriz (Le Monde, 20 juin 2000, ndlr) a relancé le débat sur les atroces pratiques de l’armée française en Algérie. Tout récemment, nous avons publié le témoignage d’un ancien appelé, qui pense avoir été enrôlé pour inhumer la dépouille de Maurice Audin. L’Humanité continue de porter, aujourd’hui, l’exigence de reconnaissance de la torture comme crime d’Etat. Pour Maurice Audin, mais aussi pour les milliers d’Algériens «disparus» après être passés entre les mains des tortionnaires. - Les autres médias français et l’opinion publique ne s’y intéressent pas vraiment. Pourquoi, à votre avis ? L’Humanité, par son histoire, par ses engagements anticolonialistes, entretient un lien particulier, politique et affectif, avec Maurice Audin. Cette mémoire est la nôtre. Mais d’autres médias s’intéressent à l’affaire. Nos publications sur le sujet sont très relayées par nos confrères de la presse écrite et même audiovisuelle, en France comme en Algérie. Par ailleurs, c’est Nathalie Funès, une journaliste du Nouvel Observateur, qui a déterré aux Etats-Unis, dans les archives du colonel Godard, un mémoire désignant le sous-lieutenant Gérard Garcet, un adjoint du général Massu, comme l’auteur du crime. - Comment contribuez-vous concrètement, en tant que journalistes, à faire avancer ce dossier ? Nous continuons d’enquêter, d’explorer des archives, d’interroger des protagonistes. En publiant régulièrement des articles, nous espérons susciter encore des témoignages et contribuer à faire remonter d’éventuels documents à la surface. Et puis, il y a le volet politique. L’Etat français doit lever le secret-défense sur tous les documents qui pourraient contribuer à la manifestation de la vérité sur l’affaire Audin. La plupart des tortionnaires et commanditaires sont morts et le triple verrou des lois d’amnistie a empêché leur traduction en justice. Mais la reconnaissance du crime d’Etat serait, nous en sommes convaincus, un acte de réparation. C’est le sens de notre lettre ouverte à Emmanuel Macron. - Chaque année, toute votre rédaction se mobilise pour demander au gouvernement français de reconnaître ce crime d’Etat. Emmanuel Macron le fera-t-il cette fois-ci ? Jusqu’ici, il s’est refusé à faire ce geste. Il prétend que la reconnaissance du crime d’État est impossible tant que la vérité historique n’est pas établie. C’est un argument complètement fallacieux. Depuis l’enquête de Pierre Vidal-Naquet, tous les historiens arrivent à la même conclusion : Maurice Audin a été assassiné par l’armée française en raison de son engagement pour l’indépendance de l’Algérie. L’usage de la torture, à cette époque, n’était pas le fruit de dérives individuelles ; c’était un système, une politique délibérée. Avec l’aval du pouvoir politique, l’institution militaire a érigé la torture, les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires en armes de terreur et de répression de masse. Les tortionnaires français qui ont mis au point ces ignobles méthodes de «contre-insurrection» les ont d’ailleurs exportées, vers l’Amérique latine par exemple. Pour tourner cette sombre page de l’histoire de France, on ne peut pas se résoudre à l’oubli, bien au contraire. Il a fallu attendre 1999 pour que les députés français désignent enfin par le mot «guerre» ce qui s’est passé en Algérie entre 1954 et 1962. Auparavant, il s’agissait officiellement de simples «événements». Il est temps, désormais, que la vérité soit dite à propos des crimes commis par l’armée française en Algérie : ce sont des crimes d’Etat, ils doivent être reconnus comme tels. La France doit rompre avec cette mémoire officielle trouée, gangrenée par le déni. C’est la condition d’une mémoire apaisée, en France même, mais aussi entre les deux rives de la Méditerranée.

June 8th 2018, 6:36 am

Audin se considérait comme un Algérien à part entière et militait activement pour l’indépendance de

El Watan

- Comment avez-vous connu Maurice Audin ? Je l’ai connu en tant que membre du Parti communiste algérien (PCA), auquel nous avons adhéré à la même période, au début des années cinquante. Il était surtout très actif au sein de la cellule Langevin des étudiants communistes, mais il fréquentait aussi La Robertsau (foyer des étudiants musulmans de l’université d’Alger, ndlr). Il était très proche de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord (AEMAN), qui deviendra l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema) en 1955. Je dois dire qu’il était, parmi une dizaine d’autres étudiants communistes (Rebbah Noureddine, Mohammed-Saïd Salah, Ahmed Inal, Abdelhafid Ihaddaden, etc.) parmi les plus actifs et engagés dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Maurice Audin, en particulier, était un militant remarquable et intelligent, avec une grande capacité d’écoute et d’analyse. - A votre connaissance, est-ce qu’il avait une relation directe avec les membres de la direction de la Révolution algérienne qui se trouvaient à Alger ? Je sais qu’il entretenait des contacts avec certains cadres et étudiants du Front de libération nationale (FLN). Je pense à Mohamed Seddik Benyahia, à Lamine Khène, à Allaoua Benbaatouche et à d’autres leaders, étudiants membres du FLN, qui vont d’ailleurs décréter la grève du 19 mai 1956. A cette époque, Maurice et sa femme Josette activaient politiquement dans la clandestinité à cause de l’interdiction du PCA, le 13 septembre 1955. Ce jour-là, je me souviens de m’être rendu chez eux. Nous avons discuté de ce qu’il fallait faire après cette décision afin de maintenir notre action politique clandestinement. C’est la dernière fois que je l’ai rencontré. Je garde toujours l’image de lui et de son épouse penchés tendrement sur le berceau de leur enfant. Je n’imaginais pas que vingt mois plus tard, il allait être assassiné d’une façon atroce. - Quel a été son rôle concret durant la Guerre de Libération nationale, particulièrement au sein du PCA, qui lui a valu d’être arrêté ? Contrairement à ce qu’ont déclaré certains responsables militaires après son assassinat, Maurice Audin n’était pas impliqué dans l’action armée menée par le PCA à travers l’organisation des Combattants de la libération (CDL). Lui, il menait le combat plutôt sur un plan politique, notamment avec son ami Henri Alleg – avec qui il militait pour, entre autres, lever l’interdiction qui frappait le journal Alger Républicain (interdit depuis septembre 1955, ndlr) – et certains membres de la direction du PCA dissous restés actifs, à l’instar de Paul Caballero et Larbi Bouhali. Ce dernier a pu d’ailleurs quitter clandestinement l’Algérie, fin 1956, grâce à un plan de sortie auquel Maurice Audin a largement contribué. En outre, il organisait une partie du service médical mis en place par le PCA au profit de ses militants. C’est ainsi qu’il a reçu chez lui Paul Caballero, en avril 1957, afin que celui-ci soit soigné par le docteur Georges Hadjadj. Ce qui a été la raison de son arrestation (arrêté et torturé par les parachutistes, le docteur Hadjadj avait donné le nom de Maurice Audin, ndlr). Jusque-là, les directions et actions du PCA et du CDL étaient séparées. Ce n’est qu’après l’arrestation de Maurice Audin, suivie de celles des camarades Henri Alleg, Paul Caballero et André Moine, que nous avions décidé, Bachir Hadj Ali et moi, de reprendre la direction de l’ensemble des activités politiques et armées du parti. - Dans sa vie et son engagement, quelle relation avait Maurice Audin avec l’Algérie et le peuple algérien ? Maurice Audin se considérait comme un Algérien à part entière et militait activement pour l’indépendance de son pays. Il a adopté la position et les revendications du PCA. C’est-à-dire aboutir à une Algérie indépendante où tous les Algériens, y compris ceux d’origine européenne qui demandent la nationalité algérienne, vivent en paix et construisent ensemble leur pays. Il faisait partie des militants dits «européens» pour qui l’Algérie était leur seule patrie, comme Henri Maillot, Fernand Iveton et beaucoup d’autres. Ils avaient une relation profonde et charnelle avec l’Algérie, ils sentaient et défendaient leur appartenance à la nation algérienne, et ce, malgré les pressions d’une partie des pieds-noirs. Ce qui me rend triste, c’est de penser que s’ils avaient survécu, ils seraient sans doute parmi les premières victimes de la répression antidémocratique en Algérie après l’indépendance. En effet, leur engagement n’était pas uniquement patriotique, mais aussi social et démocratique.

June 8th 2018, 6:36 am

Plus de 3000 Algériens ont connu le même sort que Maurice Audin

El Watan

- Présentez-nous un peu votre association et ses principaux objectifs... Au début des années 2000, avec la contribution des anciens membres du Comité Maurice Audin (créé en 1957 par Pierre Vidal-Naquet et Laurent Schwartz, ndlr), nous avons constitué un groupe dont le but était de demander aux autorités parisiennes d’attribuer le nom d’Audin à un lieu public. Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, avait accepté et c’est ainsi que nous avons eu la place Maurice Audin dans le 5e arrondissement, inaugurée en 2004. C’est à ce moment-là que nous avons créé notre association afin de poursuivre le combat pour la vérité sur la disparition de Maurice Audin et la reconnaissance de ce crime d’Etat par la France. Nous dénonçons également la torture comme un système institué, couvert, protégé et accepté par les autorités politiques françaises durant la guerre d’Algérie. - Expliquez-nous en quelques mots pourquoi la disparition d’Audin est considéré comme un crime d’Etat. Nous exigeons que la France reconnaisse sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin sous la torture. C’est-à-dire que nous ne parlons pas de quelques militaires directement impliqués dans cette affaire auxquels il faudrait imputer ce crime, par exemple les parachutistes du général Massu, mais plutôt de la responsabilité de l’Etat français qui faisait la Guerre d’Algérie et refusait l’indépendance du pays. Pour casser la détermination des indépendantistes algériens, la France a eu recours à des méthodes inacceptables : la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées, etc. Au même titre que ce qu’ont fait Jacques Chirac et ses prédécesseurs en reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans la déportation et le génocide des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, nous demandons à ce que le président de la République reconnaisse officiellement les crimes d’Etat commis au nom de la France durant la guerre d’indépendance algérienne. Ces crimes sont liés aux lois d’exception appliquées en Algérie, notamment durant la Bataille d’Alger, qui donnaient les pouvoirs de police à l’armée française. Dans ce contexte, les parachutistes ont arrêté, torturé et assassiné Audin. Par ailleurs, plus de 3000 Algériens ont connu le même sort que Maurice Audin. - Vous appelez à un rassemblement, le 11 juin, sur la place Maurice Audin (Paris). Avec quel mot d’ordre ? C’est la date anniversaire de l’arrestation de Maurice Audin. Donc on va s’en servir pour renouveler notre appel à l’Etat français de se soumettre à l’exigence de vérité en reconnaissant au moins deux éléments : le statut de «crime d’Etat» dans l’affaire Audin et la responsabilité des plus hautes autorités politiques françaises dans la pratique de la torture. Plusieurs acteurs de la société civile restent mobilisés dans cette quête de justice. Durant ces derniers mois, ils ont même créé une nouvelle dynamique et un renouveau de l’action. Il y aura, en plus de notre association, la participation de la Ligue des droits de l’homme, l’Association des anciens combattants contre les guerres coloniales, etc. - Pensez-vous qu’Emmanuel Macron reconnaîtra la responsabilité de la France dans ce crime d’Etat ? Même s’il reste insuffisant, le premier pas fait par François Hollande, en disant que Maurice Audin est mort pendant sa détention, est très important. L’ancien Président a réduit à néant l’hypothèse officielle de l’armée française qui disait qu’Audin s’était échappé. Nous espérons qu’Emmanuel Macron va aller plus loin surtout en sachant que son ami Cédric Villani, mathématicien très engagé avec nous dans le combat pour la vérité, a fait des déclarations publiques laissant entendre que le président de la République est favorable à la reconnaissance du crime d’Etat. Toutefois, je pense sincèrement que ce sera vraiment compliqué pour lui car il y a encore beaucoup de résistances au sein de la société et de la classe politique en France qui empêchent qu’on dise la vérité sur l’ampleur des crimes et des massacres commis en Algérie par l’armée française.

June 8th 2018, 6:36 am

Match amical : Piètre exhibition des Verts devant les Portugais

El Watan

La sélection algérienne de Rabah Madjer n’a finalement pas fait le poids, hier, au stade de la Luz à Lisbonne, face au champion d’Europe 2016, le Portugal, en s’inclinant sur le score de 3 buts à 0. D’entrée de jeu, les Algériens avaient compris que leur soirée allait être très compliquée. Les coéquipiers du revenant Renaldo ont poussé Benmoussa & Co dans leurs derniers retranchements, les obligeant à dégager le ballon comme ils le pouvaient. Salhi, qui a retardé la sanction, n’a rien pu faire après la reprise de Guedes sur une bonne remise de tête de de Bernando Silva (17’). Même si les Portugais ont levé un peu le pied, ils sont restés les plus menaçants. C’est ainsi sur une accélération, Ronaldo dépose le cuir la tête de Fernandes, qui double facilement le score (39’). En seconde période, les poulains de Madjer se sont effondrés corps et âme en subissant le jeu, concédant une troisième réalisation signée par le buteur du jour, Guedes, de la tête, sur laquelle Salhi n’a rien pu faire (63’). Les Algériens sont restés inoffensifs. En fin de match, le remplaçant Bounedjah s’est signalé en voyant son tir de la tête sortir par le gardien Rui Patricio (88’). L’arbitre anglais a mis fin au supplice des Algériens et du coach Rabah Madjer en sifflant la fin du match. La sortie face au mondialiste portugais a mis à nu des carences inquiétantes. Et avec des prestations comme celle de Lisbonne, même la qualification en phase finale de la CAN-2019 devient utopique, bien qu’elle se jouera entre 24 pays. Le changement continuel de joueurs et de postes a beaucoup contribué dans la piètre exhibition d’hier soir. On citera seulement meilleur passeur de la Ligue 2 française, Ferhat, qui s’est retrouvé dans un rôle de défenseur sans grand succès. Après cette sortie complètement ratée, tous les regards des Algériens seront braqués sur le premier responsable de la Fédération algérienne de football, Kheireddine Zetchi, qui devra se prononcer sur l’avenir de Rabah Madjer, que tout le monde annonce partant après la série de mauvais résultats. Les Verts ont concédé leur troisième revers de suite avec l’équipe première : Iran (1-2), Cap Vert (2-3) et la défaite d’hier face au Portugal (0-3). La dernière sortie médiatique du champion d’Europe 1987, lors de la conférence de presse d’avant-match dans laquelle il invitait les journalistes portugais à diffuser l’information au monde entier qu’on voulait le limoger, lui a fait perdre le peu de soutien qu’il avait encore. Et à présent, nombreux sont ceux qui demandent sa tête.

June 8th 2018, 6:09 am

Tant que des militaires encore vivants peuvent être impliqués, le silence restera la règle...

El Watan

- Vous êtes l’un des militants les plus actifs dans la quête de vérité sur la disparition de Maurice Audin. Qu’est-ce qui vous motive essentiellement ? Ma motivation principale est liée à mon «expérience» d’appelé pendant la Guerre de libération de l’Algérie. J’ai passé 9 mois, de juin 1961 à mars 1962, à la Villa Susini, seul lieu à Alger où la pratique de la torture a été mise en œuvre pendant toute la période du conflit puisque les autres centres n’ont été actifs que quelques mois ou quelques années. Quand on découvre sur place l’horreur de ces pratiques et qu’on se sent impuissant, pris dans une sorte de prison à ciel ouvert, on ne peut ensuite que se révolter et condamner sans aucune circonstance atténuante ce que représente ce type de crimes contre l’humanité. Alors, tout naturellement, le cas emblématique de Maurice Audin devient un objectif prioritaire, un objectif de vie, pour que ce crime d’Etat soit enfin reconnu comme tel. Il faut que la vérité soit connue sur les conditions de son assassinat (ordre hiérarchique, «accident» lors d’une séance de torture ou «jeu» macabre…) et sur ce qu’est devenu son corps. C’est une nécessité absolue de vérité, pour sa famille, ses amis, pour l’histoire... C’est la raison fondamentale pour laquelle je suis intervenu à plusieurs reprises, soit à titre individuel, soit comme responsable associatif, auprès des plus hautes autorités de l’État, et à ce jour sans succès mais pas découragé. - Comment jugez-vous l’avancée de l’affaire, particulièrement depuis la présidence de François Hollande ? François Hollande, en publiant le communiqué de l’Elysée du 18 juin 2014, a fait un pas important en déclarant qu’Audin «ne s’est pas évadé, il est mort durant sa détention». Cela remettait donc en cause la version officielle rocambolesque à laquelle personne ne croyait. Or, le communiqué évoquait l’existence de documents et de témoignages «suffisamment nombreux et concordants» qui ont infirmé la thèse de l’évasion. Donc, le 5 septembre 2014, à l’occasion d’une cérémonie présidée par le général De Villiers où j’étais invité, j’en ai profité pour lui remettre une lettre ouverte demandant à ce que lesdits documents et témoignages soient rendus publics. Puis, le 25 mai 2015, je suis intervenu auprès du président de la République pour demander, entre autres, que l’on puisse connaître ces éléments. - Etqu’est-ce que cela a donné ? Aucune réponse ! Cela m’a d’ailleurs valu des ennuis avec le Général Schmitt qui m’a fait condamner pour diffamation. J’avais écrit dans mes requêtes que Schmitt, officier de renseignements durant la période de la Bataille d’Alger, même s’il a pris son poste après la «disparition» de Maurice Audin, aurait pu quand même savoir comment ce prisonnier était disparu car il était chargé d’enquêter sur des attentats qui ont été perpétrés avant l’arrestation du militant communiste. Malheureusement, la justice française m’a condamné et confirmé que ce militaire ne savait rien sur cette question. Ceci dit, en analysant ses deux livres témoignages évoquant cette période, on peut être un peu dubitatif. De manière générale, sous la présidence de Hollande, on constate une certaine avancée, mais ils restent beaucoup d’interrogations qui ne permettent pas, sur le fond, de connaître la vérité. - Contrairement à ce que pensent et disent beaucoup d’observateurs, vous considérez qu’Emmanuel Macron semble reculer par rapport aux pas franchis jusque-là par l’Etat français. Pourquoi ? Les déclarations du candidat Emmanuel Macron donnaient un sérieux espoir. Lors de son voyage en Algérie, il avait déclaré que le colonialisme est un crime contre l’humanité. Quelques semaines plus tard, le 5 mai 2017, il s’est engagé devant la rédaction de Mediapart à prendre des «actes forts» sur cette période de notre histoire. Toutefois, le 26 mai 2017, à l’occasion du 60e anniversaire de la disparition de Maurice Audin, une lettre ouverte, que j’ai coordonnée avec l’historien Gilles Manceron, a été envoyée à M. Macron en tant que président de la République en lui demandant de faire la lumière sur la vérité historique relative à cet assassinat. Deux mois plus tard, une réponse affligeante de son chef de cabinet nous parvenait : «Je puis vous indiquer que le sujet est connu du chef de l’Etat et des membres de son cabinet qui ont été attentifs à votre démarche.» Une année plus tard, rien de nouveau, pas de complément à cette réponse laconique. Par ailleurs, Cédric Villani, très proche d’Emmanuel Macron, a communiqué sur les intimes confidences de notre Président : Maurice Audin aurait été assassiné (ou exécuté) par l’armée. Mais selon ces mêmes confidences, il n’existerait aucun document ou archive pour permettre de donner une certitude. Mais alors, que sont devenus les témoignages et les documents évoqués par son prédécesseur ? Je pense sincèrement, que l’armée française reste la «Grande Muette». Tant que des militaires encore vivants peuvent être impliqués, le silence restera la règle absolue dans l’affaire Audin. - Mais M. Macron pourrait quand même reconnaître le statut de «crime d’Etat» dans cette affaire, non ? Evidemment qu’il devrait le faire. Ce serait dans le sens de ses engagements de candidat, même s’il a souvent été ambigu dans ce domaine. Plus d’un an après sa prise de fonction, on constate qu’il ne semble pas prendre le chemin espéré ! Quant à ses «confidences», on peut les interpréter de deux façons : soit il a une certaine volonté de concrétiser l’évidence qu’il s’agit d’un crime d’Etat mais il prend son temps pour connaître toute la vérité ; soit, il n’ose pas entamer un nouveau conflit avec la hiérarchie de l’armée compte tenu des difficultés qu’il a rencontrées avec elle au début de son quinquennat. En effet, les militaires refuseraient certainement de mettre en accusation certains des leurs. - Que proposez-vous comme démarche à entreprendre par le gouvernement français pour répondre à l’ensemble des questions posées dans ce dossier ? On imagine que toute archive compromettante pour l’armée a été expurgée ou du moins édulcorée dès le début des faits. J’ai fait l’expérience de cette pratique quand j’ai consulté des archives qui concernaient mon bataillon. Néanmoins, on peut supposer que François Hollande n’a pas fait sa déclaration de 2014 sans des éléments très concrets. Logiquement, il s’est exprimé à partir de témoignages et de documents, reconstitués par les militaires de l’époque encore vivants avec la collaboration de l’ancien chef d’état-major des armées, le général De Villiers. Il est d’ailleurs probable, du moins on peut le supposer, que l’État-major n’a fait qu’une communication orale sans dévoiler concrètement les documents et témoignages de façon concrète. Donc, même si pour l’armée il n’est pas question de dévoiler publiquement ces informations et elles doivent rester soumises au «secret-défense», il faut qu’on puisse y accéder. Par ailleurs, il y a eu l’idée de faire une commission d’enquête, évoquée le 13 avril 2018 par les députés Sébastien Jumel et Cédric Villani. Cette procédure, certes longue, aura le pouvoir d’imposer aux personnes sollicitées de répondre aux questions posées et de les poursuivre en justice s’il s’avérait que leurs témoignages sont mensongers. Depuis, on semble s’orienter plutôt vers une mission d’information, pilotée par l’Elysée, avec la crainte que les auditions ne se font pas sous le serment de vérité. Dans ce cas, les personnes sollicitées ne seront pas contraintes de répondre ou de coopérer, y compris les militaires ayant servi à Alger dans la période des faits. On risque alors de ne pas rassembler assez de preuves pour avoir la certitude qu’il s’agissait d’un crime d’État. Ce serait une façon d’enterrer la question et d’interdire à toute la vérité d’être connue. Mais quoi qu’il arrive, le débat pour connaître la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin se poursuivra. Il démontre la nécessité d’un combat, sans doute encore long, pour que les crimes contre l’humanité, les crimes d’Etat et les crimes de guerre commis pendant la Guerre d’Algérie soient enfin reconnus et condamnés par la France.

June 8th 2018, 6:09 am

Affaire Maurice Audin : Le moment de vérité historique

El Watan

L’affaire Maurice Audin est celle de ce mathématicien algérien, d’origine européenne, arrêté par l’armée française le 11 juin 1957. Il sera torturé puis assassiné au motif de son engagement politique pour l’indépendance de l’Algérie. 61 ans après, la France est interpellée pour reconnaître ce crime d’Etat. Six décennies sont passées depuis le 11 juin 1957, date fatidique pour le militant indépendantiste algérien Maurice Audin, arrêté, torturé et exécuté par l’armée coloniale. Le 11 juin 2018, l’espoir pour que la France reconnaisse sa responsabilité dans ce crime d’Etat et le condamne officiellement n’est pas encore perdu. Bien au contraire. Cela donne la force à son épouse Josette, à ses enfants (Michèle, Louis et Pierre) et à tous ceux qui luttent encore, de Paris à Alger, pour faire triompher la justice et la vérité dans cette affaire. Celle-ci a retrouvé un nouveau souffle depuis mai 2017, avec l’élection d’Emmanuel Macron. Selon des confidences rapportées plusieurs fois par des médias, notamment entre janvier et février 2018, le nouveau locataire de l’Elysée serait «convaincu, à titre personnel, qu’Audin a été assassiné par l’armée française» et aurait ordonné à ce que toutes les archives concernées soient ouvertes et traitées afin de rassembler des preuves suffisantes sur le déroulement des faits. Cité par l’AFP le 13 février, il a indiqué que ce n’est «pas raisonnable de reconnaître un crime d’Etat sans en avoir les preuves». Entre temps, L’Humanité (14 février) donne la parole à un témoin anonyme, un ancien appelé qui pense avoir «enterré le corps de Maurice Audin» en Algérie. Ensuite, le 29 mai, le quotidien communiste lance un appel, «Pour la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice Audin», publié sous forme de lettre ouverte adressée au président Macron. On peut y lire : «Vous avez promis ‘des actes forts sur cette période de l’histoire’ [la guerre d’Algérie]. La reconnaissance des sévices subis par Maurice Audin, puis de son assassinat par l’armée française serait cet acte fort. Le moment est venu. Pour sa famille d’abord, qui l’attend depuis plus de soixante ans, mais aussi pour les milliers d’Algériens ‘disparus’ comme Maurice Audin de l’autre côté de la Méditerranée.» Ce document est porteur d’un nouvel espoir à l’occasion du 61e anniversaire de la disparition du martyr Maurice Audin, d’autant plus qu’il est cosigné par de nombreuses personnalités proches du président français. Cas emblématique Entre autres, il y a l’historien Benjamin Stora, qui le conseille à propos des relations avec l’Algérie, et le mathématicien Cédric Villani, son ami et député de la République en marche (LREM). C’est ce dernier qui a parlé le premier, en janvier 2018, de l’«intime conviction» de Macron. On peut donc imaginer qu’ils lui conseilleront de franchir le pas vers la reconnaissance officielle du crime d’Etat. Pour ce faire, il faut «un peu de courage», concède Michèle Audin, auteure du livre Une vie brève (2013) consacré à son père. Elle considère que le président français se doit de satisfaire enfin les attentes de tous ceux, en Algérie et en France, qui «attendent que la République prenne des positions honnêtes et courageuses sur le rôle de la France pendant la guerre d’Algérie». Ce qui permettra, selon Claire Hocquet, avocate de la famille Audin, que «les derniers témoins en vie se sentent enfin autorisés à témoigner et à dévoiler les archives privées qu’ils peuvent détenir afin que puissent être levées les dernières interrogations sur les circonstances exactes de cet assassinat». Ce serait ainsi un grand moment de vérité historique, qui fera entrer la réconciliation entre les Etats et peuples algérien et français dans une nouvelle étape puisque Maurice Audin est un cas emblématique de ce qu’ont vécu des milliers d’Algériens entre 1954 et 1962. Nils Andersson, militant anticolonialiste suisse et grand ami de la Révolution algérienne, explique que la question principale posée dans ce débat, depuis au moins la parution du livre L’Affaire Audin (1958) de l’historien Pierre Vidal-Naquet, c’est justement celle de «reconnaître la vérité historique. C’est-à-dire la capitulation du pouvoir civil devant le pouvoir militaire et le recours par l’armée à la torture comme moyen et méthode de guerre, en application du concept de ‘guerre contre insurrectionnelle’ théorisé par le colonel Lacheroy». Une décision politique Effectivement, à partir du 7 janvier 1957, les pouvoirs de police sont transmis à l’armée sur ordre de Robert Lacoste, alors gouverneur général et ministre d’Algérie. En se référant aux pouvoirs spéciaux, adoptés en mars 1956 par l’Assemblée nationale française, Lacoste délègue les pleins pouvoirs au général Jacques Massu, commandant de la 10e division parachutiste, pour mener la Bataille d’Alger (janvier-octobre 1957). C’est dans ce contexte que Maurice Audin a disparu. Or, à cause des lois d’amnistie qui concernent les infractions et les crimes commis en Algérie entre le 1er novembre 1954 et le 3 juillet 1962 dans le cadre des opérations militaires et de police (décrets du 22 mars 1962 et du 18 juin 1966), maître Hocquet affirme qu’«il n’y aura jamais de procès sur l’assassinant de Maurice Audin». D’ailleurs, l’affaire est définitivement enterrée sur le plan judiciaire depuis décembre 1966. Donc, pour rétablir la justice, il ne reste qu’à attendre une décision politique forte de l’actuel détenteur de ce pouvoir, en l’occurrence Emmanuel Macron. C’est pourquoi Josette Audin lui rappelle, à la moindre occasion qui lui est donnée, non seulement ses engagements de candidat, mais aussi les valeurs que la France est censée défendre en tant que pays des libertés et des droits de l’homme ; valeurs qui vont évidemment à l’opposé des disparitions forcées, des exécutions sommaires et de la torture, qu’on soit dans un contexte de paix ou en période de guerre. C’est, en effet, le principe même d’une République. Wait and see !

June 8th 2018, 6:09 am

Qui veut déstabiliser la Kabylie ?

El Watan

Evoluant sur un fil de rasoir depuis quelques années déjà, Ferhat Mehenni a fini pas sauter le pas. Dans l’inconnu. La bride est lâchée. Du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) lancé – non sans opportunisme – durant les événements meurtriers qu’a connus la région en 2001 à l’option sécessionniste, l’ancien chanteur engagé vient de franchir un nouveau cap aux conséquences qui peuvent être fâcheuses. La «ligne rouge» est franchie. Son appel à la «mise sur pied des corps de contrainte et d’une organisation de sécurité» scelle une rupture définitive avec l’esprit pacifique, qui a de tout temps caractérisé les luttes démocratiques dans la région. Ce caractère pacifique qui a été depuis toujours l’ADN des combats menés par la génération militante à laquelle Ferhat Mehenni pourtant appartenait. C’est ce qui a fait la singularité du combat identitaire, démocratique et des droits de l’homme. Mais, le fils de Illoula (Azazga) a fait le choix d’inscrire désormais sa démarche dans une logique qui peut conduire vers l’irréparable. Car elle prépare le lit de la violence. Dans un contexte national extrêmement tendu, rempli d’incertitudes et dans un pays installé dans une impasse historique, il suffit d’une étincelle pour que tout bascule. L’Algérie n’a pas besoin d’un scénario du pire. Encore moins la Kabylie qui n’a pas encore pansé ses blessures. La plaie du printemps de 2001, où 126 jeunes assassinés par les balles de la gendarmerie, reste ouverte. C’est un traumatisme insurmontable, d’autant que la justice n’a pas été rendue. La stratégie de lutte que Ferhat Mehenni entend mettre en place risque d’ouvrir les portes de l’enfer. Non pas pour lui personnellement, mais pour toute la région et surtout pour ses partisans dont la majorité s’est engagée sincèrement. Les emmener sur un terrain autre que celui de la lutte pacifique, c’est leur ouvrir des perspectives sombres. C’est faire preuve d’une irresponsabilité politique et morale. Cette stratégie du pire poursuivie par  «le maquisard de la chanson» autorise beaucoup de questionnements. Quel diable l’a-t-il pris ? Comment celui qui fut le chantre du pacifisme bascule avec une facilité déconcertante dans ce qui s’apparente à des prémices de la violence ? C’était prévisible. Depuis le lancement de son mouvement autonomiste et surtout depuis son installation en France, Ferhat Mehenni s’extrémise. Farouchement engagé aux confins de l’éthnicisme, Ferhat s’attelle à construire graduellement un discours provocateur, subversif et dangereux. Se proclamant chef de la Kabylie autodésigné et mettant sur pied un fantomatique «gouvernement provisoire», il escalade un à un les étages d’une construction politique effrayante. A partir de Paris, il envoie ses partisans en Kabylie au charbon, certains d’entre eux ont pris leurs distances – parce qu’ayant vite détecté les dérives – sont voués aux gémonies. Il les a couverts de persécution. «Celui qui n’est pas avec lui est un mauvais Kabyle, un traître». La Kabylie, qui a toujours était à l’avant-garde des luttes démocratiques, plurielles et pacifiques, est poussée pas à pas dans le moule de la pensée unique. Nombres d’acteurs politiques de la région voyaient venir le danger. Pour eux, la tendance autonomiste devenue indépendante, certes minoritaire, prend en otage la région, fait du mal aux partis démocratiques traditionnellement implantés en Kabylie, désormais montrée du doigt. Jouant sur la fibre «nationaliste kabyle» contre «les algériannistes», Ferhat Mehenni parasite tout débat démocratique et pluriel. C’est lui enlever lui sa singularité à ce «bastion de la démocratie» qui a toujours été son caractère emblématique. Et c’est surtout renier son engagement pour la démocratisation de l’Etat et de la société. D’évidence «l’évolution» récente  profite aisément aux tenants du pouvoir qui combattent vigoureusement toute demande démocratique. Systématiquement, les militants politiques sont malmenés, empêchés  et réprimés. Le combat pour un changement pacifique n’a jamais été le terrain favori des tendances lourdes au sein du sérail. De tout temps, les durs du régime politique ont privilégié les techniques des manipulations les plus sordides, le désordre violent. A intervalle régulier, la Kabylie a été un champ d’expérimentation des plans échafaudés dans l’ombre du régime. A la veille d’une élection présidentielle des plus incertaines, cherche-t-on à déstabiliser la Kabylie ? De toute évidence, le mouvement indépendantiste arrange plus qu’il ne dérange. Si Ferhat n’existait pas, le pouvoir l’aurait inventé, car il n’existe que par les diables qu’il choisis ou qu’il s’invente. Il faut toujours un ennemi extérieur ou intérieur. Certes dans ce que pourra provoquer l’appel du chef indépendantiste, Ferhat Mehenni en assumera une totale responsabilité. Mais celle du pouvoir politique est entière. C’est par ses méthodes autoritaires qu’il rend possible l’extrémisme, qu’il rend inévitable les ruptures violentes. Son incapacité à se réformer et son refus d’ouvrir des perspectives enchantantes plongent le pays dans une périlleuse impasse. La mouvance qu’incarne Ferhat est l’un des symptômes majeurs de cette impasse historique.

June 7th 2018, 6:09 am

L’Algérie face à ses vulnérabilités

El Watan

La crise des subprimes s’est traduite, en Algérie, par une forte contraction des exportations d’hydrocarbures : -42,53% en valeur en 2009. La production d’hydrocarbures est en baisse depuis une dizaine d’années. Les volumes exportés se sont rétrécis comme peau de chagrin, suivant le ralentissement que connaissait l’amont pétrolier et gazier. C’est un secret de Polichinelle. Depuis 2008, la courbe de la production et celle de l’exportation d’hydrocarbures étaient marquées par des tendances baissières ininterrompues, conséquemment à l’état de désinvestissement que connaissait l’amont pétrolier en gazier. En effet, en 2008, alors que les prix du pétrole caracolaient en moyenne à plus de 111,51 dollars le baril au premier semestre et à 88,22 dollars au second semestre, les exportations d’hydrocarbures ont chuté, en volume, de 4%. Durant cette année, la planète financière allait être secouée par une dépression sans précédent. La crise des subprimes s’est traduite, en Algérie, par une forte contraction des exportations d’hydrocarbures : -42,53% en valeur en 2009. En volume, la tendance baissière amorcée depuis 2007 s’est poursuivie avec, au tableau, une croissance négative des exportations (-9,76%) durant la même année. En 2010, les exportations d’hydrocarbures se sont chiffrées, en valeur, à 56,12 milliards de dollars, alors que les quantités exportées ont connu une baisse de 1,78%. Les volumes exportés ont connu une diminution de 4,89% en 2011, de -3,3% en 2012 et de -7,37% en 2013, lit-on dans les différentes notes de conjoncture de la Banque d’Algérie. En 2014, année durant laquelle le marché pétrolier allait connaître un de ses pires contrechocs, les exportations algériennes d’hydrocarbures ont baissé de 1,74%. L’année suivante a été marquée par un léger changement de tendance puisque la croissance du secteur de l’énergie enregistra un bond de +0,4%. L’année 2016 a confirmé ensuite le bon résultat de 2015 avec une croissance supérieure à 7%. Du jamais vu depuis au moins une décennie. Cependant, l’année dernière a rompu la série des croissances positives entamée depuis 2015. L’agence Reuters, qui a répercuté récemment les grands axes d’un document confidentiel de la Banque d’Algérie, a levé le voile sur un retour aux contre-performances. Un mauvais résultat que la Banque centrale avait communiqué dans sa dernière note de conjoncture. La plus haute autorité monétaire avait indiqué que les quantités d’hydrocarbures exportées durant le premier semestre de 2017 ont baissé de près de 6% par rapport au second semestre de 2016. La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé le retour du secteur des hydrocarbures aux mauvais résultats en 2017. «La croissance du PIB réel a fortement ralenti, en raison principalement d’une contraction de la production d’hydrocarbures, même si la croissance du secteur hors hydrocarbures est restée stable», lit-on dans un communiqué de l’institution de Bretton Woods, diffusé à l’issue de la visite de ses experts à Alger, au titre de l’article IV de ses statuts. Dans une étude présentée récemment lors d’un séminaire du FCE sur la transition énergétique de l’Algérie, Abdelmadjid Attar, ancien ministre et ex-PDG de Sonatrach, avait, à son tour, sonné le tocsin quant à une situation qui vire au rouge : «Même si le territoire est considéré comme sous-exploré alors qu’il est couvert à 64% par des permis de prospection et recherche, on constate que le potentiel conventionnel résiduel est en train d’évoluer négativement depuis une décennie.» Même si les variables sur la production et la récupération pourraient évoluer positivement, «la rente dépendra du marché et non du niveau de production», souligne Abdelmadjid Attar dans cette étude. Mais peut-on bâtir une stratégie de développement et garantir à long terme la sécurité énergétique sur cette seule base «volumétrique» sans compter celle des prix à l’exportation et la croissance effrayante et non maîtrisée de la consommation interne ? Telle est la question que se pose Abdelmadjid Attar face aux enjeux de la baisse de la production, de la hausse effrénée de la consommation interne et d’un marché pétrolier sous haute tension.  Au sujet de la consommation énergétique nationale, les prévisions du ministère de l’Energie s’établissent à 55 milliards mètres cubes en 2019 pour le gaz naturel, alors que le groupe Sonelgaz prévoit 47 milliards de mètres cubes en 2023 et 75 milliards de mètres cubes en 2030. Quant aux carburants, la consommation est passée de 5,7 MMT en 2000 à 16 MMT en 2015 ; il est prévu qu’elle passe à 30 MMT en 2030. La capacité de production électrique est passée, elle, de 5900 MW en 2000 à 17 000 MW en 2015. Il est prévu qu’elle atteigne 60 000 MW en 2030 (dont 37% en renouvelable). La production électrique est passée de 25 TWh en 2000 à 70 TWh en 2015 ; il est prévu qu’elle passe à 150 TWh au moins en 2030, lit-on dans l’étude présentée par M. Attar, qui croit dur comme fer que le taux de croissance de la consommation énergétique est l’un des principaux paramètres de vulnérabilité de l’Algérie. A terme, l’Algérie risque de ne plus pouvoir exporter d’hydrocarbures compte tenu de l’évolution de la consommation interne. La baisse de la production d’hydrocarbures est l’autre facteur de stress auquel fait face le pays.

June 6th 2018, 10:18 am

Equipe nationale : Les Verts à pied d’œuvre à Lisbonne

El Watan

Les Verts se sont envolés, hier, vers la ville portugaise de Lisbonne, via un vol spécial d’Air Algérie, en prévision de la rencontre amicale face au Portugal, prévue demain à partir de 20h15. Ayant rejoint leur lieu d’hébergement, l’hôtel Marriott de Lisbonne, vers 17h, les joueurs ont effectué, sur place, une première séance d’entraînement à 22h. La Fédération portugaise leur a réquisitionné pour l’occasion le stade national de Jamor. Aujourd’hui, le groupe s’entraînera sur la pelouse principale de l’Estádio do Sport Lisboa e Benfica, qui accueillera la rencontre. Il faut dire que malgré la défaite «inattendue» de vendredi dernier face au Cap-Vert (2-3), le staff technique national a fait en sorte que les joueurs soient dans leurs meilleures dispositions à la veille de cette empoignade importante face au Portugal. Les Verts veulent à tout prix se racheter auprès du public. Avant-hier, à la veille du départ pour le Portugal, le staff avait programmé pour les joueurs un travail de renforcement des muscles, comme cela a été signalé sur le site de la Fédération algérienne de football (FAF). La FAF dénonce l’«acharnement» Par ailleurs et probablement pour atténuer un tant soit peu la pression qui pèse sur le sélectionneur national à la veille de cette rencontre face au Portugal, la FAF a rendu publique, avant-hier, une déclaration pour s’élever contre l’«acharnement» que subi Rabah Madjer depuis la défaite face au Cap-Vert, mais aussi pour dénoncer les «ingérences» de certaines parties dans les affaires de la Fédération. «Des voix non autorisées se sont élevées pour réclamer des changements dans la gestion technique de l’équipe nationale A notamment au lendemain de la défaite en match amical face au Cap-Vert», a signalé l’instance fédérale, avant d’affirmer que «le président de la FAF et son bureau fédéral, tout en respectant les avis des uns et des autres, rappelle à l’opinion publique que toutes les décisions engageant l’avenir du football national et de l’équipe nationale sont de la seule et unique souveraineté du bureau fédéral de la FAF comme stipulé dans l’article 36 des statuts de la Fédération». A cet effet, «le président de la FAF et les membres du bureau fédéral dénoncent la campagne d’acharnement menée contre la personne du sélectionneur national surtout à la veille d’une rencontre amicale aussi importante contre le Portugal ce jeudi 7 juin à Lisbonne». Il faut rappeler que les Verts préparent les éliminatoires de la CAN 2019. Versée dans le groupe D, l’Algérie se rendra en septembre en Gambie pour le compte de la deuxième journée. Lors de la première journée, les Verts avaient battu le Togo (1-0). La quatrième équipe du groupe D est le Bénin.

June 6th 2018, 10:18 am

Alger cherche-t-elle le parapluie américain ?

El Watan

Sonatrach a fait appel à quatre bureaux de consulting, spécialisés notamment dans les domaines des lois sur les hydrocarbures. Le cabinet d’avocats américain Curtis, Mallet-Prévost, Colt & Mosle LLP fait partie de ces bureaux qui vont donc indirectement concevoir ce projet de loi sur les hydrocarbures pour le rendre «plus attractif». Pour se doter d’un nouveau dispositif juridique régissant le secteur des hydrocarbures, l’Algérie, par le biais de son groupe pétrolier Sonatrach, sollicite l’expertise américaine en la matière. L’information n’est pas venue d’un canal officieux, mais du PDG du groupe lui-même. Ainsi donc, Sonatrach a fait appel à quatre bureaux de consulting, spécialisés notamment dans les domaines des lois sur les hydrocarbures. Le cabinet d’avocats américain Curtis, Mallet-Prévost, Colt & Mosle LLP fait partie de ces bureaux qui vont donc indirectement concevoir ce projet de loi sur les hydrocarbures pour le rendre «plus attractif». Cette annonce suscite étonnement et questionnements. D’abord, pourquoi est-ce Sonatrach qui se charge de la préparation de ce projet de loi et non pas le ministère de l’Energie ? Le groupe Sonatrach n’a pas pour mission de légiférer, bien qu’il n’est pas interdit qu’il fasse des propositions. Ensuite, le choix de s’appuyer sur des cabinets étrangers, de surcroît américains, pour la préparation de ce projet de loi, soulève des interrogations. N’y a-t-il pas d’experts algériens en mesure de produire un bon projet de loi avec des objectifs bien définis du gouvernement ? L’Algérie n’est pas à son premier projet de loi dans le domaine des hydrocarbures. La loi régissant ce secteur a été changée plusieurs fois, notamment sous Bouteflika. Et à chaque fois, le texte a été l’œuvre d’Algériens. Sauf le projet de loi controversé de 2005 qui a été élaboré par Chakib Khelil, alors ministre de l’Energie, sur la base de «conseils» prodigués par des cabinets américains. Un projet qui a été vivement critiqué et considéré comme attentatoire à la souveraineté économique de l’Algérie. Le président Abdelaziz Bouteflika, faut-il le rappeler, a reconnu, dans un discours prononcé le 24 février 2005, que le projet de Khelil a été imposé à l’Algérie par les Américains. Le Président a affirmé que si ce projet de loi n’avait pas été établi, l’Algérie aurait subi le sort de l’Irak, qui a été envahi par les Etats-Unis en 2003. Si les Etats-Unis ont pu imposer un projet de loi à l’Algérie en 2005, alors que le pétrole dépassait les 120 dollars, qu’est-ce qui les empêcheraient de faire la même chose aujourd’hui que le régime est mis en difficulté par la crise financière que traverse le pays. En choisissant des cabinets américains pour ce projet de loi, Alger cherche-t-elle le parapluie américain pour mieux affronter les échéances futures ? Le choix de la nomination de Ould Kaddour en mars 2017 à la tête du groupe Sonatrach a été interprété par des spécialistes du secteur comme une volonté manifeste de l’Algérie de se rapprocher des Américains. Diplômé du prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT), Ould Kaddour est connu pour être très proche des Américains. Abdelmoumen Ould Kaddour a constitué un réseau de contacts avec les grandes firmes américaines, dont Halliburton de l’ex-vice président américain, Dick Cheney. D’ailleurs, il était PDG de BRC, une joint-venture entre Sonatrach (51%) et Halliburton (49%), dissoute en 2007 sur décision du président Bouteflika, suite au scandale des surfacturations. M. Ould Kaddour, lui-même, a été condamné à 30 mois de prison pour «divulgation de secrets à une entité étrangère». Il n’a jamais fait appel. Il a été libéré après 26 mois passés au cachot. Après avoir passé des années entre Alger et Dubaï, Ould Kaddour revient par la grande porte dans le secteur pétrolier. PDG de Sonatrach, il traite pleinement avec les firmes internationales, sans hésitation aucune et plus particulièrement avec les Américains. D’ailleurs, il a racheté la raffinerie d’Augusta en Italie auprès d’ExxonMobil, appartenant à l’ex-chef du département d’Etat, Rex Tillerson. Une raffinerie qui pose de sérieux problèmes de pollution en Italie. Ould Kaddour défend également, comme les Américains, l’exploitation du gaz de schiste, en dépit des mises en garde des organisations de défense de l’environnement. A travers Ould Kaddour, le régime veut-il avoir l’appui et le soutien de la superpuissance américaine dans ses futures démarches politiques ?

June 6th 2018, 10:18 am

La dérive de Ferhat Mehenni !

El Watan

L'appel à la constitution d’une force armée est, selon Ferhat Mehenni, «une nouvelle étape de la démarche et du processus de conquête de l’indépendance de la Kabylie». Nouvelle sortie surprenante de Ferhat Mehenni. A partir de Londres, où il a animé une conférence de presse lundi dernier, il appelle ouvertement à la mise en place d’un «corps de contrainte» et «de sécurité» en Kabylie. «Pour que cette indépendance devienne réalité, j’appelle la Kabylie, j’appelle le peuple kabyle, à accepter de bonne grâce et en toute conscience la mise sur pied d’un corps de contrainte, d’une organisation de sécurité de la Kabylie», lance-t-il, en faisant référence à l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, lors de la Deuxième Guerre mondiale. Poursuivant, Ferhat Mehenni appelle aussi «la jeunesse à s’engager dans ce corps de contrainte et ce corps de sécurité». Cet appel à la constitution d’une force armée est, selon lui, «une nouvelle étape de la démarche et du processus de conquête de l’indépendance de la Kabylie». «Pour cet objectif, le pouvoir algérien fera tout pour m’éliminer, de préférence politiquement, mais surtout, mais aussi, physiquement», estime-t-il. Pourquoi a-t-il décidé de passer à une étape supérieure dans la radicalité ? Est-il manipulé par des officines occultes, d’ici ou d’ailleurs, pour mettre, une nouvelle fois, la Kabylie dans un brasier dévastateur ? Qui veut une nouvelle tragédie et pour quel but ? En tout cas, cette sortie a surpris plus d’un, d’autant que le mouvement lancé, dans la foulée des événements du Printemps noir en 2001, s’est inscrit dans le combat pacifique. Cet appel suscite déjà l’indignation du Rassemblement pour la Kabylie (RPK). Ce mouvement mis en place par d’anciens du MAK, appelle «tous les militants, toutes tendances confondues, à faire preuve de vigilance». «Il y a dans l’histoire des fautes politiques qui peuvent avoir pour conséquence la perte inutile de vies humaines. La Kabylie a trop versé de sang pour s’engager dans de nouveaux drames. Notre responsabilité à tous est de participer à les éviter et de travailler à la construction d’un projet fédérateur qui donne l’espoir à notre jeunesse», explique le RPK dans une déclaration rendue publique hier. Le bureau du RPK, lit-on dans le même document, considère que les propos de Ferhat Mehenni «sont d’une extrême gravité pour les passer, cette fois-ci, sous silence». «Son appel à la constitution de ''force de contraintes'' et de ''sécurité'' pour se substituer à l’autorité de l’Etat est de nature à ouvrir une brèche à la violence et déboucher à terme sur une guerre civile en Kabylie», indique le RPK, qui insiste sur la résistance pacifique. «Le combat des mouvements démocratiques a toujours été pacifique et a vocation à le demeurer ! Jeter la jeunesse kabyle dans une confrontation avec les services de sécurité, procède de l’abdication de toute responsabilité politique. C’est l’exposer à un affrontement sanglant pire que ce que nous avons vécu au cours des événements de 2001», souligne encore le RPK. Et d’ajouter : «S’engager sur le terrain de la violence, c’est offrir une aubaine aux clans du pouvoir dans leurs manœuvres de stigmatisation de la Kabylie à la veille de l’échéance présidentielle de 2019.» Rappelant le contexte régional marqué par la violence et la destruction, le RPK affirme que «la Kabylie a, comme toute société, besoin de vivre en paix et personne n’a le droit de remettre en cause cette profonde aspiration pour quelque intérêt ou objectif que ce soit».

June 6th 2018, 10:18 am

Des concessions et des questions

El Watan

Si le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a indiqué que des expériences étrangères seront prises en compte pour la confection de la nouvelle loi sur les hydrocarbures dans le but de la rendre plus attractive, la déclaration de Abdelmoumen Ould Kaddour a été axée sur le recours à des cabinets américains, ce qui ne manquera pas de jeter encore une fois la «suspicion» sur la nature de la révision escomptée. L’Algérie a fait appel aux cabinets conseil américain Curtis, Mallet-Prévost, Colt & Mosle LLP ainsi que d’autres consultants afin de l’aider à réviser sa loi sur les hydrocarbures. C’est l’annonce qui a été faite lundi dernier par le PDG de la compagnie Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, lors d’une cérémonie de signature de contrat. Si le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, a indiqué, dans des annonces antérieures, que des expériences étrangères seront prises en compte pour la confection de la nouvelle loi sur les hydrocarbures dans le but de la rendre plus attractive, la déclaration de M. Ould Kaddour a été axée sur le recours à des cabinets américains, ce qui ne manquera pas de jeter encore une fois la «suspicion» sur la nature de la révision escomptée. M. Ould Kaddour a estimé que «plus tôt nous aurons une loi attrayante, mieux ce sera». Et d’ajouter que «les entreprises étrangères veulent savoir combien elles recevront lorsqu’elles investiront». Sans donner d’échéance pour la confection de la loi, les déclarations du PDG de Sonatrach traduisent un empressement à revoir ses articles afin d’attirer le maximum d’investisseurs et le plus tôt possible : «Le processus de révision de la loi sur les hydrocarbures est très complexe vu le nombre d’intervenants. On espère pouvoir avancer et le plus tôt possible… Il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui attendent cette loi pour venir investir.» Abdelmoumen Ould Kaddour n’hésite d’ailleurs pas à critiquer ses contradicteurs et autres experts qui se sont exprimés contre certaines de ses décisions, notamment celle concernant l’achat de la raffinerie d’ExxonMobil à Augusta, en Italie. «On m’a dit que nous avions 40 millions d’experts en football en Algérie, mais maintenant, j’ai découvert que nous avions aussi 40 millions d’Algériens experts en pétrole et en gaz», avait lâché le PDG de Sonatrach, en minimisant du sérieux des arguments de ses contradicteurs. L’empressement de M. Ould Kaddour contredit toutefois la déclaration, il y a quelques jours à Boumerdès, du ministre de l’Energie, qui avait souligné qu’«il ne faut jamais se presser lorsque nous préparons une loi de cette envergure, qui engage tout un pays». M. Guitouni disait aussi dans sa déclaration que la future loi s’inspire des «expériences d’autres pays afin d’éviter leurs erreurs et tenir compte de leurs succès». La fiscalité pétrolière est l’axe principal de la révision Ces dernières années, Sonatrach a mis tous ses moyens en œuvre afin d’augmenter ses capacités de production en l’absence des investissements étrangers espérés. Un effort colossal qui a épuisé ses ressources, notamment depuis la baisse drastique des prix du pétrole entamée depuis 2014. Et c’est cette situation, aggravée par le manque d’attractivité du secteur pour les compagnies étrangères, qui est l’argument majeur du gouvernement pour recourir à la décision de modifier la loi sur les hydrocarbures. En octobre 2017, le Premier ministre avait estimé nécessaire une révision de cette loi en fonction des défis actuels dans le domaine de l’énergie ; il avait même appelé à décomplexer le débat sur le recours au gaz de schiste, en notant qu’il était temps que Sonatrach exploite toutes ses énergies au service de l’entreprise et du pays. M. Ouyahia avait assuré toutefois que la règle 51/49% ne serait pas remise en cause. Mais ce qui pose problème, selon les promoteurs de cette révision, c’est l’aspect fiscal de la loi. Le ministre de l’Energie avait souligné, dans une déclaration au début de l’année, que lorsque le dispositif fiscal avait été introduit dans la loi en vigueur, le baril de pétrole était à plus de 100 dollars. «Ce n’est pas le cas aujourd’hui… Nous ne pouvons appliquer le même dispositif fiscal aussi bien pour un baril à 150 dollars qu’à 50 dollars, car l’investisseur ne viendra pas», avait-il soutenu. Les compagnies étrangères avaient, pour rappel, fortement contesté la règle d’écrémage des superprofits appliquée selon la loi de 2013 sur les bénéficiaires du taux réduit de l’impôt complémentaire sur le résultat (ICR). Cette même loi élargissait le contrôle fiscal — que Sonatrach subissait seule — aux compagnies pétrolières étrangères, en sus de la révision de la méthodologie de détermination du taux de la taxe sur le revenu pétrolier (TRP) qui est appliquée sur la rentabilité du projet et non plus sur le chiffre d’affaires. Aussi, la loi de 2013 accorde l’exclusivité à Sonatrach dans l’activité de transport par canalisations ainsi que dans l’approvisionnement du marché national en besoins énergétiques. Ce qui obligeait les contractants étrangers à céder une partie de leur production au prix international. De plus, la même loi autorise un acquittement en nature de la redevance, en assouplissant aussi les activités de prospection, de recherche et d’exploitation des hydrocarbures, avec le renforcement du rôle de Sonatrach dans ces activités. Depuis Washington, lors d’une rencontre en novembre dernier, organisée par le think tank américain Center for Transatlantic Relations, le conseiller du PDG de Sonatrach, Mahieddine Taleb, lui aussi ancien de BRC, avait déclaré que «c’est presque toute la fiscalité qui est à revoir» afin, dit-il, de faciliter la prise de décision d’investissement aux compagnies pétrolières en leur permettant d’avoir une meilleure visibilité à long terme du secteur pétro-gazier algérien. Le président du conseil d’affaires algéro-américain, Smail Chikhoune, se déclarait satisfait de la décision de révision de la loi sur les hydrocarbures, notamment la révision du taux de la fiscalité pétrolière. Il notait aussi que les compagnies américaines qui viennent investir prennent des risques,  lorsqu’elles recherchent de nouveaux gisements : «Si elles ne trouvent rien, elles auront perdu leur argent...» Et de noter que cela justifie que l’Algérie revoie sa loi. Suggère-t-il, par ses propos, une couverture par l’Algérie des risques à l’exploration ? On le verra bien une fois que les contours de la nouvelle loi seront connus.

June 6th 2018, 6:19 am

Documents administratifs : Bouteflika annule toute augmentation de droits

El Watan

Le Président Abdelaziz Bouteflika a décidé, lors du Conseil des ministres tenu mardi, le retrait de toute augmentation de droits pour les documents administratifs. Lors de l'examen de ce projet de loi, et en matière de relèvement de droits à acquitter sur certains documents administratifs, le président de la République a décidé le retrait de toute augmentation de droits proposée pour les documents administratifs", note un communiqué rendu public à l'issue de la réunion du Conseil des ministres tenue mardi sous la  présidence du président Bouteflika.   Pour rappel, des médias avaient rapporté, durant ces derniers jours, que l'avant-projet de LFC 2018 prévoyait la délivrance de la Carte nationale d'identité biométrique et d'autres documents administratifs contre un montant à débourser par leur titulaire. Ce qui avait suscité un large débat sur les réseaux sociaux et de nombreuses réactions.

June 5th 2018, 4:49 pm

Alger-Bruxelles : la crise diplomatique s’installe

El Watan

L’affaire de la vidéo de la journaliste algérienne, établie à Bruxelles (Belgique), Layla Haddad, prend de nouvelles proportions.  Après la tension, c’est désormais la crise diplomatique entre l’Algérie et son partenaire, l’Union européenne (UE), à qui elle a demandé officiellement «des explications sur le tournage de cette vidéo attentatoire aux institutions du pays dans le Parlement européen». La réponse de l’ambassadeur de l’UE à Alger, John O’Rourke, convoqué dimanche par le secrétaire général du ministère des affaires étrangères, n’a fait visiblement qu’aggraver la crise qui, selon une source diplomatique algérienne, «s’est déjà installée déjà avec la convocation du diplomate européen». En effet, sur son compte Twitter, l’ambassadeur a posté sa réplique aux autorités algériennes, dans laquelle il met l’accent sur le principe consacré de la liberté de la presse et d’expression. «Nous avons souligné aux autorités algériennes que les journalistes accrédités auprès des institutions européennes ne parlent pas au nom des institutions, mais en leur propre nom, en ligne avec les principes de liberté d’expression et liberté des médias», explique-t-il dans son tweet. Cette réponse a suscité la colère du ministre des Affaires étrangères qui réclame une réaction officielle et «respectueuse des règles diplomatique d’usage». «Le message de l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) à Alger, John O’Rourke, posté sur son compte Twitter après sa convocation au ministère des Affaires étrangères, suite à la diffusion à Bruxelles d’une vidéo attentatoire aux symboles de l’Etat algérien, n’engage que sa personne et ne répond pas à l’objet de sa convocation», souligne d’emblée le MAE. Et d’ajouter : «L’ambassadeur de l’Union européenne à Alger a été convoqué au ministère des Affaires étrangères où il lui a été signifié l’indignation et la réprobation des autorités algériennes suite à l’utilisation des espaces et des moyens de l’UE à des fins de propagande et l’instrumentalisation de ses symboles pour attenter aux institutions de l’Etat algérien.» Dans une déclaration à l’APS, Abdelaziz Benali Cherif affirme que l’Algérie attend une réponse officielle de l’UE. «Nous considérons que le tweet de M. O’Rourke n’engage que sa personne et qu’à démarche officielle l’on est en droit de s’attendre à une réponse officielle conformément aux usages et à la pratique diplomatique consacrés», indique-t-il. Pour lui, «ce tweet, au demeurant aux antipodes des attentes de la partie algérienne, ne répond pas à l’objet de sa convocation, laquelle a consisté exclusivement à demander des clarifications au sujet du détournement par Mme Lefèvre des armoiries de l’UE et des moyens mis par celle-ci à la disposition des médias pour s’en prendre à l’Algérie, à ses symboles et à ses institutions, alors que ces moyens sont censés servir exclusivement à la couverture des activités des institutions européennes.» «Nous demeurons donc dans l’attente d’une réponse aux interrogations soulevées par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères lors de la convocation de M. O’Rourke», indique-t-il. Qu’est-ce qui justifie toute cette levée de boucliers de la part des autorités algériennes ? Le contenu virulent de la vidéo ou l’endroit choisi pour son tournage ? «Si la vidéo n’avait pas été tournée dans une institution de l’Union européenne et en utilisant des symboles de l’UE, il n’y aurait eu aucune réaction du MAE», explique une source proche du ministère des Affaires étrangères. Selon la même source, «l’Union européenne est tenue de clarifier sa position». «Tout silence serait considéré comme une caution», indique cette source.

June 5th 2018, 8:47 am

Equipe Nationale : Madjer, stop et fin ?

El Watan

L’avenir de Rabah Madjer à la tête de l’équipe nationale s’inscrit en pointillé depuis la défaite (2-3) concédée contre le Cap-Vert, le 1er juin au stade du 5 Juillet. L’homme a été fortement ébranlé par les critiques et aussi par l’attitude du public du stade du 5 Juillet qui a montré à son égard une hostilité jamais égalée dans l’histoire de l’équipe nationale. Même les joueurs n’ont pas été épargnés. Cette situation risque de peser sur l’avenir du sélectionneur. La rencontre amicale de jeudi prochain contre le Portugal, à Lisbonne, ne semble pas faite pour apaiser les esprits. En cas de nouvelle défaite et par malheur sur un score lourd, ce que beaucoup souhaitent, la situation sera intenable pour lui, son staff ainsi que la fédération. Vendredi, après le match, Rabah Madjer n’a pas été trop prudent et/ou trop confiant en déclarant : «Je ne démissionnerai pas.» La situation a rapidement évolué puisque quelques heures plus tard, il a commencé à réviser sa position et à entrevoir une fin de mission plus tôt que prévu. Une source proche du sélectionneur indique que «Madjer et ses collaborateurs ne se sentent plus soutenus dans leur mission. Ils sentent qu’ils sont livrés à eux mêmes. Ils n’ont noté aucun signe de solidarité de la part de ceux censés les soutenir. Depuis samedi, le sélectionneur a commencé à réviser ses calculs». Samedi, Rabah Madjer a rencontré le président de la fédération, les deux hommes ont évoqué le match contre le Cap-Vert et passé en revue plusieurs points. Selon gorge profonde, «à l’issue du tête-à-tête, Madjer n’a pas senti que le président le soutenait. Il en est arrivé à la conclusion que lui et ses collaborateurs (Ighil et Menad) se retrouvent seuls à affronter toute l’adversité qui encercle l’équipe nationale». Ce sentiment semble totalement partagé par les deux hommes qui accompagnent le sélectionneur dans sa mission. Djamel Menad aurait déjà tranché la question de son avenir au sein du staff technique. Il serait partant après le match contre le Portugal non pas à cause de Madjer, comme l’indique la rumeur, mais pour «le manque de soutien et de solidarité de ceux qui doivent les défendre». Allusion à peine voilée au président de la fédération, Kheireddine Zetchi. Celui-ci subit lui aussi de plein fouet les critiques et la colère des supporters de l’équipe nationale qui ne digèrent plus les contre-performances des Verts. A priori, le président n’a pas témoigné à Madjer son soutien absolu comme ce fut le cas au début du mandat du sélectionneur. De là à penser que les jours de Rabah Madjer à la tête de la sélection sont comptés il n’y a pas loin. Il table sur un sursaut d’orgueil des joueurs face au Portugal pour faire baisser un tant soit peu la tension et la pression qui entoure l’équipe nationale depuis l’arrivée de Rabah Madjer à sa tête.

June 5th 2018, 8:47 am

Vers la prolongation de l’enquête préliminaire

El Watan

L’enquête préliminaire sur l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, dans un container de viande congelée importée du Brésil, risque de dépasser le délais des huit jours, ainsi que prévu par le code de procédure pénale, et une prolongation de 12 jours pourrait être accordée aux enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie de Bab J’did, à Alger. Ces derniers ont procédé à plusieurs interpellations, à commencer par le propriétaire de la marchandise dans laquelle a été dissimulée la drogue, le magnat de l’immobilier Kamel Chikhi, plus connu à Kouba sous le nom de Kamel El Bouchi (le boucher), un quartier où il a sa boucherie et surtout où il a acheté de nombreux biens immobiliers, transformés pour beaucoup en tours. Les interpellations ont également visé ses deux frères associés, mais aussi des cadres dirigeants de ses sociétés, alors que les entrepôts de celles-ci ont fait l’objet d’opérations de perquisition. Plusieurs personnes seraient actuellement en garde à vue, dont le délai prendra fin aujourd’hui, précisent nos interlocuteurs. «Il est très probable qu’une prolongation à 12 jours soit accordée aux enquêteurs qui, dans le cas contraire, devraient procéder à la présentation de tous les mis en cause aujourd’hui au pôle pénal spécialisé d’Oran.» Nos interlocuteurs qualifient l’affaire de «trop importante» en raison de ses implications et surtout de ses ramifications à l’étranger. «Les gendarmes n’ont pas encore terminé et étant donné qu’il s’agit d’un crime transfrontalier, le code de procédure pénale permet à l’enquête préliminaire de passer d’un délai de 8 jours de garde à vue à 12 jours», notent nos sources, précisant par ailleurs qu’une fois les présentations effectuées et le dossier mis sur le bureau du pôle pénal d’Oran, «ce dernier sera obligé de s’en désister au profit du pôle pénal d’Alger, d’autant que la majorité des mis en cause résident à Alger, à commencer par le principal prévenu dont les sociétés, notamment celle qui a importé la viande du Brésil, sont domiciliées dans la circonscription du pôle d’Alger, qui, faut-il le préciser, a une compétence internationale». A peine constitués, certains avocats, qui préfèrent rester dans l’ombre pour l’instant, ont défendu le transfert du dossier à Alger.

June 5th 2018, 8:47 am

Liberté d'expression : Autoritarisme d’un autre âge

El Watan

La vidéo de la journaliste Layla Haddad a été vue, jusqu’à hier, par cinq millions d’internautes. Cette déferlante ne s’explique pas par son contenu. Ce qu’elle dit n’est pas nouveau, il est même au cœur du débat politique : une partie de la presse et bon nombre de partis et de personnalités politiques – ainsi que de larges pans de l’opinion publique – demandent régulièrement à Bouteflika de mettre fin à son long règne à la tête du pays, du fait de son état de santé largement détérioré et en raison de l’usure du système politique qu’il a construit à son image et qui a fini par fonctionner au seul bénéfice des clans gravitant autour de lui ou de la fonction présidentielle. Layla Haddad n’en dit pas plus que les quatorze personnalités algériennes qui, récemment, ont adressé une déclaration au président de la République et elle na va pas aussi loin que le RCD, le FFS, le PT, Talaie El Hourriyet et Jil Jadid, et d’autres encore, qui, régulièrement, font le procès du régime. Si les autorités n’avaient pas affiché une grande colère publique, la vidéo de la journaliste serait passée inaperçue, ou du moins peu vue. Le pouvoir a eu l’effet inverse de ce qu’il attendait. C’est internet qui gère aujourd’hui le monde et les dirigeants algériens ne le savent pas ou tentent de l’ignorer. Nos citoyens redécouvrent la Toile à une vitesse stupéfiante et font appel à elle pour s’informer et se faire une idée sur les grandes questions se posant au pays. L’opinion publique n’est plus forgée, ou très peu, par les médias ou les courroies de transmission classiques. Il est vain et surtout contre-productif de faire jouer la censure ou la propagande. Les autorités se cassent les dents à chaque fois qu’elles s’aventurent de le faire. Leur réaction, s’agissant de Layla Haddad, a été gratuite, disproportionnée et contre-productive, d’autant qu’a été mise en avant, sans aucune preuve, la thèse du complot – puisée dans le vieux lexique du parti unique – dans lequel serait mêlée la journaliste sous la bannière de l’Union européenne, dont le représentant à Alger a estimé que l’UE n’est en rien «comptable» des déclarations des journalistes qu’elle accrédite en son sein, lesquels, ajoute-t-il opportunément, ont le droit de s’exprimer et de jouir de la liberté d’expression. Celle-ci, précisément, reste encore une des conquêtes les plus fragiles des luttes démocratiques dans le pays. Elle est malmenée régulièrement, la toute dernière affaire concerne l’arrestation musclée à Oran d’un journaliste et d’un blogueur pour des révélations concernant la gestion du port d’Oran. Ce genre de pratiques est devenu chose courante au point d’émouvoir les ligues de défense des droits et les professionnels des médias. Les éditeurs de la presse électronique ont dénoncé «le retour aux pratiques d’un autre âge». Le mot est lâché, un autre âge, c’est-à-dire des procédés datant de l’ère du parti-Etat, ceux d’un régime et d’un président de la République omnipotent, au-dessus de tous, y compris des lois, s’appuyant pour régner tantôt sur les services de renseignement, tantôt sur les apparatchiks du parti unique, généralement les deux en même temps. Mais au fil du temps, des épreuves et des souffrances souvent terribles (Printemps 1980, Octobre 1988, décennie 1990), les Algériens ont appris à se battre et à se méfier de tout ce qui vient «d’en haut», notamment des manœuvres visant à perpétuer les systèmes et leurs hommes. Celle qui se présente, aujourd’hui — un 5e mandat pour le président de la République —, ne peut être vouée qu’à l’échec.

June 5th 2018, 8:47 am

Notre confrère croupit en prison depuis une année : Libérez Saïd Chitour !

El Watan

Aujourd’hui, 5 juin 2018, est un bien triste anniversaire. Mon fils Saïd Chitour est incarcéré depuis une année. 365 jours ! (…) Alors que les mères profitent de leurs enfants en ce mois sacré de Ramadhan, moi je pleure à chaque rupture du jeûne. Sa femme, mes petits-enfants et moi-même cachons nos larmes pour protéger les enfants de Saïd, mon fils. Je désespère à mon âge, 83 ans, et d’énormes problèmes de santé, de serrer de nouveau mon fils dans mes bras, mon rêve le plus cher.» Ces mots sont tirés de l’émouvante lettre ouverte adressée par la maman de Saïd Chitour au président de la République alors que notre confrère boucle, ce mardi 5 juin, une année d’incarcération à la prison d’El Harrach. Saïd Chitour est journaliste et fixeur pour de nombreuses chaînes de télévision. Il a collaboré avec plusieurs médias internationaux de renom dont la BBC et le Washington Post. Il a été arrêté, rappelle-t-on, le 5 juin 2017, en plein Ramadhan, à l’aéroport international d’Alger, au moment où il rentrait d’un déplacement en Espagne. Il a été déféré devant le tribunal de Dar El Beïda qui l’a placé aussitôt sous mandat de dépôt. Il est poursuivi en vertu de l’article 65 du code pénal qui dispose : «Est puni de la réclusion perpétuelle quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale.» Problème : à ce jour, nul ne sait exactement quelle est la teneur des présumés «documents confidentiels» – comme cela a été dit – qu’il aurait remis à des chancelleries étrangères. «On ne connaît pas les motifs de cette interpellation-incarcération», déclarait son frère Mohand Tahar à la presse quelques jours après l’arrestation de Saïd. «Mon frère clame son innocence. Il reçoit peu de visites. Ce n’est que le 26 juin (2017), soit 20 jours après son incarcération, que notre mère et moi avons pu le voir.» (Liberté du 5 juillet 2017) Me Khaled Bourayou, l’un de ses avocats, faisait remarquer dans les colonnes d’El Watan : «Il n'y a aucun document prouvant que ces faits ont été commis.» Et de préciser : «Pour avoir ce genre de renseignements, il faut accéder aux sources qui les détiennent. Saïd Chitour n'a ni la qualité, ni la fonction, ni le statut pour obtenir ces informations. Ce n'est qu'un simple journaliste fixeur. Comment aurait-il pu détenir des renseignements classés secret-défense ou d'Etat ? Mieux encore : si Saïd Chitour avait livré des informations de nature à nuire à la défense nationale, pourquoi le ministère de la Défense ne s'est pas constitué partie civile ?» (El Watan du 8 juillet 2017). «La détention préventive de Chitour est excessive» Cette affaire remet une nouvelle fois sur le tapis les dysfonctionnements de la justice dans notre pays et le recours abusif à la détention préventive. Plus d’un mois après son incarcération, l’organisation Reporters sans frontières dénonçait justement l’emprisonnement prolongé de notre confrère en demandant sa libération. «La détention préventive de Chitour est excessive puisque l'utilisation de cette mesure devrait être exceptionnelle et doit être justifiée par des éléments du dossier clairement énoncés, comme le risque de fuite ou de trouble à l'ordre public, qui ne sont pas réunis ici», pointait l’ONG dans un communiqué daté du 12 juillet 2017. Il a fallu attendre le 29 octobre 2017, soit près de cinq mois après son incarcération, pour que «l’affaire Saïd Chitour» soit examinée par la chambre d’accusation près la cour d’Alger. Le 12 novembre 2017, la chambre d’accusation du tribunal de Bir Mourad Raïs rendait son verdict : l’affaire est renvoyée devant le tribunal criminel pour être jugée pour les mêmes motifs, sous le couvert de l’article 65 du code pénal. A ce jour, aucune date n’a été fixée pour la tenue du procès. RSF a lancé une pétition ainsi qu’une campagne sur les réseaux sociaux sous le hashtag #FreeChitour. «Selon ses avocats, son dossier reste complètement vide», insiste RSF, avant d’alerter : «Chitour risque la prison à vie selon l’article 65 du code pénal.» Une autre pétition a également été mise en ligne pour demander la libération de Saïd Chitour, accompagnée cette fois d’une première lettre ouverte adressée par Louisa Chitour, la mère du journaliste, au président Boutelika. «Après avoir prié, je viens vous implorer pour m’aider à finir ma vie en paix», écrit Mme Chitour. Elle note avec stupéfaction : «(Mon fils) est accusé du pire des crimes : celui de trahir son pays !» Mme Chitour se fait alors un devoir de rappeler le long passé patriotique de la famille et sa participation active au combat libérateur : «La maison de mon père Arab Nath Touati était le quartier du GPRA à Tunis. Amirouche, Benkhedda, Abane Ramdane et bien d’autres (dont des survivants comme le Commandant Azzeddine) étaient dans leur demeure chez mon père. Mon mari et père de mes enfants a transporté armes et moudjahidine dans sa voiture des Ponts et Chaussées à Bordj Bou Arréridj…» Elle a tenu à mettre en lumière également le précieux travail de son fils durant les années 1990 : «Monsieur le Président, durant la décennie noire, au moment où une grande partie des intellectuels et journalistes algériens – comme une partie de mes enfants – ont fui la barbarie, Saïd Chitour, comme beaucoup de ‘‘oûchaq El Djazaïr’’ (les passionnés de l’Algérie), a décidé d’y rester. Il s’est battu, souvent au péril de sa vie, avec sa plume et toute son énergie pour l’image et l’intégrité de l’Algérie. Durant plus d’un quart de siècle, il a fait découvrir les beautés et les grandes richesses culturelles, historiques et artistiques de notre beau pays, non seulement aux journalistes, aux universitaires et chercheurs mais également aux touristes — avant la décennie noire, il était guide touristique. Beaucoup d’entre eux m’ont appelé ces derniers mois pour me dire que c’est à travers les yeux et la passion de mon fils qu’ils ont appris à adorer notre El Djazaïr.» Puisse l’appel de khalti Louisa adoucir le cœur de ceux qui lui ont pris son fils...

June 5th 2018, 6:34 am

La vidéo de Layla Haddad fait monter la tension entre l’Algérie et l’UE

El Watan

La vidéo de Layla Haddad, ancienne correspondante de l’Entv à Bruxelles, dans laquelle elle critiquait le clan Bouteflika, est devenue un sujet de discorde entre les dirigeants algériens et l’Union Européenne. L’ambassadeur de l’UE à Alger, John O’Rourke, a répondu dimanche soir aux protestations algériennes sur Twitter.  Alger exige une réponse officielle.  Jeudi dernier, la journaliste a diffusé sur Facebook une vidéo, tournée dans le siège du parlement européen, où elle a vertement critiqué les dirigeants algériens. «  Les barons du régime, dont fait partie votre propre frère, ce sont arrogés le droit de disposer de vous. Ne les laissez plus vous soustraire à votre humanité… », dit la journaliste dans son message adressé au chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.    Le message, qui a réalisé plus de 5,3 millions de vue sur Facebook, selon la journaliste, n’a pas cessé de susciter des réactions officielles. Après les protestations de l’ambassadeur algérien à Bruxelles, c’est autour, hier dimanche, du ministère des Affaires étrangères de convoquer l’ambassadeur de l’UE à Alger pour demander à Bruxelles de « se démarquer » du message de Layla Haddad, enregistré  « dans des   installations officielles du Parlement européen (…) pour porter  gravement atteinte à l'honneur et à la dignité des institutions de la République algérienne ».   Quelques heures plus tard, l’ambassadeur de l’UE à Alger, John O’Rourke, répond publiquement aux protestations algériennes.  « Nous avons soulignés aux autorités algériennes que les journalistes accrédités auprès des institutions européennes ne parlent pas au nom des institutions mais en leur propre nom, en ligne avec les principes de liberté d’expression et liberté des médias ».      Aujourd’hui lundi, le ministère des Affaires étrangères réagit de nouveau en indiquant que : « La réponse de l’ambassadeur sur Twitter l’engage en tant que personne, l’Algérie exige une réponse officielle de la part de l’UE conformément aux us diplomatiques internationales ».   Lire aussi : Les autorités algériennes mal à l'aise

June 4th 2018, 10:01 am

Neuf militaires blessés, l’appareil coupé en deux

El Watan

Neuf militaires ont été blessés lors de l’atterrissage raté d’un Hercules C-130 de l’armée à l’aéroport de Biskra. Le ministère de la Défense nationale évoque «une sortie de piste de la base aérienne de Biskra, causant des blessures légères aux membres d’équipage». Ces dernières années, de nombreux accidents d’hélicoptères, de chasseurs, d’avions de transport, causant des pertes humaines, suscitent de lourdes interrogations sur la flotte des forces aériennes, son entretien et sa maintenance. Deux mois à peine après le crash d’un avion de transport militaire à Boufarik quelques minutes après son décollage, tuant sur le coup les 257 passagers qui étaient à son bord, c’est au tour d’un Hercules C-130, avec neuf passagers (des militaires) de rater hier, vers 10h30, son atterrissage à l’aéroport de Biskra. Le choc au sol a provoqué une sortie de piste de l’appareil, qui s’est coupé en deux et a causé des blessures à huit occupants alors que le neuvième n’était toujours pas dégagé en milieu de journée. Il faut dire que ce type d’appareil, de fabrication américaine, a 37 ans d’âge et a été exploité à fond durant les années 90’ en raison de la situation qui prévalait à l’époque. Pour les plus avertis, l’accident d’hier n’est pas une surprise en raison de l’âge et de l’état de l’appareil. Le ministère de la Défense nationale a rendu public un communiqué dans lequel il explique : «Lors de son atterrissage, un avion militaire de type C-130 sans passagers a fait l’objet d’une sortie de piste de la base aérienne de Biskra (4e Région militaire), causant de légères blessures aux membres de l’équipage qui ont été immédiatement pris en charge, en plus des dégâts matériels à l’aéronef.» Le communiqué précise par ailleurs que «le haut commandement de l’Armée nationale populaire a ordonné l’ouverture d’une enquête en vue de déterminer les circonstances ayant entouré cet accident». Une phrase récurrente que l’on retrouve dans les communiqués du ministère de la Défense nationale après chaque accident ou crash aérien, sans qu’aucun résultat de ces investigations ne soit connu par l’opinion publique. Le plus spectaculaire a été le crash de l’avion de transport de type Iliouchine, à Boufarik, le 11 avril dernier, qui a fait 257 morts, des militaires, mais aussi des membres de leurs familles, particulièrement des femmes et des enfants de plusieurs wilayas du pays. Quatre ans auparavant, le 11 février 2014, un autre Hercules C-130, avec à son bord 77 passagers, s’est écrasé sur le mont Fortas, à Oum El Bouaghi. Deux ans plus tard, 12 militaires sont tués dans le crash d’un hélicoptère, alors que deux autres ont péri en 2012, lors du télescopage de deux chasseurs, un Mig 25 et un Soukhoi, au cours  d’un entraînement. Durant la même année, l’ANP a également perdu un Casa C-295, qui s’est écrasé à Lozère, dans le nord de la France, avec son équipage et un cadre de la Banque d’Algérie, en raison de l’accumulation de givre. A souligner que ces dernières années, les forces aériennes ont enregistré de nombreux accidents dont les circonstances restent inconnues par l’opinion publique, y compris lorsqu’il s’agit de crashs ayant engendré des bilans lourds en pertes humaines. Cela a été le cas pour l’enquête sur l’accident de Oum El Bouaghi, qui a fait 77 morts, ou encore celui, plus récent, qui a eu lieu à Boufarik, et a emporté ses 257 passagers.

June 4th 2018, 8:18 am

«Je suis le candidat qui veut réhabiliter le mot combat»

El Watan

- Votre parti vous a désigné comme candidat à la présidentielle de 2019. Qu'est-ce qui a motivé votre candidature ? Ma candidature est motivée par la volonté des camarades de redonner à l’action politique une tonalité militante. Le MDS construit son discours autour de la valeur travail comme forme de légitimation du statut social. C'est une caractéristique essentielle des sociétés modernes. En politique, le mérite et les compétences sont les résultats d’un parcours militant, d’un engagement et d’une capacité à offrir aux Algériennes et aux Algériens un projet alternatif global répondant à leurs aspirations. Ce sont là les fondements de ma candidature. Il faut opposer cette manière de faire à la volonté du pouvoir de disqualifier le politique par la médiocrité, la cooptation, l’opportunisme et le fatalisme. Je suis le candidat qui veut réhabiliter le mot combat. Il ne faut jamais oublier que notre chère patrie est le pur produit d’un combat pour l’émancipation et que la République a été sauvée par la lutte contre le terrorisme islamiste. Le progrès c’est tout, sauf l’amnésie. - Vous parlez de terrorisme et d'amnésie. Vous avez flirté avec l'islamisme. Au début des années 1990, vous étiez au FIS dissous, avant de prendre le chemin inverse. Comment avez-vous vécu cette «expérience»? En quoi elle vous a été bénéfique pour la suite de votre parcours ? J’ai fréquenté la mosquée depuis l’âge de 6 ans, cela m’a permis d’être élevé dans l’éthique de la justice, car pour moi elle est la valeur essentielle de l’islam, sans oublier le rôle de mes parents et de mes grands-parents qui m’ont inculqué l’amour de la mère patrie à travers les valeurs émancipatrices de Novembre. L’islam et Novembre m’ont conduit vers le FIS au début de mon engagement politique, mais rapidement, j’ai découvert que l’islamisme était une supercherie. La violence envers la société et surtout envers les femmes était l’élément qui a déclenché en moi cette prise de conscience. Je ne pouvais pas accepter la diabolisation de ma mère et de toutes les femmes qui travaillaient, car ma mère était enseignante de français, et je voyais en elle l’idéal de l’engagement pour le bonheur des autres. En réalité, c’est la mosquée et ma famille qui m’ont immunisé contre l’idéologie meurtrière du FIS, qui m’ont permis de comprendre le message du MDS  et du défunt El Hachemi Cherif et d’y adhérer. - Beaucoup de partis de l'opposition et de candidats indépendants aux dernières élections législatives et locales ont dénoncé la loi électorale considérée comme antidémocratique, et parlent de fraude anticipée, à travers le rejet de nombreuses listes sans motif valable... Qu’en pensez-vous ? Cette loi ne risque-t-elle pas de vous poser problème ? Cela va de soi. Le code électoral a été réformé au moment où le MDS renouait avec les élections après avoir été le promoteur le plus conséquent du boycott. Nous considérons qu'il a été la principale cible de cette réforme dont la classe politique s'est accommodée jusqu'à ce qu'elle commence à en subir les contraintes. Moi président, l’inscription sur le fichier électoral sera automatique comme c’est le cas pour le service national. Les partis, les associations et les médias seront soumis à un système déclaratif, l’Etat algérien a les moyens pour faire face aux tentatives de subversion de la minorité, dont les intérêts sont liés à l’étranger, plutôt que de sanctionner 99% de la population. Nous sommes en face d’un système politique qui ne facilite pas la tâche aux forces qui le contestent. Cependant, nous pouvons considérer que le pouvoir est sur la défensive quand il adopte ces méthodes autoritaires. Je suis dans une logique de conquête et cela demande la participation de toutes celles et ceux qui veulent que notre pays avance. A ce pessimisme de la contestation, il faut opposer l’optimisme du combat. Nous devons continuer à être des acteurs de notre destin, pas devenir des spectateurs. Le pouvoir est conscient de cette équation, et il fait tout pour favoriser le désengagement politique, car c’est devenu un facteur qui détermine la reproduction du système. - Vous n'êtes donc plus en faveur du boycott des élections... Pour moi, le boycott que prônait le MDS a  pu atteindre ses objectifs, l’autonomisation de la société par rapport à un système qui voulait rendre la participation comme un acte d’allégeance, et la disqualification de l’islamisme qui menaçait la République. Il s’agit maintenant d’exprimer cette autonomie par la récupération des urnes. La participation active est le prolongement du boycott actif dans un autre contexte. Le Printemps arabe a montré que le changement dans le monde actuel ne peut être que pacifique et que la voie des urnes est la meilleure garantie pour y arriver. - Comment comptez-vous affronter le régime politique qui dispose de gros moyens et qui emploie toute sa synergie pour se maintenir au pouvoir ? J’appartiens à une génération qui a payé le prix du sang pour obtenir le pluralisme démocratique, sauver la République et consacrer tamazight comme langue nationale et officielle. Rien ne se donne, tout s’arrache. Nous allons transformer ces élections en un moment de combat pour la construction d’une véritable alternative démocratique. Pour moi, la présidentielle, c’est la mère des batailles. - Votre candidature bénéficie-t-elle de l'appui d'autres partis ou de personnalités nationales ? Beaucoup de militants de la société civile ont appuyé cette candidature, mais pas de partis jusqu'à maintenant. - Une initiative a été lancée pour une candidature unique de l'opposition à la présidentielle. Une initiative à laquelle votre parti n'a pas répondu favorablement. Pourquoi ? Le MDS n’a pas été sollicité pour cette initiative, qui est d’ailleurs restée sans prolongement. Pour moi, la dichotomie pouvoir/opposition nous éloigne de la réalité des choses, car le système englobe la majorité de ladite opposition. Ma candidature est celle de la société civile et des partis politiques qui aspirent au changement. Les fortes proportions de l’abstention et du vote blanc, lors des dernières élections, sont un message cinglant de la société envers le pouvoir et cette opposition. Le peuple met tout le monde dans le même panier. Toute initiative de rassemblement doit s’inscrire dans une logique de rupture et non dans celle de reproduction du système. Et c'est parce que je suis le candidat de la rupture que je suis donc le candidat le plus à même d’incarner ce besoin de changement. - Vous êtes candidat à la prochaine présidentielle dans un contexte de crise financière qui s'accentue. Comment comptez-vous remédier à cette situation ? Les mots sont des armes, et être sous la domination des concepts des ennemis ou adversaires, c'est le début de la défaite. Le mot crise cache une réalité implacable : celle des gagnants qui veulent continuer à gagner et des perdants qu’on veut abandonner alors qu'ils constituent la majorité du peuple algérien. Je suis candidat dans un contexte de reproduction des injustices, de reproduction du modèle fondé sur la spoliation des richesses, la fuite des capitaux et la surfacturation des opérations d'importation, la fraude fiscale, l'informel et l'amnistie pour les forces de l'argent sale, alors qu'on veut imposer l'austérité au nom de la baisse des prix des hydrocarbures. Par conséquent, il faut aller vite et d’une manière irrévocable vers un modèle à l’opposé de tout ça. Sous ma présidence, je nommerais un large gouvernement de travail fondé sur l’accumulation nationale par la production et sur l’Etat de droit par l’intégration de l’informel et la consécration du plein emploi et de la justice sociale. Pour cela, je changerais la monnaie afin de bancariser l'argent dont notre économie a besoin et je réorienterais les subventions vers les salaires. - L'Algérie cherche vainement à sortir de sa dépendance outrancière du gaz et du pétrole. Quelle est, selon vous, la solution pour dynamiser les exportations hors hydrocarbures ? Avant tout, pour ceux qui disent que les hydrocarbures, c’est le malheur de l’Algérie, il faut répondre que, au contraire, c’est une chance qu’il faut saisir pour asseoir notre développement. La révolution industrielle en Europe ne pouvait pas se faire sans un coût bas de l’énergie fossile. A l’époque, c’était le charbon. Il faut orienter notre énergie vers la production des richesses, pas vers la consommation. Nous avons commencé à le faire après la nationalisation des hydrocarbures dans les années 1970, et puis il y a eu la dérive du désinvestissement au profit de l’import-import qui a commencé dans les années 1980. Il s’agit maintenant de corriger et changer l’orientation. Comme je l’ai dit auparavant, le progressiste doit avoir une mémoire. Eux pour se maintenir, ils veulent nous rendre amnésiques. Je comprends que certains soient dubitatifs, mais même s’il existe une chance sur mille de gagner, il est de notre devoir de la saisir pleinement car rien n’est inscrit d’avance. - Quelles sont les grandes lignes de votre programme présidentiel ? Mon programme est basé sur le rétablissement de la souveraineté de l’Etat sur son économie et la rendre productive et la consécration de l’Etat de droit et des libertés. Pour cela, je dois, en tant que président de la République, réintégrer l’économie informelle par le changement de la monnaie, et installer ainsi une justice en terme de fiscalité, récupérer l’argent du peuple à l’étranger et mettre fin à l’hémorragie de l’import/import et la fuite des capitaux, booster l’investissement productif public et privé et rationaliser les dépenses par la transformation des subventions en salaires, et enfin, installer l’Algérie dans la modernité politique et sociétale par la consécration de la justice sociale, par l’égalité des droits entre tous les Algériens, peu importe leur confession ou leur genre, et par la reconnaissance par la loi de toutes les libertés, collectives ou individuelles.

June 4th 2018, 8:18 am

Arrêtés à Oran : Un journaliste et un lanceur d’alerte devant le procureur aujourd’hui

El Watan

L’arrestation manu militari, vendredi dernier à Oran, du journaliste et militant des droits de l’homme Saïd Boudour et du lanceur d’alerte Nourredine Tounsi, et leur transfert, séance tenante, vers un commissariat de la capitale, a fait couler beaucoup d’encre. Retour sur une affaire sordide qui renseigne à quel point la liberté de la presse, en Algérie, peut être malmenée, et les journalistes en voir de toutes les couleurs. Vendredi dernier, vers 1h, la police se rend au domicile de Saïd Boudour. Ce dernier n’y était pas. On demande aux membres de sa famille de lui dire de se présenter, dès le matin, au 1er étage du commissariat central. Il ne s’y rend pas, préférant temporiser. Au bureau d’Oran de la Ligue algérienne des droits de l’homme, une réunion d’urgence est organisée en début d’après-midi. Vers 19h30, en sortant du bureau de la LADDH, Saïd Boudour est attendu par une demi-douzaine d’éléments de la police judiciaire qui l’embarquent aussitôt. Au même moment, dans un barrage non loin d’El Hamri, le lanceur d’alerte et ancien employé du port d’Oran, Nourredine Tounsi, est lui aussi interpellé. Les deux hommes sont conduits directement à Alger, au niveau du commissariat de Bab Ezzouar. Tout porte à croire que leur arrestation est liée à l’affaire de la saisie de 701 kilos de cocaïne qui a éclaté au grand jour le 29 mai, mais rien ne confirme cela. Une chose est sûre : la décision de leur arrestation émane d’une notification d’Alger, et ce sont bien les membres de la police d’Alger qui se sont déplacés jusqu’à Oran pour procéder à leur interpellation. Le soir même, l’information est diffusée sur les réseaux sociaux, et un élan de solidarité s’improvise aussitôt. Une question se pose : pour quelle raison la police a cru bon d’arrêter, de façon si cavalière, un journaliste et un lanceur d’alerte ? Pour essayer d’avoir des éléments de réponse, nous nous sommes déplacés, hier, au siège du bureau de la LADDH d’Oran, où nous avons été reçu par Ghalem Bouha et Salim Mecheri, deux militants chevronnés des droits de l’homme. Selon eux, qui parlent au nom du bureau d’Oran de la LADDH, une journée avant l’arrestation de Saïd Boudour et Nourredine Tounsi, les autorités ont fermé le journal électronique Algérie-Direct et ont embarqué, à Alger, le journaliste de cet organe électronique ainsi que l’éditeur du site ( depuis hier, le site est de nouveau accessible, nldr). Leur arrestation, affirme la LADDH d’Oran, fait suite à un article de ce journal électronique rapportant que 44 des 701 kilos de cocaïne saisis au port d’Oran ont été dérobés et qu’il n’en reste, de ce fait, que 657 kilos. «Saïd Boudour, qu’on a eu au téléphone, nous a déclaré que Algérie-Direct l’avait accusé, auprès de la police, de leur avoir donné cette information, ce qu’il nie absolument», déclarent ces militants de la LADDH d’Oran. D’où le fait qu’on l’ait arrêté. Quant à Nourredine Tounsi, les raisons de son arrestation restent pour le moins floues, «sauf à lier cette affaire aux alertes lancées par Tounsi Nourredine sur la gestion du port d’Oran et reprises par Saïd Boudour qui viennent de prendre une autre dimension avec l’affaire dite de la cocaïne toujours au même port». C’est en tout cas ce que précise Kaddour Chouicha dans un communiqué de la LADDH paru samedi dernier. Mais là n’est pas tout : le bureau d’Oran de la Ligue des droits de l’homme, qui est en contact téléphonique avec Saïd Boudour, déclare que ce dernier a été convoqué de sa cellule par des policiers, avant-hier (samedi), qui lui ont posé des questions sur les migrants subsahariens (un sujet qu’il a eu à traiter dans maints reportages), ainsi que sur son activité au sein du syndicat des éditeurs de la presse électronique. Alors qu’ils devaient être présentés hier au tribunal de Sidi M’hamed, leur présentation devant le procureur a été reportée à aujourd’hui. Deux collectifs d’avocats se sont composés pour les défendre : le premier mené par Me Bouchachi, et le second par Me Badi. De leur côté, dans un communiqué rendu public hier, les éditeurs de la presse électronique demandent la libération immédiate de Saïd Boudour et de Nourredine Tounsi : «Les membres éditeurs du collectif du SAEPE (en cours de constitution) dénoncent cette arrestation brutale, illégale et exigent la mise en liberté immédiate de Saïd Boudour. Rien ne justifie un tel retour aux pratiques d’un autre âge avec les professionnels de la presse.» En outre, ce collectif exprime son inquiétude face au sort réservé au journaliste du site Algérie-Direct ainsi que son éditeur.

June 4th 2018, 8:18 am

Trente années après, un bilan mitigé

El Watan

Il y a donc trente ans était promulguée en réponse au soulèvement populaire d’octobre 1988 toute une batterie de lois visant à rompre avec le système monopoliste d’Etat et à mettre le pays sur la voie de l’économie de marché et du pluralisme politique. Le monopole d’Etat sur le commerce extérieur était aboli, les prix libérés et les entreprises publiques économiques soustraites aux étouffantes tutelles ministérielles. Une nouvelle Constitution avait été promulguée en février 1999 pour conforter cette dynamique de changement systémique. Menées au pas de charge durant les toutes premières années de la décennie 90’, ces réformes qui devaient produire les bouleversements souhaités par la partie réformatrice du pouvoir ayant à sa tête Mouloud Hamrouche se sont malheureusement estompées au gré des fréquents changements à la tête du pays (5 chefs d’Etat et 19 Premiers ministres en l’espace de 30 années) qui ont imposé leurs propres visions au système de marché qu’ils voulaient tous construire, sans toutefois prendre la peine de définir ce qu’ils entendaient exactement par économie de marché. Si la transition de l’économie dirigée au système de marché a effectivement été l’objectif central de cette pléthore de gouvernants, aucun d’entre eux n’a, en effet, pris la peine de préciser ce que cela signifiait, ni la stratégie qu’il comptait mettre en œuvre pour y parvenir. Alors que le processus de transformation ne devait durer qu’une dizaine d’années, la transition à l’économie de marché s’est de ce fait arrêtée au milieu du gué, sans que les réformes engagées aient eu le temps de produire les changements attendus. La vie en société et la conduite de l’économie se sont en conséquence davantage compliquées. Les dysfonctionnements générés par la superposition de deux systèmes, l’un d’obédience socialiste en voie de décomposition, et l’autre à vocation libérale, en phase de construction, ont donné à l’Algérie l’image détestable d’un pays bloqué. Echecs recommencés La durée excessive de la transition à l’économie de marché et les chemins contradictoires que lui ont fait prendre chacune des équipes gouvernementales suscitent aujourd’hui encore de légitimes inquiétudes, aussi bien chez les acteurs économiques que chez de nombreux Algériens qui en subissent les aléas. Se pose alors la question de savoir pourquoi les autorités politiques algériennes ont échoué là où d’autres pays qui avaient entamé le même processus à la même période (pays de l’ex-bloc soviétique, les ex-pays socialistes d’Asie et d’Afrique, etc.) ont réussi ? Un rapide flash-back sur la conduite des changements que les autorités politiques algériennes promettaient de réaliser dès les premières années de l’indépendance sans jamais y parvenir, indique bien que la problématique des échecs des changements systémiques n’est pas nouvelle. Conçus en vase clos et conduits de manière autoritaire, les processus de transitions ont en effet de tout temps échoué. A commencer par la transition au système socialiste promise à grands renforts médiatiques dans les années 70’, avant d’être subitement abandonnée au début des années 80’. Les Algériens ne verront jamais les couleurs du socialisme scientifique qu’on leur avait fait miroiter plusieurs années durant. Le concept de socialisme avait en effet été, au gré du temps, si galvaudé qu’on ne savait plus quel contenu lui donner et le fait de l’abandonner dans la foulée du libéralisme triomphant des années 90’ devait certainement arranger les autorités politiques de l’époque, qui trouvaient dans l’éloge fait au système capitaliste l’argument imparable à servir aux populations auxquelles on avait fait longtemps croire aux vertus du socialisme. Il en est aujourd’hui de même de l’économie de marché qu’on veut construire, sans que l’on sache exactement si elle doit être ultra libérale, libérale ou sociale, les déclarations des gouvernants ayant été le plus souvent contradictoires à ce sujet. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il n’ y a, de notre point de vue, aucune raison pour que la transition au système de marché dans laquelle le pays est embarqué depuis le début des années 90’ ne subisse pas le même sort. De troublants signes d’abandon de l’option libérale sont, du reste, largement perceptibles depuis quelques mois à travers notamment un certain nombre d’actes politiques annonçant un retour de plus en plus marqué au dirigisme de l’Etat et au renflouement à coups de centaines de milliards de dinars d’entreprises publiques moribondes, au contrôle du commerce extérieur, etc. Fort des excédents de recettes pétrolières, le pouvoir en place qui s’était pourtant installé en 1999 avec l’intention officiellement déclarée d’accélérer l’émergence d’un système libéral, n’a, au bout du compte, jamais tenu ses engagements en la matière. Bien au contraire, il a renforcé sa présence dans l’économie à laquelle il a impulsé, à coups de gros capitaux publics, une dynamique keynésienne, encore plus forte que celle mise en œuvre à l’époque du socialisme triomphant. Des velléités de retour au système administré se font des plus pesantes, comme l’atteste la remise sous tutelle des ministères des entreprises publiques autrefois autonomes ainsi que la désignation (révocation) de leurs dirigeants par le Premier ministre. L’abrogation en 1995 de la loi relative à l’autonomie des entreprises publiques économiques qui interdisait, sous peine de poursuite pénale, l’ingérence des administrations publiques dans leur gestion, a ouvert la voie à ce retour aux tutelles qui, aujourd’hui plus que jamais, pilotent à distance les entreprises publiques sans toutefois assumer les risques générés par leur immixtion dans les affaires de ces sociétés qui continuent pourtant à être dotées de tous les organes de gestion et de contrôle propres aux sociétés par actions. Il est tout à fait vrai que l’Algérie a entamé sa transition au système de marché dans des conditions peu favorables à d’aussi importants changements. L’Etat, chargé de piloter la transition a, effectivement, été considérablement affaibli par la crise de légitimité qui semble l’affecter durablement et les persistants résidus d’insécurité qui pèsent encore lourdement sur la vie politique et sociale. L’insécurité en question devrait effectivement être prise en considération lorsqu’on analyse l’économie, car elle a engendré deux effets particulièrement désastreux sur le processus de transition, le premier étant la restriction des libertés qu’elle a induit, le second étant l’effet repoussoir que cette insécurité ambiante exerce sur les investisseurs, notamment étrangers, privant le pays d’une masse de capitaux considérable et de l’accompagnement de sa nouvelle économie par les meilleures firmes internationales Manque de volonté politique L’absence de stratégie dans la conduite des réformes constitue, également, un facteur, et non des moindres, de blocage de la transition au système de marché et sa consécration comme modèle de société incontestable. Si on sait dans quelles conditions la transition vers l’économie de marché a démarré, on ignore de ce fait exactement où elle va et vers quel type de société elle va nous mener. Ce flou entretient la démobilisation autour de la transition et empêche la fédération des énergies susceptibles de soutenir le projet de rupture systémique dont l’Algérie a pourtant besoin pour construire un système politique moderne et démocratique, en totale rupture avec le modèle rentier et bureaucratique actuel. On relèvera enfin l’impact négatif de la rente pétrolière dont l’usage souvent pervers entrave le changement, notamment lorsque les pouvoirs autoritaires aidés par certains oligarques et gros barons de l’informel s’en emparent pour retarder les réformes et maintenir un statu quo destiné à pérenniser le système en place. C’est en grande partie ce qui explique que contrairement à tous les pays qui ont entamé leurs réformes à la même date et dans les mêmes conditions, l’Algérie n’a, trente ans après l’ouverture de 1988, pas encore réussi à mettre en place ne serait-ce que les outils les plus élémentaires de l’économie de marché. S’il est vrai que les entreprises algériennes, notamment celles du secteur privé, ont fait un bond prodigieux, tant du point de vue du nombre (en moins de 30 ans, elles sont passées d’environ 55 000 à près de 800 000), que de la qualité de leur gestion (le niveau d’instruction des dirigeants d’entreprises a considérablement augmenté), il faut bien reconnaître que les réformes auxquelles ces entreprises devaient en grande partie leur essor ont largement atteint leurs limites aujourd’hui. Bien que le discours politique tend à la présenter comme un système de marché mature, l’économie algérienne est en réalité loin d’être une économie de marché dans le sens universel du terme. La transition est loin d’être achevée et dans son état actuel le modèle économique algérien constitue, à l’évidence, un habit trop étroit pour les entreprises qui aspirent à travailler selon les règles de gestion universelles. Souhaitant travailler comme des sociétés dignes de ce nom, les entreprises algériennes réclament depuis plusieurs années des moyens de paiement modernes, des guichets de change, des banques d’investissement à long terme, une authentique Bourse des valeurs, des marchés fonciers et immobiliers et autres instruments basiques qui font cruellement défaut en Algérie. Le chemin vers la consécration d’une réelle économie de marché est assurément encore très long, d’autant plus que le plus dur reste à faire et que la volonté politique est moins forte qu’aux premières années des réformes. La disponibilité des ressources financières qui aurait pu, en toute logique, contribuer à l’accélération du processus de transition semble, bien au contraire, le retarder en reléguant à des échéances plus lointaines, des actions qu’il aurait fallu prendre sans tarder. C’est le cas des privatisations de centaines d’unités économiques qu’on a brutalement stoppées, de l’indispensable réforme du système bancaire qu’on a subitement abandonnée et du barrage récemment dressé contre les investisseurs et les importateurs étrangers qui ne pourront, désormais, investir en Algérie qu’en s’association avec des partenaires locaux. La manière d’imposer ces changements, par des lois de finances et des directives gouvernementales remettant souvent en cause des ordonnances ont, de surcroît, de quoi refroidir les investisseurs étrangers qui ont lancé des affaires en Algérie en se basant sur la législation existante. Revoir brutalement cette législation aux seuls avantages de la partie algérienne est de nature à chambouler tous les montages financiers inhérents à leurs investissements en Algérie, avec tous les risques de pertes qu’ils comportent. Il est évidemment à craindre que les investisseurs les plus sérieux mettent en veilleuse leurs projets, s’ils ne décident pas carrément de plier bagage à la recherche de cieux plus cléments, et ce n’est assurément pas ce qui manque pour leurs affaires. Les importateurs étrangers risquent également de réduire, ou carrément de suspendre, leurs activités durant cette période d’instabilité juridique et de remise en cause d’accords internationaux à laquelle nous assistons depuis la subite baisse des prix du pétrole.

June 4th 2018, 6:17 am

Affaire brc et gestion de Sonatrach : Les contrevérités de Ould Kaddour

El Watan

L’argument de la lutte des clans au sommet de l’Etat, réelle ou présumée, est brandi par l’actuel PDG de Sonatrach pour mieux escamoter le fond de l’affaire –non jugée à ce jour – sur laquelle a enquêté l’Inspection générale des finances dès février 2006. Dans un entretien au Quotidien d’Oran (édition d’hier), Abdelmoumen Ould Kaddour revient, pour la première fois, sur cette affaire BRC dans laquelle sont impliquées des personnalités de la haute hiérarchie militaire et des hommes du président Bouteflika. Abdou – petit surnom affectif du PDG de Sonatrach – est comme Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll : un personnage féerique.  L’Algérie, son univers fantastique, le comble au-delà de ses espérances, lui, qui avant son rappel insolite, en mars 2017, à la tête du géant Sonatrach, gisait encore dans la fosse aux traîtres dans laquelle il a été jeté pour «espionnage» dans un volet de l’affaire BRC (Brown Root & Condor), la  compagnie mixte d’engineering algéro-américaine qu’il dirigera contre les intérêts de son pays. Vent debout, assuré du déploiement instantané du parapluie yankee, le patron de Sonatrach parle, disserte. Sans complexe. Sans vergogne.  Dans un entretien au Quotidien d’Oran (édition d’hier), Abdelmoumen Ould Kaddour revient, pour la première fois, sur cette affaire BRC dans laquelle sont impliquées des personnalités de la haute hiérarchie militaire et des hommes du président Bouteflika. «Une affaire complexe et scabreuse», estime d’emblée Ould Kaddour. Une affaire «diligentée pour casser Chakib Khelil», dès lors que l’ancien ministre de l’Energie (et patron de Sonatrach à l’heure du scandale), «n’a jamais accepté que le DRS s’implique dans la gestion des entreprises affiliées à Sonatrach, encore moins dans son ministère». L’argument (argutie ?) de la lutte de clans au sommet de l’Etat, réelle ou présumée, est brandi pour mieux escamoter le fond de l’affaire – non jugée à ce jour – sur laquelle a enquêté l’Inspection générale des finances dès février 2006. Pour rappel, entre 2001-2005, BRC avait obetenu 41 gros marchés en EPC (clés en main), de gré à gré, pour un montant avoisinant les 204 milliards dinars. BRC, joint-venture créée au milieu des années 1990 avec l’américain KBR, filiale d’Halliburton,  avait en effet le privilège des marchés du ministère de la Défense nationale avec 14 contrats pour 131,4 milliards de dinars, dont des hôpitaux militaires, bases aériennes, système d’information, etc., et 27 marchés avec Sonatrach pour 73,5 milliards de dinars. Astronomiques, les surfacturations mises au jour par les inspecteurs de l’IGF le long du processus de l’attribution et exécution desdits contrats renseignent sur le degré d’incurie affectant les secteurs de la Défense et de l’Energie, et sur l’entreprise de pillage en règle des ressources qui s’y  pratique. Deux des rapports de l’IGF (rapport préliminaire et rapport d’étape) consacrés à ces 41 contrats avaient été rendus publics ; le troisième, le rapport final, qui devait être celui de «l’approfondissement» de la mission de contrôle de l’IGF aux domiciliations bancaires, aux transferts et paiements à l’étranger, à la situation fiscale de BRC, aux contrats de sous-traitance et aux coûts du personnel étranger, languit sous une épaisse chape de plomb. «Détournements ? Malversations ? De quoi avez-vous été accusé précisément ? » interroge la journaliste Ghania Oukazi. «D’espionnage !» répond Ould Kaddour. Le procès,  à huis clos, du Pdg de BRC,  accusé avec un lieutenant du service d’écoute, et un civil, leur ami commun, de «divulgation d’informations classées secret défense nationale», a été expédié par le tribunal militaire de Blida en février 2007. Les avocats de la défense avaient évoqué à l’époque (comptes rendus de la presse) une «affaire banale» de flash-disc contenant un fichier sonore, une communication téléphonique interceptée entre Ould Kaddour et «son correspondant libyen». Condamné à une peine relativement clémente – le code militaire prévoit des peine capitales pour les crimes d’espionnage et de trahison – , incarcéré à la prison militaire de Blida, Ould Kaddour est libéré sans purger la totalité de sa peine. «On m’a sorti de prison comme on m’a fait entrer, sans aucun papier, sans aucun dossier» dit-il et, usant d’ironie, ajoute : «J’ai été jugé pour espionnage alors que BRC avait construit le siège de l’état-major de l’armée ! N’est-ce pas contradictoire ?» Ould Kaddour est amer à l’évocation du sort réservé à  BRC, dissoute dans la précipitation, dans un bain d’acide faisant disparaître le corps du crime. «BRC que nous avons créée était une entreprise performante, de niveau mondial, elle réalisait des projets complexes dans les délais et dans les coûts, elle employait 2000 ingénieurs et techniciens algériens, en majorité des jeunes, on travaillait dans un cadre super sophistiqué, on avait déjà l’open-space (…). BRC a construit le centre de criminologie de Bouchaoui, le siège du ministère de l’Energie, les hôpitaux d’Oran et de Constantine, le centre d’expertise et le service des grands brûlés de Aïn Naâdja…» Un plan de charge qui suscite les convoitises : «On traitait de gros projets, qui dit gros projets, dit grosses sommes d’argent, on nous en voulait, les tentations…» dit-il en guise d’explication. Ould Kaddour ne dira rien sur son innocence ni sur sa culpabilité d’ailleurs. «J’ai passé deux ans de prison à Blida,  raconte-t-il,  chez les militaires. J’ai été condamné officiellement à 30 mois de prison ferme, mais avant de les terminer, on est venu me dire ‘tu sors’, j’ai refusé, j’ai demandé pourquoi vous m’avez mis en prison et pourquoi vous voulez que je sorte aujourd’hui ?» Après avoir saigné à blanc les budgets de la défense et de Sonatrach, le manager de 67 ans, consacré parmi les personnalités les plus influentes en Afrique, élevé dans la cour de l’empire – qui l’a formé dans ses prestigieux  MIT Massachusetts et Harvard University –, est un néo-converti au patriotisme économique. «Dans notre stratégie SH 2030, nous avons intégré le processing, nous avons commencé à raffiner en février 2018, on ne doit plus vendre nos matières premières et notre gaz sans valeur ajoutée», se résout Ould Kaddour, fantasmant sur une Sonatrach «recentrée sur ses métiers de base» et «positionnée dans le top 5 des compagnies mondiales».

June 4th 2018, 6:17 am

Les Etats-Unis accordent un permis de tuer à Israël

El Watan

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al Maliki, a condamné vivement hier le veto brandi par les Etats-Unis contre le projet de résolution, présenté vendredi soir par le Koweït au Conseil de sécurité, devant mettre en place un mécanisme international de protection des Palestiniens contre les tueries israéliennes. «Le recours de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Healy, au veto pour empêcher une résolution prévoyant la protection du peuple palestinien est une autre erreur morale pour les Etats-Unis d’Amérique. Elle reflète à travers ce refus son aveuglement politique, son mépris envers la communauté internationale ayant condamné les tueries commises par l’occupant israélien et un soutien direct apporté au colonisateur», a déclaré Al Maliki dans un communiqué, cité par l’agence Wafa. Le chef de la diplomatie palestinien a félicité à cette occasion le Koweït pour son rôle au sein du Conseil de sécurité et salué tous les pays membres qui ont exprimé leur soutien et la condamnation des crimes d’Israël, la puissance occupante, tout en soutenant la protection du peuple palestinien. Al Maliki a ajouté que «malgré les blocages au Conseil de sécurité portant atteinte à son rôle dans le maintien de la sécurité et de la paix dans le monde, la Direction palestinienne continuera sa quête de trouver des moyens pour protéger le peuple palestinien et sa terre», soulignant que «contrecarrer le Conseil de sécurité et l’usage du veto, contre le projet de résolution du Koweït, vise à accorder de l’immunité à Israël, à renforcer la politique de l’impunité et à encourager les criminels de guerre israéliens, y compris celui qui a tué de sang-froid vendredi l’ambulancière Razan Al Najar, qui effectuait son devoir humanitaire noble». Il a souligné que la diplomatie palestinienne déploiera tous ses efforts pour que «les criminels israéliens soient punis» et «rendre justice au peuple palestinien». Le ministre des Affaires étrangères palestinien a conclu sa déclaration en soulignant que «la justesse de la cause palestinienne, la résistance de notre peuple et ses sacrifices et le soutien de la communauté internationale en respect avec les principes du droit international permettront à notre peuple d’atteindre ses objectifs par la fin de l’occupation, l’indépendance de l’Etat palestinien et le retour des réfugiés selon la résolution 194». Les Etats-Unis ont opposé vendredi soir leur veto au projet de résolution présenté par le Koweït, membre non permanent, au Conseil de sécurité des Nations unies et demandant la protection des Palestiniens. Le Koweït, qui avait préparé son projet de résolution il y a deux semaines, avait réclamé initialement une mission de protection internationale pour les Palestiniens, après les tueries commises par les forces d’occupation israéliennes dans la bande de Ghaza. Depuis mars dernier, plus de 122 Palestiniens ont été tués et 13 000 autres blessés par des tirs à balles réelles des forces de l’occupant israélien dans la bande de Ghaza, lors de manifestations pacifiques organisées pour réclamer la levée du blocus imposé à l’enclave et le droit de retour des réfugiés palestiniens spoliés de leur terre en 1948 après la création de l’entité sioniste. En votant contre le projet de résolution koweïtien, les Etats-Unis accordent en quelque sorte un permis de tuer à Israël.

June 3rd 2018, 9:01 am

Le FMI table sur une inflation de 7,4% en 2018

El Watan

Le Fonds monétaire international (FMI) relève ses projections concernant le taux d’inflation en Algérie en 2018, tablant sur un taux de 7,4% cette année contre une estimation initiale de 4,4%. Le FMI, qui a publié vendredi sur son site un communiqué à l’issue de son évaluation de l’économie algérienne, établie au titre de l’article IV, projette en outre un taux d’inflation à hauteur de 7,6% en 2019, soulignant que «la politique monétaire de l’Algérie doit être indépendante et viser à maîtriser l’inflation». A cet égard, selon les administrateurs du FMI, les autorités algériennes doivent «se tenir prêtes à durcir la politique monétaire si des tensions inflationnistes se manifestent. Ils déconseillent le financement monétaire du déficit, mais si celui-ci se poursuit, ils soulignent la nécessité de mettre en place des mesures de sauvegarde pour en atténuer l’impact négatif, dont des limites temporelles et quantitatives». Dans ce contexte, «ils saluent l’engagement de la Banque centrale à stériliser, le cas échéant, les liquidités apportées par le financement monétaire». Le FMI prend bonne note du dosage de mesures prévu par les autorités, à savoir «une augmentation des dépenses budgétaires en 2018 suivie par la reprise de l’assainissement des finances publiques à moyen terme, le financement monétaire des déficits budgétaires, des restrictions temporaires aux importations, ainsi que des réformes structurelles visant à diversifier l’économie». Pour le FMI, «bien que certains administrateurs comprennent le choix des autorités, la plupart estiment que cette approche pourrait certes offrir un répit à l’économie à court terme, mais également faire peser des risques considérables sur les perspectives économiques. Ils soulignent que cette approche aura comme conséquence probable d’exacerber les déséquilibres budgétaires et extérieurs, d’alimenter l’inflation, d’accélérer la diminution des réserves de change, d’aggraver les risques pour la stabilité financière et, en fin de compte, de ralentir la croissance». Le FMI recommande «une approche susceptible de donner de meilleurs résultats tout en étant plus viable». Le FMI prône encore le recours à l’emprunt extérieur Selon le communiqué, les administrateurs de l’institution «conviennent dans l’ensemble qu’il serait possible de mener un assainissement progressif des finances publiques dès 2018, sans recourir au financement par la Banque centrale, mais en s’appuyant sur une variété de mécanismes de financement, dont l’emprunt extérieur pour financer des projets d’investissement sélectionnés avec soin. Une dépréciation progressive du taux de change, accompagnée de mesures visant à éliminer le marché des changes parallèle, favoriserait les mesures d’ajustement». Par ailleurs, les administrateurs du FMI, poursuit le communiqué, souscrivent aux efforts visant à mobiliser davantage de recettes hors hydrocarbures, à améliorer l’efficience et la gestion des dépenses publiques, ainsi qu’à élargir les réformes des subventions tout en protégeant les populations pauvres. Ils saluent l’intention des autorités d’appliquer des réformes visant à encourager le développement du secteur privé en améliorant le climat des affaires, en facilitant l’accès au crédit, ainsi qu’en renforçant la gouvernance, la transparence et la concurrence. Les administrateurs estiment également utile d’agir pour réduire l’inadéquation des qualifications, améliorer le fonctionnement du marché du travail, accroître le taux d’activité des femmes et continuer d’ouvrir l’économie au commerce extérieur et à l’investissement direct étranger. Dans le communiqué rendu public à Washington, le FMI estime qu’«en dépit d’un assainissement considérable des finances publiques en 2017, les déficits budgétaire et courant demeurent élevés». Pour l’institution financière, «la croissance du PIB réel a fortement ralenti en raison principalement d’une contraction de la production d’hydrocarbures, même si la croissance du secteur hors hydrocarbures est restée stable». Selon le FMI, «le chômage s’est hissé à 11,7% en septembre 2017, contre 10,5% un an plus tôt, et reste particulièrement élevé chez les jeunes (28,3%) et les femmes (20,7%). Le taux d’inflation moyen s’est établi à 5,6%, contre 6,4% en 2016, du fait du ralentissement de l’inflation pour les produits manufacturés et les services, et il était de 3,4% en glissement annuel en avril 2018». Par ailleurs, le FMI souligne que «si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour s’établir à 96 milliards de dollars (hors DTS). La dette extérieure reste négligeable, mais la dette publique intérieure a considérablement augmenté depuis 2016, tout en demeurant modérée», ajoute le FMI. Celui-ci note enfin que le secteur bancaire continue de se porter relativement bien. Il souligne que, eu égard aux risques macroéconomiques et aux liens financiers au sein du secteur public, il convient de renforcer le cadre macroprudentiel, notamment en menant plus régulièrement des tests de résistance et en établissant un dispositif de gestion des crises.

June 3rd 2018, 9:01 am

Vidéo critique de Layla Haddad : Les autorités algériennes mal à l’aise

El Watan

La journaliste algérienne Layla Haddad, ancienne correspondante de l’ENTV à Bruxelles, vient de susciter la colère des autorités algériennes. Sa vidéo, diffusée jeudi dernier à partir du siège du Parlement de l’Union européenne, dans laquelle elle invite le président Bouteflika à mettre fin à cette «image indigne» de l’Algérie renvoyée au monde entier, a titillé les tenants du pouvoir en Algérie qui préparent le 5e mandat. En moins de 4 minutes, la journaliste dit ses quatre vérités sur les 19 ans de règne du chef de l’Etat. Elle a choisi de commencer son message par un bref rappel des prestations diplomatiques du président Bouteflika en tant que ministre des Affaires étrangères, avant de le ramener à la réalité d’aujourd’hui, où il est réduit, selon elle, «à un objet» entre les mains «de son frère cadet». «Monsieur Bouteflika, j’étais une enfant lorsque vous avez livré, en 1974, votre mémorable discours devant l’Assemblée des Nations unies. 44 ans passés, et vous voilà assis sur une chaise roulante, le regard hagard et la bouche béante. Monsieur Bouteflika, parler et comprendre sont devenus pour vous un exercice très difficile, voire impossible à mesure que votre maladie avance», déclare-t-elle d’emblée. Utilisant encore des mots très durs, Layla Haddad dénonce surtout l’usurpation de la fonction présidentielle par le frère cadet du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika. «(…) Les barons du régime, dont fait partie votre propre frère, se sont arrogé le droit de disposer de vous. Ne les laissez plus vous soustraire à votre humanité. Si minimes soient encore vos moments de conscience, vous ne devez plus tolérer d’être traité comme un objet», lance-t-elle encore. Et d’ajouter : «19 ans au pouvoir usent le cerveau et les sabots du mouflon le plus agile. N’est-il pas plus que temps de tracer un trait sur votre parcours. La fonction de président que votre frère a squattée, la croyant un bien vacant, est devenue de votre fait une fonction vacante.» Ce faisant, la journaliste appelle le chef de l’Etat à mettre un terme à cette situation. «Il est temps que vos apparitions sur les écrans des télévisions du monde entier cessent, en dépit des intérêts économiques et financiers des prédateurs qui vous entourent. L’histoire retiendra, monsieur Bouteflika, que votre dignité et celle de tout un peuple ont été bafouées.» La colère de l’ambassade d’Algérie à Bruxelles La vidéo largement partagée sur MSN et Facebook a fait réagir l’ambassade d’Algérie à Bruxelles. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, la représentation diplomatique algérienne à Bruxelles dénonce d’abord ce qu’elle appelle «le détournement inacceptable de symboles de l’Union européenne (UE) et du siège du Parlement européen pour attenter à l’honneur et à la dignité des institutions algériennes». «A la suite de la publication, par une pseudo-journaliste d’origine algérienne, d’une vidéo offensante attentant à l’honneur et à la dignité des institutions de la République algérienne, l’ambassade a effectué ce jour des démarches officielles pressantes auprès des responsables de différentes instances de l’Union européenne (...) pour dénoncer énergiquement le détournement inacceptable des symboles de l’UE et de l’espace réservé par le Parlement européen aux journalistes professionnels», lit-on dans ce communiqué. L’ambassade regrette aussi que des symboles de l’UE et un siège de l’une de ses institutions aient «servi de cadre à cette misérable mise en scène qui entre dans le cadre de la feuille de route de cet agent invétéré de la subversion et de la sédition». L’ambassade est allée encore plus loin jusqu’à invectiver la journaliste en prétendant que l’ancienne correspondante de l’ENTV à Bruxelles a été congédiée à cause de son «son incivisme» et de son «comportement bipolaire». L’ambassade, lit-on dans le même communiqué, «déplore l’attitude de cette pseudo-journaliste qui a mis servilement sa voix et sa plume mercenaire au service de puissances étrangères hostiles à l’Algérie». «Dans sa litanie de contrevérités suintant l’aigreur et la frustration, cette ancienne correspondante de l’ENTV à Bruxelles (...) a choisi, pour des considérations purement mercantiles et opportunistes, de vomir sa haine de l’Algérie, ses symboles et ses institutions».

June 3rd 2018, 9:01 am

Des Verts de plus en plus méconnaissables

El Watan

Les Verts ont été battus, avant-hier soir, au stade du 5 Juillet à Alger, en amical, par le Cap-Vert, sur le score de 3 buts à 2. Une défaite qui risque de compliquer davantage le travail du staff en place, à sa tête Rabah Madjer, sur lequel pèse désormais une plus grande pression. Les quelques supporters – le stade du 5 Juillet était presque vide – présents dans les tribunes n’ont pas cessé de huer le sélectionneur et les joueurs. Ils l’ont fait bien avant que l’équipe ne soit menée au score d’ailleurs. Une «fracture» qui risque de durer dans le temps au vu du jeu actuel des Verts et de la mince possibilité de voir les choses évoluer positivement. Il faut dire que la prestation de Mahrez et ses coéquipiers, hormis quelques belles phases de jeu, notamment en première mi-temps, a été plus que décevante. Le Cap-Vert n’est pas un foudre de guerre. Mais ses joueurs pratiquent un football «juste», sans «fioritures». Pourtant, les Verts ont bien débuté la partie en réussissant à ouvrir la marque dès les premiers instants du match (4’) par l’intermédiaire du défenseur Bensebaïni. Une ouverture du score qui a quelque peu mis en confiance les Algériens qui ont reculé un peu, laissant des espaces à l’adversaire. Et celui-ci en a profité pour égaliser à la 13’ par Gomes Ricardo. Les Verts se sont par la suite remis en selle et cela a fini par payer à la 29’ lorsque Bounedjah a inscrit le deuxième but. Le score aurait même pu être plus lourd en cette première période. C’est en deuxième mi-temps que les choses ont complètement basculé. Les Verts étaient méconnaissables. Les Capverdiens, plus entreprenants, ont égalisé (67’), par Mendes, avant de prendre l’avantage quatre minutes plus tard (71’) par Tavares. La rencontre s’est terminée donc sur cette défaite par 3 buts à 2. Un troisième revers de suite, entre équipe A et A’, qui n’est pas fait pour rassurer le sélectionneur national, soumis de plus en plus à de fortes critiques. Les choses pourraient même s’aggraver jeudi prochain à l’occasion de la seconde rencontre amicale des Verts, prévue à Lisbonne face au Portugal. Quelles répercussions aurait une prestation tout aussi décevante de la sélection nationale ? En tout cas, le staff en place devrait réagir lors de cette ultime empoignade amicale avant la poursuite des éliminatoires de la CAN 2019. Le temps de la prospection est fini, a déclaré Madjer mercredi dernier lors de la conférence de presse d’avant-match, avant d’affirmer qu’à l’issue de ces deux matchs amicaux, le onze type pour la Gambie se dessinerait. Aujourd’hui, a priori, les Verts donnent l’air de ne pas être prêts pour les futurs rendez-vous continentaux. Madjer arrivera-t-il à «convaincre» les amoureux des Verts ce jeudi ? Le staff technique dispose de quelques jours seulement de préparation pour apporter les correctifs nécessaires aux «énormes» lacunes enregistrées. Cela pourrait s’avérer insuffisant. D’autant plus que le futur adversaire, le Portugal, est d’un tout autre calibre…

June 3rd 2018, 9:01 am

Les résidents suspendus à la décision du Premier ministère

El Watan

Le délai accordé par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) au ministère de la Santé avant la reprise des gardes prend fin aujourd’hui. Jusqu’en début de soirée d’hier, aucun signal n’est venu inciter les résidents à geler la grève des gardes décidée le 29 avril dernier. «Nous attendons d’ici ce soir (hier) pour voir quelle position prendre», s’est contenté d’indiquer le porte-parole du Camra, le Dr Hamza Boutaleb, précisant que jusqu’à preuve du contraire, la grève des gardes sera maintenue aujourd’hui. Le délégué fait référence à la réunion interministérielle qui a été annoncée mercredi dernier, mais dont les décisions, qui permettraient la reprise des négociations avec les grévistes, n’ont pas été rendues publiques. Réuni samedi 26 mai à Constantine, le bureau national du Camra a annoncé la «reprise de la participation à l’activité de garde à partir du 3 juin, conditionnée par des négociations fructueuses avant cette date». Le collectif a affirmé vouloir faire valoir «l’esprit du dialogue qui permettrait une issue favorable à cette situation de grève». «Nous réaffirmons notre disponibilité à des négociations concrètes dans le cadre d’un dialogue sincère avec le ministère de la Santé ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur pour une solution satisfaisante de ce conflit», a indiqué le communiqué du Camra qui rappelle qu’il «n’a eu de cesse de maintenir les portes de la discussion et du dialogue ouvertes avec les tutelles concernées (Santé, Enseignement supérieur)». Les représentants des grévistes ont également affirmé leur disposition à aller vers la fin de leur grève «en cas de propositions satisfaisantes». Interrogé sur l’annonce du Camra, le ministre de la Santé, le Pr Mokhtar Hasbellaoui, a tenu des propos intrigants à la sortie d’une séance plénière consacrée à la présentation du projet de loi sur la santé devant le Sénat : «Je ne suis au courant de rien. Je suis coupé du monde.» A l’exception de la réunion présidée par Ahmed Ouyahia, les résidents qui espéraient l’ouverture rapide des négociations avec leurs tutelles (Santé, Enseignement supérieur) n’ont rien reçu de concret durant la semaine dernière. Les membres du bureau national du Camra signalent que leurs camarades ont fait le nécessaire pour favoriser la résolution du conflit. «On aura tout essayé», estime le Dr Sofiane Benseba, délégué national du collectif. En grève depuis sept mois, les médecins ont décidé l’arrêt des gardes depuis le 29 avril dernier pour dénoncer le mutisme de leur tutelle et la répression policière. Après plusieurs actions (négociations, sit-in, marches), le Camra a décidé d’adresser une lettre au président de la République, Abdelaziz Bouteflika. D’aucuns estiment que la démarche du Premier ministère est une reprise en main du dossier géré jusque-là par le département de Hasbellaoui. La réponse des autorités devrait concerner les revendications des médecins, particulièrement l’obligation du service civil et ses modalités d’application, mais aussi la prise en charge des conséquences de la grève (année pédagogique, examens, salaires…).

June 3rd 2018, 9:01 am

Pourquoi le pouvoir mise sur les zaouïas

El Watan

Avec la construction, en un temps record, d’une grande et fastidieuse mosquée dans un quartier assez huppé de la capitale, pour un montant de pas moins de 900 millions de dinars payé par des hommes d’affaires, des entrepreneurs et de nombreux donateurs anonymes, et son inauguration en grande pompe par le président de la République, la zaouïa Al Kadiria a créé la surprise et suscité des interrogations sur la relation entre les confréries religieuses et la politique. Pendant des siècles, les zaouïas étaient au centre même du pouvoir et toute décision passait inévitablement par une validation de l’autorité religieuse, qui assumait souvent la fonction de chef militaire et celles du politique et du religieux. Durant les premières années de la colonisation, ce sont justement les chefs des tribus, qui étaient également chefs militaires et de zaouïas, qui ont mené les plus grandes révoltes armées, comme ce fut le cas avec cheikh Aheddad, cheikh Al Mokrani, Bouamama ou encore l’Emir Abdelkader. Mais ces confréries n’ont pas adhéré au déclenchement de la Guerre de libération, en raison d’un de leurs principes qui les oblige à «obéir à l’autorité et à s’éloigner de la politique». Une position qu’elles paieront cher après l’indépendance. Aussi bien Ahmed Ben Bella que son successeur Houari Boumediène ont interdit aux zaouïas toute activité, y compris religieuse, et les ont totalement marginalisées. Boumediène ira jusqu’à interdire aux dirigeants de ces confréries  tout déplacement à l’étranger, ou d’avoir des contacts avec une quelconque partie à l’extérieur du pays. Durant les années 1980, le regard porté sur les confréries a légèrement évolué en raison des relations qu’entretenait le président Chadli Bendjedid avec certaines zaouïas. Mais celles-ci vont connaître le pire durant les années 1990. Accusées par l’Association des Oulémas, leur «ennemie jurée», de paganisme et de charlatanisme, elles sont la cible de violentes critiques, puis d’attaques terroristes commises par les groupes islamistes armés. Bon nombre d’entre elles, se trouvant en majorité en zones montagneuses et isolées, sont saccagées et leurs locataires poussés à l’exode. C’est avec le président Bouteflika que les confréries vont renaître de leurs cendres, pour contrecarrer l’islam politique radical à l’origine des dix années de braise vécues par les Algériens et réhabiliter par la même occasion cet islam maghrébin traditionnel connu pour être tolérant et ouvert sur le monde. Enfant de zaouïa et adepte de soufisme, Bouteflika va sponsoriser les confréries, en contrepartie d’une allégeance, tout au long de ses quatre mandats, pour asseoir son pouvoir. De nombreuses zaouïas recevront des enveloppes financières importantes et bénéficieront d’opérations de réhabilitation et de reconstruction de certains de leurs monuments saccagés ou altérés par le temps. Beaucoup d’entreprises vont suivre, en accordant des aides financières aux zaouïas. Des centaines de milliards ont été déboursés pour étendre et entretenir les réseaux et les ramifications des confréries désormais mises au service du pouvoir politique. Chacune des campagnes électorales présidentielles était marquée par des visites en grande pompe aux chouyoukh des zaouïas, qui deviennent de plus en plus influentes, à l’image de la Tidjania, la Belkadia, Erahmania, El Hamel, de la zaouïa de Sidi Belekbir au sud du pays... Les regroupements de ces confréries sont devenus de véritables exhibitions de force en raison du nombre important d’adeptes qu’ils drainent. Pour Bouteflika et ses hommes, les confréries représentent une masse électorale appréciable, d’autant que le phénomène du soufisme s’est bien répandu et ses adeptes viennent de toutes les couches de la société sans distinction de statut. Des docteurs en médecine, des sportifs, des professeurs à l’université, des officiers supérieurs de l’Anp, des cadres dirigeants de grandes entreprises ont adopté cette forme de spiritualité, qu’il est difficile à expliquer, si ce n’est par le mysticisme qui caractérise une bonne partie de la société algérienne. Très discrets au début, de nombreux hommes politiques, comme l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, l’ex-Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, ou encore de grands responsables des services de sécurité, ne se gênent plus pour se rendre dans les zaouïas à la recherche d’une éventuelle «baraka» qui leur assurera la promotion. De plus en plus, la connivence entre les hommes politiques et les chouyoukh des zaouïas apparaît au grand jour. Certaines confréries vont servir de tribune à l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil pour se blanchir des faits de corruption qui lui sont reprochés et à cause desquels il a quitté son poste. Le président d’une association de zaouïas est même nommé conseiller à la Présidence, avant d’être poursuivi dans une grande affaire de corruption. Mais, il faut reconnaître que parmi les confréries, certaines ont refusé de servir d’espace politique aux hommes du pouvoir. A quelques mois de l’élection présidentielle de 2019, quelques zaouïas viennent d’appeler Bouteflika à briguer un 5e mandat, suscitant le grincement des dents de nombreuses autres confréries qui veulent rester, en tant que centres de spiritualité, loin de la compromission politique. Il faut dire que la dernière sortie du Président à l’occasion de l’inauguration de la mosquée de la zaouïa El Kadiria, à Alger, a été ressentie comme une douche froide pour bon nombre de chouyoukh, en raison de l’état de santé assez dégradé du chef de l’Etat. Au fond, bon nombre d’entre eux ne croient pas à un 5e mandat et ils le disent à voix basse. Le témoignage, même très confidentiel, vaut son pesant d’or. Surtout quand on sait le rôle qu’ils ont dans le soutien de Bouteflika depuis 1999.

June 3rd 2018, 6:31 am

Enquête sur l’affaire de la cocaïne saisie à Oran : Un réseau à l’échelle de la Méditerranée

El Watan

C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo. L’affaire des 700 kg de cocaïne saisis au port d’Oran n’a pas encore livré tous ses secrets, alors que l’enquête se poursuit notamment à Alger, où plusieurs interpellations ont été effectuées par les gendarmes durant les dernières 48 heures. D’abord les  frères de Kamel Chikhi, propriétaire de la marchandise dans laquelle la drogue était dissimulée, quelques-uns de ses associés et des cadres dirigeants des sociétés qu’il détient à Alger. L’étau se resserre autour de ce puissant promoteur immobilier de l’Algérois dont les entrepôts ont été perquisitionnés. L’intrigante opération d’importation de 701 kg de cocaïne, saisis par les gardes-côtes mardi dernier à Oran, continue de susciter de lourdes interrogations, alors que durant les dernières 48 heures, les éléments de la Gendarmerie nationale ont multiplié les interpellations, notamment à Alger, où Kamel Chikhi, le propriétaire de la marchandise, de la viande congelée dans laquelle ont été dissimulés les 701 kg de drogue, réside et où également sont domiciliées ses sociétés d’import-import notamment Amazon-Meat et Hit Meat, spécialisées dans l’importation et le commerce de produits de boucherie, ciblées par des opérations de perquisition pour être fouillées de fond en comble. Mais l’intérêt semble axé sur le patron, Kamel Chikhi, cet énigmatique boucher de Lakhdaria d’une quarantaine d’années, qui en moins de deux décennies a érigé un empire financier et est devenu le promoteur immobilier le plus puissant d’Alger, à la tête de nombreuses sociétés, des Eurl et des Sarl, et ayant ses frères ou d’autres personnes pour associés. Il faut dire que les premiers éléments d’information laissent perplexe. Le container frigorifique dans lequel les 700 kg de drogue étaient dissimulés aurait été transbordé à bord du cargo Vega Mercury, à Valence, en Espagne. Mieux encore, ce navire, à en croire MSC, la société de droit suisse (dont les propriétaires sont italiens) qui l’a affrété, le navire n’assure que les lignes méditerranéennes, notamment espagnoles, pour le compte d’une compagnie qui elle aussi est censée être spécialisée dans les lignes méditerranéennes. D’ailleurs, l’historique de ses dessertes durant le mois de mai fait état de quatre escales à Barcelone, le 7 mai, à Oran le 15 mai, à Valence le 24 mai et à Oran les 29 et 30 mai. C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo. Etant donné qu’il s’agit de containers scellés destinés à l’Algérie, les autorités espagnoles, qui suivaient de près l’itinéraire, ont préféré laisser partir le navire pour ne pas éveiller les soupçons en prenant le soin de donner tous les détails sur le container de drogue aux garde-côtes algériens. Lorsque l’information a été reçue, le Vega Mercury était déjà en rade au port d’Oran, en attente du déchargement des containers. Les unités des garde-côtes et de la Marine nationale l’ont accosté pour l’amener à quai. Après la destruction des scellés, le pot aux roses a été découvert. C’était la stupéfaction pour tous les éléments des services de sécurité. Quel navire a transporté la marchandise du Brésil jusqu’à Valence ? On n’en sait rien pour l’instant. Cependant, il est certain que le container était bien surveillé et avait pour destination l’Algérie. Lorsque la Guardia civile (espagnole) avait informé les autorités algériennes, elle savait que tous les containers allaient être débarqués à Oran, la drogue serait cachée, en attendant qu’un réseau se charge d’expédier la marchandise vers une autre destination, étant donnée qu’il n’y a pas de marché de consommation pour une telle quantité de drogue dure en Algérie. Cette opération ne peut être l’œuvre d’une personne, mais d’une grande organisation dont les têtes ne peuvent être que de grosses pointures capables d’assurer la sécurité de la cargaison, depuis son transit en Algérie jusqu’à sa destination finale, probablement l’Europe. En tout état de cause, Kamel Chikhi risque gros, même si pour l’instant il est présumé innocent. Son profil de nouveau riche, qui dépense comme il respire, suscite moult interrogations sur l’origine de sa fortune. Des sources bien informées évoquent des rapports sécuritaires sur de présumées opérations de blanchiment d’argent mais aussi sur ses relations avec certains terroristes repentis. A Kouba, où sa boucherie offre de la viande au prix le moins cher du marché de la capitale, il est connu comme un magnat de l’immobilier dont la richesse est indescriptible. Aussi bien dans ce quartier, où il a acheté de nombreux biens immobiliers, qu’il a transformés en luxueuses promotions immobilières, ou à Hussein Dey où il a financé la construction d’une immense mosquée, ou encore à Hydra, où il a acquis la villa de l’ancien secrétaire général du FLN, le défunt Abdelhamid Mehri, à coups de plusieurs dizaines de milliards de centimes pour la raser et y construire une tour, ou aussi à Bir Mourad Raïs, où il a obtenu une assiette boisée, qu’il a complètement défrichée pour ériger une tour de 14 étages, à Saïd Hamdine, où ses engins de terrassement d’un terrain d’une villa qu’il achetée ont provoqué un éboulement, tuant sur le coup un enfant... En bref, Chikhi a l’art de dénicher les villas et les terrains les mieux situés à Alger, les acheter sans compter les sous, pour les transformer en immenses ensembles immobiliers haut de gamme, destinés à une clientèle triée sur le volet. Beaucoup de promoteurs se sont toujours interrogés sur la facilité avec laquelle Chikhi arrivait à décrocher, en un claquement de doigts, les permis de construire, y compris dans des agglomérations où il est pratiquement impossible d’ériger des étages. Ceux qui le connaissent parlent beaucoup de ses liens avec des ministres, certains en fonction et d’autres non, mais aussi avec des personnalités les plus influentes du pays. «Sa richesse lui a permis d’avoir accès aux cercles les plus fermés de la capitale, faisant de lui un promoteur très courtisé», nous déclare un de ses concurrents. Dans cette affaire, il aura certainement du mal à expliquer la présence de la cocaïne pure dans les cartons de viande qu’il a importée du Brésil. Pour l’instant, il est probable que des commissions rogatoires soient délivrées par la justice algérienne, notamment au Brésil, d’où la marchandise a été embarquée et en Espagne où elle a été transbordée à bord d’un autre navire, pour déterminer la responsabilité des uns et des autres dans cette opération, notamment celle de la compagnie qui a affrété le navire, de la société qui a fourni la viande et des autorités portuaires brésiliennes, pour mieux comprendre le cheminement de cette cargaison jusqu’en Algérie.

June 2nd 2018, 11:01 am

Crise au sommet de l’Etat en Tunisie

El Watan

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a accusé Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounes et fils du président de la République, d’être à l’origine des défaites électorales de Nidaa Tounes et du blocage de ses structures. La crise politique s’enflamme en Tunisie. Les observateurs n’ont pas attendu longtemps pour voir les suites du gel, lundi dernier, de l’accord de Carthage par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Toutefois, alors que l’on s’attendait à des tractations pour la reprise des négociations, c’est le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui a pris mercredi tout le monde au dépourvu et a accusé, dans un petit discours télévisé, Hafedh Caïd Essebsi, le fils du Président, d’être à l’origine de la débâcle électorale et structurelle du parti Nidaa Tounes. Chahed a même attiré l’attention sur le fait que la crise de son parti a atteint les structures de l’Etat, ce qui constitue un danger pour le pays. Le chef du gouvernement a appelé à écarter Hafedh Caïd Essebsi de la direction de Nidaa Tounes, en vue de réunir la famille nationaliste pour les élections de 2019, pour éviter une débâcle électorale pareille à celle de 2011. Ce clash contre le fils du président de la République est survenu alors que la Tunisie traverse une véritable crise socioéconomique. La tension sociale est à son apogée contre la cherté de la vie (8% d’inflation). La Tunisie peine à trouver des équilibres économiques (Budget, balance des paiements et cours de la monnaie). Laquelle situation rappelle étrangement mai 2017 et le lancement de la campagne contre les barons de la corruption, l’homme d’affaires controversé, Chafik Jarraya, en tête. Beaucoup de points de ressemblance se dégagent avec mai 2017, lorsque le pays vivait en pleine crise, avec les manifestants du Sahara de Tataouine (sit-in Al Kamur). Le lancement de la campagne contre la corruption avait permis, en 2017, de réunir tout le monde derrière Youssef Chahed, quoi que tous étaient certains que le président Béji Caïd Essebsi était dans la manœuvre. Perspectives incertaines Pareil pour aujourd’hui, avec une cible du calibre de Hafedh Caïd Essebsi, régulièrement qualifié de «fils à papa» sur les réseaux sociaux, voire sur les plateaux de débats des télés et des radios. Il n’y a effectivement pas meilleure action politique qu’une attaque frontale contre le fils du président de la République, d’autant plus que des politologues n’ont pas manqué de critiquer Béji Caïd Essebsi pour ne pas s’être opposé à l’installation de son fils à la tête du parti Nidaa Tounes, fondé en 2012 et ayant permis de remporter les élections parlementaires et présidentielle de 2014. Le coup de 2017 a permis de réunir tous les Tunisiens contre la corruption. La crise a été contournée, au sein de Nidaa Tounes, en évitant l’escalade avec le groupe de députés connus pour leur proximité avec les hommes d’affaires corrompus arrêtés, à commencer par le président du bloc parlementaire, Soufiane Toubel. Aujourd’hui, la situation est plus compliquée, faute de données transparentes. Les ministres, députés et élus municipaux de Nidaa Tounes ne sont pas certains de la position de la présidence de la République dans cette querelle. Jusqu’à mercredi soir, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, n’a pas eu la moindre réaction aux propos de Youssef Chahed. Il est vrai que le président Béji Caïd Essebsi était à Paris pour participer au sommet sur la Libye. L’unique réaction est venue du député Fadhel Ben Omrane, appartenant au clan du fils du Président, qui a appelé au dialogue et à chercher un compromis dans son intervention sur Radio Mosaïque Fm. Mais, il est certain que tout le monde attend les signaux de la présidence de la République avant de trancher.

June 2nd 2018, 7:46 am

«Le pouvoir réprime les forces qui militent pour le changement»

El Watan

Etre élu librement à la tête d’une mairie, n’importe où en Algérie, est plus sage que d’être un président désigné.» C’est par cette expression, empruntée à feu Hocine Aït Ahmed, que le premier secrétaire du FFS, Mohamed Hadj Djilani, a entamé sa prise de parole à l’ouverture de la rencontre tenue jeudi soir au siège du parti avec les présidents des APC et les élus APW. Une réunion visant à renouer le contact avec les élus afin de les écouter et recueillir leurs doléances. Les prérogatives des élus, reconnaît Hadj djilani, sont limitées par les codes communal et de wilaya, d’où le combat du parti pour l’abrogation de toutes les lois salutaires, particulièrement le code des collectivités locales. «L’élu local a des rôles et des missions conférés par la loi, mais il a également un rôle politique, organisationnel et social. La charte de l’élu du FFS prône la prééminence du politique dans l’exercice du mandat», rappelle Hadj Djilani. L’élu local représente, selon lui, l’axe de la vie politique locale, parce que d’un côté, il occupe le sommet du système politique à l’échelle locale, et d’un autre, il exerce des fonctions ayant un impact important sur la vie et le développement de la société politique. «Les élus du FFS doivent être vigilants et ne pas répondre aux tentatives et manipulation de l’administration. Et le parti s’engage à vous assurer la défense et la protection politique et judiciaire, face aux abus de l’administration et de la justice», rassure le premier secrétaire du FFS, mettant en exergue la difficulté que rencontrent les élus, notamment ceux du FFS qui prônent la décentralisation et la démocratie, face à un système qui régit notre pays et qui «dénude aux représentants du peuple de leurs prérogatives». Hadj Djilani est revenu sur les dernières lois débattues à l’APN, notamment la loi sur la santé, qu’il qualifie d’antisociale, antinationale et anticonstitutionnelle, une loi rejetée par les parlementaire du FFS, parce qu’elle consacre, selon eux, un recul sur les acquis sociaux des Algériens et un recul graduel de la gratuité des soins. Le FFS demande, encore une fois, l’ouverture d’un débat général sur cette loi, en associant l’ensemble des acteurs sociaux, politiques, experts et spécialistes pour arriver à un projet consensuel sur le système de santé en Algérie et à une stratégie nationale pour le développement de ce secteur. Le FFS est persuadé que le régime, à travers les lois qu’il fait passer à l’Assemblée, ne recule devant rien pour faire aboutir sa politique libérale. «Le pouvoir veut à travers ses pratiques étouffer toutes les voix discordantes, et matraquer les forces politiques et sociales qui militent pour le changement», avertit Hadj Djilani qui a plaidé pour le consensus, l’unique solution pour faire face à la crise qui secoue notre pays. «Les problèmes étant multidimensionnels requièrent une approche globale, les difficultés touchant toutes les catégories de la population et toutes les régions du pays exigent la contribution de tous les acteurs politiques et sociaux. Nous luttons pour l’instauration d’un Etat de droit et notre combat vise à substituer au système actuel une alternative démocratique à même de réaliser tous ces objectifs.»

June 2nd 2018, 7:46 am

«Certains architectes oublient que l’architecture est un acte éminemment civilisé de création»

El Watan

Dans cet entretien, Wissam Meziane, enseignant d’architecture à l’université Constantine 3, et expert des questions juridiques liées à l’urbanisme, explique les raisons historiques de ce conflit, qui vient de rebondir, sur la forme d’exercice de la profession d’architecte en Algérie. - Des architectes se rebiffent de manière récurrente pour l’autorisation des Sarl et Eurl à exercer le métier d’architecte… Oui, ce sont toujours les architectes qui posent ce problème, contrairement aux autres professions libérales comme les avocats, les médecins, les notaires, qui pratiquent dans des cabinets portant leurs noms. Et cela s’explique par l’héritage. Le modèle actuel d’exercice de l’architecture en Algérie est hérité du temps des bureaux d’études publics. En 1966, la profession pratiquée jusqu’alors de manière libérale a été étatisée, d’abord dans des bureaux d’études intégrés dans des entreprises. Ce n’est qu’à partir de 1984, dans le cadre de la restructuration des entreprises, que ces bureaux sont devenus des entités autonomes, mais toujours propriété de l’Etat. Ils vont exercer sous la forme d’EPE (entreprise publique économique, ndlr) avec l’introduction du code BET dans le registre du commerce, auquel sont désormais soumis ces bureaux. Parallèlement, un notaire qui s’adresse au registre du commerce est renvoyé pour absence de code. L’héritage est double : institutionnel et réglementaire. Cet héritage des BET persiste. Et ça se voit dans les dénominations. Vous ne trouverez pas un cabinet d’avocat qui ne porte pas les nom et prénom de son fondateur. Par contre, vous avez partout des cabinets d’architectes où le nom de la personne physique est remplacé par des appellations commerciales. Dans la mentalité de ces derniers, la profession s’exerce dans un bureau d’études, c’est une perception de soi polluée, et certains trouvent donc naturel d’exercer dans le cadre de Sarl ou de Eurl. Ils ne se présentent pas en tant qu’architectes agréés, mais en tant que directeurs de bureau d’études ! - Ce brouillage n’a jamais été levé ni par le ministère de tutelle, ni par l’Ordre des architectes, ni par l’université… L’université n’a rien à voir, a fortiori, elle se contente depuis 2008 d’enseigner la science, elle ne forme plus de professionnels en vertu de la loi sur le LMD. Ça aussi il faut le dire parce que les gens ont toujours l’idée que l’université forme des architectes. Non, l’université enseigne l’architecture et sanctionne l’enseignement par un diplôme non pas d’architecte, mais de master en architecture. Pour répondre à votre question, oui le brouillage n’a toujours pas été levé parce que quelque part on refuse de le faire. - Que pensez-vous de la réponse de l’actuel ministre sur cette question ? A mon sens, le ministre n’a pas voulu se contenter d’apporter une réponse juridique strictement limitée au droit positif algérien, il a préféré apporter une réponse prospective. En ce sens que, objectivement, rien ne s’opposerait à ce que l’exercice de la profession d’architecte puisse évoluer vers la forme commerciale. C’est une réponse conforme à son statut de ministre qui, en tant que membre de l’Exécutif, a la prérogative de proposer des lois, ce n’est pas la réponse d’un juge. Parce que du point de vue strictement juridique, les choses sont claires : la profession d’architecte est une profession libérale et ne peut s’exercer dans le cadre commercial et cela a toujours été la position de l’Ordre des architectes et du ministère chargé de l’architecture depuis plus de 20 ans. Toutefois, un cadre commercial spécifique devra être défini de façon à permettre le développement de la profession et l’émergence de la qualité architecturale. Sinon où serait l’intérêt ? - Quels sont les enjeux ? La raison est simple, en fait, les bureaux d’études techniques publics, comme BERG, Berep, Ceneac, Bneder, ou encore BEM, existaient avant la loi 94/07. Ce sont des bureaux immenses, structurés en EPE, qui ne peuvent pas être supprimés du jour au lendemain. Si on revient à la norme, ils n’ont plus le droit de faire de l’architecture. Il y a un conflit, mais ce n’est pas de leur faute si aucune disposition n’a été prise, y compris de la part du CNOA, pour résoudre leur cas, au moment de la promulgation de la nouvelle loi. Aujourd’hui, une solution est possible considérant qu’ils ont existé avant, et compte tenu de l’immense capital expérience de ces bureaux, leur pluridisciplinarité et leur rôle dans la formation. Il faut juste établir une disposition transitoire en agréant les architectes employés au sein de ces bureaux, qui vont signer de leurs noms comme le font les médecins dans les hôpitaux. Au lieu de les couler et mettre les gens au chômage, on peut résoudre la problématique intelligemment et mettre fin à la cassure avec les orthodoxes de la pratique libérale «l’architecture aux architectes» et l’exclusion des BET. Et donc, comme on ne pouvait pas dissoudre ces BET, le code a été maintenu au registre du commerce, mais les pressions exercées par l’Ordre des architectes ont fait que le CNRC exige du BET l’agrément avant de lui délivrer le registre du commerce. - Pour quelle raison des architectes choisissent la forme commerciale au lieu de fonder un cabinet ? Les formes commerciales Sarl et Eurl offrent des avantages (fiscaux, obtention de crédit…). Prenons l’exemple de quelques-uns des plus grands cabinets d’architecture et qui se trouvent à Constantine. Dembri ou Naceri par exemple sont des personnes physiques, en revanche Hafiane détient des Sarl parce qu’il a investi avec des crédits. Un architecte comme Naceri, par exemple, qui a réalisé les plans de la ville universitaire de Constantine avec un montant d’honoraires de 67 milliards de centimes, l’a fait en tant que personne physique. Pourquoi les autres trouvent alors des arguments pour exercer dans des Sarl ? La raison est simple : certains architectes oublient que l’architecture est un acte éminemment civilisé de création. Les œuvres majeures des grands architectes du XXe siècle, je cite Franck Lloyd Wright, Le Corbusier et Mies van der Rohe, sont de petites maisons individuelles : la Villa Savoye, la Villa sur la cascade et le Pavillon de Barcelone. Quand on fait de l’architecture pour l’architecture, on ne cherche pas des moyens, mais quand on veut faire de l’argent en faisant de l’architecture, c’est normal de choisir l’activité commerciale. Cela dit, la forme commerciale est intéressante sur au moins un aspect pour éviter à l’architecte de s’endetter, ce dernier n’étant payé pour la commande qu’au bout de six mois.

June 2nd 2018, 7:46 am

«Le passage de la théorie à la pratique va être compliqué»

El Watan

Le groupe Sonatrach projette, à l’horizon 2030, de hisser la compagnie «au 5e rang mondial des compagnies nationales». En visite jeudi à Hassi Messaoud, dans le cadre d’une série de déplacements visant à expliciter notamment la stratégie du groupe à l’horizon 2030, le PDG de Sonatrach a estimé que «le passage de la théorie à la pratique sera  compliqué». Il a souligné que la phase réalisation, «qui interviendra dans un mois», est beaucoup plus complexe «pour la simple raison qu’il faut avoir les hommes et les compétences nécessaires pour prendre en charge cette transformation du groupe sur le long terme». Et d’ajouter : «Nous sommes à la limite du théorique (…) et c’est maintenant, dans cette phase difficile, que l’on va éprouver notre ingéniosité.» Il est à rappeler que le groupe Sonatrach projette, à l’horizon 2030, de hisser la compagnie «au 5e rang mondial des compagnies nationales», et de réaliser «plus de 60 milliards de dollars de revenus supplémentaires, dont 50% contribueront à la richesse nationale et 50% seront investis dans les réserves, les capacités de production, la formation du personnel et le développement de l’expertise», selon les différents exposés actuellement déroulés par Sonatrach au profit des cadres et travailleurs du groupe. Ce dernier veut notamment «commercialiser 50% de sa production de gaz sur de nouveaux marchés et via le trading, mettre en place une industrie pétrochimique nationale en focalisant sur les projets les plus créateurs de valeur». Il s’agit, par ailleurs, au sens du groupe, de renforcer la capacité de raffinage nationale, à travers notamment deux projets prioritaires, la raffinerie projetée à Hassi Messaoud et la raffinerie de conversion de Skikda. Sonatrach entend aussi «doubler le volume annuel des découvertes à partir de 2021-2022, ainsi que la productivité, éviter 3 milliards de dollars de manque à gagner grâce à un meilleur contrôle des grands projets, augmenter de 2 millions de tep par an, la production des gisements existants, développer les ressources nouvelles, et le non-conventionnel avec un objectif de produire 20 milliards de mètres cubes en 2030, et 70 milliards de mètres cubes en 2040». Le groupe veut en outre «produire 500 têtes de puits par an, améliorer les infrastructures de transport et d’expédition avec 500 kilomètres de canalisations pour les réseaux de collecte». Par ailleurs, Sonatrach projette, selon le texte de sa stratégie 2030, de préparer la transition énergétique en poursuivant notamment la solarisation des installations pétrolières avec une capacité totale de 1,3 GW. L’investissement dans l’internationalisation du groupe est aussi un des objectifs du groupe qui mise sur «des pays à fort potentiel, dont l’investissement en Irak, ainsi que de l’acquisition de capacités de raffinage à l’étranger», comme ce fut le cas dernièrement en Italie. La conclusion de nouveaux partenariats et le développement de la capacité de trading du groupe sont en outre inscrits dans la stratégie de Sonatrach qui a été exposée jeudi à Hassi Messaoud.

June 2nd 2018, 7:46 am

Un réseau à l’échelle de la Méditerranée

El Watan

C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo. L’affaire des 700 kg de cocaïne saisis au port d’Oran n’a pas encore livré tous ses secrets, alors que l’enquête se poursuit notamment à Alger, où plusieurs interpellations ont été effectuées par les gendarmes durant les dernières 48 heures. D’abord les  frères de Kamel Chikhi, propriétaire de la marchandise dans laquelle la drogue était dissimulée, quelques-uns de ses associés et des cadres dirigeants des sociétés qu’il détient à Alger. L’étau se resserre autour de ce puissant promoteur immobilier de l’Algérois dont les entrepôts ont été perquisitionnés. L’intrigante opération d’importation de 701 kg de cocaïne, saisis par les gardes-côtes mardi dernier à Oran, continue de susciter de lourdes interrogations, alors que durant les dernières 48 heures, les éléments de la Gendarmerie nationale ont multiplié les interpellations, notamment à Alger, où Kamel Chikhi, le propriétaire de la marchandise, de la viande congelée dans laquelle ont été dissimulés les 701 kg de drogue, réside et où également sont domiciliées ses sociétés d’import-import notamment Amazon-Meat et Hit Meat, spécialisées dans l’importation et le commerce de produits de boucherie, ciblées par des opérations de perquisition pour être fouillées de fond en comble. Mais l’intérêt semble axé sur le patron, Kamel Chikhi, cet énigmatique boucher de Lakhdaria d’une quarantaine d’années, qui en moins de deux décennies a érigé un empire financier et est devenu le promoteur immobilier le plus puissant d’Alger, à la tête de nombreuses sociétés, des Eurl et des Sarl, et ayant ses frères ou d’autres personnes pour associés. Il faut dire que les premiers éléments d’information laissent perplexe. Le container frigorifique dans lequel les 700 kg de drogue étaient dissimulés aurait été transbordé à bord du cargo Vega Mercury, à Valence, en Espagne. Mieux encore, ce navire, à en croire MSC, la société de droit suisse (dont les propriétaires sont italiens) qui l’a affrété, le navire n’assure que les lignes méditerranéennes, notamment espagnoles, pour le compte d’une compagnie qui elle aussi est censée être spécialisée dans les lignes méditerranéennes. D’ailleurs, l’historique de ses dessertes durant le mois de mai fait état de quatre escales à Barcelone, le 7 mai, à Oran le 15 mai, à Valence le 24 mai et à Oran les 29 et 30 mai. C’est au port de Valence que les six containers frigorifiques, venus du Brésil, dont celui contenant la drogue, ont été transbordés à bord du Vega Mercury, entre les 24, 25 et 26 mai et le connaissement de la marchandise qu’ils contiennent a été signé par l’agent de la compagnie MSC et validé par le commandant de bord du cargo. Etant donné qu’il s’agit de containers scellés destinés à l’Algérie, les autorités espagnoles, qui suivaient de près l’itinéraire, ont préféré laisser partir le navire pour ne pas éveiller les soupçons en prenant le soin de donner tous les détails sur le container de drogue aux garde-côtes algériens. Lorsque l’information a été reçue, le Vega Mercury était déjà en rade au port d’Oran, en attente du déchargement des containers. Les unités des garde-côtes et de la Marine nationale l’ont accosté pour l’amener à quai. Après la destruction des scellés, le pot aux roses a été découvert. C’était la stupéfaction pour tous les éléments des services de sécurité. Quel navire a transporté la marchandise du Brésil jusqu’à Valence ? On n’en sait rien pour l’instant. Cependant, il est certain que le container était bien surveillé et avait pour destination l’Algérie. Lorsque la Guardia civile (espagnole) avait informé les autorités algériennes, elle savait que tous les containers allaient être débarqués à Oran, la drogue serait cachée, en attendant qu’un réseau se charge d’expédier la marchandise vers une autre destination, étant donnée qu’il n’y a pas de marché de consommation pour une telle quantité de drogue dure en Algérie. Cette opération ne peut être l’œuvre d’une personne, mais d’une grande organisation dont les têtes ne peuvent être que de grosses pointures capables d’assurer la sécurité de la cargaison, depuis son transit en Algérie jusqu’à sa destination finale, probablement l’Europe. En tout état de cause, Kamel Chikhi risque gros, même si pour l’instant il est présumé innocent. Son profil de nouveau riche, qui dépense comme il respire, suscite moult interrogations sur l’origine de sa fortune. Des sources bien informées évoquent des rapports sécuritaires sur de présumées opérations de blanchiment d’argent mais aussi sur ses relations avec certains terroristes repentis. A Kouba, où sa boucherie offre de la viande au prix le moins cher du marché de la capitale, il est connu comme un magnat de l’immobilier dont la richesse est indescriptible. Aussi bien dans ce quartier, où il a acheté de nombreux biens immobiliers, qu’il a transformés en luxueuses promotions immobilières, ou à Hussein Dey où il a financé la construction d’une immense mosquée, ou encore à Hydra, où il a acquis la villa de l’ancien secrétaire général du FLN, le défunt Abdelhamid Mehri, à coups de plusieurs dizaines de milliards de centimes pour la raser et y construire une tour, ou aussi à Bir Mourad Raïs, où il a obtenu une assiette boisée, qu’il a complètement défrichée pour ériger une tour de 14 étages, à Saïd Hamdine, où ses engins de terrassement d’un terrain d’une villa qu’il achetée ont provoqué un éboulement, tuant sur le coup un enfant... En bref, Chikhi a l’art de dénicher les villas et les terrains les mieux situés à Alger, les acheter sans compter les sous, pour les transformer en immenses ensembles immobiliers haut de gamme, destinés à une clientèle triée sur le volet. Beaucoup de promoteurs se sont toujours interrogés sur la facilité avec laquelle Chikhi arrivait à décrocher, en un claquement de doigts, les permis de construire, y compris dans des agglomérations où il est pratiquement impossible d’ériger des étages. Ceux qui le connaissent parlent beaucoup de ses liens avec des ministres, certains en fonction et d’autres non, mais aussi avec des personnalités les plus influentes du pays. «Sa richesse lui a permis d’avoir accès aux cercles les plus fermés de la capitale, faisant de lui un promoteur très courtisé», nous déclare un de ses concurrents. Dans cette affaire, il aura certainement du mal à expliquer la présence de la cocaïne pure dans les cartons de viande qu’il a importée du Brésil. Pour l’instant, il est probable que des commissions rogatoires soient délivrées par la justice algérienne, notamment au Brésil, d’où la marchandise a été embarquée et en Espagne où elle a été transbordée à bord d’un autre navire, pour déterminer la responsabilité des uns et des autres dans cette opération, notamment celle de la compagnie qui a affrété le navire, de la société qui a fourni la viande et des autorités portuaires brésiliennes, pour mieux comprendre le cheminement de cette cargaison jusqu’en Algérie.

June 2nd 2018, 6:17 am

Loisirs ? Le dernier souci !

El Watan

Il est 17h. Lotfi, 7 ans, joue avec ses amis dans le quartier. Comme tous les gamins, ils se courent après. Soudain, Lotfi trébuche sur une planche. Il tombe. Un craquement… En une seconde, son bras est fracturé. Il est transporté en urgence à l’hôpital. Sans surprise, le résultat est sans appel : une double fracture. Il nécessite une intervention en urgence. Il se fait opérer le soir même. Le petit Lotfi sort du bloc, deux broches dans le bras. Dans le quartier où habite Lotfi, il n’y pas d’air de jeux destinée aux enfants. Autre scène marquante : un groupe d’enfants, âgés entre 8 et 13 ans, joue sur l’échafaudage d’un immeuble en rénovation à Alger. En raison du manque criant d’infrastructures de loisirs, les enfants cherchent des alternatives. Malheureusement, leurs idées ne sont pas toujours bonnes et les accidents sont très souvent inévitables. Pour Habib Tiliouine, sociologue et professeur à la faculté des sciences sociales de l’université Oran 2, lauréat du Research Fellow Award 2015, prix scientifique honorifique de l’Association internationale de la recherche sur la qualité de la vie, basée aux Etats-Unis, explique : «Dans le cas où un enfant est privé de loisirs, ceci peut le conduire à la recherche d’autres alternatives pour satisfaire sa curiosité et lui permettre de s’affirmer en tant que personne car chercher la reconnaissance ou bien l’affirmation de soi représente un besoin crucial, surtout lors du passage à l’adolescence.» Selon lui, ces alternatives peuvent entrer en contradiction avec les mœurs ou tout ordre légal, religieux, etc. On peut citer, par exemple, la consommation de drogue, le tabagisme, les agressions sur autrui et ses biens et tout ce qui entre dans le cadre de la délinquance juvénile. Pourtant, l’accès aux loisirs est l’un des droits cité dans la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). «Tous les enfants ont le droit de jouer, d’avoir des loisirs, des activités sportives, culturelles et artistiques pour développer leurs talents et apprendre les valeurs liées à la vie en société», stipule la convention. Malheureusement, de nombreux paramètres font que l’enfant algérien ne profite pas totalement de ce droit fondamental. Le premier : la famille. En effet, selon Ahcene Zerrouk, sociologue et maître de conférences à l’université de Béjaïa, la famille algérienne accorde plus d’importance à l’avenir de l’enfant qu’à son présent. Mais ce que beaucoup ignorent, toujours selon le spécialiste, est que les loisirs chez les enfants ne représentent pas seulement une partie de plaisir, mais la vie toute entière. «L’enfant a besoin d’espaces de détente, d’épanouissement et d’investissement personnel, avec la participation maîtrisée des adultes, sans aucune domination. Le quotidien de l’enfant doit être plein, le temps extrascolaire est plus important pour l’enfant que le temps scolaire, c’est le contraire pour les parents qui investissent plus dans ce dernier au détriment des besoins de leurs enfants, qui demandent forcement des sacrifices qui ne sont pas souvent acceptés par eux», explique-t-il. Le second : les disparités entre les classes sociales. «Cet élément rend ce droit accessible pour les uns et verrouillé pour les autres. Les enfants d’une certaine catégorie sociale peuvent se permettre des vacances à l’étranger, mais la majorité sont eux-mêmes responsables de l’aménagement de leur temps extrascolaire, ce qui les conduit à des solutions naïvement dangereuses pour eux, leurs familles et la société toute entière.» Ainsi donc, l’éternel souci des prix d’accès excessifs revient encore.   Désirs Pour l’expert financier Souhil Meddah : «L’industrie des loisirs répond à des demandes classifiées suivant les capacités et les besoins, mais le citoyen de la classe moyenne se trouve souvent tenter de consommer au même titre que le plus aisé.» Selon lui, ceci donnera l’impression que le produit vaut cher alors que c’est le pouvoir de consommer qui n’est pas adapté. «Certains labels profitent de cette demande additionnelle pour revaloriser les prix dans la perspective de réguler la demande ou de garantir des marges importantes de profit. Pour répondre à cette question, il devient plus utile de diversifier les gammes de services adaptées suivant les potentiels des consommateurs en catégories de populations tout en identifiant les sites géographiques concernés», assure-t-il. Cette privation de loisirs rend les enfants candidats potentiels à un déséquilibre entre les besoins et les désirs dans les autres étapes de leur vie. «Je ne sais pas où emmener mes enfants jouer. Ils sont donc contraints de jouer en bas de la maison. Nous n’avons pas de parc de loisirs a proprement parlé. Certains parents me conseillent le parc Dounia ou les Sablettes. Mais, selon moi, ces endroits ne sont pas un espace de loisirs dédié aux enfants», se désole une maman. Selon elle, les particuliers profitent de la situation pour afficher des prix excessifs : «Certaines familles peuvent se le permettent, mais pas toutes. Même le parc des loisirs de Ben Aknoun, qui sauvait quelque peu la mise, vient d’être fermé pour rénovation». En effet, durant les 30 mois à venir, le parc subira un important lifting afin d’être aux normes internationales. Le budget alloué pour ce projet : 500 millions de dollars. Pour ce tarif, il est question de remodeler le zoo et enrichir la collection d’animaux, rénover le parc d’attraction et incorporer de nouveaux manèges, réaliser un parc aquatique s’étalant sur 10 000 m² avec des jeux d’eau, piscines et toboggans. Un autre projet retenu : un rafting parc (descente rapide de cours d’eau vive), une zone sportive, un centre de loisirs et de restauration et un terrain de golf de 18 trous. Un projet ambitieux, pourtant illogique vu l’état des finances de l’Etat, mais qui prive les enfants d’un lieu de loisirs tant il était principal sur la capitale. Pour Souhil Meddah, le secteur des loisirs est un secteur économique comme les autres. Il subit les effets et les aléas attachés aux conditions de son admission et son accompagnement, qui souvent s’adossent à des canevas de condition et de volonté administratives ou bureaucratiques. «A partir de ce constat, on peut déjà déduire quelques indicateurs, notamment sur la nature de l’investissement dans le cadre des demandes de soutien formulées par les investisseurs privés. L’écart entre la cadence de réalisation des sites d’habitation par rapport aux structures d’amélioration du cadre social et des loisirs. Le manque de motivation des différents organismes de financement et d’accompagnement par rapport au secteur des loisirs qui reste quand même une industrie très importante en matière de consommation et de transfère des flux de richesses», explique-t-il. Alors que les loisirs sont un droit fondamental pour les enfants, il semblerait cependant qu’il soit quelque peu bafoué chez nous en raison du manque criant d’infrastructures dédiées aux enfants. Cette situation aura-t-elle un impact négatif sur l’enfant ? Pauvreté De l’avis de Ahcène Zerrouk, sociologue et maître de conférences à l’université de Béjaïa, l’impact négatif est inévitable dans une situation pareille, les enfants sont livrés à eux-mêmes et vivent une enfance de plus en plus standardisée, dans le mauvais sens du terme. «Le caractère vulnérable de la vie sociale des enfants nous impose beaucoup de maîtrise de cette situation, malheureusement ce n’est pas le cas chez nous», confie-t-il.  Le sociologue se désole du fait que la majorité des enfants en Algérie ne disposent pas d’espaces ou d’institutions de loisirs, et n’ont pas accès à ces lieux faute d’absence d’un environnement adéquat à leurs besoins. «Nous avons constaté que nos villes et nos villages sont destinés à une vie standard sans considération des différentes catégories d’âges. A titre d’exemple : les cités-dortoirs et les résidences clôturées dans les différents coins de nos villes vierges de parc de loisirs et espaces de jeux», assure-t-il. Le manque d’opportunités de loisirs et d’activités culturelles et sportives est dû au manque d’opportunités de loisirs à des coûts variés et adaptés aux différents budgets familiaux, la pauvreté et le déficit flagrant en matière d’infrastructures. Pour pallier ce manque, Habib Tiliouine les organes de l’Etat, tels que les ministères de la Solidarité sociale, de la Famille, de la Jeunesse et des Sports, de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur travaillent en synergie pour pallier aux déficits en matière d’encadrement et d’infrastructures pour créer des occasions pour nos jeunes qui ne doivent pas représenter une proie facile pour la délinquance. De son côté, Ahcène Zerrouk explique que l’augmentation du taux d’enfants n’a pas été accompagnée par des infrastructures nécessaires pour cette tranche d’âge. Selon lui, la solution urgente doit venir du mouvement associatif et des familles. «Nous avons enregistré un retard considérable sur cette question. Nous n’avons pas de solution locale, il faut utiliser des modèles étrangers en les adaptant à notre culture et nos spécificités pour gagner un peu de temps», propose-t-il. De son avis, les opérateurs privés peuvent également constituer une alternative pour remédier à cette demande, tel le cas du projet Disneyland à Alger, mais sans création de disparités régionales pour permettre à tous les enfants d’y accéder, car Alger n’est pas l’Algérie. Le sociologue propose également de revoir la scolarité des enfants : «L’école doit être un appareil régulateur de la société dans la mesure où cette institution est censée prendre en charge cette question avec des activités culturelles bien étudiées et mettre à la disposition de l’élève un cadre adéquat à un projet de vie qui dépasse le projet scolaire, revoir l’aménagement des emplois du temps et recruter un personnel qualifié pour prendre en charge les enfants dans leurs activités de récréation et des sorties organisées et bien étudiées.»

June 1st 2018, 6:28 am

Quand le Net devient un terrain de chasse

El Watan

Selon un rapport de Child Helpline International (CHI), 76% des enfants possédant un smartphone ou une tablette et un accès à internet utilisent les réseaux sociaux pour discuter avec de nouveaux «amis». Des «amis» qui peuvent se retourner en pédophiles et agresseurs. Etude.  Le harcèlement sur internet, l’extorsion sexuelle et le repérage en ligne. Ce sont les trois dangers les plus probables que courent nos enfants connectés. Un constat fait par le rapport international sur l’exploitation et les abus sexuels en ligne des enfants, établi par Child Helpline International (CHI), l’une des plus grandes organisations d’impact collectif au niveau international. Elle représente un réseau de 183 lignes d’assistance indépendantes pour écouter et aider les enfants et les jeunes dans 142 pays. Ce réseau influence la politique de la protection de l’enfance à travers le monde et collabore avec de nombreuses organisations internationales et régionales pour améliorer les conditions de vie des enfants. Selon le rapport de la CHI, les trois cas les plus rencontrés à travers le monde sont le harcèlement et le repérage en ligne ainsi que l’utilisation des enfants comme un matériel de harcèlement sexuel, ou online grooming, ou ce qu’on appelle le «toilettage» en ligne, un endroit où un prédateur sexuel adulte tente de diminuer les inhibitions d’un jeune ou d’accroître sa curiosité à l’égard du sexe. Dans la région MENA, les lignes d’assistance et d’écoute aux enfants identifient la cyberintimidation, le harcèlement sexuel en ligne, le repérage, «le toilettage» et l’extorsion sexuelle comme principaux problèmes à traiter dans la protection en ligne des enfants. Pour ce qui est de l’Algérie, se référent aux données de la ligne d’assistance «Je t’écoute» du réseau algérien pour la protection et la défense des droits de l’enfants Nada, les parents et proches contactent le numéro vert pour de multiples raisons. A savoir : l’exploitation sexuelle de l’enfant, le harcèlement en ligne, l’extorsion sexuelle, le «toilettage» et le repérage en ligne. Sensibilisation Un rapport assez lourd si on compte le nombre d’enfants à avoir un smartphone et un accès à internet. L’étude de la CHI affirme que 32,94% de la population ont moins de 17 ans, 37,3% ont accès à internet. En 2014, une étude menée par la CHI et ses partenaires sur 3560 enfants et leurs parents en Algérie, Egypte, Irak et Arabie Saoudite ont révélé qu’en Algérie, 70% des enfants possèdent un téléphone mobile, 19% sont les smartphones, 89% de ces enfants utilisent leur téléphone pour avoir accès à internet. Cependant, 20% des enfants interrogés possèdent une tablette, 76% utilisent des réseaux sociaux pour communiquer avec de nouveaux «amis» en ligne et 47% des parents ont exprimé des préoccupations à propos de la vie privée de leurs enfants, lors de l’utilisation des téléphones portables. Par ailleurs, d’après le même rapport, si le problème du harcèlement et de l’exploitation sexuelle en ligne, c’est à cause du manque de sensibilisation de l’enfant sur la question, le manque de ressources dédiés et de personnel formé dans ce sens, l’inexistence des bases de données et enfin le faible partenariat avec les forces de l’ordre qui détiennent souvent l’exclusif droit à l’étude et l’enquête sur les cas de harcèlement. En effet, les lignes d’assistance et d’écoute aux enfants ne disposent souvent pas d’une hotline à laquelle ils peuvent se référer dans leur études et actions. En Algérie, les rapports sont généralement transmis aux unités de police ou aux partenaires de référence tels que l’unité de protection de l’enfance de la police, gendarmerie et organisations membres pour les actions de suivi.

June 1st 2018, 6:28 am

«Je t’écoute» 3033 : un combat au bout du fil

El Watan

2008-2018, le téléprogramme «Je t’écoute» du réseau Nada pour la protection et la défense des droits de l’enfant existe depuis dix ans. Dix ans de détresse, de combat, de protection, de sensibilisation et de soutien. 135 264 appels en détresse et 22 693 cas pris en charge en dix ans. Chaque jour, des dizaines de familles, parents, proches et voisins, appellent le numéro vert du réseau Nada pour dénoncer une situation de vulnérabilité et de non-droit dans laquelle se retrouve les enfants. Tous sont à la recherche d’un espoir, une aide, un appui. C’est ce qui est arrivé à M. N., un jeune homme de 18 ans. En 2012, M. N. a composé le 3033 pour lancer un appel au secours, après un décès qui a tout basculé. Du jour au lendemain, lui et son petit frère se sont retrouvés sans abris et sans famille pour les prendre en charge après le décès de leur mère. Aujourd’hui, les deux frères vivent heureux au sein d’une vraie famille qui les a accueillis. «Les professionnels du programme ’’Je t’écoute 3033’’ ont tout de suite fait les démarches nécessaires pour nous rassembler mon frère et moi. Ils nous ont mis en coordination avec le ministère de la Justice, celui de la Solidarité nationale dans une famille d’accueil avec qui nous vivons heureux à ce jour. Les efforts de l’équipe ne sont pas arrêtés là, avec la responsable juridique, j’ai bénéficié d’un accompagnement spécifique pour entamer les procédures nécessaires au niveau du tribunal afin de confirmer notre identité», témoigne le jeune M. N. Installé en 2008, le dispositif d’alerte «Je t’écoute»  garantit aux enfants et à leurs familles l’accès de qualité à la protection sociale et judiciaire, via le numéro gratuit 3033, de la cellule d’écoute pour dénoncer des situations de violence et de non-droit. Au bout du fil, une équipe pluridisciplinaire apporte une écoute, un accompagnement et une orientation aux enfants en détresse socio-psychologique vers les structures et établissements spécialisés. Par ailleurs, le programme assure aussi une coordination avec les points focaux des institutions et des associations de l’éducation, de la formation, de l’action sociale et de la santé sur le plan juridique. DÉFI Selon Fouad Ghoulam Allah, juriste au programme «Je t’écoute» et avocat à la cour, la mise en place de ce téléprogramme a permis dans un premier temps aux enfants en situation de non-droit et de vulnérabilité de trouver un répondant à leurs plaintes. En effet, «Je t’écoute» donne la priorité à l’écoute des enfants en souffrance psychologique, à travers le récit de leur vécu en famille, dans les lieux institutionnels ou dans la rue. «C’était un défi pour nous tous ! Il fallait instaurer une culture de signalement et de dénonciation dans la société algérienne, Ce qui m’a motivé à participer activement (conseils juridiques, formation, accompagnement des cas recensés aux tribunaux, participation dans le plaidoyer devant l’Assemblée populaire nationale (APN) pour la promotion des droits de l’enfant) pour atteindre cet objectif», soutient le juriste. Durant dix ans, les téléconseillers et spécialistes du réseau Nada ont connu les situations les plus délicates que peut vivre un enfant dans son entourage. Violences et maltraitances, discriminations, attouchements sexuels et viols, exploitation, délinquance et toxicomanie, conflits familiaux… Ces appels de détresse retrouvent au bout du fil une assistance assurée par une équipe pluridisciplinaire composée de psychologues, avocats et juristes. Cette assistance s’appuie sur deux volets importants, à savoir le volet psychologique et celui juridique. Un volet psychologique qui traite tous les aspects comportementaux chez les enfants victimes de maltraitance, de violences et en détresse socio-psychologique. Il se charge de l’accompagnement et l’orientation des enfants vers les structures et établissements spécialisés. Quant au volet juridique, il garantit les droits des enfants, en mettant en place un processus d’aide et d’accompagnement juridique lié à la protection des enfants victimes de maltraitance. Il permet aussi la mise en place de procédures contre les auteurs des violences et maltraitance et l’installation des mesures de protection de l’enfant en situation de danger.

June 1st 2018, 6:28 am

Départ surprise de Zidane du Real

El Watan

Quelques jours seulement après avoir remporté la troisième Ligue des champions de suite avec le Real Madrid, Zinedine Zidane a annoncé, à la surprise générale, hier, en conférence de presse, qu’il n’allait plus poursuivre son aventure avec le club de la capitale espagnole.   Pourtant, rien ne présageait une telle issue pour l’entraîneur des Galactiques, qui a décroché avec le Real, samedi dernier, à Kiev, le 13e trophée de la Ligue des champions du club devant l’équipe anglaise de Liverpool après sa victoire par 3 buts à 1. Zidane est devenu le meilleur entraîneur du monde en étant le seul à avoir remporté trois Ligues des champions de suite. «J’ai pris la décision de ne pas continuer l’année prochaine», a-t-il dit, avant d’ajouter : «Cette équipe doit continuer à gagner et a besoin d’un changement. Après trois ans, elle a besoin d’un autre discours, d’une autre méthodologie de travail.» Zinedine Zidane n’a pas expliqué les raisons qui l’ont poussé à quitter le club de la capitale espagnole, lui qui avait prolongé son contrat, en janvier dernier, jusqu’’en 2020. Mais Zizou est passé par des moments difficiles avec la perte du titre au profit du rival, le FC Barcelone. Il s’était également battu «bec et ongles» pour ne pas recruter en continuant à faire confiance à ses joueurs, dont Karim Benzema que beaucoup voulaient voir partir. Le Ballon d’or 1998 a affirmé que c’était la décision à prendre : «Je pense que c’est le moment pour tous, pour moi, pour l’équipe, pour le club.» Toutefois, il a annoncé qu’il ne cherchait pas un autre club pour le moment, bien que de nombreux observateurs lui prédisent déjà de prendre en main l’équipe de France. Le président du Real Madrid, Florentino Perez, présent lors de la conférence de presse, a qualifié la décision de son désormais ex-entraîneur de «totalement inattendue». Le capitaine Sergio Ramos a, de son côté, commenté sur Twitter le départ de son entraîneur : « En tant que joueur et entraîneur vous avez toujours décidé de partir alors que vous étiez au sommet. Merci pour ces incroyables deux ans et demi. Votre héritage ne sera jamais effacé, c’est l’un des chapitres les plus réussis de l’histoire de notre bien-aimé club.» Il faut dire que Zinedine Zidane laisse un palmarès impressionnant et très difficile à égaler. Bien qu’il lui manque, en tant qu’entraîneur, la Coupe du roi, il a décroché en deux ans et demi trois Ligues des champions (2016, 2017, 2018), deux titres mondiaux des club (2016, 2017), deux Supercoupes d’Europe (2016, 2017), un Championnat d’Espagne (2017), une Supercoupe d’Espagne (2017).

June 1st 2018, 6:28 am

Olives de table : Les industriels face aux difficultés

El Watan

De nombreux transformateurs d’olives de table exerçant dans les localités de la wilaya de Mascara sont confrontés, depuis 2017, au sérieux problème d’écoulement de leur production. Cette situation se répercute négativement sur des milliers d’agriculteurs. Faute d’acheteurs et notamment de transformateurs, les agriculteurs ont été contraints à céder leur production d’olives de table aux huileries et autres conserveries à des prix dérisoires. Certains ont même abandonné leur récolte, d’autres ont réussi à vendre une partie de leur production directement aux citoyens qui préfèrent conserver, eux-mêmes, leurs olives de table selon des méthodes traditionnelles. «Certaines conserveries d’olives de table, notamment celles qui activent dans la clandestinité à Sig et autres localités limitrophes, utilisent des produits chimiques douteux et dangereux qui peuvent nuire à la santé, pour faire mûrir plus vite les olives. C’est pourquoi de nombreux citoyens évitent de consommer les olives de table préparées dans ces unités de transformation qui ne répondent ni aux normes ni à la qualité requise», nous révèle un jeune de la ville de Sig. De leur côté, les propriétaires des centaines d’unités de transformation d’olives de table que compte la wilaya, qui produisent entre 300 000 et 500 000 quintaux par an, se plaignent de la mévente qui a sévèrement frappé leurs produits. «Une grande partie de la production de la saison précédente est stockée, c’est la raison pour laquelle les industriels ont été contraints à réduire le volume d’achat d’olives auprès les fellahs», explique le gérant d’une conserverie à Sig. Les agriculteurs tout comme les unités de conservation d’olives de table endossent la responsabilité de la stagnation de la vente des olives produites localement de la variété sigoise aux importateurs «qui ont inondé, pendant des années, le marché local par les olives importées du Maroc, de  Tunisie, d’Egypte et d’Espagne». Première place Un cadre de la direction des services agricoles de Mascara nous a déclaré, dans ce contexte, que le changement du mode de consommation des citoyens est parmi les principales causes qui ont engendré le recul des ventes d’olives de table. «Pour faire face à cette situation de stagnation et de mévente, les industriels doivent diversifier et améliorer la qualité de leur production pour que le citoyen consomme leurs produits», a tenu à souligner notre source. Notons que la superficie plantée en oliviers dans la wilaya est de 5400 hectares. Elle se trouve dans le périmètre irrigué de la plaine de Sig qui comprend les communes de Oggaz, Sig et Ras Aïn Amirouche et qui s’étend sur une superficie de 8800 hectares. En outre, en dépit des réserves émises par certains consommateurs, la qualité des olives de la région de Sig reste, pour un grand nombre de spécialistes, de très bonne facture ! «Sur le plan quantitatif, les olives de table de Sig occupent, depuis près de trois ans, la première place nationale. Pour ce qui est de la qualité, l’Union européenne a entrepris les démarches pour la labellisation des olives de la variété sigoise», nous a déclaré un cadre de la direction des services agricoles (DSA). Et d’ajouter : «La qualité des olives de table notamment la sigoise cultivées dans certaines régions de la wilaya n’a jamais été mise en cause. La sigoise, la prestigieuse olive de table, demeure la plus prisée et continue d’être la préférée des consommateurs.» Malheureusement, ajoute la même source, «certains facteurs influent négativement sur la quantité et la qualité des olives de table cultivées à savoir les maladies, les ravageurs  et le non-respect de l’itinéraire technique de culture des oliviers par les fellahs.» Produit-pilote Dans ce sens, d’importants efforts, nous dit-on, ont été déployés par les services de la DSA pour lutter contre ces facteurs qui affectent le rendement en générant de lourdes pertes que ce soit en qualité ou en quantité. Même les pouvoirs publics tentent de labelliser l’olive de table de Sig. «Une variété menacée de disparition», selon de nombreuses sources. Afin de redonner à cette variété la place qu’elle mérite et la préserver de toutes sortes de menaces, la sigoise a été sélectionnée comme produit-pilote pour bénéficier d’un projet de jumelage financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre pour une période de deux ans en partenariat avec la France et l’Italie. Des rencontres ont eu lieu depuis 2014, entre des experts européens de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), du ministère italien de l’Agriculture et des agriculteurs et autres industriels de la région de Sig. «L’objectif de la mise en œuvre du projet de jumelage vise à protéger la dénomination de la variété d’olives de table de Sig contre toute forme de contrefaçon ou d’usurpation», a-t-on appris. Quatre ans ont passés, le projet est toujours en cours ! Le 17 avril dernier, le wali de Mascara, Lebka Mohamed, a appelé les propriétaires de quelque 200 unités de transformation d’olives de tables implantés dans la ville de Sig «de transférer leurs unités vers la zone d’activité de la localité Bouhenni afin de mettre un terme aux problèmes d’obstruction des réseaux d’assainissement dans la ville de Sig». Chose qui se réalise lentement ! Souvent débordés, notons-le, les réseaux d’assainissement de la ville de Sig reçoivent quotidiennement des quantités importantes de déchets provenant de l’industrie de transformation des olives.

June 1st 2018, 6:28 am
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