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«L’élaboration d’une stratégie nationale de numérisation devient urgente»

El Watan

Le numérique a-t-il induit une transformation de l’industrie à travers le monde ? Et peut-il constituer un levier potentiel pour les entreprises algériennes ? Le numérique est une révolution qui touche pratiquement tous les secteurs de l’industrie, notamment, dans la transformation des procédés de production et matériaux utilisés. La production d’un bien se réalise, désormais, à partir de machines à commandes numériques et de matériaux d’impression 3D différents, à bien des égards, des chaînes de production industrielles traditionnelles. Cet aspect est particulièrement perceptible dans l’industrie manufacturière, dont la transformation au numérique est accélérée par la croissance exponentielle des technologies numériques, telles que l’impression 3D, appelée également fabrication additive, internet des objets, la mobilité, le cloud computing, la réalité augmentée et la cobotique. La jonction de toutes ces nouvelles technologies sur un même lieu de travail a donné naissance à ce qu’on appelle l’industrie 4.0, qui peut être définie comme étant la transformation de l’industrie sur la base de la numérisation et de la mise en réseau. Même si  nos entreprises sont encore bien loin de ce niveau d’industrialisation, il y a un fait indéniable, le numérique est une réalité positive pour l’industrie. Il a généré 37% de la croissance américaine sur les quinze dernières années et environ 25% de la croissance en France avec, à peine, 12% des secteurs de l’économie française entièrement transformés par le numérique. D’une façon générale, la marge de progression induite par le numérique semble importante dans pratiquement tous les pays qui ont contribué à la numérisation de leurs entreprises, il est donc permis de penser que le numérique  soit une source de compétitivité à fort potentiel pour les entreprises algériennes.   D’ailleurs, cet aspect a été bien mis en exergue dans le cadre du nouveau modèle de croissance adopté par le gouvernement (26 juillet 2016 et décret du 5 mars 2018) qui retenait le principe d’«un soutien aux secteurs où l’Algérie dispose déjà d’avantages comparatifs construits (tel l’électronique), ou à bâtir du fait de leur effet d’entraînement et de leur externalités sur l’ensemble de l’économie (l’économie numérique notamment)» et identifié après analyse de l’économie nationale «les secteurs où notre pays dispose déjà d’une base industrielle (électronique, construction de satellites, production d’équipements de télécommunications), les secteurs à développer du fait de leur effet d’entraînement sur l’économie numérique et les services de connaissance et d’innovation dont le faible développement constitue un frein à l’up-grading technologique de l’économie nationale». Tout laisse croire qu’il ne manque que la mise en place du dispositif de soutien à la transformation des entreprises au numérique. Pouvez-vous nous donner un bref aperçu sur ces changements dans le monde de l’industrie ? Ces dix dernières années ont été le théâtre d’une multitude d’innovations technologiques, mais à la différence des précédentes, ces dernières technologies sont disruptives, c’est-à-dire, de rupture par rapport aux technologies précédentes. Portées par le Monde du libre et de l’innovation ouverte (open source, licence Creative Commun, etc.), ces technologies ont  engendré une transformation structurelle des marchés internationaux, entraînant ainsi, le monde industriel sur de nouvelles bases, ce qui a induit une remise en cause du modèle économique en cours. Cette transformation, qui a pris son essor au début de la décennie 2000 et renforcée avec la crise financière de 2007, est portée par le développement du Monde du libre. Formé par les réseaux sociaux de chercheurs, créateurs, innovateurs et hébergé dans les fabriques numériques (Fab Lab), ce mouvement qui promeut l’innovation ouverte et le travail collaboratif à l’échelle de la planète a  renouvelé le droit à la propriété intellectuelle.   Aujourd’hui, le monde industriel est bicéphale. D’une part, un marché structuré sur les principes de l’OMC, c’est-à-dire sur le respect du droit de la propriété intellectuelle qui touche au commerce (brevet, licence, etc.) et qui restreint les stratégies d’imitation des entreprises, limite les possibilités de transfert technologique. Bref, faisant de l’innovation, facteur de compétitivité et d’efficience de l’entreprise, une frontière presque insurmontable. Aux côtés de ce marché plutôt rigide et contraignant pour l’entreprise coexiste présentement un marché que l’on pourrait qualifier à contre-courant du premier. Qualifié de libre parce qu’hébergé dans les Fab Lab (espace de libre création et de coopération), structuré sur les principes de la Fabfoundation (réseau mondial des Fab Lab) et ayant comme objectif l’innovation ouverte et comme devise le partage et le travail collaboratif, ce mouvement planétaire offre alors de nouvelles voies de développement à l’industrie à travers, notamment, la possibilité de transferts et d’échanges de fichiers techniques entre les usagers, l’accès au pool technologique mondial, à la liberté de produire ce qui a été pensé ailleurs. Les premiers signes sont déjà perceptibles, non seulement, au niveau de grandes entreprises telles Renault, Safran et d’autres qui ont créé, en plus de leur service de R&D, des fabriques numériques  pour promouvoir et exploiter les capacités d’innovation et de création de leurs travailleurs mais également, au niveau de la majorité des Etats qui éprouvent le besoin de renouveler l’écosystème de leurs entreprises pour promouvoir leur compétitivité grâce au numérique. La priorité nationale dans pratiquement tous ces pays est, désormais, la promotion du numérique par l’implantation de Fab Labs à l’échelle de leurs territoires, condition première de la transformation, dans l’objectif  de faire émerger une intelligence collective locale capable d’aller à l’échange du savoir et savoir faire  avec le reste du monde. L’Algérie, à l’instar de tous ces pays, peut, elle aussi, tirer avantage de cette fenêtre qu’offre le Monde du Libre avant que certaines potentialités soient fermées et que les effets de verrouillage ne soient trop engagés. Ces «fenêtres», dites-vous. Quelles opportunités peuvent-elles concrètement offrir au juste ? Pour ne citer que celle qui a fait, longtemps, défaut à nos entreprises et qui n’est pas des moindres : l’échange et le transfert de fichiers techniques via les plateformes structurées par la Fabfoundation, c’est une fenêtre de transfert technologique qui s’ouvre faisant des outils numériques un moyen d’émancipation et de réappropriation technologique. Dans la pratique, les activités productives à partir de machines à commandes numériques réduisent l’ensemble du process de production d’un bien à la simple création d’un fichier numérique transféré directement de l’ordinateur à la machine de fabrication de l’objet. Ce fichier, pièce maîtresse des nouveaux procédés de production, peut être réalisé de trois manières : soit par l’acquisition du modèle 3D avec un scanner 3D, soit par la création du modèle 3D à l’aide d’un logiciel, ou tout simplement par téléchargement du fichier technique directement sur la plateforme de partage pour aller à la production du bien. Cette opportunité d’avoir accès à des capacités technologiques qui ne leur était pas possible auparavant permettra à nos entreprises, non seulement de se réapproprier les moyens de production, mais surtout de dépasser le système existant et entrer dans des réseaux d’échange de pair à pair. En plus de faire monter en gamme l’industrie nationale et d’intégrer les innovations locales dans les normes internationales, ces échanges de savoirs, de savoir-faire techniques et de travail collaboratif en réseau avec le reste du monde donneront à nos entreprises la possibilité de répondre à des problématiques et enjeux locaux, particulièrement là où les perspectives de profit à y répondre sont peu élevées, en s’appuyant sur les communautés locales pour développer des produits, des services ou de technologies en co-création avec les usagers locaux, mais aussi avec le réseau international. Ainsi, leur sera alors offerte l’opportunité de court-circuiter les étapes de prototypage, de fabrication et d’assemblage des pièces complexes. Bref, l’opportunité de s’approprier rapidement les technologies nouvelles et de rattraper le gap de compétitivité. Que recommanderiez-vous pour aller à pas sûrs à cette transformation numérique des entreprises et, plus globalement,  pour réussir le passage au numérique de l’industrie et des services connexes ?   La transformation numérique de l’industrie algérienne suppose de trouver la manière efficiente d’intégrer le Monde du Libre par la construction d’espaces réservés à l’apprentissage du faire (Fab Lab) pour faire émerger des communautés locales capables d’aller à l’échange des nouveaux savoirs et savoirs faire avec le reste du monde. C’est par ces réseaux que l’on peut transformer le savoir  et savoir faire dans nos entreprises et intégrer ainsi les effets sociaux et techniques de l’informatique dans ces dernières et dans leurs inter-relations. Dans cette optique, l’interrogation sur la transformation numérique de l’industrie n’est pas tant «comment le numérique peut-il être intégré dans l’entreprise» que «quelle est la place de l’industrie dans la transformation numérique de l’économie et la société» avec comme corollaire un questionnement sur le rôle clé de l’Etat. Il est clair que la transformation au numérique ne se limite ni à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui relèvent de la liberté de l’entrepreneur, ni à une informatisation des administrations des entreprises et des institutions de tutelle. Il est question d’une reconfiguration de l’ensemble de l’écosystème de l’entreprise. L’ampleur de la transformation à conduire exige comme préalable la construction de fabriques numériques sur les sites stratégiques du territoire (concentration d’entreprises, Universités, R&D, etc.) pour créer les communautés locales d’usagers du numérique et promouvoir, entre autres, l’adhésion des entreprises algériennes via les Fab Labs aux plateformes numériques mondiales tout en tirant parti de leur capacité interne et de leur autonomie pour mener leur propre transformation. Autrement dit,  la création de ces lieux de travail inédits, collaboratifs est donc favorable au développement de communautés locales d’innovateurs et de créateurs profitant d’un réseau et d’une expertise mondiale constitue un levier potentiel pouvant promouvoir une croissance transformatrice de  nos entreprises. Dans ce challenge de transformation, l’industrie algérienne devra assumer son rôle d’opérateur de la transformation de l’économie et réinvestir sa place centrale dans les rapports que l’entreprise entretient avec le savoir et savoir faire. C’est en cela que l’industrie acquerra son autonomie en dépassant la «désintermédiation» des activités de R&D dépendantes le plus souvent des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dont la valeur créée et les services offerts sont de moins en moins adaptés, au vu des évolutions techniques et organisationnelles rapides des entreprises. Tout l’enjeu est là et les défis sont immenses. C’est en faisant l’analyse de ces nouvelles voies et en s’y engageant que l’industrie algérienne peut trouver les clés de la réadaptation de son modèle. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de mettre en place une stratégie nationale de numérisation des entreprises ? Compte tenu de la nature disruptive des technologies numériques qui affecte l’économie mondiale, la numérisation des entreprises algériennes devrait s’imposer comme une priorité́ nationale pour faire prendre et accompagner  la croissance transformatrice de nos entreprises et démocratiser ces outils numériques auprès du grand public. L’élaboration d’une stratégie nationale de numérisation et la mise en place d’un cadre d’intervention transversal deviennent urgents pour mener la transformation surtout que cette dernière ne peut être uniquement portée par le marché. Il s’agit d’éviter le développement «à la pièce» et sans vision d’ensemble qui risquent d’enfermer l’économie algérienne dans une situation «d’entre deux chaises» pour longtemps encore. L’élaboration d’une stratégie de numérisation des entreprises est une condition sine qua none pour l’émergence d’une industrie algérienne des contenus et services numériques, du développement de nouveaux produits et usages, et d’acquérir de la recherche sur les sciences de l’apprentissage du faire, dans un écosystème acceptable. Il paraît important d’accompagner cette transformation, sans pour autant la précipiter, au risque de casser les processus industriels existants. Aussi, la stratégie devra exprimer les choix stratégiques en matière de développement industriel devant promouvoir le développement et la diffusion des technologiques numériques et les grandes priorités nationales de l’Etat en matière de  transformation des activités industrielles devant mener à l’économie numérique ;  et  constituer ainsi un cadre de référence pour les politiques publiques. Elle est, à ce titre, le point de rencontre entre les logiques traditionnelles du développement industriel et les options stratégiques de transformation au numérique. C’est sous cette double condition de mise en œuvre d’une stratégie et de construction d’un écosystème favorable au numérique que pourra s’établir la nécessaire convergence entre l’efficience économique que sous-tend la dynamique d’accroissement de la compétitivité générale de l’économie et la transformation que vont induire les technologies numériques disruptives consacrées à l’amélioration de la production, du savoir et savoir faire et de l’innovation. C’est par le croisement de ces deux dynamiques fondamentales que pourra prendre, au sein de nos entreprises, une croissance transformatrice au numérique. La cadence rapide des avancées et innovations technologiques rythme le temps de l’industrie et la question n’est plus de savoir s’il faut y aller ni quand mais comment et par où commencer  parce que les fenêtres d’opportunités commencent déjà à se refermer et les effets de verrouillage semblent engagés.

June 11th 2018, 9:12 am
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2 comments
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